Les limites de l’évaluation des compétences à l’école

Le souci est la mise en œuvre et l’usine à gaz qui en résulte. «Quiconque se penche sur le livret de compétence s’aperçoit qu’on oublie vite les connaissances pour s’intéresser aux attitudes.» Les fameux savoir-être, désormais rejoints par les «savoir-devenir». «Est-ce que l’école a à se mêler de ce que l’élève a dans la tête?», interroge Jean-Rémi Girard. «Doit-on considérer que “s’intégrer et coopérer dans un projet collectif”, compétence 9 du pilier 7, est un bien en soi? La création artistique, par exemple, est solitaire. De même, “faire preuve d’initiative” est une compétence qu’on devrait pouvoir discuter. Il y a des cas où c’est contre-productif qu’un jeune qui ne maîtrise pas les choses et ne les connaît pas prenne des initiatives. Tout cela relève du formatage.»

«Le résultat dans mon collège, déplore Agnès Gentil, professeur d’histoire-géographie, c’est qu’on valide à peu près tout. Après, bien sûr, des heures de réunion pour savoir si telle compétence relève de tel professeur ou de tel autre.» Quant aux élèves et aux parents, ils se raccrochent aux notes encore existantes pour se situer.

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