Certains lycées expérimentent la mise en place d’une cagnotte pour lutter contre l’absentéisme scolaire. C’est la dérive d’un système qui considère l’enfant comme un citoyen autonome, détenteur de droits et pouvant donc recevoir une rétribution financière pour son assiduité.
Cette expérimentation révèle l’impuissance de l’institution à lutter contre ce phénomène.
En réalité l’institution n’ose plus fixer des limites. Elle a contribué à façonner des enfants rois et même des « enfants droits », qui n’ont de limites que celles qu’ils se fixent eux-mêmes. Ces enfants n’ont pas de devoirs, ils n’ont que des droits.
Des idéologues ont décidé que l’école éduquerait les enfants. Les parents ont été dépossédé de leur mission. Le rôle de l’Etat consiste, au contraire, à aider les parents dans leur mission d’éducateurs. N’oublions pas qu’ils sont les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants. Le rôle de l’école est d’instruire et de transmettre des connaissances.
Les parents peuvent être secondés par l’école dans leur tâche éducative, à condition qu’ils puissent choisir librement une école dont le projet corresponde aux valeurs qu’ils veulent transmettre à leurs enfants. La liberté de créer des écoles dans notre pays étant restreinte, les parents n’ont pas réellement le choix.
L’école n’a pas besoin de « mesurettes » mais d’un ambitieux plan de sauvetage dont les grandes lignes pourraient être :
- L’école instruit, les parents éduquent. L’Etat aide et conforte les parents dans leurs missions éducatives. On peut même imaginer une modulation des allocations familiales en fonction du comportement de l’enfant à l’école.
- La suppression du collège unique. L’instauration de filières différentes dès la sixième avec une possibilité de commencer l’apprentissage à un métier dès la cinquième.
- L’instauration d’examens d’entrée en sixième, en troisième et une sélection pour accéder à l’enseignement supérieur.
- L’utilisation de méthodes d’apprentissage efficaces et éprouvées comme la méthode de lecture alphabétique.
- La mise en place d’établissements n’accueillant que des garçons ou uniquement des filles.
- L’évaluation du travail des maîtres et des professeurs par des personnes extérieures à l’éducation nationale.
- La création d’établissements adaptés aux élèves qui n’ont pas intériorisé « les règles » élémentaires de savoir vivre. L’encadrement strict, de type militaire, aurait pour but de pallier au déficit éducatif. Leur existence ne serait que transitoire.
Ce ne sont que des pistes qui doivent être élargies en respectant le rôle éducatif des parents et le devoir d’instruction de l’école, le tout s’appuyant sur l’idée que l’enfant a besoin de l’adulte pour structurer sont intelligence et sa personnalité. L’autonomie ne venant qu’au bout du processus avec l’entrée dans l’âge adulte.
La mise en place de telles mesures permettrait aux élèves de milieux défavorisés de réussir leur parcours scolaire. Elles me paraissent incontournables et nécessitent d’aller contre l’air du temps. Elles sont incompatibles avec la réalité de « l’enfant roi et droit », avec l’idée d’apprendre avec plaisir et sans effort, avec l’idée de considérer l’enfant comme un citoyen autonome, avec le fait qu’imposer des limites à l’enfant serait traumatisant, avec l’idée de « formater » les élèves.
Grégoire Kueny Professeur agrégé




























