1. Un problème de niveau scolaire
Toutes les études s’accordent pour constater une baisse constante du niveau, par exemple :
- En France, 4 écoliers sur 10 sortent du CM2 avec des lacunes si graves, qu’ils ne pourront pas suivre le reste de leur scolarité normalement.
- Les élèves français sont au 17e rang des pays développés en mathématiques, au 13e rang en sciences et au 14e rang en littérature.
Face à ce désastre, les associations se mobilisent pour dénoncer cette situation.

1. 1 Les rapports nationaux
- Le rapport du Haut Conseil de l’Éducation (2007) :
« Chaque année, quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, sortent du CM2 avec de graves lacunes qui empêcheront ces élèves de poursuivre une scolarité normale au collège. De tels résultats expliquent pour une grande part l’ampleur des controverses sur les méthodes d’apprentissage. » [1]
- Une évaluation du ministère de l’Éducation nationale sur les acquis des élèves de CE1 (2009)[2] :
Selon cette évaluation, 25% des élèves de CE1 ne maîtrisent pas bien les savoirs essentiels en français et en mathématiques pour entrer en CE2 en septembre 2009[3].
- 160 000 élèves par an sur un contingent de 800 000 (soit 20%) quittent le système scolaire sans qualification et avec une maîtrise insuffisante des savoirs de base[4].
On pourrait accumuler les statistiques officielles, mais ces chiffres sont, nous semble-t-il, suffisamment révélateurs et… inquiétants.
1. 2 Les rapports internationaux
Ces derniers pointent également le faible niveau scolaire français que ce soit dans le primaire ou le secondaire. Xavier Darcos, ancien ministre de l’Éducation nationale n’a pas occulté ces résultats lors de sa présentation des nouveaux programmes du primaire en février 2008 « à l’heure où les pays développés cherchent à comparer la performance de leurs systèmes éducatifs, la France ne peut rester insensible aux rapports officiels et aux évaluations internationales qui soulignent, chaque année, la médiocrité des résultats de son école primaire. »[5]
Parmi ces évaluations, citons entre autres :
- Enquêtes PISA 2003 et 2006
Les élèves français sont au 17e rang des pays développés en mathématiques, au 13e rang en sciences et au 14e rang en littérature (PISA 2003).
Nous soulignons que les classements internationaux en matière d’éducation sont à prendre avec précaution car ils peuvent être biaisés ou difficiles à interpréter. Nous invitons ainsi une grande prudence concernant l’interprétation des résultats de l’enquête PISA. Ce qui est assez révélateur c’est que dans le cadre de cette même enquête les résultats de la France baissent dans le temps.
PISA est une enquête menée tous les trois ans auprès de jeunes de 15 ans dans les 30 pays membres de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) et dans de nombreux pays partenaires. Elle évalue l’acquisition de savoirs et savoir-faire essentiels à la vie quotidienne au terme de la scolarité obligatoire[6].
« En trois ans, la France n’a pas amélioré ses performances scolaires, au contraire. L’enquête PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves), menée par l’OCDE en 2006 et rendue publique, mardi 4 décembre, confirme le classement médiocre de la France, déjà pointée du doigt par l’organisation internationale dans ses précédentes études de 2000 et de 2003.
[…]
En 2003, la France était à la 10e place pour les sciences, il est vrai avec des tests un peu différents. Elle recule cette année au 19e rang parmi les trente pays de l’OCDE. Ce décrochage se confirme aussi dans les deux autres domaines étudiés depuis 2000, la compréhension de l’écrit (lecture) et les mathématiques.
En lecture, la France a ainsi rétrogradé entre 2000 et 2006 de la 14e place à la 17e place. Même chose en mathématiques, où les Français sont passés en trois ans du 13e au 17e rang.»[7].
1.3 Les collectifs de professeurs
De nombreuses associations de sensibilités différentes ont vu le jour à partir des années 2000 pour dénoncer les dérives et les échecs du système éducatif français : « Savoir lire, écrire, compter», « Lire, écrire », « Sauver les maths », « Refonder l’école », « Sauver les lettres », « Reconstruire l’école », « Fondation pour l’école », « SOS Education », « Enseignement et liberté », « Famille, école, éducation », etc.
Certains de ces collectifs réalisent, avec beaucoup de sérieux, des enquêtes sur le niveau des élèves. Ainsi l’association « Sauver les lettres » dans son communiqué de presse du 31 janvier 2005 nous révèle :
« Plus d’un élève de seconde sur deux ne maîtrise pas l’orthographe de base. Pire : en quatre ans, leur nombre a doublé. De 28 % en 2000 qui ont eu zéro à la dictée du brevet de 1988, la proportion est passée à 56% en 2004.[8] »
1.4 Le foisonnement d’ouvrages analysant l’échec du système éducatif français
Si l’on veut se documenter sur la situation de l’école publique et approfondir certaines analyses, on peut se rendre sur les sites internet des associations citées ci-dessus et/ou lire les très nombreux ouvrages consacrés à ce sujet (cliquez ici s.v.p.) ; la plupart sont écrits par des professeurs qui sont aux premières loges pour constater les problèmes.
[1] Rapport sur l’école primaire au Président de la République par le Haut Conseil de l’Éducation (HCE). Bilan annuel des résultats de l’école », 27 août 2007. (http://www.hce.education.fr/gallery_files/site/21/39.pdf)
[2] Cette évaluation a été réalisée du 25 au 29 mai 2009, auprès des élèves de CE1 des écoles publiques et privées de France métropolitaine et des départements d’outre-mer.
[3] Pour consulter les résultats de l’évaluation : http://www.education.gouv.fr/cid262/evaluation-des-acquis-des-eleves-1.html
[4] « L’état de l’école » n° 14, octobre 2004. Consultable sur http://www.education.gouv.fr/cid3922/l-etat-de-l-ecole-n-14.html
[5] http://www.education.gouv.fr/cid21007/presentation-des-nouveaux-programmes-du-primaire.html
[6] http://www.oecd.org/document/5/0,3343,en_32252351_32236191_39720645_1_1_1_1,00.html
[8] http://www.sauv.net/fx050131.php
L’Éducation nationale n’a pas de ligne directrice stable : les programmes et les manuels changent sans cesse (au gré des ministres et des modes pédagogiques) comme l’expose une enquête du magazine Capital datée d’avril 2006 et intitulée « Le bêtisier de l’Éducation Nationale »[1]. Ce manque de stabilité et de cohérence nuit grandement à la qualité de l’enseignement donné aux élèves. Les professeurs sont dans l’obligation d’appliquer les programmes à la lettre sous peine de sanction (principalement en termes de notation) et semblent réduits à n’être que de simples agents exécutifs (leur liberté pédagogique est limitée par les programmes et les diverses circulaires).
C’est ainsi que, lors de sa présentation des nouveaux programmes du primaire en 2008, Xavier Darcos, alors ministre de l’Éducation nationale, se plait à mettre en valeur sa rupture d’avec les programmes précédents dans une phrase qui n’a rien d’anodin : « À la lecture de ces programmes, vous percevrez plusieurs changements majeurs avec les textes précédents. »[2]
En ce qui concerne les réformes, on constate que, malgré leur multitude, le ministère n’est toujours pas capable d’assurer que chaque enfant qui lui est confié sortira de l’école primaire avec les bases nécessaires, principalement en lecture et en écriture ! Ce terrible constat fait penser à de nombreuses personnalités qui s’intéressent à l’éducation que l’Éducation nationale est irréformable : « Car l’Éducation nationale est en réalité structurellement incapable de se réformer, en raison de l’omnipotence des syndicats mais aussi de son gigantisme, de sa bureaucratisation centralisatrice »[3].
[Voir aussi le site de Laurent Lafforgue, médaillé Fields en 2002, chevalier de la Légion d’Honneur en 2003 et ancien membre du Haut Conseil pour l’Education (HCE) créé en 2005[4] ou la lettre ouverte sur l’injustice scolaire d’Anne Coffinier et de Marc Gaucherand datée de 2007 sur le site Fondation pour l’école[5] .
[1] http://www.creer-son-ecole.com/fichiers/compil_capital.pdf
[2] http://www.education.gouv.fr/cid21007/presentation-des-nouveaux-programmes-du-primaire.html
[3]Entretien Anne Coffinier du 9 oct 2006, Article paru dans « Monde & Vie » n° 768 du 23/09/06,. http://www.polemia.com/article.php?id=1342.
[4] http://www.ihes.fr/~lafforgue/index.html
[5] http://www.fondationpourlecole.org/2008091718/news/lettre-ouverte-sur-l-injustice-scolaire.html
Le ministère de l’Éducation nationale met en place des programmes s’appuyant sur des conceptions dont on peut facilement percevoir les dérives si ce ne sont les dangers.
Deux exemples parmi d’autres :
Il faut mettre l’élève au centre du système éducatif. C’est le pilier de la loi d’orientation de 1989 mise en place par Lionel Jospin. L’élève doit construire lui-même son savoir. Cette conception est issue de la théorie du constructivisme qui est une théorie de l’apprentissage fondée sur l’idée que nous apprenons en construisant notre propre savoir à partir de notre expérience. Le professeur n’est plus celui qui sait et qui transmet les connaissances. Cette conception porte en elle, de manière insidieuse, la remise en question de la notion même de l’autorité du professeur.
Il faut mener 80% d’une classe d’âge, c’est-à-dire 80% des élèves nés au cours d’une même année, au niveau baccalauréat : c’est l’objectif déclaré de la loi d’orientation de 1989 de Lionel Jospin. Le problème c’est que le but à atteindre n’a pas été accompagné d’une garantie du niveau du baccalauréat. Le résultat concret est que, comme le montrent plusieurs analyses (voir l’article du Figaro « En trente ans, la valeur du bac s’est effondrée »[1] du 15 juillet 2009 ou encore l’article du Monde « Le contrôle continu grignote le niveau du baccalauréat » du 5 juin 2005[2]), le diplôme du baccalauréat a perdu sa valeur et la sélection des élèves ne se fait véritablement que dans les deux premières années d’études supérieures. On ment aux élèves en leur faisant croire qu’ils ont le niveau requis (passage de droit dans la classe supérieur même si le niveau requis n’est pas atteint, consignes de notation souples aux examens, notes surévaluées grâce à un barème supérieur à 20 aux examens…) comme le souligne un reportage de septembre 2007 sur Canal + intitulé « Éducation Nationale : un grand corps malade »[3].
- Vous trouverez de nombreuses analyses sur les dérives pédagogiques du système éducatif français dans les ouvrages cités en fin d’article.
[3]
Un problème moral : le ministère de l’Éducation nationale ne respecte pas ses engagements de neutralité
« Suivant les principes définis dans la Constitution, l’État assure aux enfants et adolescents dans les établissements publics d’enseignement la possibilité de recevoir un enseignement conforme à leurs aptitudes dans un égal respect de toutes les croyances. »[1]
L’État s’engage ainsi à donner un enseignement neutre qui ne valorise aucune croyance – ou incroyance pourrait-on rajouter. Pourtant, certains choix faits par le ministère de l’Éducation nationale ne sont pas neutres et sont même inquiétants en ce qu’ils banalisent des comportements ou des valeurs qui posent problème.
Trois exemples :
- La récente campagne du ministère pour la lutte contre l’homophobie (rentrée 2008) s’apparente plutôt à une propagande homosexuelle qui banalise l’homosexualité comme l’analyse la Fondation de Service politique dans « Le respect des consciences à l’école c’est urgent »[2]. On peut également citer l’analyse de la Fondation de Service politique « Homophobie : le piège des amalgames » [3].
- Dans le cadre de l’éducation à la sexualité et la prévention des risques sexuels, l’Éducation nationale fait venir des équipes du planning familial pour sensibiliser les jeunes. Au programme : pilule, avortement, préservatif. Rien sur la virginité avant le mariage, la fidélité des époux, la régulation naturelle des naissances. On constate donc un manque de neutralité dans l’approche donnée.
- Les sujets donnés au bac 2005 en disent long sur la prétendue neutralité de l’État. Pour rappel, lors de l’épreuve anticipée du Bac 2005 pour les classes de Première “L” en “Sciences de la Vie et de la Terre”, il a été demandé aux candidats (toutes académies confondues) de « dégager des arguments en faveur de l’avortement » portant par là-même atteinte à la liberté de conscience des élèves. Voir la précieuse analyse de la Fondation de Service politique intitulée « l’IVG au bac 2005 »[4].
[1] Code de l’Éducation, Article L141-2
[2] http://www.libertepolitique.com/images/pdf/2009/1er-lettre-reste_du_fichier.pdf
Délibération n°2009-14 du 12 janvier 2009 du Collège de la HALDE : http://www.halde.fr/IMG/pdf/Deliberation_2009-214.pdf
[4] http://www.libertepolitique.com/fichiers/NOTEBleue-25%20juin%202005-Bac2005-IV.pdf
Il faut mettre l’élève au centre du système éducatif. C’est le pilier de la loi d’orientation de 1989 mise en place par Lionel Jospin. L’élève doit construire lui-même son savoir. Cette conception est issue de la théorie du constructivisme qui est une théorie de l’apprentissage fondée sur l’idée que nous apprenons en construisant notre propre savoir à partir de notre expérience. Le professeur n’est plus celui qui sait et qui transmet les connaissances. Cette conception porte en elle, de manière insidieuse, la remise en question de la notion même de l’autorité du professeur.
Il faut mener 80% d’une classe d’âge, c’est-à-dire 80% des élèves nés au cours d’une même année, au niveau baccalauréat : c’est l’objectif déclaré de la loi d’orientation de 1989 de Lionel Jospin. Le problème c’est que le but à atteindre n’a pas été accompagné d’une garantie du niveau du baccalauréat. Le résultat concret est que, comme le montrent plusieurs analyses (voir l’article du Figaro « En trente ans, la valeur du bac s’est effondrée »[1] du 15 juillet 2009 ou encore l’article du Monde « Le contrôle continu grignote le niveau du baccalauréat » du 5 juin 2005[2]), le diplôme du baccalauréat a perdu sa valeur et la sélection des élèves ne se fait véritablement que dans les deux premières années d’études supérieures. On ment aux élèves en leur faisant croire qu’ils ont le niveau requis (passage de droit dans la classe supérieur même si le niveau requis n’est pas atteint, consignes de notation souples aux examens, notes surévaluées grâce à un barème supérieur à 20 aux examens…) comme le souligne un reportage de septembre 2007 sur Canal + intitulé « Éducation Nationale : un grand corps malade »[3].





















