A Noisy (93), une structure d’accueil en soutien de l’école et une école hors contrat Montessori pour privilégier le développement de l’autonomie et de l’initiative chez les enfants

Difficile d’imaginer que ces petits bâtiments de béton rose, ceints de jardinets, à cinq minutes de la gare RER de Noisy-Champs, abritent des familles parmi les plus meurtries par la vie. Jusqu’à leur accueil dans la Cité de promotion familiale, fondée par ATD Quart Monde il y a quarante ans à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), la plupart de ces trente-cinq familles ont connu l’errance. Une chambre chez des parents, des amis ou à l’hôtel. Au pire la rue, et le danger d’éclatement qu’elle recèle.

« Certains parents se sont vu retirer leurs enfants, et les récupèrent ici, où ils réapprennent à vivre ensemble et à aller de l’avant, jusqu’à leur relogement », explique Sylvain Lestien. Cet éducateur spécialisé de 31 ans est ce que l’on appelle chez ATD Quart Monde un « volontaire » : engagé à plein-temps dans la lutte contre la précarité, il vit lui aussi avec sa femme et ses deux enfants, dans ce centre d’hébergement et de réinsertion sociale. « Ma cité rose », dit-il. Avec, pour mission, l’encadrement des plus jeunes, « parce que l’errance est aussi éducative, avec des enfants déscolarisés ou changés d’école au gré des placements, des déplacements ».

Rebecca, 26 ans, n’a pas été séparée de ses trois enfants – bientôt quatre -, mais a vécu « la vraie galère » jusqu’à son arrivée ici, il y a quinze mois. Une expulsion en 2009, puis un an à s’entasser dans une chambre d’hôtel. « Quand mon aînée, Nawel, est rentrée en maternelle, nous vivions encore dans une seule pièce. Elle restait repliée sur elle-même en classe. En déménageant ici, j’avais très peur que le changement d’école la perturbe encore plus, mais ça se passe bien mieux que prévu. »

Deux demi-journées par semaine, Nawel, 4 ans et demi, fréquente le « prépivot culturel », un accueil « en soutien de l’école » qu’ATD Quart Monde propose aux enfants âgés de 3 à 6 ans, en petits groupes, les mercredis et samedis. « C’est un peu comme au rugby ou au basket, explique Sylvain Lestien, le responsable, on reçoit et on encadre les enfants pour mieux les relancer. On reconstruit l’estime de soi, la confiance en l’école, pour que toute la famille y trouve sa place. »

L’équipe du « prépivot » a fait un pari : se convertir à la pédagogie Montessori, qui privilégie le développement de l’autonomie et de l’initiative chez les enfants. « Après les événements des banlieues en 2005, on s’est dit qu’on devait faire quelque chose, confie Patricia Spinelli, secrétaire générale de l’Association Montessori de France, à l’initiative du partenariat avec ATD Quart Monde. La France compte une cinquantaine d’écoles agréées Montessori, mais beaucoup sont privées hors contrat. Revenir en banlieue, c’était un peu comme un retour aux sources. » [...]

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Une réponse à A Noisy (93), une structure d’accueil en soutien de l’école et une école hors contrat Montessori pour privilégier le développement de l’autonomie et de l’initiative chez les enfants

  1. Linda dit :

    C’est une bonne chose de favoriser la pédagogie dans ce genre de situation…

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