Ecole hors contrat : « CE CHOIX NE S’EST PAS FAIT EN UN JOUR » – TÉMOIGNAGES DE PARENTS – LE MONDE (27/04/12)

A la suite de l’article précédent, Mattea Battiglia a réuni divers témoignages de parents ayant choisi d’inscrire leur enfant dans une école indépendante. (Le Monde, 27 avril 2012)

« Donner la parole aux parents d’élèves scolarisés dans des établissements privés « hors contrat », c’est s’entendre dire, à coup sûr, que ces écoles sont « la bonne solution ». Parfois, « la seule issue » ou « la dernière chance ».

« Ma fille avait des difficultés, elle était maladroite, un peu lente, témoigne Marie-Pascale Doutriaux, chercheuse au CNRS. Au collège, elle s’intégrait mal, était moquée par ses camarades, dans l’indifférence de beaucoup de ses professeurs. Quand le diagnostic de dyspraxie a été posé, elle avait 12 ans. Les choses ont bougé, mais pas suffisamment. »

C’est dans un établissement appliquant la pédagogie Steiner-Waldorfque la jeune fille a repris confiance. « Elle a pu vivre une scolarité normale. Elle était intégrée au groupe, respectée au même titre que les autres élèves. »

« Méthodes classiques »

Trajectoire un peu différente pour le dernier des trois enfants de Sabine Varnier, un petit garçon détecté comme « précoce » en CE2, à l’âge de 8 ans et demi – « après une multitude de mots, de rappels à l’ordre et de colles », raconte cette infirmière. « Nous nous sommes tournés vers une école qui sait accueillir et gérer ces enfants qui n’intéressent pas les pouvoirs publics car ils ne sont ‘que’ 3 % de la population. »

Maurice Balik a, lui aussi, renoncé au label « éducation nationale » pour scolariser ces enfants, aujourd’hui en CE1 et 4e dans une école catholique. « Le choix ne s’est pas fait en un jour. Nos enfants ont connu des enseignants formidables, mais aussi des professeurs sourds à nos remarques. Nous ne pouvions choisir ni les méthodes utilisées, ni même le niveau de discipline requis, explique-t-il. Nous avons opté pour une petite école hors contrat qui privilégie les méthodes classiques – chronologique en histoire, syllabique en lecture, récitation… -, avec un encadrement religieux solide. »

Ce sont également ces « méthodes classiques » que met en avant Joseph-Michel Leblanc de Molines, père d’un enfant scolarisé dans une école primaire hors contrat, et président de cette école. « Les petits effectifs, qui facilitent un suivi personnalisé des enfants, permettent d’en sauver beaucoup du naufrage scolaire, dit-il. L’école lance des campagnes de dons régulières, les parents font le ménage à tour de rôle et s’occupent des menus travaux. Une tarification basée sur le quotient familial va être mise en place. La scolarité mensuelle s’élève à 190 euros en moyenne. » Assez peu, au regard de la participation demandes aux familles dans certains établissements hors contrat, pouvant atteindre le millier d’euros par élève et par mois, hors internat. »

Témoignages recueillis par Mattea Battiglia, Le Monde, 7 avril 2012.

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