Petit vocabulaire de la déroute scolaire
Guy MOREL, Daniel TUAL-LOIZEAU
Éd. Ramsay, 09/2000, 254 p.

Guy MOREL : 54 ans, professeur de Lettres modernes depuis 1970.
Daniel TUAL-LOIZEAU : 40 ans, professeur de Lettres modernes depuis 1987.
Résumé :
Vous êtes professeur. Vous devez renoncer à noter pour évaluer. Ne soyez plus un maître mais un médiateur. Voyez dans vos élèves des apprenants, ne leur dispensez plus un cours, mettez-les en autodidaxie.
Vous êtes élève. Laissez tomber les connaissances au profit des compétences.
Vous êtes parent, vous vous sentez exclu, illettré, incapable d'expliquer à votre enfant cette nouvelle langue. Pédagogie de contrat ou du détour, transversalité, enseignement modulaire, référentiels, groupe de besoins, tutorat : voilà un lexique qui ne vous fait pas rire !
Ce nouveau jargon, obligeant profs et élèves à un bricolage permanent, a bouleversé tous les repères et les pratiques pédagogiques. Pire, il semble qu'il a suscité, au lieu de la démocratisation souhaitée, une régression éducative généralisée.
Et si ces excès conceptuels avaient pour seul enjeu le contrôle des conduites enseignantes et du système scolaire dans son entier ? Et pour premier résultat la déroute actuelle de l'instruction publique ?
Il ne s'agit pas ici seulement d'un exercice de style drôle et talentueux. Un univers absurde, que l'on croirait emprunté à Kafka, se dessine : voici l'école telle que nous l'ont réinventée les réformateurs impénitents et les experts à leur service. La leçon se dégage presque toute seule, évidente, criante, à entendre absolument.

Commentaire (B.A., 02/2001) :
Livre à l'humour décapant. Et en plus, on peut s'en servir pour rédiger les projets d'école ou d'établissement réclamés par l'administration. Paperasserie absolument inutile sur le plan de l'efficacité dans le travail, mais qui doit être écrite dans le jargon idoine pour être agréée par la hiérarchie...