Quebec : Une chanson d’Édith Piaf censurée dans une école québécoise pour lèse-laïcité

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Une chanson d’Édith Piaf a été censurée dans une école primaire de Sorel-Tracy. Un professeur de musique de l’école Saint-Gabriel-Lalemant a pris cette décision parce que le mot « Dieu » figure dans les paroles de la chanson L’Hymne à l’amour. L’enseignant, qui préparait un spectacle de fin d’année, a ainsi supprimé la dernière phrase de la chanson, celle où les élèves auraient dû chanter « Dieu réunit ceux qui s’aiment ».

Plusieurs parents ont critiqué cette modification à l’une des chansons les plus connues de la francophonie. Un porte-parole de la Commission scolaire de Sorel-Tracy, Éric Choinière, a défendu la décision de l’enseignant. « Il ne voulait pas aborder de thème religieux dans ce cours-là, d’où sa modification à la finale de la chanson », a-t-il dit au réseau radiophonique Cogeco Nouvelles. « Je ne suis pas mal à l’aise qu’on ait enlevé un petit bout pour ne pas aborder cette question dans un contexte laïque », a ajouté M. Choinière.

Mathieu Bock-Coté a également réagi à cette histoire :

« Entrevue absolument surréaliste à Paul Arcand ce matin. On le sait, un professeur de musique de Sorel a présenté à ses étudiants l’Hymne à l’amour d’Édith Piaf… en censurant le dernier passage, qui fait référence à Dieu réunissant les amoureux. Jusqu’ici, il s’agit d’une histoire banale, hélas, dans une société réapprenant peu à peu l’exercice de la censure au nom de la rectitude politique. Ne cherche-t-on pas à censurer aujourd’hui Dire Straits, Voltaire, Hergé, Mark Twain, et tant d’autres auteurs, morts ou vivants ?

Là où cela devient intéressant, c’est lorsque le secrétaire général de la commission scolaire de Tracy, Éric Choinière, se porte à la défense du professeur. En expliquant, comme un bureaucrate prisonnier d’un langage technocratique, que le professeur devait faire face à la « situation » — la présence qui manifestement, le troublait, du mot Dieu. Et en justifiant la censure. Une censure qu’il applique aussi aux cantiques du temps des fêtes, apparemment. Oui : la commission scolaire endosse la censure. Ce délire qui contribue à la javellisation totalitaire de la culture nous propose une transgression en direct des principes les plus fondamentaux de notre société. Et cette censure est d’autant plus terrifiante que le bureaucrate l’explique sans passion, comme une simple évidence administrative. On l’entend enfermé dans ses certitudes, incapable de comprendre les enjeux moraux, philosophiques, et même politiques, d’une telle pratique de la censure dans une école québécoise.

Et je me demande : il y en a combien d’histoires semblables dans les écoles québécoises ? Il y en a combien de petits censeurs qui balafrent les oeuvres qu’ils présentent par fanatisme idéologique ? Tout cela, c’est du gros délire. Et pire que tout, c’est un délire dont nous avons pris l’habitude. »

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