La république n’a pas besoin de savants

Personne n’aura oublié, dans le discours du président du 5 février 2009, la curieuse référence à la « tyrannie de la terminale S ». M. Sarkozy suggère des solutions bien étranges aux maux de l’Éducation nationale. Personne ne semble s’étonner du fait que, malgré la grande attractivité des classes de section S, les effectifs de l’enseignement supérieur universitaire ne cessent de diminuer…

En effet, par le jeu des commissions d’appel, des passages automatiques, on envoie dans la sacro-sainte section S un public de plus en plus varié d’élèves, y compris ceux dont les « équipes pédagogiques » savent pertinemment qu’ils y rencontreront de grosses difficultés.

« Pas grave, répond l’institution, nous allons abaisser les exigences et tout ira bien ! »

Ni pitié ni remords, pour ce qui va se passer ensuite : la sélection qui n’a pas été faite au lycée se fera implacablement dans le supérieur. Les illusions vont vite tomber, pour le malheur des naïfs auxquels on a fait miroiter l’eldorado universitaire. Les jeunes se rendront alors compte qu’on leur a menti : c’est une politique extrêmement dangereuse et porteuse de bombes à retardement dont on commence à entrevoir le danger…

Le président semble défendre l’idée d’un lycée unique, prolongeant ainsi l’idéologie de l’indifférenciation mise en place en classe de seconde, et dont on voit les effets désastreux : le nivellement par le bas et la désorganisation profonde et durable du second degré. Quant au supérieur, il ne tardera pas à suivre la même voie.

Ainsi, à moyen terme, aucun cycle ne sera épargné.

Le démantèlement des enseignements scientifiques ne fait que commencer.

Au nom de l’égalitarisme on a supprimé la seconde C, puis on a cru bon d’abolir la distinction entre les terminales C et les terminales D qui pourtant menaient à la réussite des profils d’élèves différents.

Tout un arsenal pédagogique, soit disant innovant, est mis en place pour empêcher d’apprendre et de structurer une pensée. Tout ce qui est du domaine de la réflexion est devenu suspect, car jugé potentiellement discriminatoire. Mais voilà, les sciences exactes résistent encore au rouleau compresseur.

En effet, comme « l’allemand sans peine » des années 70, « les sciences sans peine » n’existent pas. Sauf pour quelques surdoués, il est difficile pour la majorité de progresser sans efforts, difficile aussi, dans les sciences exactes, de dire tout et son contraire, difficile de tricher, d’énoncer des contrevérités.

Le formatage intellectuel y est moins aisé que dans d’autres disciplines plus perméables à l’idéologie du moment. Les lois mémorielles, la culture de la repentance, le droit-de-l’hommisme n’ont que peu de prise sur les mathématiques ou les sciences physiques.

Et c’est bien cela qui exaspère nos dirigeants !

D’où l’émergence d’une véritable phobie des sciences exactes car elles échappent à l’emprise du politiquement correct. Cela dépasse tout ce George Orwell pouvait imaginer lorsqu’il écrivait son prophétique 1984 !

Quant à l’affirmation révolutionnaire, prononcée au moment de l’exécution de Lavoisier – « La république n’a pas besoin de savants » –, elle connaît aujourd’hui un regain d’actualité !

Source: Le Cri du contribuable

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Une réponse à La république n’a pas besoin de savants

  1. polare dit :

    Je trouve très inquiétant, en effet, qu’il ait été décidé, depuis quelques décennies, d’abaisser constamment le niveau d’instruction. Je le constate moi-même avec mes élèves. Certains, ayant réussi à passer en terminale S, croient tout savoir alors qu’ils ne maîtrisent même pas le français! Ils sont incapables de reconnaître le sujet d’une phrase, font des quantités de fautes d’orthographe, conjuguant entre autres les participes passés, et ils décrocheront leur bac quand même, puisque « le français n’est pas important dans les sections scientifiques »… Mais que se passera-t-il ensuite? Jusqu’à quand va-t-on leur mentir? Le supérieur est déjà bel et bien atteint, puisque je connais plusieurs enseignants ayant eux-mêmes des lacunes en français. Je pense qu’une société qui n’a plus rien à offrir à ses jeunes par l’instruction est complètement décadente. C’est pourquoi je juge outranciers les propos de notre président de la République, qui juge la culture générale encombrante! Que fait-il donc de l’héritage classique, qui nous a tant apporté? Ainsi, les enfants vont être encore plus formatés avec la linguistique moderne, cette discipline sèche et abstraite qui a la prétention de remplacer la grammaire. Il est urgent de résister!

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