Comment la gauche a perdu l’école

Comment la gauche a perdu l’école
Emmanuel DAVIDENKOFF
Hachette Littératures, 02/2003, 335 p.

Emmanuel DAVIDENKOFF : Spécialiste des questions d’éducation, Emmanuel Davidenkoff est journaliste à Libération, chroniqueur sur France Info, et co-auteur Du bizutage, des grandes écoles et de l’élite (Plon, 1993).
Résumé :
Le 21 avril 2002, le lien historique entre la gauche de gouvernement et l’école s’est rompu : les enseignants ont fait défection.
Les indices du divorce s’accumulent depuis longtemps. L’ascenseur scolaire reste en dérangement pour les modestes et les défavorisés. Le système de sélection des élites n’a jamais autant privilégié les grandes écoles. Les personnels de l’Education nationale se disent déboussolés. Le débat public est en panne ou se résume à des échanges d’anathèmes qui font le lit des extrémismes… Aujourd’hui, le gouvernement amorce le premier débat public sur les missions de l’école depuis 1989. Que la droite ose s’emparer d’un domaine dont elle se croyait exclue jusque-là est peut-être l’ultime indice des bouleversements survenus depuis vingt ans. Que s’est-il passé depuis le triomphe de la “République des professeurs” en 1981 ? Nourri d’enquêtes et de témoignages, Comment la gauche a perdu l’école analyse ce qui aura été « le plus grand échec de la gauche au pouvoir » : sa politique éducative.

Commentaire (B.A., 08/2003) :
Livre bien documenté et bien écrit. Intéressant dans son analyse du dévoiement intellectuel de la gauche, imposant les idées à la mode du politiquement correct dans le domaine de l’éducation (comme elle l’a fait ailleurs, avec le succès que l’on sait). Ce livre a sa place dans cette bibliographie, malgré les réserves qui suivent. En effet, pour l’auteur, ceux qui critiquent le délabrement de l’école en France sont des républicains qui veulent revenir à l’époque de Jules Ferry. Suit une analyse anachronique des tares de ce personnage, dénoncées en chaussant les lunettes de la bien-pensance de la gauche actuelle. Démonstration bien inutile pourtant, puisque le retour en arrière n’a jamais été proposé par des enseignants qui veulent construire une école adaptée au monde moderne tout en restant efficace et de qualité. L’auteur ajoute même que la critique des « républicains » serait, si j’ai bien lu, une des causes de ce délabrement ! Celui qui crie « Au feu » contribuerait ainsi à propager l’incendie… Nous ne sommes pas loin des idées distordues dont la gauche s’est fait une spécialité dans les années 80/90. Dire des âneries ayant une apparence de logique finit par excéder même les plus patients des électeurs. Si elle veut regagner l’école, la gauche a donc encore du souci à se faire…
Source :Appy Ecole
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