Le boom des écoles privées en Allemagne

Un ou deux établissements se créent chaque semaine ! Cet engouement traduit la crise de l’enseignement public.

« En moyenne, une centaine d’établissements - de la maternelle au lycée - ouvrent leurs portes chaque année », affirme Christine Witek, porte-parole de la Fédération allemande des établissements privés (VDP).

Le système éducatif public se porte-t-il donc si mal outre-Rhin ? Signe des temps : le 22 octobre, à Dresde, la chancelière Angela Merkel a eu la volonté d’organiser - pour la première fois depuis son élection, en octobre 2005 - un Sommet de l’éducation rassemblant les représentants des seize Länder allemands. De l’avis de tous, l’enseignement public est en crise : manque de personnels, inégalités sociales, détérioration du niveau d’enseignement…

De cette situation préoccupante, les écoles privées semblent tirer profit. Selon un sondage, 61 % des parents estiment que leurs enfants ont davantage de perspectives en étant scolarisés dans le privé.

Confessionnels ou pédagogiques

« Des concepts pédagogiques innovants et un accompagnement individuel pour chaque élève » : voilà, explique Christine Witek, les principaux critères de ces parents. « L’éducation que reçoivent leurs enfants a de plus en plus d’importance pour eux. Ils savent qu’elle peut être déterminante, plus tard, pour trouver du travail. »

La demande est telle que l’offre a du mal à suivre. La liste des parents en attente s’allonge. Seulement 8 % des établissements scolaires allemands - soit 4 700 écoles - sont aujourd’hui privés (contre 13,2 % en France, avec 8 872 établissements).

Plus de la moitié de ces établissements sont confessionnels (catholiques et protestants). Les autres appartiennent aux mouvements pédagogiques Montessori ou Waldorf.

Christine Witek incrimine l’État, trop bureaucratique : « Le soutien financier des pouvoirs publics n’arrive, en général, que trois ans après le lancement d’un nouveau projet. » Ceci freine peut-être la tendance à l’ouverture de nouveaux établissements, mais sans la décourager.

Ironie de l’histoire, c’est dans l’ancienne Allemagne de l’Est que cette demande paraît la plus urgente. Du fait du déclin démographique et de l’immigration des Allemands de l’Est vers l’Ouest, les fermetures de classes, voire d’écoles, se multiplient dans l’ex-RDA, où l’on compte aujourd’hui un million d’élèves de moins qu’en 1995.
Source : Ouest France

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