Des progrès restent à faire pour l’accès des handicapés aux amphis

La problématique de la formation est devenue cruciale. Par exemple, nous avons ouvert pour la direction générale des finances publiques à Bercy le recrutement de personnes handicapées de niveau bac + 2 ou bac + 3 et nous ne sommes pas sûrs de les trouver », explique Didier Fontana, le président du Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP), alors que débute le 16 novembre la 13e semaine pour l’emploi des personnes handicapées.


 Tout employeur de plus de vingt salariés est désormais tenu d’amener son taux d’emploi de personnes handicapées à 6 % sous peine de sanctions financières. Mais administrations comme entreprises peinent à trouver des candidats, en particulier bien diplômés. De fait, les personnes handicapées restent moins diplômées que la population générale. Selon Pôle emploi, un tiers des demandeurs d’emploi handicapés ont un niveau inférieur au CAP ou BEP (contre 21 % dans l’ensemble des publics).

C’est notamment sur le terrain de la formation initiale que les progrès restent à faire. En 2008, l‘enseignement supérieur comptait 10 544 étudiants handicapés, dont 8 452 à l’université. Un chiffre qui reste faible au regard de la population étudiante, même si la situation évolue. La loi de février 2005 sur le handicap, qui oblige les établissements à mettre en oeuvre les aides et les adaptations nécessaires a aussi « favorisé un changement de culture et d’attitude de l’ensemble des acteurs concernés », estime Fabien Gaulué, délégué général de l’association étudiante Starting Block, qui mène entre autres des actions de mobilisation autour du handicap en milieu scolaire et étudiant.

Dans l’enseignement supérieur, cette volonté politique s’est aussi traduite par l’élaboration de chartes handicap, comme celle signée en 2007 par la Conférence des présidents d’université (CPU) avec le ministère de l’enseignement supérieur. Elle prévoit la création d’un service d’accueil et engage l’université à participer à l’évaluation des besoins de l’étudiant et à mettre en place un plan d’adaptation.

La CPU a aussi élaboré un guide de l’accueil de l’étudiant handicapé. Certaines universités sont plus en avance sur le sujet, en particulier celles qui ont développé l’usage des technologies de l’information et de la communication pour l’éducation, par exemple en mettant en ligne des contenus, des cours vidéo ou audio, etc. ; celles qui ont commencé il y a longtemps l’aménagement de leurs locaux ; et surtout celles qui ont des personnels dédiés à ces questions. Comme à Clermont-Ferrand où, depuis 2002, un Service interuniversitaire handicap (SIUH) est chargé de proposer aux étudiants handicapés les adaptations nécessaires, qu’elles soient matérielles ou pédagogiques.

« Depuis trois ans, il y a aussi dans chaque unité de formation et de recherche un « référent handicap » – en général un enseignant-chercheur ou un responsable de la scolarité », note Nathalie Cousteix, la coordinatrice du SIUH. La charte ne bouleverse pas les choses, mais elle va dans le sens d’une homogénéisation des pratiques, « même si les disparités restent grandes d’une université à l’autre ».

Du côté des grandes écoles, le chemin à parcourir est encore long : en 2008, le ministère de l’enseignement supérieur n’y dénombrait que 372 étudiants en formation. Pour changer cette situation, l’année dernière, la Conférence des grandes écoles (CGE) a signé à son tour avec Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur, une charte handicap. « Un étudiant qui a toutes les qualités requises doit pouvoir entrer dans une grande école, et dans de bonnes conditions. Aujourd’hui la moitié des 200 écoles de la CGE ont un « référent », chargé de piloter l’accueil des étudiants handicapés », précise Hervé Laborne, directeur de l’ESME-Sudria, qui anime le groupe de travail handicap de la CGE.

Pour tâcher de convaincre les écoles qui ne se sont pas saisies de la question, la CGE et des entreprises travaillent « à l’élaboration d’une norme « organisme handi-accueillant », valable pour les établissements comme pour les entreprises. Les grandes écoles pourront ensuite bénéficier – ou non – d’un label, sur la base de critères tels que l’accessibilité du cadre bâti, de l’information et de la formation mais aussi la sensibilisation des élèves et du personnel ». Cette norme pourrait être finalisée au premier trimestre 2010. « Il faut aussi inciter en amont les plus jeunes à vaincre leurs appréhensions et à tenter les concours d’entrée, ajoute M. Laborne. Ce qui veut dire améliorer l’information à destination des lycéens et des centres d’orientation. »

La charte CGE insiste aussi sur l’importance de faciliter l’insertion professionnelle et elle invite les établissements à augmenter les accès à la formation par l’alternance ou par l’apprentissage.

« Trouver des candidats diplômés est un enjeu très fort pour les entreprises, et c’est un message qu’elles font passer aux grandes écoles, dont elles sont proches, pour les inciter à recruter plus d’étudiants », commente M. Gaulué. Des sociétés ont même développé des formes de sponsoring à destination des établissements et proposent des stages, voire des emplois. « Malgré un développement conséquent des effectifs d’étudiants en situation de handicap, le nombre de jeunes diplômés est sans commune mesure avec les besoins des entreprises. A court terme, elles devront reconsidérer leurs critères de repérage et de recrutement », explique-t-il.

Source : Le Monde

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Une réponse à Des progrès restent à faire pour l’accès des handicapés aux amphis

  1. arthurdu91 dit :

    Pouvez vous me dire qu’elle sont les norme de 2010

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