Les évêques espagnols poursuivent leur bras de fer avec le gouvernement espagnol. Enjeu : la liberté de conscience. Les évêques de la région de la Galice (Saint-Jacques-de-Compostelle, Tui-Vigo, Oruense, Mondoñedo-Ferrol et Lugo) ont publié une Note en vue de la prochaine année scolaire au sujet de la matière “Education pour la citoyenneté” (EpC).

D’après l’agence Fides, les évêques rappellent qu’il « existe certains droits et devoirs, inhérents à la nature de l’être humain et rendant possible la cohabitation en paix et en liberté dans notre société, qui se reflètent dans le texte de notre Constitution et qui doivent être respectés ». Parmi ceux-ci il y a le « droit des parents à choisir le type de formation morale et religieuse pour leurs enfants ». C’est pourquoi « l’État ne peut imposer légitimement une formation morale de la conscience des élèves en marge du libre choix des parents, comme on prétend le faire à travers la matière d’Education pour la citoyenneté et à travers les décrets qui la développent ». En outre « on ne peut arriver à la compréhension et l’adhésion des élèves aux valeurs fondamentales par une imposition légale de la part du pouvoir politique ».

Or les prélats estiment que les contenus « imposent, à travers les instances politiques, une conception de l’homme qui contredit l’idée de fond des écoles catholiques ». Dans ces conditions, ils demandent que l’introduction des programmes « éducation et liberté » soit arrêtée, pour mieux respecter les droits de tous les parents. Ils souhaitent qu’ils soient adaptés « aux contenus, aux objectifs et aux critères d’évaluation qui sont au contraire à la base des centres éducatifs ».

Aux parents, les évêques rappellent qu’ils « peuvent s’opposer, par des moyens légitimes comme l’objection de conscience, à l’enseignement de la matière à leurs enfants ». Selon la plate-forme des Professionnels pour l’éthique, « les objections de conscience à la matière EpC imposée par le gouvernement ont dépassé le 4 juin chiffre de 35.000 dans toute l’Espagne ».

Cette mobilisation courageuse rappelle le combat en France pour la liberté scolaire dans les années 1980. Celui-ci portait sur le maintien d’un système éducatif catholique et sur son financement. Les Espagnols se battent eux sur le contenu même des programmes et sur le respect de la liberté de conscience.