Le statut des enseignants-chercheurs dans les universités françaises

En France, dans les universités, les professeurs universitaires disposent généralement d’un statut particulier, celui d’enseignant-chercheur. Suite à la réforme des universités de 2007 (dite loi « LRU »), les enseignants-chercheurs ont vu leur statut modifié par 4 décrets du 23 avril 2009 signés par Valérie Pécresse, alors ministre de l’Enseignement Supérieur. Ce statut n’avait pas été modifié depuis sa création en 1984. La réforme de 2009 a rendu possible l’évaluation plus régulière et la gestion de la masse salariale directement par les universités, dans une relation qui fut trop longtemps enseignants-ministère, au profit d’une relation enseignants-universités.

Chiffres-clés sur les enseignants-chercheurs et la masse salariale des universités

En 2010-2011, l’enseignement supérieur français compte 95.300 enseignants dont 59.400 (62,3%) sont des enseignants-chercheurs (maîtres de conférences ou professeurs d’université) [1]. Parmi ces enseignants-chercheurs, le nombre de permanents, fonctionnaires d’État, s’est fortement accru en 20 ans de 60%. Le nombre d’enseignants-chercheurs sous contrat de droit privé a quant à lui doublé en 15 ans mais reste largement minoritaire (18,6% de l’ensemble des enseignants-chercheurs). Beaucoup de ces enseignants sous statut ont été titularisés dans les années 1970. Dans les 10 ans à venir, un tiers d’entre eux vont partir à la retraite. Les modalités de leur remplacement sont donc un enjeu crucial à l’heure actuelle.

Les enseignants-chercheurs dits « associés » (c’est-à-dire non fonctionnaires) représentent seulement 4,7% des enseignants-chercheurs titulaires, et constitue souvent le statut des professeurs étrangers. Or, parmi les enseignants-chercheurs associés, 72,7% d’entre eux sont de nationalité française, « ce qui soulève des interrogations sur l’ouverture des établissements vers l’international ». Ainsi, en 2007, seulement 175 enseignants-chercheurs étrangers étaient associés à une université française. De plus, les contraintes statutaires expliquent le petit nombre de professeurs étrangers : ceux-ci ne peuvent être associés à une université française pour moins de 6 mois. L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Mme Valérie Pécresse a néanmoins facilité la venue d’universitaires étrangers en faisant en sorte qu’ils n’aient plus à être « qualifiés » par le Conseil national des universités pour être candidats à un poste dans une université française. Mais il reste un gros problème, celui de la rigidité salariale, dans un contexte mondial de concurrence pour attirer les meilleurs chercheurs dans les universités. De manière cependant trop restreinte, les « investissements d’avenir », en ce qui concerne les enseignants-chercheurs, en créant des structures telles que les laboratoires d’excellence ou les initiatives d’excellence, créent la possibilité d’opérer des recrutements sur contrat, pour des durées librement choisies par le recruteur, avec des financements de niveau international.
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