Hautefeuille au journal de 20 heures

Le Collège est passé à la télévision, une nouvelle fois (cela arrive assez fréquemment), au « Grand format » du journal de 20 heures, sur France 2, jeudi 2 septembre, sur un sujet d’intérêt général, la non-mixité ou éducation différenciée.

L’accroche est intéressante : le journaliste fait remarquer que la mixité est remise en question un peu partout ; tout d’abord aux Etats-Unis, où un mouvement de grande ampleur touche les écoles mixtes. En quelques années, 500 établissements publics mixtes sont devenus non-mixtes, dans les quartiers pauvres de nombreuses villes, où les garçons sont plus durement frappés par le chômage que les filles, tandis que celles-ci subissent assez mal la violence du sexe fort.

D’autre part, une sociologue, Marie Duru-Bellat, a publié récemment une étude sur les conséquences négatives de la mixité, aussi bien pour les filles que pour les garçons, remettant celle-ci en cause d’un point de vue scientifique.

Après cette introduction, quelques images de Hautefeuille nous sont présentées : M. Sauleau faisant l’appel le jour de la rentrée. Hautefeuille est décrite comme « un établissement catholique de la banlieue parisienne, où tous les élèves et tous les enseignants sont du sexe masculin. » Quelques élèves sont interrogés. Le premier souligne, assez posément et longuement, que l’absence des filles permet d’être plus naturel ; un autre suggère que, si elles étaient là, elles tempéreraient un peu la rudesse du caractère des garçons… Puis la caméra nous entraîne dans le bureau de M. Sauleau. Celui-ci souligne le retard de maturité qui affecte les jeunes hommes : dans un environnement non-mixte, ils peuvent plus aisément progresser et s’épanouir.

Après quoi, c’est Marie Duru-Bellat, la sociologue, qui est interrogée sur le fond de verdure d’un jardin public. Subtilement, elle montre que les filles, dans un environnement mixte, ont tendance à renforcer les stéréotypes de la féminité. Pour ne pas passer pour des intellectuelles, elles hésitent à choisir, par exemple, des carrières qui sont habituellement présentées comme masculines : effet pervers et inattendu de la mixité scolaire.

Puis la caméra se déplace aux Etats-Unis, nous montrant des établissements non-mixtes où les élèves, en uniforme impeccable, sont manifestement des Afro-Américains des quartiers pauvres, qui ont retrouvé une dignité. Le mouvement est présenté comme d’une grande ampleur, et c’est effectivement le cas : c’est la présidence, à l’époque de Bush, qui a amorcé cette mutation des écoles publiques.

Retour en France : des lycéens d’un établissement parisien qui, de leur côté, sont franchement pour la mixité et la présence des filles. Et le journaliste termine en soulignant que la loi française défend la non-mixité au nom de la lutte contre les discriminations.

Au total, un beau reportage, d’une intéressante indépendance d’esprit, équilibré et montrant Hautefeuille sous l’un des aspects qui justifient le contrat avec l’Etat. En effet, le caractère propre de l’établissement, en l’occurrence la non-mixité, remplit un service public. Hautefeuille offre aux parents qui le désirent cette éducation différenciée dont beaucoup de garçons ont besoin pour grandir.

Silvestre Baudrillart

Voici un lien pour le 20h de France 2 : http://jt.france2.fr/20h/

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