La rentrée est déjà là, les grèves aussi, mais l’école française n’a toujours pas été réformée. Depuis plus de 25 ans la crise est apparente, mais aucun ministre n’a eu le courage de s’attaquer au bastion de l’Education Nationale, cette administration la plus coûteuse de l’Etat. Seul Claude Allègre a évoqué la nécessité de « dégraisser le mammouth », mais sans y parvenir. Par ces temps de vaches maigres, ne pourrait-on pas trouver des économies à faire à l’école comme ailleurs ?
Plus de moyens pour moins de résultats : les chiffres sont accablants :
D’après un Rapport du Haut Conseil de l’Education, 300 000 enfants entrant en sixième ne savent pas lire correctement et plus de 150 000 jeunes sortent du système éducatif sans aucune formation. Environ 60% des enfants qui entrent en sixième ne maîtrisent pas bien les multiplications et les divisions. Plus de 50% des élèves de première ne savent pas combien font 7 x 8 et environ 15% des lycéens ne maîtrisent pas bien le français. Dans les enquêtes internationales, la France est classée au 17e rang sur 26 pour le niveau de lecture et de mathématiques des enfants. Ces résultats se sont même aggravés ces dernières années. Aujourd’hui, notre pays compte 3.1 millions d’illettrés. Et pourtant ce n’est pas faute de moyens. Un écolier français coûte 33% de plus que la moyenne des pays de l’OCDE. Le budget de l’Education nationale est de 130 Mds d’euros (environ 90% de plus qu’au début des années 1980).
En finir avec le pédagogisme : Que faire ?
Il faudrait d’abord commencer pas s’attaquer aux syndicats qui dirigent l’Education nationale. Les 500 000 membres de la FSU se refusent à toute réforme de bon sens. Ensuite, on pourrait voir plus clair dans les dépenses bureaucratiques de l’école car plus de 30 Mds d’euros (environ 25% du budget) sont absorbés par les coûts de fonctionnement. Il y aurait là des économies à faire.
Enfin et surtout , une réforme de l’école française passerait aussi par la suppression du « pédagogisme », une « science » qui n’a rien à envier à celle de Lyssenko. Cette doctrine (le « pédagogisme ») repose sur le postulat que l’élève doit se trouver au centre de l’enseignement et que c’est à lui de « construire son savoir ». L’enseignant ne doit jouer qu’un rôle d’intermédiaire et ne doit surtout pas imposer à l’enfant des « vérités ». Qu’il s’agisse de la grammaire, de la littérature ou des mathématiques, on soumet aux enfants des « situations » et c’est à partir des « solutions personnelles élaborées par les élèves que l’enseignant apporte une nouvelle connaissance ». Cette méthode qui trouve ses origines dans les idées égalitaristes véhiculées à la fin des années 1960 est employée à l’échelle nationale surtout depuis le début des années 1990 et la création des IUFM par l’ancien ministre de l’Education nationale Lionel Jospin. Parmi les défenseurs inébranlables de cette méthode, on trouve donc Philippe Meirieu, directeur de l’IUFM de Lyon.
Depuis environ 30 ans, il conseille pratiquement tous les ministres de l’Education nationale.
Promoteur du collège unique, c’est un adversaire acharné de l’école privée. Ce qui ne l’empêche pas de mettre ses enfants dans… le privé. Comme les autres gardes rouges de « l’égalitarisme » et du « pédagogisme », Bourdieu, Peretti, Prost, Meirieu a mis ses enfants dans des écoles privées et publiques cotées, loin des influences de la nouvelle pédagogie. Lui-même d’ailleurs est un ancien élève du lycée Henri IV à Paris…
Son credo idéologique est clairement exprimé : « il faut parier sur l’éducabilité (sic) de tous les jeunes (…), il est temps d’imaginer un même lycée pour tous les jeunes, avec une même qualité de l’enseignement, une même ouverture culturelle et une même reconnaissance pour les voies générales, technologiques et professionnelles. Il est temps, enfin, de remettre en selle et au premier plan l’éducation populaire, de susciter et d’aider toutes les initiatives qui permettent aux jeunes d’apprendre à vivre et à travailler ensemble, ainsi qu’avec d’autres générations… ».
La suppression de l’école privée… Préoccupé jour et nuit par « l’éducabilité » de nos enfants, il prône la réforme finale : la suppression de l’école privée.
« Observant les évolutions de ces quinze dernières années, j’en suis venu, en effet, à souhaiter l’existence d’un seul et unique système scolaire, intégrant l’enseignement public et l’enseignement privé sous contrat avec l’Etat. (…) J’en suis venu à considérer le choix de l’école par les parents comme un danger majeur pour la cohésion de notre société ».
Pour Meirieu, la réponse au succès de l’école privée, c’est sa… suppression… On en revient ainsi au fameux SPULEN (Service Public Unique et Laïque de l’Education Nationale) prônée par le programme commun de la gauche dès 1974.
Avant de donner des leçons au capitalisme, l’Etat devrait se réformer lui-même et essayer d’assurer au moins une scolarité normale et efficace à nos enfants. Pour le moment, les écoles sont gangrénées par la violence, et les résultats scolaires des élèves qui en sortent sont très mauvais. Ce n’est pas un hasard si les familles françaises cherchent de plus en plus une place (très rare) dans les écoles privées.
L’école d’Etat est en situation d’échec total. Source :Nicolas Lecaussin




























