Des bâtiments en brique derrière de hauts murs d’enceinte et une cour de gravier… Vu de l’extérieur, le centre Martin-Luther-King de Saint-Denis (93) a tout d’une école. Pourtant, ici, le mot « école » est proscrit. On n’y parle pas non plus de « cours » mais d’ »ateliers pédagogiques ». Les élèves sont appelés familièrement les « jeunes », et les surveillants sont des « éducateurs » aux allures d’agents de sécurité.
Inaugurée il y a deux ans, cette antenne de la fondation des Apprentis d’Auteuil accueille durant la semaine près de 44 garçons et filles entre 7 et 18 ans, qui ont été renvoyés de l’école. Placés par les services de l’Aide sociale à l’enfance, ces « jeunes à problèmes » sont suivis individuellement par des professeurs, chargés de les reconduire sur la voie de l’école « en douceur ».
Jardinage, cuisine et bricolage
« Notre but est d’abord de redonner confiance », résume Gérard Afanou, enseignant. Au programme : jardinage, cuisine, sport ou encore bricolage… Le tout suivant un emploi du temps personnalisé pour chaque enfant. « Pour ces jeunes, phobiques du cadre scolaire, il faut parfois passer par ces activités pour travailler les apprentissages indispensables, comme la lecture ou les mathématiques », commente André Altmeyer, directeur général d’Apprentis d’Auteuil. »Parfois, c’est sportif, s’amuse Claude Robo, directeur de l’établissement. Mais c’est aussi très gratifiant. Sans nous, ces jeunes seraient à la rue. »
Sur un petit lopin de terre, Tony, une tête blonde de 14 ans, s’adonne au jardinage. Renvoyé de l’internat de son collège l’an dernier, pour avoir fait « des bêtises », il se rend ici trois matinées par semaine depuis septembre. « J’aimerais venir plus souvent, glisse-t-il. Je suis bien ici, et j’ai fait des progrès. Je m’exprime mieux à l’oral. » Le reste du temps, il est à la charge de sa famille, avec qui « c’est compliqué », selon l’adolescent.
Fidèle des ateliers cuisine, auxquels il a pris goût en quelques semaines, il se met petit à petit à songer à son avenir : « Plus tard, j’aimerais être boulanger », annonce fièrement le garçon.






















