e Jacques Brassard, chronique parue le 9 mars dans le Journal de Québec.
La Cour Suprême a donc tranché. Les parents québécois qui réclamaient pour leurs enfants « le droit à l’exemption » au Cours d’Éthique et de Culture Religieuse (ECR) ont vu leur requête déboutée par un tribunal dont la liste des décisions favorables au multiculturalisme s’allonge de façon alarmante.
Saluons malgré tout le courage de cette poignée de dissidents qui refusaient de voir leurs enfants assujettis à un cours que j’ai déjà qualifié de laboratoire de détraquement identitaire et de relativisme moral.
Cette défaite judiciaire est la preuve qu’au Québec il y a bien longtemps que les parents se sont fait dépouiller par l’État de leurs droits en matière d’éducation de leurs enfants.
Il convient de rappeler de nouveau les intentions des concepteurs de ce cours. Il faut, selon eux, favoriser le « vivre-ensemble », la tolérance et le respect du « pluralisme religieux ». Et comme ils s’appuient sur le multiculturalisme (enchâssé dans la constitution canadienne), cela signifie que les nouveaux venus qui s’établissent chez nous sont parfaitement légitimés de conserver leurs identités et leur valeurs. Mieux encore, ils peuvent non seulement les garder, mais aussi les promouvoir.
C’est donc sur une telle base que l’on entend inculquer à nos enfants le « vivre-ensemble », la tolérance et le relativisme moral. Toute résistance de la part des membres du « NOUS » (les « de-souche ») à ce remodelage idéologique est considérée par les concepteurs du programme comme de la « suffisance identitaire » qu’il est nécessaire d’ébranler et de rabattre.
En d’autres termes, pour vivre avec l’Autre, pour s’ouvrir à l’Autre, il faut mettre au placard notre identité nationale. Le reniement de soi devient une condition du « vivre-ensemble ». Quel hasardeux délabrement !






















