Point de vue : Multiplier les écoles indépendantes, une réponse crédible à la cacophonie ambiante

Force est de constater que les prises de position, les réactions aux événements, les points de vue qui touchent à l’éducation nationale sont toujours polémiques et passionnés, et si contradictoires qu’ils sont totalement inopérants dans les solutions proposées. L’impression générale est celle d’une vaste cacophonie de discours, de convictions, d’arguments, d’altercations plus ou moins vaines, la preuve même qu’il est impossible d’envisager des réformes d’ensemble applicables à l’énorme machine de nos institutions éducatives françaises. Pour Pierre Barthe, professeur agrégé, ancien attaché de coopération, bon connaisseur de nombreux systèmes étrangers, dont des établissements internationaux, multiplier les écoles indépendantes peut être une réponse crédible à la cacophonie ambiante.

Dans cette situation, la multiplication actuelle des écoles indépendantes apparaît comme une planche de salut. Loin des feux de la rampe et des effets de manche, leurs fondateurs agissent de manière concrète et pragmatique pour proposer aux enfants une instruction de qualité, en dépit du délitement général des institutions éducatives. Le développement tranquille mais résolu des écoles hors contrat suscite un espoir de plus en plus largement partagé. Bien sûr, ce renouveau suscite des levées de boucliers des partisans de l’étatisme éducatif : ces écoles seraient un défi à l’unité républicaine, un repère des communautarismes de tous bords. Personne n’évaluerait leur qualité ; leur personnel enseignant ne présenterait pas des garanties de qualification ; elles seraient élitistes car accessibles seulement à ceux qui peuvent payer les scolarités ; celles qui ne sont pas laïques signeraient un retour pur et simple à l’obscurantisme d’avant Jules Ferry… la liste serait longue des anathèmes lancés contre ce type d’établissements. Notamment parce qu’ils sont mal connus et que leur succès ne peut que déranger les partisans du statu quo éducatif en dépit de la profondeur de la crise éducative dans laquelle la France s’abîme.

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