Sarkozy attaque les 60.000 enseignants d’Hollande: « Où trouve-t-on l’argent? »
Le président Nicolas Sarkozy a critiqué l’une des principales mesures promises par le candidat PS à l’Elysée, François Hollande, sur un rétablissement de 60.000 emplois dans l’Education nationale, jeudi lors de son intervention sur TF1 et France 2.
« Quand j’entends dire qu’il faut embaucher 60.000 enseignants de plus: mais où est-ce qu’on va trouver l’argent? », s’est interrogé le chef de l’Etat.
« Sans demander une réforme, simplement pour faire plaisir à des organisations syndicales qui le demandent.. Où est-ce qu’on va trouver l’argent? C’est l’argent des Français », a-t-il insisté, au sujet de cette proposition lancée par François Hollande pendant la campagne de la primaire PS.
« J’aimerais qu’on m’explique comment on peut revaloriser les salaires des enseignants et augmenter toujours plus (ndlr: le nombre) d’enseignants », a-t-il dit plus tard dans son intervention, résumant sa politique: « Moins d’enseignants, mieux payés, mieux formés, mieux considérés, mieux respectés. C’est la seule politique possible ».
« Nous avons un chemin de réduction de notre déficit, de notre endettement, mais cela ne suffira pas », a ajouté le chef de l’Etat.
« Avec cela, on se défend, mais je veux que la France compte, donc qu’elle investisse », a-t-il dit, saluant « les investissements d’avenir ».
« Il faut moins d’assistanat et plus d’investissement. Voilà la martingale gagnante dans tous les pays au monde », selon lui.
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Hollande sur les embauches à l’Education: « fable irresponsable » (Chatel)
Le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, a qualifié mercredi, à l’Assemblée nationale, de « fable irresponsable » la proposition du candidat PS à l’Elysée François Hollande de créer 60.000 postes dans le secteur en cinq ans.
La proposition de M. Hollande « est d’abord techniquement impossible », a dit M. Chatel, lors des questions au gouvernement, interrogé par Bernard Debré (UMP).
« Pour recruter 12.000 postes supplémentaires par an en plus du remplacement de 100% des départs en retraite, il faudrait recruter 40.000 enseignants par an. Quarante mille enseignants par an, c’est aujourd’hui le nombre de candidats qui se présentent effectivement aux concours », a ajouté le ministre.
« Est-ce qu’un système de qualité, c’est un système qui recruterait 100% des candidats qui se présentent aux concours? C’est absurde », a-t-il lancé.
La proposition de François Hollande est « ensuite politiquement irresponsable au moment où tous les pays dans le monde sont mobilisés sur la maîtrise des dépenses publiques », a ajouté le ministre, en indiquant qu’elle « coûterait 18 milliards d’euros ».
« Cette proposition est irresponsable, c’est une fable irresponsable », a conclu M. Chatel.
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Sapin: « on peut réduire le déficit en augmentant le nombre de professeurs »
Le député PS Michel Sapin a jugé possible mercredi de « réduire le déficit » public tout en augmentant « le nombre de professeurs », par exemple, et a estimé à nouveau que le projet socialiste n’était pas « obsolète » malgré l’aggravation de la situation économique.
« On peut réduire le déficit en augmentant le nombre de professeurs », a lancé l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, proche de François Hollande, lors d’une conférence de presse organisée par l’Association des journalistes parlementaires.
M. Sapin avait affirmé mardi que la création de 60.000 emplois dans l’Education proposée par le candidat du PS à la présidentielle serait « bien entendu » compensée par des baisses de postes ailleurs.
« Augmenter le nombre de fonctionnaires dans l’Education nationale n’a jamais voulu dire une augmentation du nombre global de fonctionnaires », mais l’arrêt de la politique « imbécile » et « aveugle » du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, a affirmé le député de l’Indre.
Questionné sur le contenu du programme du candidat PS à l’Elysée sur le volet crucial de l’économie, M. Sapin a fait valoir qu’il était « trop tôt » pour « en dire plus » et que le projet « n’a pas tellement de raison d’être présenté avant que la campagne présidentielle ne s’ouvre ».
L’ex-ministre a répété que le projet du PS, mis en pièces par l’UMP selon laquelle il coûte près de 225 milliards d’euros, n’était pas « obsolète » malgré l’imminente révision de la croissance française et n’avait pas été chiffré.
Il a précisé à nouveau que le taux de croissance prévu à 2,5% était « une moyenne sur cinq ans, 2013–2018″ et qu’il n’était pas « inconcevable » d’avoir tablé sur ce chiffre « il y a neuf mois ».
Interrogé sur le budget 2012, M. Sapin l’a qualifié de « fatras de mesures (…) élaborées dans l’urgence ».
Et sur la TVA dans la restauration abaissée à 5,5%, le député a affirmé que « l’irresponsabilité du gouvernement, c’est de prendre des mesures de cette nature qui ne sont pas irréversibles, mais sur lesquelles il est difficile de revenir avec la même brutalité ».
Il s’est dit persuadé que « si on remontait à 19,6%, cela se traduirait immédiatement par une augmentation des prix ».
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