L’école et les adorateurs de la technique

Le rapport Fourgous, remis récemment au Premier ministre, a relancé le débat sur les modalités de l’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) à l’école. L’importance d’une telle discussion ne fait pas de doute et nous pensons que l’institution scolaire, dans son ensemble, a en effet un rôle essentiel à jouer dans les mutations technoculturelles portées par le développement massif des NTIC, notamment chez les jeunes : refuser d’y réfléchir serait irresponsable. Mais si le rapport Fourgous a le mérite d’un certain volontarisme, son contenu prend la forme d’une naïve et imprudente idolâtrie des NTIC. Le préambule du texte dessine de manière emphatique les contours d’une société futuriste entièrement imprégnée d’objets technologiques, et par là libérée de la pénibilité du travail, collaborative et pacifiée. Le propos se résume à une présentation enchantée des effets cognitifs et sociaux de ces nouvelles technologies : ainsi, à l’école, l’utilisation généralisée des NTIC entraînerait à la fois une plus grande motivation des élèves, des pédagogies et des apprentissages plus efficaces, l’adaptation du système éducatif à chaque enfant, de meilleures relations professeursélèves et entre les élèves, la diminution des inégalités et de l’échec scolaire… Lire la suite

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