Un député quebecois vante les mérites du pluralisme scolaire : le respect de la liberté d’éducation des parents. Sans pluralisme, pas de choix, sans choix, pas de liberté….
Je voulais revenir cette semaine sur un article que j’ai lu dans le Journal de Québec la semaine dernière concernant l’augmentation de la popularité des écoles privées. On pouvait y lire que, même s`il y a une diminution globale du nombre d’élèves, les écoles privées augmentent le pourcentage des jeunes qu’elles accueillent chaque années, atteignant un sommet à plus de 12%. Toutefois, ce n’est pas cette statistique qui retient mon attention comme les réactions qu’elle a suscitées parmi les différents intervenants amenés à la commenter. Je vous les résume pour l’essentiel.
D’abord un professeur de l’UQAM nous dit qu’il faut s’inquiéter du phénomène et que l’on doit s’interroger socialement sur les causes de cette popularité grandissante des écoles privées. Selon lui, les parents qui y envoient leurs enfants sont victimes d’une perception faussement positive que nous avons du secteur privé, mais qu’il ne s’agit dans les faits que d’une image. Rien qui ne réponde à l’épreuve des faits.
Ensuite, la présidente de la Fédération des commissions scolaires nous invite à la réflexion sur la pertinence de financer avec des deniers publics les écoles privées. Cela prive, dit-elle, les écoles publiques de précieuses ressources. Regardons ensemble ce qu’il en est.
Tout d’abord, sur le fait que la réputation des écoles privées est surfaite, permettez-moi d’en douter. Pour en avoir visité quelques-unes, je peux vous dire que j’en suis, chaque fois, ressorti impressionné. Ce n’est pas un hasard si elles se classent mieux dans le palmarès des écoles. De plus, je ne crois pas que les parents qui leur font confiance soient dupes eux non plus. Pensez-vous vraiment que des gens qui paient 40% de la facture totale en plus de leurs taxes et impôts, dont ils ne sont nullement dédouanés, le font strictement parce qu’ils sont trompés par une image qui ne trouve aucun écho dans les résultats académiques? Ce ne sont pas les gens qui sont idiots, c’est plutôt le commentaire qui le laisse entendre.
Maintenant, qu’en est-il de cette sempiternelle remise en question du financement public des écoles privées? De fait, chaque fois qu’un rapport, une étude ou une nouvelle statistique vient nous dire que le réseau des écoles privées se porte bien, il se trouve quelqu’un pour nous suggérer de mettre la hache là-dedans. Cette fois, c’est la présidente de la Fédération des commissions scolaires qui nous suggère que le financement public des écoles privées nuit au réseau public. Ben voyons. Sans se dire ouvertement contre les écoles privées, elle laisse entendre que de les financer en partie empêche le réseau public de donner son plein rendement faute des ressources nécessaires. Rien n’est plus ridicule.
D’abord, comme je l’ai déjà dit, les parents qui envoient leurs enfants à l’école privée ne sont aucunement exemptés de payer la totalité de leurs taxes et de leurs impôts. Ils contribuent donc au réseau de l’éducation au même niveau que les autres parents. En plus, ils déboursent de leur poche un surplus qui équivaut à 40 % de la facture totale. Ils font donc économiser le trésor public du même montant, puisse que ce dernier aurait l’obligation d’assumer cette part si ces parents changeaient d’idée et décidaient de confier leurs jeunes au réseau public. Pauline Marois avait estimé le montant à 300 millions de dollars à l’époque où elle était ministre de l’éducation. On peut penser que ce montant serait plus important encore aujourd’hui.
Cesser de financer les écoles privées comme on le fait maintenant revient à dire à des milliers de parents qu’ils n’auront plus les moyens de continuer à envoyer leurs enfants à l’école de leur choix. Cela ne signifie pas plus de ressource pour le public. Cela signifie une facture plus salée pour le trésor public et donc, pour l’ensemble des contribuables, et tout ça pour le même niveau de service. Cela veut aussi dire éliminer une saine concurrence entre le public et le privé. Concurrence qui a eu pour effet d’amener dans bien des cas le public à se dépasser. Il faut souligner ici la performance de plusieurs écoles du réseau public qui gagnent des places constamment dans le palmarès des écoles. Bravo! Continuez! C’est grâce à vous si ma femme et moi avons décidé de faire confiance au réseau public pour l’éducation de nos enfants.
En conclusion, le financement que l’on doit remettre en question est celui des commissions scolaires et de leur surprenante Fédération. En effet, entre autres insignifiances, les commissions scolaires se paient une agence de lobbying, la Fédération, financée entièrement avec nos taxes pour que cette dernière nous suggère de mettre fin à quelque chose qui fonctionne bien, le réseau des écoles privées. Je ne pense pas que la motivation de la Fédération soit exclusivement l’intérêt des parents et, surtout, des enfants. Les écoles privées ont démontré clairement leur utilité, nous attendons toujours la même démonstration de la part des commissions scolaires. Entre vous et moi, je pense que nous allons attendre longtemps.
Quoi qu’il en soit, notre façon de faire permet à des milliers de parents de décider ce qui est le mieux pour leurs enfants. Je pense que l’élément le plus important qui milite en faveur du maintient d’un financement public aux écoles privées demeure que, public ou privé, c’est votre choix.




























