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Le ministère publie 17 rapports de l’Inspection générale

Le ministère de l’éducation nationale a mis en ligne ce matin 17 rapports de l’Inspection générale portant sur l’année 2011. Ils traitent de la maternelle, des Clis, de la formation des enseignants, du programme CLAIR, du remplacement des enseignants, du plan ENR et de la voie professionnelle. Retrouvez ici une première analyse des rapports sur la maternelle, le remplacement et le plan ENR.

Le 22 mai nous avions évalué à 18 environ le nombre de rapports manquants pour 2011. La sortie de 17 rapports sur cette année nous donne à penser que Vincent Peillon a véritablement sorti ce qui restait dans le coffre. Il confirme ainsi ce le Café, les Déchiffreurs de l’éducation et d’autres analystes affirmaient depuis des mois : la censure vigilante du cabinet sur des documents qui ne vont pas forcément dans le sens souhaité par le ministre. Cette censure se lit aussi en creux dans les rapports publiés dans les précautions prises pour faire passer des messages. Enfin certains rapports ont pu sembler complaisants avec le ministre…

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Quand la mode de l’enfant roi et la « familly correct » écrasent le couple

http://www.dailymotion.com/video/x25qo5

 

http://www.dailymotion.com/video/x25re6
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Quand les étudiants québécois font leur mai 68, les demandes vers le privé explosent

Les collèges privés, épargnés par le boycott étudiant, ont vu leurs demandes d’admissions pour 2012-2013 augmenter par rapport aux années précédentes.

C’est le cas, notamment, du collège Grasset, dans le nord de Montréal. La directrice de l’établissement, Lyne Boileau, indique que le collège a admis 34 étudiants de plus que l’an dernier. En outre, 130 autres étudiants ont été inscrits sur une liste d’attente, comparativement à 6 ou 7 étudiants en temps normal.

Il était impossible d’admettre les étudiants fréquentant déjà le réseau collégial public, précise-t-elle, mais le nombre de finissants du secondaire a bondi.

La situation est semblable dans les autres collèges privés, qui ont tenté d’accepter le plus d’étudiants possible, prêts à payer 4 000 $ pour une année d’enseignement.

Malheureusement, leur capacité d’accueil est limitée, souligne le directeur général de l’Association des collèges privés du Québec, Pierre l’Heureux. Les collèges ne pourraient pas, dit-il, recevoir des milliers de demandes l’an prochain, particulièrement dans la région de Montréal.

Les cours dispensés par les collèges privés pour la session d’automne s’amorceront, comme à chaque année, en août.

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Colombie — Décentralisation , autonomie et bonne gestion bugétaire

En Colombie, l’État a décidé de confier à Bogota la gestion de certains établissements scolaires à des concessionnaires privés à but non lucratif. Il s’agit d’une sorte de délégation de service public que les Colombiens appellent « l’enseignement par concession ». Cette innovation qui produit d’excellents résultats, selon les évaluations disponibles, a été motivée avant tout par le souci de permettre un meilleure couverture des besoins en créant suffisamment de places pour que les enfants de quartiers pauvres puissent étudier. Et ce en évitant tout dérapage de la dépense publique d’éducation, dans un contexte de pénurie de ressources budgétaires. Un entretien avec Carlos Molina, docteur en droit public (Université Panthéon-Assas-Paris II), professeur de droit public à l’Université de Medellin (Colombie).

Quel est le principe de ce système scolaire par concession ?

Les collectivités locales construisent des écoles et leur octroient un budget ; ces écoles sont ensuite déléguées à des particuliers reconnus pour leur expérience éducative et pour la qualité de leur gestion et de leur administration dans le secteur scolaire. Le modèle de concession vise à renforcer la qualité de l’enseignement public en en confiant la gérance au secteur privé.

La loi 1176 du 27 décembre 2007 prévoit à l’article 30 que les services éducatifs sont du ressort des départements, districts et municipalités certifiés. En cas d’échec démontré des prestations de son établissement, le directeur doit recourir à des services éducatifs émanant d’organismes publics ou privés à but non lucratif pour relever le niveau de son école, sans faire payer les familles. D’où le recours au système de concession.

L’expérience a commencé avec 23 collèges, construits et dotés par l’administration publique de Bogotá. Ils ont été concédés à des entités privées, sur appel d’offre public, entre 1999 et 2002.

À qui bénéficient ces écoles ?

Le ministère de l’Éducation colombien a développé ce projet dans les zones où l’addition de l’offre scolaire publique et privée ne permettait pas de couvrir la totalité des besoins de scolarisation de la population. En pratique, il s’agit uniquement de zones défavorisées, dans des périphéries urbaines et des territoires ruraux où vivent des personnes en grande difficulté économique, et qui connaissent des problèmes de violence. Un accord a ainsi été conclu en 2007 avec le fonds financier de développement Fonade (Fonds National d’enseignement) pour la gestion intégrale de projets d’investissement dans les villages les plus défavorisés du pays.

Ces financements sont accompagnés de subventions pour le transport, la cantine scolaire et les services de santé. À Bogota, grâce à ce système de concession, le taux de scolarisation des enfants de 7 à 15 ans est passé de 70 % en 1995 à 100 % aujourd’hui.

Comment définiriez-vous ce modèle, et comment sélectionne-t-on les concessionnaires ?

Le modèle consiste à confier la gestion d’établissements scolaires à des prestataires privés, pour assurer une offre scolaire de grande qualité dans le cadre d’une dépense publique maîtrisée. Les candidats à la concession peuvent répondre à l’appel d’offres individuellement ou conjointement avec d’autres ; ils doivent apporter la preuve de leur expérience dans l’enseignement, pour pouvoir répondre aux appels d’offres publics concernant la gestion, l’administration, l’organisation et le fonctionnement de ces nouveaux établissements d’enseignement.

Les entreprises à but lucratif ne peuvent pas postuler. Les concessionnaires, qui prennent l’école seuls ou groupés, sont donc des entités à but non lucratif; ils doivent de plus se soumettre à une évaluation annuelle par une entité indépendante.

Comme les écoles à charte américaines, ces établissements ne peuvent pas sélectionner leurs étudiants, sont financés par des fonds publics et opèrent en dehors des accords collectifs d’enseignants ; enfin, les contrats sont soumis à l’impôt.

Les programmes des écoles colombiennes sous contrat de concession doivent être les mêmes que ceux des autres établissements d’enseignement de la ville, qu’ils soient publics ou privés. La journée scolaire est plus longue dans les écoles sous concession que dans les autres écoles, pour avoir le temps de renforcer les enseignements fondamentaux et permettre aux élèves de faire leur devoir dans le cadre d’études surveillées.

Comment fonctionne ce modèle ?

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Être réac’ pour révolutionner l’éducation

« Je suis une prof réac et fière de l’être », proclame Véronique Bouzou, dans son dernier livre.

Dans ce nouvel essai, l’auteur deCes profs qu’on assassine, professeur de lettres dans un collège de région parisienne, n’hésite pas à aborder les sujets qui fâchent : discipline, immigration,…

Elle fustige aussi les initiatives « de ceux qui s’acharnent à vouloir façonner le cerveau des élèves dès leur plus jeune âge et qui tentent de dicter aux professeurs de nouveaux modes d’enseignements, plus « adaptés » à la « diversité » des « apprenants ». Autant de termes qui renvoient au jargon dont raffolent les « démagos-pédagos ».  (p.185).

Un chapitre entier est consacré aux 8 propositions de SOS Education, contre la violence à l’école. Commentées et argumentées, l’auteur rappelle que ces propositions ont été signées par 145 députés.

Portrait de l’école d’aujourd’hui, réflexions sur les solutions immédiatement applicables, Je suis une prof réac et fière de l’êtreest surtout le cri du cœur d’une enseignante qui refuse de voir sombrer l’Éducation nationale.

Je suis une prof réac et fière de l’être, éditions La Boîte à Pandore 17,90€

Retrouvez également Véronique Bouzou sur son blog :www.blogreac.info/

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L’illustration du jour

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Les parents seraient plus heureux que les gens sans enfant

Des chercheurs de trois universités nord-américaines ont constaté que les gens qui ont des enfants « font état de niveaux relativement élevés de bonheur, d’émotion positive, ils ressentent aussi plus que leur vie a un sens » que les personnes qui n’ont pas d’enfant.

L’étude, publiée dans Psychological Science et co-écrite par des chercheurs de l’Université de Colombie-Britannique, de l’Université de Californie à Riverside, et l’Université Stanford, paraît alors que les pays occidentaux sont confrontés à dénatalité croissante et une population vieillissante.

Le professeur de psychologie Elizabeth Dunn, de l’université de Colombie-Britannique a déclaré que leur recherche suggère que «les parents sont loin d’être ces « misérables créatures » que certains médias et une certaine élite déprécient tout en valorisant dans la culture dite populaire les couples sans enfant.

Un de ces essais populaires
qui dévalorisent la parenté.

C’est ainsi que Corinne Maier, dans son opuscule No Kid, faisait la promotion de la stérilité. Cette essayiste conformiste y alignait 40 raisons « de ne pas succomber à la tentation de l’enfantement ». À la page 99 de son pamphlet, elle n’hésitait pas à déclarer : « le sentiment de la famille, le sentiment de classe, et peut-être d’ailleurs de race, apparaissent comme les manifestions de la même intolérance à la diversité, d’un même souci d’uniformité », pour conclure : « la famille serait-elle la cellule de base du Front National ? »

Les résultats de cette étude sont basés sur une série d’enquêtes menées en 1982, 1990, 1995 et 1999 auprès 329 participants âgés de 17 à 96 ans.

L’étude suggère que les parents sont plus heureux quand ils s’occupent de leurs que lors de leurs autres activités quotidiennes. Le bonheur croît avec la maturité et les circonstances familiales.

« Nous avons constaté que si vous êtes âgé (et sans doute plus mûr) et si vous êtes marié (et vous bénéficiez sans doute de plus de soutien social et financier), alors vous êtes susceptibles d’être plus heureux si vous avez des enfants que vos homologues sans enfant », a déclaré le co-auteur Sonja Lyubomirsky de l’UC à Riverside.

« Fait intéressant, les père sont plus souvent parmi les plus heureux que les mères », d’ajouter le professeur Dunn.

On trouvera l’étude ici.

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Procès de l’école à la maison : La relaxe prononcée

La décision du tribunal correctionnel de Bourg en Bresse qui a été rendue mardi : Les 2 parents jugés parce que leurs enfants n’allaient pas à l’école ont été relaxés.

 C’est une audience qui était attendue cette après-midi au tribunal correctionnel de Bourg : Un conflit entre une famille de l’Ain et l’inspection d’Académie inédit en France.

Les enfants de cette famille ne vont pas à l’école : La famille habite à Mijoux, dans le pays de Gex, et les parents font l’école à domicile à leurs 2 enfants de 11 et 8 ans.

Jusque là rien d’illégal, mais ce qui pose problème c’est l’évaluation des enfants : les parents ne sont pas d’accord avec les modalités de contrôle de l’inspection d’Académie.

Le couple refuse que les enfants subissent un test : D’après eux, c’est contraire à leur méthode d’apprentissage.

L’inspection académique de l’Ain a saisi le procureur de la République de Bourg et c’est donc cette après midi que l’audience va se tenir. Sylvie Martin Rordriguez, la maman est très anxieuse à l’idée de ce procès.

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Mère Saint-Louis, fondatrice d’une oeuvre d’éducation

Fondatrice des Sœurs de la Charité de Saint-Louis, Mère Saint-Louis (1763-1825) sera béatifiée le 27 mai 2012, sur l’esplanade du port de Vannes, en la solennité de la Pentecôte. Une première en Bretagne !

Parisienne issue d’un milieu favorisé, Louise-Elisabeth de Lamoignon se marie à 15 ans et devient comtesse de Molé. Elle décrit son mari comme « l’homme le plus vertueux et le meilleur ». Comme dans son enfance, elle visite les pauvres. Puis 3 de ses 5 enfants meurent en bas âge. Et la Révolution française frappe : après la confiscation de biens et les séjours en prison, son époux, Edouard Molé, est guillotiné en 1794. Chassée de son hôtel, elle se retrouve seule avec ses trois enfants dont l’aîné n’a que 13 ans.

A première vue, sa vie de mère et d’épouse est une suite de malheurs. Pourtant, sans doute vers 1784, elle reçoit un appel particulier à porter la Croix du Seigneur. Ce sera son « Pacte avec la Croix » dont elle fait part au curé de sa paroisse, l’abbé de Pancemont. « Mon pays m’a persécutée, je l’ai haï » écrira-t-elle avant de poursuivre « L’Esprit Saint a allumé en moi un incendie d’amour ». La miséricorde a transcendé son destin.

Ses enfants installés, elle se pose la question du choix d’un état de vie. Alors qu’elle aspire à la vie contemplative, l’abbé de Pancemont décèle en elle un charisme de fondatrice. Elle accepte alors de fonder à Paris un monastère qui allierait contemplation et service de la charité, en venant en aide aux femmes fragilisées par la Révolution.

Nouveau rebondissement ! Nommé évêque à Vannes en 1802, Mgr de Pancemont l’appelle à le rejoindre pour fonder une œuvre d’éducation pour les jeunes filles qu’il voit errer sur le port de Vannes. A travers elles, c’est le Christ souffrant qu’elle servira. La congrégation des Sœurs de laCharité de Saint-Louis naît le 25 mai 1803 à Vannes. En 1825, à la mort de Mère Saint-Louis (son nom en religion), 56 religieuses ont fait profession dans la congrégation, 4 maisons sont consacrées à l’éducation des enfants et à la formation spirituelle.

600 religieuses présentes dans une dizaine de pays

En 2012, les objectifs de justice sociale et d’éducation à la foi vont toujours vivre les sœurs de la Charité de Saint-Louis. Il n’est plus question d’atelier de tissage ni de dentelle mais surtout d’éducation pour les enfants les plus fragiles (échec scolaire, handicap, enfants domestiques à Madagascar) et d’animation de retraites spirituelles pour tous.

Supérieure générale des sœurs de la Charité de Saint-Louis, Sœur Marie-Nicole Jego témoigne qu’une dévotion pour la fondatrice a toujours existé dans la congrégation, à travers des neuvaines par exemple. « Elle ne voulait pas qu’on parle d’elle ! » témoigne-t-elle. Pourtant son charisme  guide 120 sœurs en France et a attiré une vingtaine de novices dans le monde. Il s’est déployé auprès de 500 laïcs (partenaires, amis de la congrégation, associés).

Aujourd’hui encore, sa « trampe de bâtisseur » soutend l’action de Joëlle Duquesnoy, chef d’établissement du nouveau lycée Notre-Dame de la Compassion – Louise-Elisabeth Molé à Jouy-le-Moutier (95). A travers son projet éducatif rédigé par l’ensemble des enseignants, c’est l’accueil de tous qui est visé : enfants handicapés mentaux, jeunes déscolarisés ou en transit (partenariat avec la Croix-Rouge). Joëlle Duquesnoy souligne d’ailleurs la modernité des idées de Mère Saint-Louis en matière d’éducation. A la rentrée prochaine, une « année de la béatification » guidera la dynamique pastorale de cet établissement de l’Enseignement catholique.

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Les enseignants ne sont pas formés mais “déformés”

Selon ce témoignage :

Je suis professeur des écoles. Il y a 10 ans, j’étais en formation et déjà effarée de la dictature idéologique que l’on nous imposait.

La méthode globale de lecture était toujours enseignée en IUFM et Centres de Formation Permanente (CFP) il y a 10 ans, mais sous une forme déguisée, nommée méthode interactive.
Ce qui est encore plus grave, c’est que cette méthode estappliquée dans toutes les disciplines: maths, sciences, histoire, français, art… Les enfants n’ont plus de repères.

Pour citer un exemple parmi tant d’autres, je me souviens avoir été prise à partie par le prof d’histoire pour avoir osé soutenir qu’il était plus judicieux de l’enseigner dans l’ordre chronologique, et non plus au gré de nos envies et de nos projets ou de l’actualité en primaire.

Il me semblait en effet important de souligner que non seulement les professeurs ne sont pas formés mais qu’ils sont réellement “déformés”(selon les termes du directeur de CFP) et que c’est toujours d’actualité pendant les sessions de formation continue.

Une enseignante des Hauts-de-Seine

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Don Bosco et l’art de punir

Pédagogie

Témoignage de François Piccolo : Je suis entré à l’Oratoire en 1872, j’avais 11 ans. Don Bosco faisait tout ce qu’il pouvait pour nous donner la nourriture nécessaire.

Au goûter on nous donnait la fameuse pagnote toute fraîche. Les employés sortaient, portant les paniers d’osier remplis de petits pains pour les distribuer aux jeunes. Un après-midi, je m’aperçus que quelques camarades manœuvraient pour subtiliser en fraude quelques pains. je me laissais tenter, et pris deux petits pains vite dévorés. Pris de remord, pour ne pas se confesser à Don Bosco, je sortis  et allais droit au sanctuaire voisin de la Consolata.

Je choisis le confessionnal le plus discret, et commençais ma confession :

confession

«  Je suis venu me confesser ici parce que j’ai honte de me confesser à Don Bosco! »
Une voix me répond :
- « Écoute, Don Bosco n’en saura jamais rien! »
C’était la voix de Don Bosco!
- Parle, parle mon enfant , qu’est-ce qui t’es arrivé?
- J’ai volé deux pains!
- Et ils t’ont fait du mal?
- Non!
- Et alors, ne te tourmente pas. Tu avais faim?
- Oui …
- Faim de pain et soif d’eau, c’est une bonne faim et une bonne soif. Écoute : quand tu auras besoin de quelque chose, demande à Don Bosco. Il te donnera tout le pain que tu voudras, mais rappelle toi bien : Don Bosco préfère ta confiance, plutôt que de te croire innocent. Avec ta confiance, il pourra toujours t’aider. Mais avec ton innocence, tu pourrais glisser et tomber et personne ne t’aiderait. La richesse de Don Bosco c’est la confiance de ses fils.

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Qu’en est-il de la liberté du chef d’établissement dans l’enseignement catholique ? – UN CHEF D’ÉTABLISSEMENT SOUS CONTRAT TÉMOIGNE : Arrêtons de dire qu’il faut réformer. Agissons.

Comment agir librement et en vérité ? Telle est la question que se pose un chef d’établissement de l’enseignement catholique qui a dirigé plusieurs structures différentes – un collège en milieu rural et un collège-lycée en milieu urbain. Il passe en revue les insuffisances et les ambigüités du système avant de proposer des solutions pour sortir de cette fausse liberté.

En tant que chef d’établissement, ma préoccupation première est l’éducation des jeunes. Chaque jour, j’essaie de réaffirmer les principes fondamentaux de liberté et de vérité dans le cadre professionnel qui est le mien. Mais comment ne pas aliéner cette part de liberté dans un système où tout est tenu et où tout se tient ? Qu’en est-il de la liberté du chef d’établissement dans l’enseignement catholique ? Comment redevenir des éducateurs, des pédagogues, quand tout nous pousse à gérer notre établissement comme une entreprise, à grand renfort de tâches administratives et de commissions en tout genre ?

Des institutions et des instances, ou comment bloquer la liberté et les initiatives

Un rapide tour d’horizon permettra au néophyte de ne pas se perdre dans les arcanes des autorités multiples et de décrypter les sigles des nombreuses instances partenaires avec lesquelles le chef d’établissement doit souvent composer.

La nomination du chef d’établissement

Le chef d’établissement de l’enseignement catholique est missionné par la tutelle diocésaine ou religieuse, puis embauché par l’OGEC (Organisme de gestion de l’enseignement catholique) ; cette embauche est ensuite validée par le rectorat – lequel ne reconnaît pas juridiquement l’institution de tutelle : l’interlocuteur direct du rectorat est le chef d’établissement et non le directeur diocésain. Une première complexité apparaît donc dès la nomination du chef d’établissement.

Les professeurs

Comment le chef d’établissement peut-il manager une équipe qu’il ne choisit pas ? Il doit réserver des postes aux lauréats du concours, postes qui sont attribués d’office, sans lui demander son avis. Les enseignants choisissent leur établissement mais l’inverse reste impensable. Des accords sur l’emploi fixent des priorités dans le cadre des nominations. Les professeurs se savent sous l’autorité directe du recteur ; en l’absence de tout lien hiérarchique, ils peuvent aller jusqu’à narguer le chef d’établissement. Il est demandé à ce dernier de noter les professeurs. Mais quelle est la valeur de cette notation puisqu’elle est contrainte par le rectorat qui peut la reconsidérer ? Le métier de professeur se limite de plus en plus à la seule présence en classe, devant les élèves. Prendre des initiatives est souvent considéré comme du bénévolat, et certains enseignants sont montrés du doigt car « ils en font trop » aux yeux de leurs collègues.

Les enseignants sont des personnels qui ne sont pas sous son autorité mais dont il faut payer la prévoyance, qui comptent dans les effectifs pour les instances représentatives du personnel, dont il faut parfois prendre en charge les frais de déplacement pour des formations émanant des inspecteurs. Le chef d’établissement a davantage d’ascendant sur le personnel OGEC.

Les programmes

Le chef d’établissement n’a pas les moyens de prendre en compte la demande de liberté qui émane des enseignants, soumis à la pression des programmes et des inspecteurs. Tel professeur me dit : « J’aimerais faire plus de grammaire et étudier des œuvres entières. » Tel autre : « On n’a pas le temps de tout faire. » Un troisième : « Nous ne faisons plus d’histoire… » Nous les entendons régulièrement se plaindre : « Les élèves ne savent pas lire, ils n’ont pas de vocabulaire, ils ne s’intéressent pas, ils n’apprennent pas… » La transmission des savoirs est menacée par les tâches administratives. Un seul exemple : remplir le livret de compétences en collant au cadre légal est un véritable casse-tête et une perte de temps pour les enseignants.

Les instances

Le chef d’établissement de l’enseignement catholique a pour partenaires le SGEC (Secrétariat général de l’enseignement catholique), le CODIEC (Comité diocésain de l’enseignement catholique), le CAEC (Comité académique de l’enseignement catholique), la CAAC (Commission d’accueil et d’accord collégial), le SAAR (Service d’accueil et d’aide au recrutement), l’UGSEL (Union générale et sportive de l’enseignement libre), l’UNSS (Union nationale du sport scolaire), le conseil d’établissement, le conseil de tutelle, le conseil pédagogique, le conseil de direction, le conseil pastoral… Que d’instances et de conseils, avec des sensations de redites, de confusions et de lenteur !

Le rectorat

Le rectorat suit de plus en plus l’organisation de la répartition de nos services (emploi du temps des professeurs), nous pose des questions sur tel ou tel changement. De nombreuses enquêtes en tout genre parviennent au chef d’établissement : utilisation de l’outil informatique, retards des jeunes, absentéisme, redoublements… Par ailleurs, il faut faire du secourisme, de l’éducation à la vie affective et sexuelle, de l’informatique, de la prévention, de l’éducation aux soins dentaires…

Les parents

Le chef d’établissement de l’enseignement catholique a de plus en plus affaire à des parents consommateurs, qui zappent et vont jusqu’à utiliser la justice pour régler leurs comptes. Pour eux, les enfants sont victimes de « phobie scolaire », c’est de la faute de l’école si rien ne va… Tous ces maux liés à l’école, il appartient au chef d’établissement de les gérer. Les parents sont parfois stupéfaits quand on leur demande de s’occuper de leur enfant. Ils attendent qu’on les soigne, qu’on les écoute, qu’on les éduque.

Des parcours uniques

Combien d’enfants s’ennuient parce qu’il faut rentrer dans un système qu’il ne leur correspond pas ? Quel gâchis ! Le potentiel de chaque élève n’est pas exploité car il n’est pas mis en situation de découvrir ses propres talents.

Quelques propositions pour avancer dans l’intérêt de l’enfant

De la nécessité d’une identité

Quand le projet d’établissement est clair et bien identifié, il est plus facile de donner un cap et de le tenir. Comment faire quand les ministres changent, les programmes évoluent, les repères éducatifs disparaissent et quand chacun s’en mêle ? La liberté passe par une stabilité, qui permet de construire cette identité.

Une vraie liberté

Le chef d’établissement doit pouvoir agir sans subir le poids de l’administration, afin de se consacrer à sa mission principale : remettre l’humain au cœur d’une cohérence d’ensemble. Avoir un cadre bien sûr permet de faire confiance aux initiatives et de les favoriser.

Adhésion au projet

Il est nécessaire que le recrutement puisse se faire par adhésion au projet et que l’on puisse mettre un terme à un contrat. Des enseignants qui adhèrent au projet, c’est la garantie d’une équipe unie. L’enfant sera donc éduqué en toute cohérence.

Des objectifs et non des programmes

Il faut sortir des contraintes qui bloquent, qui insécurisent et mettre en œuvre une dynamique d’objectifs. Voir l’objectif donne envie d’y aller.

Organisation du temps scolaire

Si chaque établissement peut fixer librement son organisation, il sortira des contraintes dues à un calendrier imposé de l’extérieur - vacances, horaires, examens… Il est important, pour tous les acteurs, de trouver un équilibre dans la gestion du temps. Sortir du « saucissonnage » des tâches facilite la rencontre régulière entre les éducateurs dont la tâche nécessite d’être toute la journée avec les jeunes. Il est donc impératif qu’enseignants et élèves se voient ailleurs qu’en classe, dans diverses situations. La cohérence passe aussi par une continuité de la présence de l’adulte dans l’établissement.

Implication des parents

L’école n’est pas l’institution qui supplée les parents. Il s’agit donc de leur redonner leur juste place, de les mettre en situation de confiance et non de défiance à l’égard du système scolaire. Il faut faire en sorte que les parents comme les enfants se sentent bien dans leur école et puissent s’investir. C’est cette cohérence entre les familles et l’école qui permettra la réussite les enfants. Les liens naturels créés entre les parties prenantes sont les meilleurs gages d’un rapport gagnant-gagnant.

Libérer l’institution

Pour conclure, s’il y a des pistes de réflexion intéressantes du côté du Secrétariat général de l’enseignement catholique, je ne crois pas en leur réalisation tant qu’il y a aura le poids du système. Avant de décréter l’autonomie des établissements, commençons par libérer l’institution, et arrêtons de vouloir tout centraliser dans l’enseignement catholique. Même s’il laisse un peu plus de place aux initiatives des chefs d’établissement, le Secrétariat général n’est que le pendant du ministère de l’Éducation nationale. La liberté de choix offrira aux familles des garanties de qualité ainsi que des parcours propres aux réalités de chaque élève.

Il est nécessaire de sortir de la logique de l’État (et des collectivités territoriales) et de la logique institutionnelle. Nous faisons les choses à l’envers quand il nous est demandé d’entrer dans un cahier des charges prédéfini. Actuellement, nous partons de ce qui existe pour le modeler. Aujourd’hui, le seul levier dont dispose le chef d’établissement est le recrutement du personnel OGEC à condition ou d’avoir besoin de le renouveler ou de créer des postes parce que l’établissement se développe.

Il serait bon de permettre aux initiatives locales de pouvoir s’appuyer sur les collectivités et les institutions pour défendre leur projet. Ce n’est pas le projet qui doit s’inscrire dans un cadre, mais le projet qui doit définir lui-même le cadre dans lequel il veut entrer. Le projet part de la réalité locale et des besoins perçus.

Permettons à un établissement existant de gérer son enveloppe financière de manière à recruter ses enseignants, monter son projet, proposer des parcours selon le rythme de l’élève, bénéficier des transports et organiser son rythme. Faisons l’expérience sur cinq ans. L’État fera des économies, la qualité sera là, l’équipe sera motivée et osera donner de son temps.

Je suis prêt à relever le défi. Aujourd’hui nous dépensons la majeure partie de notre énergie à essayer de faire. Il y a des réussites, mais à quel prix. Favorisons l’émulation entre adultes et entre jeunes. Les jeunes ont un vrai potentiel. Il est important qu’ils croient en eux. Arrêtons de dire qu’il faut réformer. Agissons.

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Plus jamais 0

3 Questions à Anne-Marie Gaignard

3 Questions à Anne-Marie Gaignard, Présidente de l’association Plus jamais Zéro, qui vient en aide aux enfants ayant de grosses difficultés de lecture et/ ou d’orthographe.

Comment est né Plus Jamais Zéro ?

Plus Jamais Zéro est née de mon expérience personnelle. Élève, j’étais mauvaise en orthographe, je ne pouvais écrire un mot sans me tromper.
Pendant des années, j’ai été étiquetée dyslexique. Ce n’est qu’à 36 ans que j’ai découvert que je n’étais pas dyslexique, mais dysorthographique.
L’origine de mes problèmes venait de ce que la méthode d’apprentissage de l’orthographe utilisée en classe ne me convenait pas. Cela m’a anéantie.

Pendant plus de 30 ans, ma vie avait été gâchée à cause d’une mauvaise méthode. Mais c’est de là qu’est partie l’idée d’aider les élèves qui, à cause d’une méthode inadaptée, sont en difficulté pendant toute leur scolarité.

Qui sont les enfants qui s’adressent à vous ?

Ce sont des enfants qui viennent de tous les milieux. Souvent, ils ont dû se débrouiller avec une méthode semi-globale. Quand je leur pose la question, ils ne se rappellent pas avoir appris à lire. Mais ils me disent qu’ils ont galéré, qu’ils n’aiment pas lire. Or, à la rentrée 2010, 80% des manuels scolaires vendus sont des méthodes semi-globales.

Quand un enfant apprend à écrire un mot en l’orthographiant mal, cela reste, c’est un ancrage, qui devient rapidement un handicap. Mon travail consiste à démonter le mécanisme caché derrière cet ancrage.

Comment vivent-ils la dysorthographie ?

Les enfants qui nous arrivent sont dysorthographiques sévères. Le plus dramatique, c’est qu’ils se sentent coupables. Ils sont angoissés à l’idée d’aller à l’école au point de s’automutiler. Nous avons eu le cas d’une petite fille qui, à son arrivée chez nous, se mangeait littéralement les lèvres et les ongles.

Ces problèmes en amènent d’autres : en classe, ce sont des enfants dissipés, qui perdent tout, qui ne parviennent pas à se concentrer. Les devoirs à la maison deviennent un véritable pugilat. L’ambiance à l’heure des devoirs est cauchemardesque. Au lieu de durer 45 minutes, cela dure 2 heures, dans les cris et les larmes.

Les parents sont désemparés : ni les psychologues, ni les orthophonistes ne parviennent à donner des réponses adaptées aux problèmes de leurs enfants et c’est normal. Ils sont dysorthographiques, et n’ont pas besoin de rééducation du langage.

Avec nous, les enfants reprennent confiance. Dès les deux premières heures, ils font preuve de sérieux, de concentration et sont soulagés : ils comprennent enfin les raisons de leur handicap et parviennent à se corriger.

www.plusjamaiszero.fr

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Education :Parakou célèbre 150 ans d’enseignement catholique au Bénin

La ville de Parakou a abrité du lundi 7 au mercredi 9 mai 2012, la célébration des manifestations marquant les 150 ans de l’enseignement catholique au Bénin. Plusieurs délégations d’écoles catholiques du Bénin se sont donné rendez-vous dans la Cité des Kobourou pour ensemble rendre grâce à Dieu pour le chemin parcouru et ce, depuis l’arrivée des premiers missionnaires.

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Le Magazine ELLE défend la liberté des « femmes couguar » de l’enseignement catholique

« Renvoyée d’un collège catholique après avoir joué dans un clip » titre effarouché le magazine libéré. Après avoir pris la défense  de l’ouverture des sex shops (pardon, loveshop…) à proximité des écoles primaires, la rédaction de ELLE s’indigne que le clip suivant ne trouve pas l’admiration du projet pédagogique d’un établissement catholique. On ne peut que féliciter le chef d’établissement Claude Backès en visionnant ce clip :

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Maître d’école, pourquoi pas vous ?

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Près de 250 enfants des écoles privées font leurs Olympiades à Bayeux

250 enfants de petite et moyenne sections de l’enseignement catholique des écoles Notre-Dame de Trévières, Saint-Joseph, Saint-Patrice et Sacré-Cœur de Bayeux ont participé à des ateliers d’initiation à l’athlétisme, ce mardi matin, au stade Baron-Gérard, à Bayeux. Ils sont ainsi passés par les 16 ateliers sportifs mis en place à l’occasion de ces Olympuces, sous un soleil éclatant.« Cette manifestation a aussi pour but poursuivre le travail sur la motricité, effectué dans l’année », explique Françoise Lizoret, enseignante dans l’enseignement catholique et responsable de l’Union générale et sportive de l’enseignement libre (Ugsel).

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Suisse : Impossibilité de scolariser son enfant dans une langue étrangère

La défense de l’italien  (le Tessin en italophone) justifie que les enfants soient obligatoirement scolarisés dans cette langue dans le canton du Tessin.

Le Tribunal fédéral (TF) a débouté des parents tessinois qui voulaient inscrire leur fille dans une école privée anglophone.

Le TF rappelle que la liberté de la langue, garantie par la Constitution fédérale, n’est pas absolue. La langue officielle du Tessin est l’italien et l’enseignement y est, sauf rares exceptions, dispensé dans la langue de Dante.

Si la troisième langue nationale n’est pas menacée d’extinction, la nécessité de la protéger contre l’importance grandissante de l’allemand s’est fait ressentir avec acuité il y a quelques décennies, rappelle le TF. Un projet prévoyait même d’interdire formellement l’implantation d’écoles de langue allemande.

Instrument de «sauvegarde»

La législation tessinoise sur l’école obligatoire, qui impose un enseignement en langue italienne aux enfants en âge de scolarité, reflète encore ces préoccupations. Elle est un instrument d’»intégration» et de «sauvegarde» de l’italien face au grand nombre d’habitants germanophones.

Dans le contexte démographique propre au Tessin, ces règles jouissent d’une importance particulière, car l’école est «un vecteur capital de l’identité culturelle et linguistique d’un territoire». L’intérêt public sur lequel se fonde la loi scolaire l’emporte sur l’intérêt privé des parents à pouvoir inscrire leur enfant dans une école de leur choix.

Particularité cantonale

Déboutés, les parents de la fillette, qui parlent italien et ont la double nationalité italo-suisse, devront payer 2000 francs de frais de justice. A l’appui de leur recours, ils relevaient que leur fillette n’aurait subi aucun désavantage à fréquenter une école anglaise, puisque de toute manière, elle parle déjà italien.

Dans d’autres cantons, ils auraient eu moins de difficultés à inscrire leur enfant dans une école anglophone. Porte-parole du Département vaudois de la formation, Michael Fiaux a ainsi indiqué à l’ats que le canton de Vaud ne connaît pas de réglementation similaire à celle du Tessin.

Des parents vaudois ont toute liberté, s’ils le souhaitent, d’inscrire leur enfant dans une école privée anglophone, pour autant que «les objectifs pédagogiques soient respectés et que le programme suivi permet à l’enfant de réintégrer l’école publique», a précisé le porte-parole. (arrêt 2C_449/2011 du 26 avril 2012)

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Pour le parti de gauche, Hollande est trop à droite sur l’éducation

«Le discours sur l’éducation livré par le nouveau président lors de sa journée d’investiture (…) témoigne de ruptures profondes avec l’héritage de l’humanisme universaliste.» Par François Cocq, secrétaire national à l’éducation du Parti de gauche.


En matière d’éducation, force est de constater que la campagne présidentielle nous a laissés sur notre faim. Si les semaines écoulées ont permis de rejeter les politiques sarkozystes, la proposition de créer 60 000 postes dans l’Education nationale a dans le même temps exonéré François Hollande de présenter un projet éducatif global. Il subsiste donc des interrogations sur la nature profonde de la «refondation» qu’il entend engager pour l’école.

Le discours sur l’éducation livré par le nouveau président lors de sa journée d’investiture a malgré tout précisé la pensée que nous avions vu se dessiner en creux dans ses discours. Certaines formules prononcées le 15 mai témoignent ainsi de ruptures profondes avec l’héritage de l’humanisme universaliste et rejoignent quelques jalons posés pendant sa campagne.

Ainsi, l’égalité des chances a été réaffirmée comme pierre angulaire du système éducatif. Loin du consensus des bien-pensants, il faut mesurer que l’égalité des chances fait reposer sur chaque enfant, sur chaque jeune, sur chaque famille, la responsabilité de l’échec ou de la réussite d’une scolarité. L’égalité des chances, non contente de nier la profondeur des inégalités sociales, instille le venin de l’individualisme et de la compétition. C’est cette idée même qui permet aux libéraux de prôner le chèque éducation ou l’augmentation des frais d’inscription à l’université. Elle appelle à sa suite la promotion de quelques-uns pour se donner bonne conscience et mieux s’exonérer de la réussite de toutes et tous. François Hollande proposait en ce sens, le 4 mars, que 5 % à 6 % des jeunes des quartiers dits «populaires» aient accès aux grandes écoles sans se soucier des 95 autres pourcents. Dès lors, le pas fut vite franchi par le nouveau président de la République, qui en a déduit, lors de son investiture, que l’école devait être celle du «mérite». Alors même que la société méritocratique a montré qu’elle était en bout de course, c’est elle qui serait à nouveau le levier de la démocratisation?

La deuxième césure est intimement liée à la première: qui apprend quoi à l’école? François Hollande, dans le prolongement de la loi d’orientation Fillon de 2005, estime qu’un socle commun minimaliste et utilitariste satisferait largement les ambitions d’une plèbe dévolue aux tâches d’exécution quand les programmes seraient réservés aux quelques autres afin d’assurer dans un marché du travail idéalisé les tâches de conception. Le nouveau ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, propose ainsi d’instituer un «conseil national du socle et des programmes» qui entérine la distinction entre les deux. La gauche ne saurait au contraire renier le fait que tous les enfants sont capables d’apprendre les mêmes choses pour peu qu’on en donne à l’école les moyens. Ce n’est pas une petite affaire. Celui ou celle qui renonce à la perfectibilité constante de l’être humain de fait change de camp!

Reste la question de la mise en œuvre. Celle-ci n’est pas que technique, bien au contraire, dès lors qu’elle engage l’égalité entre les élèves et entre les territoires et qu’elle remet en cause le cadre national. Celui-ci a beau avoir été réaffirmé le 15 mai, il semble difficilement conciliable avec l’«autonomie pédagogique» portée par le candidat. Celle-ci existe déjà et se nomme «liberté pédagogique». S’il faut en changer le nom, c’est que la surface qu’elle recouvre change aussi. C’est donc bien l’autonomie des établissements qui est visée. Cette dernière est en effet le complément indispensable à la volonté exprimée par François Hollande le 17 février devant la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de passer par-dessus bord la carte scolaire en instituant un choix pour les familles entre plusieurs établissements. Mais qui a le choix au final? Ne sait-on pas que ce sont les établissements qui au final décident dans ces circonstances? La mixité sociale serait ainsi sacrifiée sur l’autel de la concurrence libre et non faussée qui s’appliquerait alors entre les établissements et au final entre les élèves.

Il n’est pas d’autel qui vaille à l’école de la République, pas d’arrangement avec les règles qui président à la vie commune qui puisse être accepté. Le refus annoncé par Vincent Peillon d’abroger la loi Carle qui permet le financement des écoles privées (à 95 % confessionnelles) par des fonds publics est une pierre jetée dans le jardin de la laïcité. Que diable: parce que l’école publique est l’école de tous, les fonds publics doivent aller à l’école publique!

Ces quelques éléments, échappés d’un débat qui n’a jamais existé, structurent profondément la «refondation de l’école de la République».  Ils ont permis à François Hollande le 15 mai de faire de l’école tout à la fois un droit et un devoir. C’est une hérésie de les mettre sur le même plan. Les droits sont par nature universels. Ils sont l’héritage de la pensée des Lumières et les acquis des luttes du camp progressiste et de la classe ouvrière. Ils n’appellent aucune compensation, aucun devoir en échange car les devoirs sont eux rattachés à la personne. Le retour de la gauche au pouvoir ne saurait commencer par le renoncement ainsi exprimé de refonder une école qui soit celle de la réussite de toutes et tous.

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La blague du jour : Dreux : Une future école musulmane baptisée le « Siècle Des Lumières » !

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Kentucky (États-Unis) : Un couple homosexuel indésirable au bal du lycée catholique

Un couple adolescent lesbien du Kentucky (États-Unis) s’est vu refuser l’entrée au traditionnel bal étudiant de fin d’année pour des raisons d’ordre religieux.

Hope Decker, 18 ans, et Tiffany Wright, 16 ans, pensaient participer comme tous leurs congénères au traditionnel bal de fin d’année de leur lycée. Malheureusement, la direction de l’établissement en a décidé autrement, considérant que leur orientation sexuelle était contraire aux valeurs catholiques prônées au sein de l’école.

« En tant qu’école catholique, nous respectons les principes défendus par l’Eglise catholique et la politique de notre établissement ainsi que le réglement d’ordre intérieur reflètent son enseignement », a en effet confié Steve Angelucci, directeur du lycée catholique Lexington, au site kentucky.com.

Les principales intéressées n’ont pas tardé à réagir et ont tout simplement organisé une soirée alternative en compagnie de leurs amis et partisans sur le parking du lycée.

« Je comprendrais les décisions de l’école si elles étaient clairement motivées par des principes religieux, confie Tiffany. Or, personne n’a refusé l’entrée aux couples ‘coupables’ de relations sexuelles hors mariage! ».

Ce bal parallèle a été l’occasion pour les participants de s’indigner collectivement face à la discrimination dont le jeune couple a été victime. Une lettre commune a été rédigée et signée par les 107 étudiants, précise le journal régional.

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La recherche française : en voie de modernisation

En complément de la publication de notre dossier sur les universités depuis l’autonomie introduite par la loi LRU de 2007, nous publions une note élargie sur la question spécifique de la recherche depuis la réforme. « La recherche scientifique et technologique, la diffusion et la valorisation de ses résultats » sont en effet, la deuxième mission de l’enseignement supérieur, fixée par cette loi. Le quinquennat écoulé lui a accordé une importance toute particulière, à travers notamment les investissements d’avenir. L’autonomie offerte par la LRU alliée à la dynamique des PRES [1] a entamé la transformation de la recherche française pour la hisser au niveau des standards internationaux. Les premiers obstacles ont été franchis, mais il reste encore du chemin à parcourir, notamment dans le rapprochement de la recherche universitaire avec les entreprises.

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Nouvel Établissement privé musulman d’enseignement primaire, l’école Rhazès recrute des professeurs des écoles pour la rentrée 2012.

Voici un établissement à ajouter à la liste des écoles, collèges et lycées musulmans de France que nous avons mise à jour le mois dernier.

L’école privée musulmane Rhazès (Al-Razi) ouvrira ses portes in cha’a-Llah à la rentrée scolaire prochaine en septembre 2012. Établissement privé musulman d’enseignement primaire, l’école Rhazès est située dans l’Essonne à Vigneux-sur-Seine.

L’école ouvrira six sections de la grande section (maternelle) à la classe de CM2. Les préinscriptions sont d’ores et déjà ouvertes.

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Laïcité et enseignement catholique : Le colloque d’un avenir sombre ?

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Ni condoms, ni smartphones dans les écoles catholiques papoues

PORT-MORESBY, mercredi 16 mai 2012 (Flash d’Océanie) – Les établissements d’enseignement catholique de Papouasie-Nouvelle-Guinée se sont positionnés ces derniers jours fermement contre la distribution gratuite de préservatifs (préconisée par le ministère de l’éducation), mais aussi en tout aussi ferme opposition à l’utilisation des téléphones mobiles pendant les heures de cours.
Selon les dernières consignes données par le ministère de l’éducation, la distribution gratuite de préservatifs dans les établissements scolaires du pays avait pour but de faciliter l’accès des préservatifs à la fois aux élèves et aux enseignants, dans un mouvement de prévention des infections sexuellement transmissibles et en particulier du VIH-SIDA, qui touche plus d’une soixantaine de milliers de personnes dans ce pays.
Motif invoqué par l’archevêque Francesco Panfilo, cité mardi par le quotidien The National : les établissements d’enseignement de l’église catholique ne peuvent pas être forcés de suivre des instructions qui sont en opposition avec la philosophie d’enseignement » de cette église.
L’archevêque a aussi rappelé les positions vaticanes, qui considèrent que la distribution gratuite de préservatifs est une sorte de feu vert, voire d’encouragement à des comportements sexuels « de promiscuité » et « hors mariage ».

Le collège « no phone »

Dans le domaine des nouvelles technologies, la position catholique papoue est là aussi ferme : les téléphones mobiles, de plus en plus sophistiqués et répandus chez les élèves, sont interdits pendant les heures de cours.
En fin de semaine dernière, cette position s’est matérialisée par une sanction exemplaire frappant les 750 élèves (dont 700 pensionnaires) du collège pour jeunes filles de Notre-Dame (dirigé par les sœurs), dans la province des Hauts-Plateaux de l’Ouest.
L’interdiction édictée vaut aussi bien pendant qu’après les heures de cours.
Elle concerne tout aussi bien les simples téléphones mobiles que leur version évoluée comprenant lecteurs mp3, appareils photos et caméras vidéo, ou encore les ordinateurs portables, rapporte le quotidien Post Courier.
Sœur Mary Vivette, proviseure, expliquant ces mesures radicales, a insisté que ces appareils étaient avant tout une « source de distraction » qui « perturbe » les études des jeunes collégiennes.
En matière d’application, difficile, de cette interdiction, l’établissement a opté pour une mise sous clé des appareils pour tout élève ayant pénétré dans l’enceinte du collège, mais consent une restitution temporaire, « au besoin » et « au cas par cas ».
Après quoi, l’appareil doit regagner le placard cadenassé.
Autre recours mis à disposition par le collège : un unique téléphone public payant.
Les collégiennes auraient dans un premier temps fait mine d’obtempérer, mais se seraient depuis indigné que certains de ces précieux objets aient été soit « perdus », soit « abîmés », soit « détruits » par l’administration.
Depuis aussi, de multiples apparitions d’appareils « impies » dans l’enceinte de l’établissement laissent à penser que de nombreuses jeunes filles ont décidé d’« oublier » de déclarer leurs appareils, qui ont ainsi gagné le statut d’objets clandestins.
À la suite d’un premier « coup de filet mené par l’administration dans les dortoirs, plus de cent cinquante appareils clandestins ont ces derniers jours.
Les propriétaires rebelles ont été suspendues, pour l’exemple, et une vingtaine de téléphones mobiles saisis publiquement détruite.
Ces mesures ont provoqué de vives réactions de la part des associations de parents d’élèves.
À l’issue d’une rencontre parents-collège, les jeunes filles ont depuis été réintégrées.

La 3G bouleverse les comportements scolaires

Le développement vertigineux, ces dernières années, de la pénétration de la téléphonie mobile dans le Pacifique et des technologies à haut débit de type 3G commencent à avoir des effets sur l’enseignement public : dans deux pays mélanésiens, Fidji et les îles Salomon, les autorités éducatives, confrontés à ce problème, s’interrogent aussi sur les mesures appropriées afin de réglementer, voire de bannir ces appareils des salles de classe.
Le problème, estiment les enseignants des îles Salomon, pourrait encore s’aggraver très rapidement dans l’enceinte des établissements avec la toute récente arrivée de la 3G, qui offre de nouvelles opportunités de distraction en mode mobile : deux des opérateurs présents sur le marché viennent en effet d’introduire la technologie 3G, qui permet d’accélérer encore la vitesse de transmission de données via un téléphone mobile, permettant ainsi de visionner en ligne des vidéos ou des films, ou encore d’accéder à des réseaux sociaux ou consulter sa boîte de messagerie courriel.
Filipe Bole, ministre fidjien de l’éducation, dès mi-2011, était on ne peut plus clair début mars 2011 en rappelant le principe de sanctuarisation des salles de classe qui implique que tout objet potentiellement distrayant soit laissé à la porte.
En vert de ce principe, les contrevenants se verront systématiquement confisquer leur précieux portable.
« Notre politique d’interdiction de l’usage des téléphones mobiles pendant les heures de cours est toujours en vigueur. Elle a pour objet d’apprendre à nos élèves que l’école est avant un lieu d’apprentissage et non pas un lieu pour passer son temps soit à parler au téléphone, soit à écouter de la musique. Et il est reconnu que les téléphones mobiles sont une source de distraction pendant les heures de cours, ce qui a aussi pour effet d’irriter les enseignants », soulignait-il tout en demandant aussi au passage au parents de faire preuve d’un peu plus d’autorité en apprenant à leurs enfants le « bon » usage de ces appareils.
Aux îles Salomon, les enseignants, tout aussi excédés que leurs collègues fidjiens par la prolifération des téléphones dans les salles de cours, ont demandé fin avril 2011au gouvernement de faire preuve de fermeté et de légiférer pour rendre illégale l’utilisation de ces appareils dans les salles de classe.
Le phénomène est le plus aigu dans les établissements de la capitale Honiara, estiment les enseignants, qui parlent de « problème majeur ».
« Nous respectons la liberté de chaque élève, qui a donc le droit de posséder un téléphone mobile, nous respectons aussi leur vie privée. Mais quand ils commencent à abuser de la situation pendant les heures de cours en bavardant ou en écoutant de la musique, alors là, ça devient un problème », déclarait un enseignant de la capitale.
Heath Oti, proviseur du collège de Burns Creek, avait tenté de prendre les devants en avril 2011 en confisquant les appareils de plusieurs élèves.
Mais il a été très rapidement critiqué à la fois par les élèves et par leurs parents, qui ont jugé cette mesure abusive.
Le milieu enseignant salomonais mentionnait alors très clairement l’exemple fidjien, qui s’appuie sur un amendement des textes existants, comme une source d’inspiration ayant valeur d’exemple.
Une grande majorité des téléphones mobiles, dans cette région, sans pouvoir pour autant être qualifiés de « Smartphones », combinent néanmoins des fonctionnalités comme la réception de radios FM, la lecture de fichiers MP3, ou encore la prise de vue photos et vidéo.

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Ferry, non merci

 

La République, elle aussi, a ses symboles. Ce mardi, le Président de la République, le ci-devant candidat du Parti socialiste François Hollande, rend hommage à Jules Ferry. Pour beaucoup, Ferry symbolise l’école laïc et obligatoire, l’école républicaine, celle du tableau noir et de la craie, des vertus civiques, des chefs-lieux et préfectures appris par cœur, des coups de règle sur les doigts et de bien d’autres choses que certains cultivent aujourd’hui avec nostalgie, à l’imitation des « nouveaux réacs » qui arpentent les couloirs de la grande presse.

Mais Jules Ferry, le symbole de l’an I du nouveau quinquennat, c’est aussi la lutte contre l’Église catholique, à propos de l’école justement, une vieille habitude républicaine.

Des exemples ? Disons, plus modestement, quelques dates que n’importe quelle encyclopédie confirmera :

– février 1880 : expulsion des ecclésiastiques du Conseil supérieur de l’Instruction publique ;

– 12 mars 1880 : la collation des grades universitaires est retirée à l’enseignement catholique ;

– 29 mars 1880 : décret d’expulsion des jésuites et décret imposant aux autres congrégations non autorisées de se mettre en règle sous trois mois sous peine de dissolution et de dispersion ;

– 28 mars 1882 : loi de laïcisation de l’enseignement.

Pour Jules Ferry, il ne reste plus qu’un dogme : celui de l’absence de dogme. Il l’écrit dans une célèbre lettre aux instituteurs, datée de novembre 1883, dont on ne retient habituellement que sa demande de respecter la conscience de l’enfant. Mais une conscience formée à exclure Dieu des activités humaines et à l’enfermer dans les murs de la sacristie n’est pas une conscience respectée. C’est une conscience avilie. Mais que dit-il d’autres dans cette fameuse lettre ?

«  La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se contredire : d’une part, elle met en dehors du programme obligatoire l’enseignement de tout dogme particulier ; d’autre part, elle y place au premier rang l’enseignement moral et civique. L’instruction religieuse appartient aux familles et à l’Église, l’instruction morale à l’école. Le législateur n’a donc pas entendu faire une œuvre purement négative. Sans doute il a eu pour premier objet de séparer l’école de l’Église, d’assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves, de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus : celui des croyances, qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances, qui sont communes et indispensables à tous, de l’aveu de tous. Mais il y a autre chose dans la loi du 28 mars : elle exprime la volonté de fonder chez nous une éducation nationale, et de la fonder sur les notions du devoir et du droit que le législateur n’hésite pas à inscrire au nombre des premières vérités que nul ne peut ignorer. Pour cette partie capitale de l’éducation, c’est sur vous, Monsieur, que les pouvoirs publics ont compté. En vous dispensant de l’enseignement religieux, on n’a pas songé à vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession. Au contraire, il a paru tout naturel que l’instituteur, en même temps qu’il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celle du langage ou du calcul ».

Cet artifice a malheureusement pénétré aujourd’hui jusque dans l’enseignement catholique. Il promeut une fausse liberté de conscience qui consiste à réduire la religion à une simple option, non fondée en raison, séparant radicalement la morale et la religion, la foi et la raison.

Les beaux esprits aujourd’hui s’émeuvent des conceptions colonialistes de ce Père de la République qui s’appuyait sur la notion de « race supérieure ». Une colonisation qui échouera parce qu’elle était fondée sur le refus de Dieu et la détermination à importer le modèle républicain d’une laïcité anti-chrétienne.

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Vincent Peillon et la semaine de cinq jours : conjuguer concertation et intérêt général est-il vraiment toujours possible ?

A peine installé dans son poste de ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon affirme déjà sa volonté d’imposer le projet de la semaine de cinq jours dans les écoles primaires, passant outre la concertation tant voulue par François Hollande. Vite repris par Jean-Marc Ayrault, cette déclaration souligne-t-elle la preuve que la méthode socialiste promise sera difficile à maintenir ?
Atlantico : Durant toute sa campagne François Hollande a déclaré que le gouvernement aurait à cœur de consulter les partenaires sociaux avant de prendre des décisions cruciales. Or hier, après le Conseil des ministres, Vincent Peillon nouvellement en charge de l’éducation a proposé de mettre en place la semaine de cinq jours pour les écoles primaires, sans même en discuter avec les associations de parents. Cet évènement annonce-t-il que la maîtrise des ministres sera plus compliquée que prévue ?

Olivier Rouquan : Je n’en suis pas sûr car c’est une toute nouvelle équipe qui s’installe et il y a toujours chez les nouveaux gouvernants des hésitations. Ceci dit, il ne faut pas confondre concertation et indécision. Il y a dans les engagements du Parti Socialiste des mesures assez vaillantes et le gouvernement nommé est là pour les mettre en place avant les législatives. Il peut, bien entendu, y avoir des ajustements et il est certain que ce projet de la semaine de cinq jours sera à nouveau soumis à discussion. C’est finalement le mode de fonctionnement d’un gouvernement sous l’arbitrage du Premier ministre même si je pense qu’il y a sans doute eu un peu de précipitation de la part de Vincent Peillon.

Des politiques publiques ont été annoncées et ne vont pas disparaître au nom de la concertation. Les axes forts seront maintenus et dans, ou en dehors du débat de la semaine de cinq jours, les temps scolaires seront de toute façon modifiés. C’est incontournable.

Cependant la méthode de concertation voulue par François Hollande est-elle la meilleure façon d’agir, est-ce un modèle tenable à long terme ?

Nous sommes entrés dans l’heure de la gouvernance ce qui signifie qu’à la fois au niveau des institutions nationales ou des collectivités locales, le décideur public doit être moins unilatéral, autoritaire et doit tenter de réunir le plus d’avis possible et de bien légitimer en amont sa décision. Ce sont des processus qui sont utilisés partout désormais et l’Etat central est quelque part obligé de s’y conformer.

En revanche, réunir, dialoguer ne signifie pas qu’on ne puisse pas décider, trancher et prendre les décisions les plus opportunes possibles. C’est une méthode de gouvernement qui, à la fois dans le style présidentiel ou mais aussi dans le fond, est amené à mieux s’adapter à nos sociétés contemporaines et aux cultures telles qu’elles ont évolué.

Vis-à-vis des corps intermédiaires, motivée peut-être par les urgences de la crise, cette concertation ne va-t-elle pas virer à la décision cosmétique puisque les décisions seront prises rapidement et en amont ?

C’est aussi une question de bonne gouvernance quand on est au sommet de l’Etat. La concertation ne fonctionne que si on en défini clairement les sujets et si on prévient à l’avance les partenaires sociaux des points qui ne sont pas négociables. C’est de la responsabilité du décideur public : il faut identifier des engagements politiques clairs non négociables car ils font la personnalité de François Hollande et de son gouvernement.

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Journée mondiale contre l’homophobie: Henri Joyeux à l’émission «Du Grain à moudre» sur France Culture

Le président de Familles de France, le Pr Henri Joyeux, chirurgien cancérologue au CHU de Montpellier intervient sur l’homosexualité, jeudi 17 mai, dans le cadre de l’émission «Du Grain à moudre » de France Culture ; émission qui se déroule dans le cadre de la journée mondiale contre l’homophobie.

Ecouter l’émission « Du grain à moudre » de France Culture du 17 mai 2012

ECOUTER L EMISSION

Rappel: Communiqué Familles de France du 15 nov 2011
La loi ne peut priver un enfant d’avoir à sa naissance un père et une mère

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Querelle du genre : L’enseignement catholique sort son site

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Mariage / Homoparentalité : Dominique Bertinotti se dit ministre de toutes les familles et prévoit le mariage gay pour 2013

« La réflexion commencera à l’automne, au mois de septembre, l’idée étant que cela débouche sur une loi au milieu de l’année 2013″, a encore déclaré Dominique Bertinotti.

La ministre de la Famille avait déjà évoqué jeudi l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

Interrogée sur France Info lors de la journée mondiale contre l’homophie, elle avait rappelé l’engagement de François Hollande – et désormais du gouvernement – d’ouvir le mariage et l’adoption aux homosexuels.

« Je voudrais aussi citer le fait qu’un des 60 engagements porte sur le mariage homosexuel et l’adoption par les couples de même sexe », a souligné la ministre jeudi. « Il faut que chacun de ces types de familles puisse trouver exactement les mêmes droits; le même regard aussi de la société sur des choix de vie qui sont tout à fait respectables, quels qu’ils soient », a-t-elle ajouté.

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CONFIDENTIEL. Matignon : Jean-Paul de Gaudemar est nommé conseiller éducation et enseignement supérieur

Selon les informations recueillies par AEF, Jean-Paul de Gaudemar est nommé au poste de conseiller éducation et enseignement supérieur auprès du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Recteur de l’académie d’Aix-Marseille et chancelier des universités de juillet 2004 à mars 2012, Jean-Paul de Gaudemar, 65 ans, avait dû quitter ses fonctions du fait de la limite d’âge et était depuis en congé de conversion thématique (AEF n°163917). En mars, il dressait pour AEF le bilan de ses huit ans à la tête de l’académie d’Aix-Marseille (AEF n°164028).

Avant d’être nommé recteur d’Aix-Marseille, en 2004, Jean-Paul de Gaudemar a été directeur de l’enseignement scolaire au ministère de l’Éducation nationale de 2000 à 2004 (AEF n°9322). De 1997 à 2000, il a été recteur de l’académie de Toulouse, et, de 1991 à 1997, recteur de l’académie de Strasbourg.

Il a présidé le groupe de travail sur les politiques régionales de l’OCDE de 1985 à 1997. Il a également exercé les fonctions de haut conseiller du directeur général du CNRS de 1989 à 1991, années pendant lesquelles il était aussi vice-président de l’université de la Méditerranée (Aix-Marseille-II) et doyen de la faculté de sciences économiques d’Aix-Marseille.

Il a été chargé de mission à la Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) de 1982-85, avant d’en devenir directeur (1985-87) puis président du comité scientifique (1987-1994).

Né le 18 mars 1947 à Guildford (Royaume-Uni), Jean-Paul de Gaudemar est ancien élève de l’École polytechnique (1967-1970), docteur d’État en sciences économiques (1974) et agrégé de sciences économiques et de gestion (1975). Il commence sa carrière universitaire comme assistant à l’université de Paris-I Panthéon-Sorbonne (1971-1975). Depuis 1976, il est professeur de sciences économiques à l’université de la Méditerranée.

Il est commandeur de la Légion d’honneur (2011), officier de l’Ordre national du mérite (1998), commandeur des Palmes académiques, mais aussi titulaire de la Croix du mérite allemande.

Source : AEF

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La classe branchée d’hier à demain ?

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Écoles catholiques : les défis de l’immobilier

Par héritage historique l’enseignement catholique dispose en France d’un parc immobilier impressionnant, mais plus toujours adapté… Un défi auquel il doit apporter des réponses au risque de remettre en cause l’existence de certains établissements…

C’est Eric de Labarre, secrétaire général de l’enseignement catholique, qui le disait lui-même lors d’une journée organisée le 3 février 2012 par la Fnogec (Fédération nationale des organismes de gestion des établissements de l’enseignement catholique) : « Nous constatons que certains établissements risquent de disparaître, moins par le manque d’élèves ou le manque de professeurs que par l’insuffisance de leurs ressources et l’inadaptation ou l’obsolescence de leurs structures immobilières. » (1) L’enseignement catholique doit donc agir sur l’état de son parc immobilier et en améliorer la gestion. Une amélioration qui implique des regroupements et une meilleure mutualisation des moyens, y compris financiers. Pour cela les acteurs du secteur sont conscients des enjeux qu’ils doivent affronter.

Mieux connaître le parc immobilier

Aussi curieux que cela puisse paraître, la connaissance fine et homogène du parc immobilier est très relative. Pourtant, comme l’indique Eric de Labarre, « la condition sine qua non d’une politique immobilière est une connaissance précise du patrimoine et de son état ». D’où le lancement d’un recensement actuellement en cours de réalisation, qui porte sur l’ensemble des bâtiments affectés aux établissements catholiques d’enseignement. Il ne s’agit pas de dresser seulement une liste de lieux, mais d’identifier pour chacun, les propriétaires, la nature et l’affectation des locaux, les surfaces, les modalités juridiques d’occupation des lieux, l’état des locaux, les travaux à réaliser, etc.

Mutualiser contre la « mortelle solitude »

La gestion de ce patrimoine immobilier met en jeu des responsabilités importantes qui nécessitent la coopération de trois partenaires principaux : l’établissement scolaire, représenté par le chef d’établissement et son association gestionnaire ; le propriétaire, en général une association immobilière, qui a la responsabilité juridique du patrimoine ; la tutelle, diocésaine ou congréganiste.  Un cocktail parfois complexe qui nécessite d’être juridiquement clarifié. Pour cela l’enjeu est de bien dissocier la gestion et la propriété. C’est pourquoi ont été élaborés des statuts types d’associations diocésaines en vue de réunir les propriétés en question. Une formule de « mutualisation » qui peut rompre avec la tradition ou les héritages historiques mais que le  secrétaire général de l’enseignement catholique juge incontournable : « Dans le domaine de la propriété immobilière, il faut trouver le ou les niveaux pertinents de gestion des problèmes et des moyens dont on dispose. Il y a en effet des tailles critiques en deçà desquelles rien n’est vraiment possible, des tailles critiques en deçà desquelles la solitude est mortelle. » D’où l’objectif de réduire le nombre de propriétaires en les regroupant, afin d’obtenir des structures propriétaires suffisamment dimensionnées pour être efficaces en termes de planification des travaux, de crédibilité bancaire et d’expertise. Dans un second temps, il s’agit de fédérer ces structures au sein de fédérations diocésaines et interdiocésaines qui regrouperont les personnes morales ou physiques propriétaires, fédérations locales qui seront regroupées au sein d’une fédération nationale. Celle-ci aura pour vocation d’assurer la coordination entre ses adhérents et à leur apporter assistance dans tous les domaines ayant un rapport avec les questions immobilières et foncières.

Trouver de nouvelles ressources

Comme dans beaucoup de domaines, le nerf de l’affaire réside aussi dans les finances. Tout en travaillant sur l’amélioration des financements publics en réévaluant les forfaits communaux et les forfaits d’externat des collèges et lycées versés par l’État, les Régions et les Départements, le secteur devra aussi se poser la question du niveau de contributions des familles. Mais ces deux pistes sont insuffisantes pour conduire à bien les vastes chantiers (au deux sens du terme !) réclamés par le sujet. C’est pourquoi a été créée en 2010 la Fondation Saint-Matthieu Décret du 16 février 2010) dont la mission est de faire appel à la générosité publique dans le but spécifique de financer l’immobilier de l’enseignement catholique. Aux dires du président de la Fondation : « Notre ambition est de collecter de façon récurrente 10 millions d’euros pour cofinancer 100 millions d’euros de travaux. »

(1) Intervention complète téléchargeable sur le site de la Fnogec

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Sous représentation des filles dans les filières et les métiers : l’intox démasquée

Les statistiques tombent et enfoncent le clou. Quelques chiffres au hasard :les 2/3 des jeunes sortant du système éducatif sans aucune qualification sont des garçons. En médecine 62% des titres de doctorat ont été accordés à des filles (2008), à l’Ecole Nationale de la Magistrature 82% sont des filles. L’Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort compte, en 2012 80% d’étudiantes. Dans l’ensemble de l’enseignement supérieur, 56% de filles. 86% des femmes contre 80% des hommes âgés de 20-24 ans sont titulaires d’un diplôme de second cycle de l’enseignement secondaire .
Il n’y a plus que dans les écoles d’ingénieur, de technologie ou d’informatique que les garçons soient largement majoritaires…pour combien de temps ?
Les rapports internationaux Pisa et Eurydice soulignent le retard des garçons par rapport aux filles. Eurydice parle même de crise de la masculinité. (1)

Des chiffres qui devraient nous alarmer

Dans le parcours scolaire, dès le début les garçons sont en retard en lecture et écriture et forment l’essentiel des effectifs des structures pour enfants en difficulté ou au comportement violent. Plus souvent que les filles, ils font l’objet d’une « orientation » en cycle professionnel. Meilleures en français, les filles sont pratiquement à égalité avec les garçons en mathématiques. Bref. Quoiqu’on en dise, l’échec scolaire, c’est majoritairement un problème de garçons .

Nous nous réjouissons bien sûr du succès des demoiselles dans leurs études mais comment expliquer cette « supériorité » sur les garçons ?

Jean-Louis Auduc, directeur adjoint de l’IUFM de Créteil et auteur de Sauvons les garçons (2)n’hésite pas à parler de fracture sexuée qu’il juge plus importante que la fracture sociale : au baccalauréat, les filles issues de milieux défavorisés obtiennent des résultats équivalents à ceux des garçons de milieux favorisés, dit-il.
Lorsqu’on sait qu’il y a 4 fois plus de suicides de garçons que de filles nous comprendrons qu’il est temps de se poser les bonnes questions. La tendance pourrait bien s’inverser et après les plans quinquennaux pour la promotion de la femme et l’égalité des genres il se pourrait bien que le féminisme devienne complètement has been et que sonne l’heure de la promotion des garçons.

Une société féminisée

Quelle place reste-t-il aujourd’hui pour les garçons, et même plus généralement pour les hommes ? Quand tout est jugé, pensé, pesé à l’aulne du compassionnel et du sentiment, quand le principe de précaution est devenu la norme et qu’on a le risque zéro pour toute ambition, quand les femmes se veulent identiques aux hommes et que les mères font un procès pour leurs fils tombés au champ d’honneur, bref, dans une société féminisée et castratrice, on peut comprendre que des hommes se sentent un peu de trop et se réfugient les uns dans l’homosexualité, les autres dans l’affirmation de soi par la violence gratuite ou encore dans la fascination d’un Islam viril et dominateur.
La Commission européenne admet : «Les chercheurs critiquent la forte féminisation de la profession d’enseignant car cette tendance favorise les filles et risque finalement d’être responsable des sous performances scolaires des garçons ». Mais en prenant néanmoins aussitôt ses distances : « S’agissant des avantages potentiels liés au fait de compter plus d’enseignants de sexe masculin dans les écoles, il n’y a aucune preuve claire de l’influence bénéfique d’une répartition plus équilibrée des sexes en termes numériques parmi les enseignants sur les performances des élèves. Seuls les enseignants (femmes et hommes) qui remettent en question leur propre rôle de genre et celui de leurs élèves peuvent générer un changement . »(3)

Absence de Pères

Dans cette société féminisée, quelles sont les figures du Père auquel ces adolescents vont pouvoir s’identifier ou être confrontés pour « grandir » ? 90% du corps enseignant est féminin, assistantes sociales et magistrats représentant la Loi, ce qui est traditionnellement le rôle du père, sont pour la plupart des femmes ; dans leur famille, bien souvent le père est absent, ou remplacé par un beau-père ; quand le père existe, ce n’est pas lui qui s’intéresse le soir au travail scolaire et il est plutôt assimilé aux loisirs du week-end.
Paul-François Paoli dans une analyse très sévère sur la féminisation de notre monde occidental montre comment les féministes ont mené une intense campagne de culpabilisation des hommes : « Elles ont voulu la peau du père : elles l’ont eue. Elles récoltent aujourd’hui la misère de leurs fils dépressifs, paumés et neurasthéniques » (trois ou quatre fois plus de suicides de garçons que de filles, rappelons-le). On demande aujourd’hui aux hommes « d’exprimer leurs émotions, d’avoir moins de poils, d’être plus compatissants, de savoir pleurer. » (4)
Mais qui incarnera la Loi, la force, la virilité quand toutes ces notions sont devenues suspectes ? Paoli s’inquiète plus encore pour les fils de l’immigration qui appartiennent à une culture qui exalte la virilité et où l’autorité du Père est incontestée. Il voit là une explication à la séduction de l’Islam et à la violence d’une jeunesse qui ne sait plus à quelle autorité se confronter.

L’école faite pour les filles

La mixité, qui n’est pas forcément une mauvaise chose en soi, a été introduite précipitamment et pour de mauvaises raisons. Il s’agissait alors de problèmes de gestion et de démographie scolaire. L’impact pédagogique d’une éducation indifférenciée n’a pas du tout été seulement envisagé. Or, il semble qu’elle se soit faite à l’avantage des filles par rapport aux garçons. Combien de fois entendons-nous dire : « La présence des filles adoucit les garçons et les oblige à « se tenir » » ? Mais on n’entend jamais : « La présence des garçons « endurcit » les filles, ou les rend moins chipies » ! Là encore, à qui demande-t-on de changer et s’adapter ? Aux seuls garçons. En fait, on attend d’eux qu’ils soient moins…garçons.
Le rapport Eurydice (5), reconnait que « Le point faible des mesures actuelles résiderait dans le fait qu’elles se concentrent essentiellement sur les filles. Ainsi, alors que l’intérêt des filles pour la technologie suscite beaucoup d’attention, on s’intéresse moins aux garçons et à leur éventuel accès aux professions liées aux soins. Cependant, les rôles de genre ne peuvent être remis en question de façon efficace que si le changement se fait
dans les deux sens ».
Or « Les initiatives d’orientation sensibles à la dimension de genre ont tendance à cibler plus souvent les filles que les garçons. »


Les exigences scolaires elles-mêmes, lorsqu’elles sont trop indifférenciées pour convenir aux deux avantagent plus les filles que les garçons. A différence de maturité inégale on demandera la même chose aux deux. Les garçons mis publiquement en état d’infériorité compenseront dans le domaine que la nature leur laisse, la force physique, mais utilisée à mauvais escient parce que mue par le ressentiment, terreau très favorable à la marginalisation et à la délinquance. Dans le meilleur des cas, l’école devient pour eux « un truc de fille » ; ils s’en désintéressent et leur désarroi identitaire ne fait que s’aggraver. (6)

La recherche anxieuse et constante du risque zéro (risque physique bien sûr, car le risque psychologique et moral ne compte jamais) conduit les garçons qui ont-à la différence des filles- besoin d’éprouver leurs forces physiques jusqu’à leurs limites dans le défi, la compétition, l’aventure et le risque calculé, à des frustrations dangereuses.

Le refus de la différence sexuée se fait au détriment des garçons

A vouloir l’égalité des sexes entendue au sens faussé de « l’un peut-être à la place de l’autre et vice-versa (ou bien : interchangeabilité), peu à peu les hommes s’effacent discrètement, disparaissent et laissent complètement la place aux femmes. C’est un fait dans les petites choses comme dans les grandes. Mgr Anatrella donne l’exemple de la mode : naguère, les hommes portaient des jabots de dentelle, les femmes ornaient leurs toilettes de rubans et autres colifichets. Puis les femmes se sont mises à copier les hommes et à porter de la dentelle. Assez vite, les hommes ont renoncé à la dentelle et ça a été la naissance de la cravate.
Lorsque dans les églises, les petites filles furent admises comme enfant de chœur à la Messe, petit à petit, les servants de messe habituels s’en furent et dans maints endroits il n’y eut plus que des filles avant qu’il n’y en eut plus du tout. Il n’y a maintenant à nouveau d’enfants de chœur que là où il n’y a que des garçons.
C’est la même chose dans les métiers. Les garçons se détournent de la fonction publique car pour eux, c’est un métier de femmes. Et dans la liste des métiers féminisés que nous avons citée plus haut, dès que le nombre de femmes a surpassé celui des hommes, grâce à la politique d’égalité des sexes, de quotas et autres, le mouvement n’a pas pu s’arrêter et les hommes s’en détournent quasiment.

Rendre l’école aux garçons

Que faire alors ? Faut-il se résigner et se contenter de calmer le ressentiment, la déprime ou l’agressivité (refoulée ou non) de nos fils à coup de Ritaline dont l’usage en France commence à se banaliser ? Continuer à constituer des « cours de soutien » et structures ad hoc presque uniquement peuplés de garçons ce qui renforce encore leur sentiment d’infériorité ?
Ou alors, dire avec J.L. Auduc que si les garçons ne sont pas adaptés à l’école, il faut adapter l’école aux garçons ?
C’est -à-dire accepter de remettre en cause un certain nombre d’idées reçues sur le rapport entre la mixité ou la différence des sexes et l’égalité ? Même à l’Education nationale des voix s’élèvent comme en témoigne l’académie de Créteil qui a publié en 2009 les conférences d’un colloque sur la mixité à l’école. Jean-David Ponci, docteur en philosophie de la biologie, expert en éducation auprès des organisations internationales et délégué de la European Association Single Sex Education, commente ainsi ces travaux : «L’influence de l’école sur la fondation d’une société égalitaire ne dépend pas de la séparation physique des garçons et des filles, mais du contenu de l’enseignement. Associer la mixité à l’égalité et la non-mixité à l’inégalité est une simplification désastreuse ».
Néanmoins, si la non-mixité ne résoudra pas tous les problèmes, surtout si elle n’est pas plus pensée que la mixité, nous pouvons dire avec Michel Fize, sociologue spécialiste des questions de l’adolescence, qu’en termes d’égalité des sexes, « la mixité scolaire a échoué […] Au nom de la neutralité laïque, le système éducatif ne laisse aucune place aux différences. » (7)

Accepter les différences sexuées

Le premier remède serait de reconnaître une bonne fois pour toutes qu’un garçon et une fille, un homme et une femme, c’est peut-être égal mais ça n’est pas semblable. Et foin de la théorie du gender ! Si, une fois adultes, les hommes veulent jouer aux femmes et les femmes se croire des hommes, c’est leur affaire, mais laissons au moins leur chance à nos enfants et adolescents. Elevons-les, aidons-les à grandir et à se construire conformément à ce qu’ils sont et qui est exprimé par le code génétique de chacune des milliards de cellules qui les composent. Etudes de genre (gender studies), oui. Mais réalistes et non idéologiques. Si c’est pour étudier la nature de l’homme et de la femme, leurs talents et leurs besoins, dans l’histoire comme dans les sociétés contemporaines, afin que chacun trouve sa place dans une société la plus harmonieuse et la plus juste possible. Oui. Mais si c’est pour les opposer les uns aux autres dans une course aux places et aux pouvoirs, par des quotas artificiels, ou pour nier leur différence et leur nature et brasser une humanité de plus en plus anonyme et stérile. Non
Ne nous laissons pas séduire, sous prétexte d’égalité des genres par un combat stérile contre la masculinité.

Revaloriser l’image du père et de l’autorité

Le rôle du père n’est plus à démontrer. Tous les Aldo Naouri, Michel Fize, Tony Anatrella, P-F Paoli et autres sociologues, pédiatres, psychiatres, philosophes, psychanalystes ont démontré comment le père, en étant présent à côté de la mère, détache l’enfant des jupes de celle-ci et lui fait prendre conscience, à la fois de ses limites et de son individualité. Le père incarne ensuite la Loi, ce qui est extérieur et ce qui s’impose, par rapport à l’affectivité subjective de la mère. Arrivant comme un tiers dans la relation fusionnelle initiale entre la mère et l’enfant, il ouvre celui-ci à l’altérité ; Cette étape permet la relation au monde et aux autres. Pour le jeune garçon, Il rend possible le processus d’identification dont il a besoin pour grandir. Selon la formule de Tony Anatrella, Il confirme son fils dans sa masculinité et révèle à sa fille sa féminité.

Les adolescents ont besoin de modèles masculins pour devenir des hommes, or, ceux-ci n’existent plus guère que dans le monde du sport ; et encore, s’il faut en croire Eric Zemmour, ces sportifs eux-mêmes magnifient « les nouveaux hommes féminisés » : boucle d’oreille, vêtements raffinés, produits de beauté… Il faut lire les pages 16, 17 et 18 de son essai Le Premier sexe (8) sur les gloires du football et leurs petites amies mannequin.
Zemmour encore, fait le portrait-robot du « papa » moderne : « Les hommes modernes sont des papas poules qui langent, maternent, donnent le biberon,. Ils veulent eux aussi être porteurs de l’Amour et non plus seulement de la Loi. Etre des mères et non plus des pères. Des femmes, et plus des hommes ».
Il est urgent de redonner à l’homme dans la société toute sa place n’en déplaise aux féministes qui ne voient en lui qu’un macho et un concurrent. Pour cela, on revient au point précédent, souligner les différences ontologiques entre l’homme et la femme, non pas pour les opposer mais pour les accorder ; encourager les hommes à reprendre leur place dans les métiers d’autorité sur les enfants : l’enseignement, la justice (au moins celle des mineurs), métiers sociaux et éducatifs divers. ; valoriser l’autorité paternelle quand c’est possible, etc.

Permettre aux garçons d’être des garçons

Dans ce monde asexué, que reste-t-il aux garçons taraudés par le besoin d’affirmation de leur virilité ? Les expériences sexuelles et la violence ou délinquance.
Les garçons, par nature, aiment le risque et l’expérimentation de leurs limites. D’où la nécessité pour eux d’activités physiques intenses, d’aventures où tout n’est pas systématiquement et dans le moindre détail prévu, bordé et organisé. Ils ont besoin de stress et de compétition.
L’excès de règlementation et la judiciarisation du moindre bobo déresponsabilise les jeunes et démotive leurs cadres qui ne savent plus comment les occuper autrement qu’à regarder un match de foot…à la télé. J.L. Auduc cite une étude démontrant que plus la gestion de la cour de récréation est stricte (interdiction de jeux de balles, interdiction de sauter et de courir) plus les risques de comportements extrêmes tels que les arrêts volontaires de la respiration et les jeux du foulard, sont grands chez les garçons.
Mieux vaut une bonne « Baston » comme savent en faire les scouts, une équipe contre l’autre, à fond, avec sa violence contenue, ses règles et la conscience claire qu’il s’agit d’un jeu, plutôt que faire seuls ou en bande –vraiment ennemies, celles-là – l’apprentissage de la violence.

Par ailleurs, il faut que l’affirmation de cette virilité dans une violence autorisée mais contrôlée soit assortie d’une condition qui la tempérera : développer en même temps le sens de l’honneur, la droiture, la soumission à la loi et à l’autorité et l’attention portée au plus faible.
Mais les garçons ne sont pas seulement des être pleins d’énergie à dépenser, ils sont aussi de grands timides : par exemple, à l’école ils sont toujours inquiets du regard des filles. Ils n’oseront que rarement aller dans les groupes de théâtre ou d’art s’ils ne sont pas entre eux.

Proposer une pédagogie différenciée

On le voit, on n’élève pas un garçon tout à fait comme une fille. Et ce n’est pas là « reproduire les stéréotypes sexués » comme on dit, mais simplement faire preuve de réalisme.

Pour retenir l’attention des garçons et les faire progresser, il faut tenir compte de leurs goûts, de leurs aptitudes et de leur maturité. Il en est de même pour les filles bien sûr mais l’école mixte est devenue en fait une école pour les filles.

On ne peut pas demander la même chose au même moment aux deux. Il peut y avoir un décalage dans le temps, une manière d’aborder les sujets, des exigences différentes. L’Institut Libre de Formation des Maîtres a organisé en 2011 une formation sur l’éducation différenciée garçons/filles (cf. encadré). Les différents intervenants montrèrent tour à tour, en s’appuyant sur des données scientifiques comme sur l’expérience qu’on ne stimule pas les filles et les garçons de la même manière.
Par exemple, on retient plus facilement l’attention des garçons en privilégiant le mouvement, l’action (en histoire, les batailles, les évènements ; en littérature l’aventure ; en sciences, l’électronique, la mécanique) tandis que les filles seront plus sensibles à la vie quotidienne, à l’évolution des sociétés, à la description des sentiments, aux couleurs (cartes de géographie)…
Ils sont stimulés par le stress des examens ; Elles plutôt inhibées par le stress mais plus régulières dans leur travail, réussiraient mieux en contrôle continu.
Et beaucoup d’autres choses encore qui sont nécessaires à tous mais présentées et abordées sous un angle différent selon le sexe pour permettre à chacun de progresser au mieux de ses talents.

La mixité « un impensé » et la non-mixité « un interdit d’y penser » (9)

« La mixité n’est pas un absolu » (10) et un minimum de pragmatisme devrait pousser à diversifier l’offre. Sans aller jusqu’à remettre en cause systématiquement la mixité des classes qui peut être fructueuse, si elle est bien réfléchie, il apparaît réaliste d’envisager au moins des temps séparés dans certaines matières, des cours de soutien qui perdraient leur nom à connotation négative pour devenir lorsque c’est possible des temps de garçons ou des temps de filles, des activités extra ou parascolaires entre pairs, des listes de livres conseillés qui fassent la distinction entre les livres qui s’adressent plus à des filles qu’à des garçons (les garçons lisent beaucoup moins que les filles. 11 points d’écart PISA 2009. Pourquoi ?).
Mixité ou non-mixité il faudrait avant tout que les professeurs soient formés à cette pédagogie différenciée totalement négligée jusqu’à maintenant. Nous pourrions prendre exemple sur nombre d’autres pays qui nous ont précédés sur ce point avec des résultats encourageants. (cf. encadré) Nous cesserions peut-être alors de descendre, marche après marche, les palmarès internationaux.
Mais bien au-delà des palmarès et compétitions, il y va surtout de l’avenir et de l’équilibre psychique de nos fils et de notre société tout entière.

Claire de Gatellier

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Base élèves : des parents déposent plainte – La Roche-sur-Yon

Ils estiment qu’ils peuvent s’opposer à l’inscription de données dans Base élèves. Trois parents déposent un recours mercredi.

La bataille entre parents d’élèves et l’inspection académique au sujet du fichier Base élèves va se poursuivre, cette semaine, au tribunal administratif de Nantes. Trois parents de trois écoles yonnaises (Moulin-Rouge, Léonce-Gluard et Montjoie), soutenus par Sud éducation et la FCPE 85, vont déposer un recours, mercredi prochain, devant le tribunal administratif.

Ils estiment pouvoir s’opposer à l’inscription dans ce fichier de données concernant leur enfant. « La loi nous donne raison, assure Stéphane Thobie, du Collectif vendéen de résistance à Base élèves. Le conseil d’État a d’ailleurs rappelé que toute personne figurant dans un fichier pouvait faire valoir son droit d’opposition. »

Dès 2010, les opposants à Base élèves avaient réagi. « 40 familles vendéennes avaient porté plainte au tribunal de grande instance de La Roche-sur-Yon afin de s’opposer à la mise en place de ce fichier dans les écoles. » Les opposants à Base élèves redoutent aussi le fichage via le livret personnel de compétences. « Il existe déjà dans les collèges et pourrait être dupliqué, dès la rentrée prochaine, dans les écoles, craint Stéphane Thobie. Il a déjà été expérimenté dans certaines écoles. »

« On se pose beaucoup de questions sur la finalité d’un tel fichage », détaille-t-il. « Le risque, développe-t-il, c’est que ce type de fichier donne beaucoup d’informations sur le parcours scolaire de l’élève, sur ses échecs, des redoublements éventuels, une consultation avec le psychologue, et que cela le suive dans sa vie professionnelle. »

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Fichage : Le CNRBE écrit à Vincent Peillon

Monsieur le Ministre de l’Education Nationale,

Depuis plusieurs années ont été mises en place dans notre pays, sous l’égide du Ministère de l’Education Nationale, des procédures de traçage informatisé effectuant des compilations de données personnelles des élèves, des étudiants et de leurs proches, et ouvrant la porte à tous types de croisements échappant au contrôle démocratique.

Ces fichiers, dont Base élèves 1er degré et la Base Nationale des Identifiants Elèves (BNIE), ont pour la plupart été conçus et renseignés sans aucune information préalable et en dehors de tout débat parlementaire – parfois même hors de tout cadre légal – et posent de graves problèmes pédagogiques, juridiques, philosophiques et éthiques.

Ces fichiers sont mis en oeuvre au prétexte de faciliter la gestion des élèves et à des fins d’études statistiques. Or leur caractère indispensable pour le bon fonctionnement de l’école n’a jamais été démontré. Les données chiffrées anonymes sont suffisantes pour la gestion des effectifs des écoles, et le travail par échantillons ou panels est une garantie pour la qualité des études statistiques et pour les libertés individuelles.

Depuis plus de trois ans maintenant, des fonctionnaires d’Etat, enseignants, directeurs d’écoles, se dressent contre ce fichage généralisé de l’enfance, au risque de se voir lourdement sanctionner.

De nombreux parents d’élèves partout sur le territoire, réclament l’abandon de ce système, portent plainte au pénal, au tribunal administratif, et saisissent le doyen des juges d’instruction.

Des syndicats d’avocats, de magistrats, d’enseignants, des fédérations de parents, la Ligue des Droits de l’Homme… ont témoigné de leur souhait de voir stopper cette grave atteinte aux valeurs qui fondent notre république.

Ils sont rejoints en ce sens par un nombre croissant d’élus et de collectivités territoriales, comme le montrent les nombreuses motions votées ces derniers mois par des mairies, conseils généraux et conseils régionaux.

Ces fichiers, et Base élèves en particulier, ont été dénoncés en juin 2009 par leComité des Droits de l’Enfant des Nations Unies comme remettant en cause le principe de confidentialité, le respect de la vie privée, et le droit à l’éducation. Le Comité a recommandé notamment à la France que « seules des données anonymes soient entrées dans des bases de données, et que l’utilisation des données collectées soit réglementée par la loi de manière à en prévenir un usage abusif. »

En décembre 2009, trois Rapporteurs spéciaux des Nations Unies sont intervenus auprès de la France, pour que soient levées les sanctions (retraits de salaire, retraits de poste de direction, mutations d’office) prises à l’encontre de plusieurs directeurs d’écoles qui refusaient de renseigner le fichier Base élèves, reconnus à ce titre « défenseurs des droits de l’homme menacés en raison de leurs activités en faveur des droits de l’enfant », sans résultat.

En juillet 2010, le Conseil d’Etat a rétabli le droit d’opposition des parents au fichage de leur enfant et confirmé l’illégalité de tout rapprochement ou mise en relation de données de Base élèves avec d’autres fichiers.

Or depuis, l’administration refuse systématiquement toutes les demandes de parents en ce sens. Elle multiplie par ailleurs les interconnexions de Base élèves avec de nouveaux fichiers, usant de simples déclarations modificatives adressées à la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés.

C’est ainsi que dès cette année, en couplant Base Elèves 1er degré, le Livret Scolaire Numérique (LSN) et le Livret Personnel de Compétences (LPC), l’Etat met en place silencieusement le fichage des compétences de tous les citoyens, dès l’école et tout au long de la vie.

Le dernier fichier en date, le Répertoire National des Identifiants Elèves (RNIE), a été créé par un simple arrêté le 16 février dernier. Ces identifiants (INE), générés automatiquement lors de la première inscription dans Base élèves, immatriculent chaque enfant dès l’âge de trois ans et sont introduits dans la plupart des fichiers scolaires, qu’ils permettent d’interconnecter facilement les uns avec les autres. Cette immatriculation permet de mettre en oeuvre des procédures automatisées échappant à tout contrôle (notamment pour l’orientation) et organise un véritable traçage des élèves, ouvrant la porte à toutes les dérives.

À terme, ce traçage pourra être utilisé pour restituer à volonté, jusque dans la vie professionnelle, toute la vie scolaire et étudiante d’un enfant, le privant ainsi du droit à l’oubli prévu par la Loi Informatique et Libertés.

Devant le peu de cas fait par vos prédécesseurs des recommandations du Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies, du rappel à la loi adressé à la directrice des affaires juridiques du ministère par le parquet de Paris, du jugement du Conseil d’Etat du 19 juillet 2010, et devant le développement exponentiel des fichiers mis en place par le biais de l’école ces dernières années, plusieurs membres de notre collectif ont adressé le 14 mars dernier une mise en demeure aux Ministres de l’Education Nationale, de la Jeunesse et de la Vie Associative, et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Nous ne doutons pas que le gouvernement auquel vous appartenez aura à coeur de mettre en oeuvre une politique respectueuse des droits de l’enfant qui passera par l’abandon du vaste édifice de fichage mis en place par vos prédécesseurs, comme l’a annoncé M. Bruno Julliard lors d’une réunion publique à Saint Etienne le 16 mars dernier : “Le fichage mis en place par la droite avait été accompagné de sanctions lourdes pour les enseignants courageux qui avaient refusé de le pratiquer. Nous ne pouvons accepter ce fichage qui n’a aucune visée pédagogique : nous reviendrons dessus.”

Ainsi, nous vous appelons :

• À abandonner l’ensemble des fichiers mis en place à l’Education Nationale (Base Elèves, BNIE, RNIE, Sconet, Siecle, Affelnet, Admission post-bac, …) et l’immatriculation des enfants par l’attribution d’un numéro identifiant national (INE).

• À supprimer le Livret Personnel de Compétences (LPC) et tout dispositif numérique permettant une traçabilité des résultats et des parcours scolaires.

• À faire en sorte que les informations nominatives ne sortent pas des établissements scolaires, garantissant ainsi une réelle protection des données, le droit à l’oubli et la préservation du lien de confiance entre les familles et l’école.

• À considérer, dans toute chose le concernant, l’intérêt supérieur de l’enfant et à écarter tout dispositif qui lui porte atteinte, comme l’impose la ratification par la France de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

• À lever toutes les sanctions prises à l’encontre des directeurs d’écoles qui refusent et ont refusé d’enregistrer des enfants dans Base Elèves, que ce soit pour s’opposer à ces dispositifs de fichage conformément à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ou pour respecter le droit d’opposition des parents rétabli par l’arrêt du Conseil d’Etat du 19 juillet 2010, et à faire en sorte que plus un seul enseignant ne soit sanctionné à l’avenir pour avoir refusé de ficher ses élèves.

Nous souhaitons vous rencontrer afin de débattre de ces questions. Nous sommes à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en notre attachement à la défense des droits et de l’intérêt supérieur de l’enfant.

Le Collectif National de Résistance à Base Elèves (CNRBE), le 16 mai 2012

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L’enseignement Catholique entre en politique :

Dans un courrier transmis le 26 avril aux directeurs diocésains et aux membres du Cnec, à la suite des décisions prises en Comité national, Éric de Labarre réaffirme l’importance du déploiement d’une stratégie de «présence»sur le territoire dans l’intervalle entre le second tour de l’élection présidentielle et les élections législatives. Cela dans le but de bien manifester la vigilance et la volonté de l’enseignement catholique de participer à la préparation des orientations à mettre en œuvre pour accompagner l’évolution du système éducatif.

« Pour assurer la mise en œuvre de cette orientation nationale, précise le secrétaire général, nous vous demandons de vous rapprocher entre le 15 mai et le 15 juin des principaux candidats aux élections à lAssemblée nationale dans chaque circonscription quand ils seront connus, des sénateurs, des présidents des conseils régionaux et généraux, des présidents des groupes politiques des conseils régionaux et généraux, des maires des grandes villes, des présidents des associations départementales de maires pour leur remettre et commenter le “Manifeste de lécole catholique pour la réussite de chaque élève”. Une fois les élus ou futurs élus contactés, nous vous suggérons également de vous rapprocher des autorités académiques (recteurs, inspecteurs dacadémie) pour leur faire part de nos préoccupations et propositions. Vous pouvez aussi entreprendre une démarche similaire auprès du préfet de votre département et de votre région. Lobjectif de cette initiative est de bien souligner lintérêt que nous portons aux débats et questions de politique éducative à tous les niveaux et notre souci de participer à part entière et sans exclusive à laménagement du territoire éducatif dans le respect de notre originalité. »

Ce message précise également que l’esprit de cette démarche est de faire comprendre que l’enseignement catholique n’est ni indifférent au débat sur l’éducation et aux choix qui sont proposés, ni directement impliqué dans la bataille électorale.

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La Cour européenne reconnait la liberté religieuse de l’Eglise en matière de recrutement professoral

De Gregor Puppinck :

« La Cour européenne publie aujourd’hui son arrêt dans l’importante affaire Fernandez-Martínez c. Espagne (requête no 56030/07) par lequel elle conclut, à six voix contre une, que le « choix de l’épiscopat ne pas renouveler le contrat d’un enseignant prêtre marié et militant du Mouvement Pro-célibat optionnel relève du principe de la liberté religieuse, protégée par la Convention ». [...]

Cette affaire mettait ainsi en cause la liberté de l’Eglise de retirer son agrément à un professeur de religion catholique pour des motifs de nature religieuse, alors même que les causes matérielles du retrait de l’agrément (le mariage et les prises de positions dans la presse) bénéficient par ailleurs de la protection des droits de l’homme, en particulier du droit au respect de la vie privée et familiale et du droit à la liberté d’expression. Comme l’indique la Cour, la question principale posée par cette affaire était donc de « savoir si l’État était tenu, dans le cadre de ses obligations positives découlant de l’article 8, de faire prévaloir le droit du requérant au respect de sa vie privée sur le droit de l’Église catholique de refuser de renouveler le contrat de l’intéressé. » (§ 79) »

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Les évêques européens soulignent l’importance de l’école catholique pour l’initiation chrétienne

Du 7 au 10 mai, à Rome, le 12ème congrès européen de la catéchèse, organisé par le Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE), qui rassemble 33 épiscopats européens, a réuni 60 évêques des Églises européennes autour de l’évolution des modes de transmission. La chute des taux d’enfants catéchisés dans certains pays européens, dont la France, n’inquiète pas les participants. Ils ont préféré se pencher sur l’évolution qualitative des pratiques pastorales européennes, concernant les 7-16 ans.

Mgr Vincent Nichols, archevêque de Westminster, qui suit le dossier pour la CCEE, a bien constaté, en ouverture, que « la vie contemporaine est vécue et développée sans aucune référence à la réalité de Dieu ». Mais les participants, à l’instar de Mgr Józef Michalik, archevêque de Przemysl (Pologne), ont préféré se focaliser sur les signes d’un renouveau : « Nous avons rassemblé plus de 5 000 jeunes lors des Rameaux, » a-t-il affirmé, soulignant le succès de Youcat, le « caté des ados » lancé à l’occasion des JMJ de Madrid.

Le Père Luc Mellet, responsable français de la catéchèse et du catéchuménat, a présenté les résultats d’une étude qualitative réalisée auprès des 27 pays concernés : 3 600 enfants, adolescents, parents et grands-parents ont répondu, mettant en évidence les points déterminants pour l’avenir de l’initiation chrétienne. Notamment les milieux de vie : vivre ou ne pas vivre en famille la messe du dimanche et les fêtes liturgiques apparaît essentiel.

Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et président de la commission doctrinale de l’épiscopat français, a réaffirmé le « lien profond » entre la catéchèse « et toute l’action liturgique et sacramentelle, avant tout dans l’Eucharistie ». Tout en sachant que chaque membre de la famille interagit avec les autres. Il n’est pas rare, en Europe, de voir des jeunes « attirer » leurs parents vers une initiation chrétienne.

Les relations amicales jouent également un rôle essentiel. Mais aussi, et peut-être surtout, selon l’étude, l’école, quand elle est catholique, propose « un environnement marqué par une claire identité chrétienne, où les signes et les messages chrétiens sont présents », sans oublier« le rôle important que peuvent jouer les professeurs, avec leur personnalité, pour introduire les enfants à la vie de l’Église et à un rapport plus personnel avec Dieu ». « Nombre de jeunes qui se sont éloignés de la foi disent qu’ils n’ont pas trouvé de réponse à leurs questions, sans rencontrer personne qui puisse les aider », notent les auteurs.

Source : LaCroix

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Parlez-vous français ?

Le thème du déclin de la langue française est souvent balayé d’un revers de main par nos responsables politiques et culturels. Ces derniers font valoir que les discours sur la décadence sont le lot quotidien dans l’hexagone et qu’il faut savoir prendre du recul face à des affirmations un peu péremptoires. Dans l’absolu, je ne saurais leur donner tort. Pourtant, en nous y intéressant d’un peu plus près, il est un paradoxe apparent très intéressant concernant la santé de la langue française dans le monde. D’un côté, nous avons les déclarations officielles des décideurs politiques, culturels et économiques qui visent à nous rassurer : la langue de Molière ne recule pas, elle n’a jamais cédé un pouce face à d’autres idiomes et il n’y a rien à craindre à ce sujet. D’un autre côté, la réalité des chiffres et des tendances offre un tableau nettement plus pessimiste, pour ne pas dire alarmiste. Peut-on encore accorder du crédit aux habituels arguments irréfutables concernant l’expansion radieuse du français dans le monde ?

« Au nom de l’exception culturelle française, notre langue et notre culture sont valorisées et défendues au plus haut niveau. » Ah, cette fameuse manie de l’exception culturelle !… Certes, certaines nations (pays scandinaves, monde germanophone, etc.) semblent avoir abandonné la partie de manière plus ou moins visible. Pourtant, nous ne sommes pas les seuls à avoir conscience de l’importance de notre langue et de notre culture, tant s’en faut ! Et surtout, cela fait bien longtemps qu’au niveau linguistique, nous avons lâché prise. Il ne s’agit pas d’être pessimiste : cet abandon est entièrement voulu et, avec une véritable volonté politique, nous pourrions reprendre la main en quelques décennies. Pourtant, plus le temps passe, moins nos dirigeants politiques semblent s’intéresser à la Francophonie et au sort de la langue et de la culture française dans le monde. Le mandat de Nicolas Sarkozy a été à cet égard particulièrement désastreux, même s’il ne peut être l’unique responsable du déclin du français dans le monde. Participer aux sommets de la Francophonie ne suffit plus, d’autant plus que même l’immense majorité des citoyens français ne saurait citer la date et le lieu du dernier congrès général de l’organisation (c’était à Montreux, en Suisse, en 2010). Aucune médiatisation, aucune proposition politique concrète, pas de plan ambitieux et public, rien qui permette de promouvoir l’organisme et ses objectifs à court et long terme. Comment se fait-il que les différentes réunions de l’Hispanité ou des sommets de la Communauté des Pays de Langue portugaise bénéficient d’une meilleure visibilité ? Peut-être parce que des moyens réels sont investis en ce sens ?

« Les chiffres parlent pour nous : plus de 700 millions de francophones et 85 millions d’étudiants dans le monde ! » La plupart des données dans les médias sont généralement surévaluées. Il est impossible, lorsque l’on veut évaluer la population de langue française sur la planète, de se contenter d’additionner les chiffres officiels de chaque pays membre de la Francophonie. Pourquoi ? D’abord parce que le français n’y est pas officiel partout et que tous les Albanais (ils sont près de 3 millions) ou tous les Cambodgiens (ils sont un peu moins de 15 millions) ne pratiquent pas la langue de Molière. Ensuite parce que, même dans les pays où le français est langue officielle, une part non négligeable de la population ne le pratique pas. C’est notamment le cas dans une grande partie des pays africains. La République démocratique du Congo, par exemple, pourrait virtuellement être le plus grand pays francophone au monde (elle est peuplée de plus de 71 millions d’habitants). Mais, dans les faits, les Congolais ne sont que 3 millions à maîtriser réellement le français, contre 36 millions à utiliser le lingala comme lingua franca. Si l’Afrique est bien, démographiquement et économiquement, le plus grand « réservoir » pour la langue de Molière, rien n’est gagné en la matière. Pour rester réalistes, nous pourrions estimer la population francophone totale (locuteurs maternels et locuteurs secondaires) à 200 millions de personnes dans le monde, peut-être un peu plus. C’est une bonne base, mais notre place relative (neuvième langue la plus parlée dans le monde) montre à quel point nous avons chuté depuis la fin du xixe siècle ou même depuis 1950.

« Plus de 70 pays parlent le français, l’une des seules langues à être parlées sur les cinq continents ! » La Francophonie est en train de devenir une petite copie de l’Organisation des Nations unies. Cela peut sembler bien… si ce n’est que bon nombre des nations qui la composent ne font rien pour valoriser et diffuser le français, malgré l’argent reçu à cette fin. Le nombre de francophones au Vietnam et au Laos est devenu insignifiant ; il est en chute libre ou en voie de disparition au Liban, en Égypte, en Arménie, en Roumanie ou en Bulgarie ; il n’a jamais été réellement élevé et ne tend pas à le devenir au Cap-Vert, en Guinée équatoriale, en Slovaquie, en Pologne, en Hongrie, en Lituanie ou en Macédoine. Aucun de ces pays n’obtient des résultats probants dans la défense et l’illustration de notre langue, pour ne pas dire que la plupart d’entre eux s’en moque éperdument aujourd’hui. Alors pourquoi dépenser de l’argent et les maintenir dans la Francophonie ?

La présence du français s’est réduite un peu partout, et il ne faut pas se cacher derrière l’argument des cinq continents : que peuvent peser moins de 20 millions de locuteurs natifs ou secondaires sur plus de 900 millions en Amérique ; environ 25 millions sur plus de 4 milliards en Asie ; ou un peu plus de 250 000 sur plus de 30 millions en Océanie ? Nos deux seuls véritables socles sont l’Afrique et l’Europe mais, partout, nous perdons du terrain dans l’apprentissage. Le chiffre de 85 millions d’apprenants, cité plus haut, est largement fantaisiste : nous sommes peut-être plus proches de 10 millions en tablant large, ce qui fait encore du français la troisième langue la plus apprise au monde, derrière l’anglais et l’espagnol. Sur le continent américain, les États fédérés canadiens non francophones ont relégué l’apprentissage du français au second plan derrière l’espagnol, de même que les États-Unis d’Amérique. Au Brésil, nous avons perdu la partie en faveur de l’espagnol et, dans les autres pays latino-américains, en faveur du portugais, le tout dans le cadre du Mercosur. Même en Chine ou au Japon, lorsque l’anglais et l’espagnol sont passés, il reste peu de place pour une autre langue occidentale. Quant à l’Europe orientale, elle vogue entre l’anglais et l’allemand, avec la pénétration récente et rapide de la langue de Cervantès.

Pourtant, rien n’est totalement perdu et il s’agit d’être réaliste, pas pessimiste. Le français n’aura pas à affronter un déclin démographique et culturel aussi massif que celui de l’allemand ou du japonais dans les décennies à venir. Deux actions-force sont à mener :

-         Réorganiser notre action culturelle et linguistique à l’étranger. Nous dépensions presque 900 millions d’euros en 2007 pour notre projection culturelle à l’étranger, soit 12,6% de notre budget total. C’est à la fois trop et trop peu. Trop, parce qu’avec des sommes nettement plus modestes, certains pays ont de meilleurs résultats que nous (200 millions d’euros suffisent au Royaume-Uni, 90 millions à l’Espagne). Et l’expansion « naturelle » de leur langue n’explique pas tout. Trop peu parce qu’il y a encore dix à douze ans, nous consacrions 20,5% de notre budget à cette tâche. J’ai conscience que la crise est passée par là, que le temps est l’austérité aveugle. Mais de deux choses l’une : soit nous assumons notre « mini » ONU impuissante avec un budget conséquent, soit nous coupons dans le vif pour coller au plus près de la réalité et nous pourrons alors dépenser moins d’argent pour plus de résultats. Il en va de même pour nos 144 Alliances françaises dans le monde : le plus grand réseau du monde mais des résultats moindres qu’un peu plus de 70 Instituts Cervantès. Un peu de ménage à faire ?

-         Favoriser l’enseignement systématique, notamment par des moyens financiers réels, du français en Afrique et, dans le même temps, aider au développement du continent. C’est à ce prix que notre « réservoir » linguistique sera effectif mais aussi que nous pourrons renforcer la présence commerciale (le français n’est encore que la sixième langue d’échanges au monde, la quatrième si on ne compte que les langues d’origine européenne) ou dans les nouvelles technologies (la langue de Molière est la huitième langue la plus représentée sur la toile, mais notre potentiel de croissance y est important). Ce n’est plus sur notre passé de langue diplomatique que se joue la concurrence, désormais, mais bien dans ces deux domaines : développement et informatique.

Nicolas Klein

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