Les Français vouent à Françoise Dolto un véritable culte. Alors qu’on s’apprête à célébrer le centenaire de sa naissance, l’héritage de la psychanalyste commence pourtant à être discuté.
Tout en tremblant de toucher à la figure mythique, Didier Pleux revendique malgré tout un droit d’inventaire. « C’est toujours la même histoire ! Depuis des années, ceux qui se risquent à critiquer son héritage sont suspectés de ne pas avoir lu l’oeuvre. Et si les parents ont fabriqué des enfants rois, c’est qu’ils n’ont rien compris, les pauvres, à ce qu’elle affirmait. Pourtant, c’est bien ce qu’elle a dit et écrit qui pose problème. Quel que soit son incontestable apport à la psychanalyse, Françoise Dolto ne croyait tout simplement pas en l’éducation. Elle encourageait au contraire les parents à se « déparentaliser », à n’être là, au fond, que pour garantir la sécurité physique de leurs enfants, à avoir confiance en leur capacité à devenir autonomes, pourvu que le complexe d’oedipe soit sainement résolu. » Le psychologue fulmine à l’idée que France Inter rediffuse, à l’occasion du centenaire, les fameuses émissions de la psychanalyste. « Si des parents l’écoutent, c’est une catastrophe ! Laisser un enfant manger, se laver, s’habiller quand et comme il veut, ne jamais l’obliger à se mettre au lit, croire que reconnaître son désir par la parole suffira comme par magie à lui faire admettre la frustration de ne pas l’assouvir ! Mais enfin, quel parent est parvenu à éduquer son enfant avec des principes aussi romantiques ? Tout cela ne serait pas si grave si ces idées n’avaient pas justement imprégné, en France, toutes nos instances éducatives ! Dans la plupart des instituts de formation d’éducateurs sociaux et d’assistantes maternelles, dans les IUFM, on continue à enseigner Françoise Dolto comme un dogme incontestable. »
Source : Le Point




























