Claudia Renau pas l'expression "école à la maison" et parle de non-sco(larisation) ou utilise "Apprentissage auto-géré et instruction à la maison".
Ce choix longuement argumenté ici et s'appuie sur la volonté d'aller au bout de l'idée de construction des savoirs par l'enfant :
"Il n'y a pas de temps ni de lieu particulier pour apprendre ( au point d'attendre que l'enfant le demande pour passer à la "découverte" des lettres) puisque nous souhaitons suivre les demandes de nos enfants. Même IEF (instruction en famille) ne nous convient pas entièrement : "instruction" définit une catégorie d'apprentissages (en général abstraits, formels, promus par une intention parentale ou sociale) au détriment des innombrables autres informations et qualités que les enfants absorbent en vivant : est-ce qu'être capable d'empathie relève de l'instruction ? Et puis cette absorption ne se limite pas à la famille."
Elle répond à ceux qui craignent l'absence de socialisation que :
"l'école est peu efficace pour la transmission des savoirs car les enfants acquièrent spontanément l'essentiel en vivant. Pour les savoirs académiques, l'école ne fait que confirmer ce que certains enfants ont appris grâce à leur culture familiale (Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron l'ont décrit en 1964 dans "Les héritiers" et en 1970 dans "La reproduction"). L'école réussit très bien en revanche pour la transmission des valeurs implicites de la société comme la nécessaire hiérarchie, l’acceptation des jugements du chef, les relations basées sur les rapports de force, le fait de devoir supporter une situation désagréable qu'on n'a pas choisie, les phénomènes de groupe (moquerie, rejet), le recours à un spécialiste plutôt que la confiance faite à soi-même. Voilà ce que je nomme socialisation. .
Le développement de la sociabilité passe par des rencontres en familles non-scolarisantes autour d'activités (anglais, chanson, découverte scientifique etc ...) et de sorties ( Palais de la découverte, Louvre, arts martiaux chinois, forêt )



Ses origines étrangères ont eu une influence sur son choix :

"Les mères allemandes sont réticentes à travailler lorsqu'elles ont de jeunes enfants. En France le féminisme à la française fait croire aux femmes que leur liberté passe par l’imitation du carriérisme des hommes. Je pense que c'est au détriment de leur connexion à elles-mêmes et à leurs enfants mais ce point de vue n'est guère audible ... Je ne suis pas hostile au travail des femmes, je travaille moi aussi, mais il y a un temps pour tout. D'autre part, ma grande famille catalane a aussi été un creuset de plaisir de vie familiale."

Source : Site de Claudia Renau Ancienne professeur d'histoire géographie et formatrice à l'IUFM (voir ses conseils à un jeune professeur),