Le privé reste attractif. Selon les premiers chiffres d'inscriptions publiés hier, l'enseignement privé catholique a accueilli en cette rentrée 2.013.051 élèves, soit 4.242 de plus qu'il y a un an. Certes, la hausse est mesurée (+ 0,2 %), mais elle survient après une année de baisse (5.200 élèves de moins en septembre 2008).

« C'est une rentrée positive, très encourageante, au regard du contexte dans laquelle elle s'effectue », a commenté Eric de Labarre, secrétaire général de l'enseignement catholique, en faisant référence entre autres aux 1.100 sup- pressions de postes auxquels doit faire face cette année le privé. Signe de cette bonne tenue, de 30.000 à 40.000 familles n'ont pas pu inscrire leur enfant dans l'établissement de leur choix faute de place.

L'impact de la crise économique, qui aurait pu les conduire à se tourner vers l'enseignement public, semble donc limité. « Les contributions demandées aux familles restent raisonnables », explique Eric de Labarre. Les montants de scolarité - 350 euros par an en moyenne dans le primaire, 450 euros au collège et 650 euros dans le privé -, n'ont pas connu de hausse importante, selon la direction de l'enseignement catholique. Coût de la restauration scolaire

L'assouplissement de la carte scolaire, mis en place à la rentrée 2008, n'a pas eu non plus les conséquences redoutées. « Il n'a pas eu d'effet sur les effectifs, assure Eric de Labarre. Nombre de familles ont cru pouvoir inscrire leur enfant dans le lycée public de leur choix, sans tenir compte du fait que cet établissement allait être très demandé et que les places seraient peu nombreuses. »

Reste que, dans le détail, les résultats sont plus nuancés. Tandis que dans les académies de Paris, de Nantes et de Toulouse les effectifs augmentent sensiblement, dans celles de Nancy-Metz (635 élèves en moins), Caen (- 640) ou Clermont-Ferrand (- 740) le recul se poursuit. Autre disparité observée : le niveau d'enseignement. Si le second degré gagne des effectifs (+ 0,6 %), le premier degré en perd encore (- 0,3 %). « C'est un point délicat sur lequel nous devons travailler », relève Eric de Labarre.

Alors que la majorité des 5.000 écoles privées sont situées en centre-ville, l'enseignement catholique pâtit de la fuite des familles en banlieue, à la recherche de logements moins coûteux. Le coût de la restauration scolaire aurait aussi un impact.« Dans le primaire, contrairement au second degré, il n'y a pas beaucoup d'alternatives à la cantine, explique Eric de Labarre.Or le montant de celle-ci peut facilement représenter 100 euros par mois. Cela peut dissuader les familles. »

Source : Les Echos