Pour vous, qu’est ce que la famille, est-elle constituée d’un homme et d’une femme ?
Une famille peut être constituée d’un homme et d’une femme, mais ce n’est pas toujours le cas. De nombreux parents aujourd’hui élèvent seuls leurs enfants, par choix ou par contrainte, et sont également des familles.
Le rôle d’un responsable politique n’est pas de promouvoir tel ou tel modèle. La famille se définit aujourd’hui avant tout par des liens d’amour, de transmission, de partage et d’entraide qui unissent des personnes. Ces valeurs sont universelles et ne dépendent pas de la composition de la famille ou du sexe des personnes.
Vous défendez la légalisation du mariage homosexuel. Comprenez-vous que certains y voient une grave transgression ?
Bien sûr que je peux le comprendre. Mais il ne faut pas tout mélanger : chaque religion est libre de poser ses propres règles relatives au mariage. L’État, lui aussi, est libre de poser les siennes, puisque la légalisation concerne le mariage civil. C’est un principe de justice que la République reconnaisse toutes les unions dès lors que celles-ci ne contreviennent pas aux valeurs que le mariage porte, parmi lesquelles l’amour, le respect, la fidélité et la solidarité.
Je rappelle également qu’il y a quelques décennies, les mariages unissant des conjoints d’origines différentes ou encore les remariages étaient perçus comme des transgressions. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Vous voulez inscrire la loi de 1905 dans la Constitution. Mais la notion de laïcité y figure déjà (article 1er : La France est une République laïque). N’est ce pas prendre le risque de déterrer la hache de guerre ?
La notion, en effet, y figure déjà, mais pour être garantie et respectée, il faut qu’elle soit définie. La loi de 1905, séparant les Églises de l’État, affirme que la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. C’est ce principe-là qui doit entrer dans notre loi fondamentale. Mais je ne crois pas que réaffirmer la laïcité consiste à« déterrer une hache de guerre ». Au contraire. La laïcité est un remède aux conflits ; elle est une nuance, elle est aussi un fonds commun, un art de vivre ensemble. Loin d’être la religion de ceux qui n’ont pas de religion, elle est le modus vivendi qui permet à tous ceux qui croient au Ciel, ceux qui n’y croient pas, ceux aussi qui y croient à leur façon, de former aussi harmonieusement que possible une société.
Pensez-vous que l’école privée sous contrat rende un service spécifique en matière d’éducation ?
Les établissements privés sont, comme le précise la loi Debré, associés à l’enseignement public par contrat. Ils scolarisent actuellement 17 % des effectifs totaux, soit 2 millions d’élèves. C’est une contribution non négligeable à l’œuvre nationale d’éducation que ces établissements conduisent. Il s’agit en effet d’un « service spécifique en matière d’éducation » qui doit néanmoins se référer aux règles générales fixées par la loi, règles que les établissements privés sous contrat se doivent de respecter et auxquelles je serai bien entendu très attentif : mise en œuvre des programmes et horaires officiels sans restriction d’aucune sorte, accueil de tous les enfants sans distinction d’origine ou de croyances, liberté de conscience des élèves accueillis.
Estimez-vous légitime l’existence des écoles hors contratqui rassemblent aujourd’hui près de 50 000 élèves en France ?
La liberté d’enseignement est un principe fondamental de notre droit. Il n’est donc pas question de nier la légitimité de l’existence d’écoles ou d’établissements privés hors contrat. Mais je rappelle que si ceux-ci choisissent de demeurer hors contrat, ils ne bénéficient alors d’aucune aide de l’État et sont seulement soumis, conformément aux lois, à un contrôle minimal par les autorités académiques : ordre public, bonnes mœurs, respect du droit à l’instruction des enfants. Là encore, je serai particulièrement attentif au respect de la loi.






















