Bretagne : la commémoration de la guerre d’Algérie choque la mairie

Catherine Oulhen, directrice de l’école publique, a adressé une lettre ouverte au maire contestant le discours de Marcel Caraës, président des anciens combattants.
« Comme à l’accoutumée, les élèves des classes du cours moyen ont été conviés par leurs enseignants à participer à la cérémonie du 11 novembre dernier. Or, les propos tenus lors de son discours par le représentant de l’UNC (Union nationale des combattants) ont extrêmement choqué les enseignants présents.
En effet, choisissant de dédier son discours à la commémoration de la guerre d’Algérie, il a entrepris une justification des actes de tortures commis par les militaires Français pendant ce conflit. La torture a été présentée comme un acte nécessaire aux actes terroristes de rebelles algériens et les écrits des historiens sur le sujet ont été remis en question par leur exagération de ces pratiques. Le peuple Algérien a été présenté comme rebelle et terroriste oubliant qu’il combattait pour son indépendance et sa liberté. Pendant cette guerre, des actes atroces ont été commis dans chacun des deux camps et en aucun cas ceux-ci ne peuvent servir de justification à ceux-là. Il me semble, de plus, regrettable qu’aucune des personnes présentes n’ait jugé bon de rectifier les propos tenus. D’autre part, ce monsieur a commencé son allocution en remerciant les élèves de l’école privée de leur présence en omettant sciemment les élèves de l’école publique pour finir en décorant une élève de l’école privée.
Enfin, nous déplorons que cette cérémonie républicaine soit systématiquement associée à une cérémonie religieuse. Ne serait-il pas possible de séparer ces deux formes de commémoration ou tout au moins leur ordre ne pourrait-il pas être inversé afin qu’à l’issue de la cérémonie républicaine, chacun puisse faire le choix d’assister ou non à la messe selon ses propres convictions ? Depuis quelques années nous ne nous sentons pas les bienvenus à cette commémoration et si de plus nous risquons d’exposer nos élèves à de tels discours, nous hésitons à continuer à y participer. Nous nous interrogeons sur la possibilité de sensibiliser nos élèves au devoir de mémoire de façon différente et sans doute à un autre moment. Cette question fera l’objet d’une discussion avec les parents d’élèves lors du prochain conseil d’école ».
Au sujet de la commémoration, elle a lieu le 10 novembre au lieu du 11 depuis quelques années, le curé n’étant pas disponible pour dire la messe le 11
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4 réponses à Bretagne : la commémoration de la guerre d’Algérie choque la mairie

  1. caraes dit :

    Sans vouloir sombrer das la complainte victimaire , il m’appartient d’éclairer la lanterne de mon ancienne collègue .
    -Remarque liminaire : ce n’est pas la  » mairie qui a été choquée « mais un groupuscule d’enseignants et un collectif de citoyens pseudos-marxistes , audacieusement anonymes .
    C’est en toute légitimité qu’après avoir rendu le traditionnel hommage aux Poilus de 14/ 18 , j’ai choisi d’évoquer , un 11 Novembre , le conflit d’AFN ( 2 commémorations seulement ,en 50 ans dans la commune ).
    L’imaginaire populaire français ne connait pas vraiment l’histoire de cette guerre et les consciences sont sensibles sur ce sujet.
    Le discours incriminé s’est articulé autour de 2 thèmes : le terrorisme et le déni du 19 mars qui divise encore le monde combattant .
    La question s’est posée de savoir sur quelle compétence et quelle légitimité a pu s’appuyer cette directrice d’école publique pour me fustiger altérant des propos qu’elle n’a pas écoutés ( absente !)
    Toute une série de malentendus commence à partir du 19.3.62 : pas d’accords officiels mais  » déclarations  » à Evian – cessez le feu unilatéral – Nombre de victimes important
    L’évocation de cette guerre dans les médias est trop souvent  » à charge  » pour notre armée et par ricochet pour les appelés qui n’acceptent pas :
    *les vocables de tortionnaires ou d’assassins
    *les valeurs véhiculées par les porteurs de valises et les déserteurs .
    Les militaires de la 3 ème génération de feu , septuagénaires pour la plupart , sont des témoins trop rarement consultés .Il n’est pas difficile d’appréhender que derrière leur long silence se cache une grande tristesse : celle d’avoir perdu leurs plus belles années de leur vie :celles de leurs 20 ans .
    En définitive , ils n’ont pas eu 20 ans au bon moment -
    Adepte du principe de réalité , qui veut que les choses soient ce qu’elles sont , que cela plaise ou non , il m’importait de veiller au respect de l’histoire . Aux insinuations critiques et aux leçons administrées par d’éternels râleurs dont les compétences pédagogiques ne sont pas toujours incontestables , j’ai choisi de ne pas entretenir une
    polémique dérisoire .
    Ce mauvais procès a confiné  » au pétage de tronche  » stérilisant mon bénévolat désintéressé , actif et renvoyé depuis aux calendes grecques .
    Avec mon meilleur souvenir .

    • BELKADI Danielle dit :

      Le temps a passé et la réponse que je reçois ce jour me permets de réaffirmer combien j’approuve ces lignes et combien il est encore difficile de parler de cette guerre d’Algérie que personne n’a comprise pas plus les compatriotes français que les « pieds noirs » qui ont par leur comportement odieux et indifférent vis à vis d’une population locale ont fortement contribué à véhiculer des idées qui s’avéraient être loin de la réalité.
      Il est certes difficile de reconnaître ses erreurs et ses comportements mais il fallait peut-être un peu d’honnêteté et de responsabilité pour éviter un tel
      désastre.
      Certes il est exact de dire que derrière le silence des « acteurs », armées et civils se cache une grande tristesse et une grande solitude, mais c’est presque trop tard, les témoins ont maintenant quelques décennies et l’oubli par le temps ou par la volonté de ces témoins ne ramènera pas hélas un brin de vérité dans cette guerre qui a tardé à dire son nom.
      Toute une vie passée avec un enfant algérien de ce pays, m’a permis de faire une analyse différente de celle officielle, et mes idées ainsi que ma conscience s’en sont trouvées réconfortées.
      Pour le 50ème anniversaire de cette guerre d’Algérie, j’ai participé à bon nombre de débats à Marseille ( puisque c’est là que je réside), et j’avoue que les participants à ces débats, journalistes, écrivains ancien ministre, etc…ont apporté des réflexions qui nous avaient manqué à l’époque.
      Bref il faut en finir et je terminerais ce propos en disant à mon ancien collègue que si cette guerre a divisé les hommes et femmes de ce Pays, il reste malgré tout le souvenir d’avoir vu sa jeunesse gâchée et hélas d’avoir le sentiment que nous ne regrettons pas ses 20 ans . C ‘est assez dire triste de dire cela!!
      Avant de conclure et d’adresser mon meilleur souvenir à mon collègue, je peux lui dire que je sens beaucoup d’amertume dans ses propos voire même de la colère, je le comprend, mais il faut tenter d’apaiser et de se dire qu’à l’époque chacun a fait ce que sa conscience lui ordonner de faire, et qu’il y aura toujours désormais des « bien pensants » pour dire et écrire ce qu’il n’ont pas vécu.
      Chacun fera sa propre analyse sur son comportement, il ne sert à rien 50 ans après de vivre dans une haine permanente qui n’a plus lieu d’être.
      Meilleurs souvenirs

  2. Danielle BELKADI née PULCRANO dit :

    Bonjour.
    Je trouve cet article et la réponse de Monsieur Caraës Marcel que je connais bien pour avoir travailler avec lui pendant plusieurs années dans un bureau de poste à Alger!!!
    Je suis surprise par ses propos et par cette polémique, car certes la guerre d »Algérie a laissé des traces, des douleurs, des regrets aussi des 2 côtés des personnes qui peuplaient ce pays et pour lequel les Algériens ( pas tous) aspiraient à l’indépendance du Pays. Faut-il encore rappeler les horreurs commises de chaque côtés??
    Marcel connait bien le sujet et si les propos rapportés sont exacts, j’en reste surprise, mais je peux le comprendre.
    Je ne veux absolument pas polémiquer sur une période de Vie et de l’histoire, mais je suis heureuse d’apporter ces quelques remarques peut-être pour abonder et soutenir les propos d’une personne que je connais.
    Sa réponse est particulière et concerne un épisode que je ne me permettrais pas de commenter, je réagis simplement aux propos concernant la Guerre d’Algérie.
    Merci.

  3. Caraes Marcel , président UNC interpellé dit :

    La loi exige que ma réponse soit publiée à l’endroit où j’estime avoir été dénigré .Ma réaction a été diffusée dans votre source les 18 et 19.12.10.
    La directrice absente de la cérémonie du 11 novembre , épilogue sur les propos rapportés par son équipe d’enseignants courageusement anonymes , présente à la commémoration.Elle n’apporte aucune preuve tangible quant à ma prétendue justification de la torture . Le désir d’émancipation du peuple algérien n’a nullement été remis en cause .Avant le 3.7.62 , tous les habitants des 15 départements d’Algérie étaient soit des nationaux soit des citoyens français . Cette directrice a également ravivé l’épidermique querelle moyenâgeuse qui sépare les 2 écoles en évoquant l’appartenance au privé de la fillette récompensée , alors que cette dernière suit les cours du collège public de Lannilis . Comme il était superflu de mentionner sa filiation non pas avec un mais avec 4 membres de l’UNC . Notre association n’entretient ni népotisme ,ostracisme ou sectarisme . A preuve la médaille du Mérite UNC décernée en 2010 à un ancien directeur d’école publique dans le cadre du devoir de Mémoire . S’agissant des cérémonies patriotiques , cela fait 3 ans que 2 commémorations sur 3 à Landéda ne comportent plus de volet religieux .Il est regrettable qu’aucune réponse ne soit apportée à nos propositions de collaboration , rendant difficile de saluer au moment opportun les personnes dont on ignore la représentativité . Au demeurant il importe de rassurer les parents d’élèves de cette école publique car en dépit de plusieurs rencontres inter générationnelles à l’école privée , les interventions du président local de l’UNC n’ont pas encore nécessité la mise en place de cellule médico psychologique , ni donné lieu à plainte .

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