Au bout d'un long processus de laïcisation, c'est la Cour supérieure du
Québec qui ramène «la suprématie de Dieu» dans le domaine de
l'éducation.
Le système scolaire n'est plus confessionnel depuis
l'amendement constitutionnel de 1998 par lequel les catholiques et les
protestants ont renoncé à leurs droits pour faire de l'école un lieu où
l'appartenance religieuse n'avait plus d'importance. En dépit de cette
évolution, le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a
instauré un programme obligatoire, Éthique et culture religieuse (ECR),
qui s'échelonne sur dix années du primaire et du secondaire. Ses
initiateurs voulaient que ce programme enseigne la «culture religieuse»
pour développer «les aptitudes nécessaires au "vivre-ensemble", dans le
contexte d'une société diversifiée» (Bouchard-Taylor, p.141).
"Les parents choisissent en fait une école privée dans une
démarche identitaire, communautariste : autrefois les
aristocrates du coin et ceux qui refusaient l’école de la République car ils
étaient anti républicains, s’y retrouvaient, c’était précisément l’époque
de l’excellence des résultats à l’école publique, avec le fameux
certificat d’études. Aujourd’hui le repli communautaire est plus lié à
une religion"
Commentaire de C. Barratier suite à son article sur Agoravox
où M. Barratier cherche peut être une tribune plus large que sur Médiapart ?
On peut tout de même reconnaître que M. Barratier reste très modéré, s'il
donne les prémisses de son raisonnement, il n'ose pas conclure.
Alors concluons : si les familles du privé sont omibulées par
une démarche identitaire, si ces familles sont omnibulées par un repli
communautaire et que cette identité et ce communautarisme sont de nature
religieuse, il faut avoir le courage des conclusions M. Barratier. Il faut
le dire, ces familles sont des intégristes !
Grâce à M. Barratier, nous découvrons que 17 % des familles françaises
scolarisant des enfants sont des intégristes.
Mais alors que dire des sondages de janvier qui révélèrent qu'un enfant sur
deux est passé par une école privée ? 50% de la population scolaire appartient à un courant religieux intégriste ?
Quant au reste de l'article, le discours habituel plaide contre les
subventions de l'état à l'école privée.
Là aussi, M.Barratier joue sur les mots. Il parle de l'école privée puis
la nomme "école confessionnelle". Nous nous permettons de lui rappeler
que ces écoles sont d'abord tout simplement sous contrat avec l'état et que volontairement elle ne se dédignent pas "Etablissements d'enseignement catholique" mais "Etablissements catholique d'enseignement".
Enfin, il faut rappeller à M. Barratier que les parents du privé qui paient des impots pour honorer une obligation légale de scolarisation de leurs enfants sont en droit de voir les écoles de leur choix fiancées par leurs impots.
Ce que en manquent pas de lui préciser certanis commentateurs :
"L’article oublie volontairement une réalité bien plus scandaleuse... Les
parents qui mettent leur enfants dans l’enseignement confessionnel
paient à la fois directement pour leurs enfants et aussi pour ceux du
public via leurs impôts. La seule solution est le chèque scolaire... Ainsi
chacun choisit et finance l’enseignement de son choix."
"L’école privée sous contract remplis une mission publique : comme
l’URSSAF qui nous impose son racket social. Je veux bien qu’on
attribue à l’école publique que des fonds public et à l’école privée que
des fonds privés. Mais à ce moment là j’exige qu’on ne me prélève plus
un centime pour financer un public qui s’effondre sous une double
poussée : le dogmatisme de la pression égalitariste gauchiste des
gourous de l’éducation nationale (les Bourdieu-Mérieu etc..) et
l’aveuglement politiquement correct qui impose dans des classes des
enfants d’immigrés qui ne parlent pas le français et qui détruisent les
capacités d’apprendre des autochtones. Sachant que les élites
égalitaristes mettent leurs enfants dans le privé .... ce qui en dit
long sur leur mentalité."
Dans la famille des pièces rapportées du laïcisme passéiste, je demande le
dernier rejeton, Eddy Khaldi qui annone les leçons du petit maître.
Ce brave homme qui se présente comme un "spécialiste et un militant
de la laïcité" (mais pas de l'école semble t il ?) voit des fantômes
partout et donne des coups d'épée dans les feux follets ! Ayant sûrement
trouvé une niche dans le créneau de l'incantation du complot clérical, Eddy
Khaldi a du mal à se renouveler. Pigiste de Bakchich info (c'est dire le
niveau..), M. Khaldi a du faire ses classes dans une petite école rurale coupée
du reste du pays depuis 1958, par un vieil instituteur qui croyait que Marx et Lénine
étaient encore de ce monde et dont les tableaux honoraient la salle de cours.
Enfin, quoiqu'il en soit d'un passé que l'on peut imagner, Khaldi donne dans la mite et l'amidon et en vient à publier les oeuvres
de ses défunts mentors en la personne de Marceau Pivert (1895-1958), instituteur, libre-penseur (mais contre la liberté de pensée des autres) et militant au Syndicat National des
Instituteurs (SNI). (Il dirige à partir de 1927 le courant marxiste du
socialisme français au sein de la SFIO puis fonde le Parti socialiste ouvrier
et paysan) dans un livre paru ce mois :
NB : Pivert est mort en 58, un an avant les accords Debré. Etonnant, Non ?
Le 19 juin 1960, un rassemblement de plus de 350 000 personnes à l’initiative du CNAL (Comité national d’action laïque) eut lieu à Vincennes. Furent réunies les 10 813 697 signatures de la pétition demandant l’abrogation de la loi Debré du 31 décembre 1959. Un serment solennel fut prononcé qui engageait à «obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’école de la Nation ».
Un système de contrats (simple ou d’association) entre l’État et les écoles privées le souhaitant était instauré : une aide est accordée par l’Etat pour la rémunération des maîtres agréés ou les dépenses de fonctionnement, les programmes devant en contrepartie être les mêmes que ceux de l’enseignement public. L’article premier de la loi garantissait aux établissements le respect de leur « caractère propre ». Deux autres solutions, symétriques, pouvaient cependant exister : l’intégration et l’indépendance totale.
La loi Debré fait en réalité fonction de Concordat déguisé, servant de revanche inespérée pour l’Église sur la loi de séparation de 1905, puisque 85% des établissements privés optèrent pour un contrat. La France laïque représente 27 % des élèves et 29% des établissements de l’enseignement catholique des 27 pays composant le Comité européen de l’enseignement catholique : un véritable effet d’aubaine !
50 ans après, le serment de Vincennes reste d’actualité. Le slogan « Fonds publics pour l’Ecole publique » est régulièrement battu en brèche. Chaque année, 9 milliards d’euro financent des établissements privés aux visées idéologiques et/ou mercantiles. Il est vrai que les aides au privé se sont multipliées : loi Guermeur de 1977, accord Lang-Cloupet de 1992 pour les carrières des enseignants du privé, tentative de François Bayrou en 1993 de modifier la loi Falloux pour permettre un plus large financement des établissements privés, loi Carle rendant obligatoire à l’automne 2009 le financement par les communes de résidence, sans accord préalable, des frais de scolarité d’un élève inscrit dans une école primaire privée hors de la dite commune. Sans parler des discours du président de la République tendant à la reconfessionnalisation de la sphère publique.
Des élèves du lycée privé Averroes, à Lille.Crédits photo : AFP
Une enseignante agacée par une consigne qui rappelle que des
candidates voilées ont le droit de passer l'examen.
Coup de colère d'une professeure de lettres dans un établissement
public. Elle s'apprêtait comme chaque année à faire passer les épreuves
de français du bac dans un lycée de l'Oise.
En milieu de
semaine, elle assiste à une réunion technique préalable aux examens du
baccalauréat. Comme elle, les examinateurs sont convoqués pour connaître
les modalités, s'accorder sur des barèmes de notation. Du classique.
Mais, lors de cette rencontre, le représentant de l'académie d'Amiens
croit bon cette année de préciser le comportement à adopter si une
candidate arrive voilée. «Elle sera acceptée, dit-il, mais devra
soulever son voile pour que vous puissiez vérifier son identité.
Ensuite, elle sera autorisée à remettre son voile pour toute la durée de
l'examen.»
De quoi agacer l'enseignante qui estime que «cette
directive de l'académie d'Amiens va à l'encontre de l'oral de français
pour lequel l'expression et l'engagement physique du candidat sont très
importants». Si le cas se présentait, l'enseignante l'assure, elle
refuserait d'entendre le candidat : «On ne peut pas refuser le voile
dans le cadre de l'enseignement tout au long de l'année scolaire et
l'autoriser lors du passage du baccalauréat. Pour moi, c'est hypocrite»,
s'insurge-t-elle.
Pourtant, si la loi interdit bel et bien le
voile dans les établissements scolaires, c'est uniquement durant le
temps scolaire, dans le cadre strict de l'école. Pas durant les examens.
Un porte-parole de l'académie d'Amiens justifie les conseils donnés
aux correcteurs. «Nous adoptons les consignes aux populations qui sont
susceptibles de se présenter. Par ailleurs, il faut faire la différence,
souligne-t-elle, entre une candidate libre et une candidate scolarisée
de façon classique durant l'année. Ces dernières connaissent les règles
et ne décident pas de revêtir leur voile le jour de l'examen. En
revanche, le cas peut se produire avec une jeune fille suivant les cours
à distance du Cned.» Même son de cloche dans les Vosges où quelques cas
ont été recensés sans qu'ils ne posent problème. Comme ailleurs dans
l'Hexagone, les candidates qui se sont présentées voilées aux épreuves
du baccalauréat suivaient généralement leur scolarité par
correspondance.
Une façon pour elles d'étudier tout en restant
chez elles et de ne pas avoir à retirer leur voile comme elles y
seraient contraintes durant des cours dispensés dans les établissements
scolaires.
Au ministère de l'Éducation nationale, on affirme
d'ailleurs ne pas avoir connaissance de l'ampleur du phénomène et de
conflits qui seraient nés à ce sujet. «Nous ne comptabilisons pas les
cas qui, de toute façon, sont rares et conformes à la loi.»
Le
syndicat Sundep soupçonne l'église de vouloir redonner une
orientation catholique aux écoles catholiques.Sundep n'est pas un syndicat de l'école publique. Il
s'agit du Syndicat Unitaire (?) National Democratique (Liberticide ?)
Des
personnels de l'Enseignement et de la formation Privés. Devant le
ridicule du
propos et l'agitation des épouvantails et l'agitation des vieilles
lunes,
Veille-Education propose à ce syndicat d'un ancien temps des
illustrations d'un
ancien temps.
Pourquoi ne reproduisez vous que les réactions de deux lecteurs, affiliés à l'école intégriste saint projet, et non pas celles des 35 autres commentateurs ?
Faites comme moi, qui ne filtre pas mon blog, laissez place au débat sur le vôtre et pas seulement à ceux qui sont de votre avis !
2. Le Mercredi, 16 juin 2010, 01:02 par veille-education
Madame Le Député,
Premièrement, il n'y avait pas 35 commentaires à l'heure de la rédaction de ce billet qui est programmé depuis plusieurs jours.
Deuxièmement, l'école saint projet n'est pas le sujet mais la fondation saint Matthieu. Mais nous voulons bien croire que pour vous, l'ESP constitue le vrai motif de votre déclaration outrancière et extrapolée car 1 - vous ne cherchez qu'à prendre position contre M. Juppé dans ce communiqué 2 - vous réglez là un contentieux avec la famille Rivière qui n'a rien à voir avec la thématique scolaire (nous n'entrons pas pour ne pas vous suivre dans les confusions entre la sphère politique et la sphère privée)
Troisièmement - la plupart des autres commentaires présents sur votre blog à la date de rédaction ne concernent pas votre communiqué mais des positions de principes qui n'ont aucun intérêt quant à la question de la légalité du statut des fondations évoquées.
Quatrièmement - Le sondage que vous dénoncez n'est pas un sondage Figaro mais IFOP, ce qui n'a rien à voir.
Cinquièmement - Quand on commande un sondage IFOP, les questions qui seront posées sont étudiées puis censurées par le bureau d'étude si elles ne sont pas recevables. Donc ce sondage IFOP est aussi impartial et honnête que ceux que commande le parti socialiste auquel vous adhérez.
Sixièmement - Il semble que vous soyez meilleure en médecine qu'en fiscalité car il y a une radicale différence entre réduction d'impôt et subvention dans le droit français que vous semblez méconnaître.
Septièmement - Vous devez désormais demander la suppression du statut de fondation à la Fondation du secours catholique, la fondation de l'abbé Pierre, la fondation ATD Quart Monde, la fondation d'Auteuil, la fondation des bernardins, la fondation catholique anglaise, la fondation catholique écossaise, la fondation de la salle, les fondations Don Bosco, la fondation du diocèse de Nanterre, la fondation du judaïsme français, la fondation du protestantisme, la fondation ECAm (Ecole Catholique Arts et Métiers) , la fondation Enfance missionnaire, la fondation des filles du saint cœur de Marie, la fondation Raoul Follereau, la fondation Foyer de Charité, la fondation sainte Constance, la fondation... nous nous arrêtons à la lettre F mais nous vous laissons le soin de compléter la liste
Alors de deux choses l'une, SOIT vous vous faites réélire durant une quinzaine de mandats pour lutter contre toutes ces fondations, SOIT vous reconnaissez que les oeuvres catholiques sont ouvertes à tous et participent à l'intérêt général tout entier comme du reste le prouve toute l'histoire sociale en france. Ce qui relève du bon sens ou de la culture générale...
Le Conseil d'État (décision
du 2 juin 2010) a rejeté les requêtes en annulation de la
circulaire relative au financement par les communes des écoles privées
sous contrat (ToutEduc). Cette circulaire d'application de
"l'article 89" de la loi de 2004 (dit "amendement Charasse", avant
l'adoption de la "loi Carle"), en établissant "que la commune de
résidence, lorsqu'elle se prononce sur le montant de sa participation
aux dépenses de fonctionnement liées à une scolarisation en dehors de la
commune, ne peut traiter différemment le cas des élèves scolarisés dans
un établissement privé de celui des élèves scolarisés dans une école
publique d'une autre commune", a donné à cet article 89 "sa portée
exacte". De plus, la commune de résidence peut verser sa contribution
directement à l'établissement privé, en l'absence d'accord sur les
modalités de coopération entre les communes intéressées.
Etonnant de voir les partisants du système scolaire laic unifié et liberticide crier d'un côté le slogan " à école privée, fonds privés" ( niant de ce fait que les parents du privée payent des impots qui doivent donc leurs revenir) et de l'autre de vouloi bloquer l'accès des sources privées de finacement de l'enseingnement libre.
Celle ci aura du moins un mérite. M. Delaunnay s'est violement attaquée à l'école hors contrat. Elle attaque désormais le très institutionnel enseignement catholique. Peut être poussera t elle les hautes autorités de ce dernier à comprendre qu'elles ne sont pas à l'abri et que plutôt que de hurler avec les loups contre le hors contrat , elles feraient mieux de défendre toute forme de liberté scolaire.
Michèle Delaunay a adressé hier, 10 juin 2010, une nouvelle question
écrite au Gouvernement
sur le financement des écoles privées, qui concerne la reconnaissance
d’utilité publique de la Fondation
Saint Matthieu le 16 février 2010, par décret du Ministère de
l’Intérieur.
Le député de la Gironde pose une question différente : la Fondation
Saint Matthieu a explicitement pour objet le financement
d’établissements catholiques, alors que la Fondation
pour l’École a pour cible l’enseignement privé hors contrat.
Dans les deux cas, cependant, le problème posé est celui du large
financement par l’État de l’enseignement privé grâce à des cadeaux
fiscaux, financements venant en contravention avec la loi, explique
Michèle Delaunay.
Madame Michèle Delaunay interroge avec gravité Monsieur le Ministre
de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités Territoriales sur
les justifications de la reconnaissance d’utilité publique de la Fondation
Saint Matthieu qui collecte des dons pour l’immobilier de
l’enseignement catholique ; cette reconnaissance d’utilité publique a
été obtenue par décret issu de son Ministère en date du 16 février
dernier.
L’État permet ainsi la défiscalisation, à hauteur de 75 %, pour les
assujettis à l’Isf,
des dons à cette fondation, jusqu’à un plafond de 50 000 euros par an.
Cette défiscalisation au titre de l’Isf vient s’ajouter à la défiscalisation, à
hauteur de 60 % pour les particuliers et 66 % pour les entreprises,
accordée à tous les donateurs à un établissement bénéficiant de la même
reconnaissance.
Le Code de l’Éducation, dans son article L151-3, codifie l’article 2
de la loi no 1886-10-30 du 30 octobre 1886 portant sur l’organisation de
l’enseignement primaire et l’article 17 de la loi du 15 mars 1850 sur
l’enseignement dite Loi Falloux : Les établissements
d’enseignement du premier et du second degré peuvent être publics ou
privés. Les établissements publics sont fondés et entretenus par l’État,
les régions, les départements ou les communes. Les établissements
privés sont fondés et entretenus par des particuliers ou des
associations.
Le Conseil d’État
a originellement inféré de l’article 2 de la loi du 30 octobre 1886 sur
l’organisation de l’enseignement primaire - dite loi Goblet - une
proscription générale de toute aide publique provenant de l’État ou des
collectivités locales en faveur des écoles privées. Pour le second
degré, l’article 17 de la loi dite Falloux du 15 mars 1850 conduit à la
même interdiction. L’article 69 de cette même loi Falloux permet
néanmoins, dans des limites bien définies, de déroger à ce principe
d’interdiction, que le Code de l’Éducation précise dans son article L.
151-4 : Les établissements d’enseignement général du second degré
privés peuvent obtenir des communes, des départements, des réglons ou de
l’État des locaux et une subvention, sans que cette subvention puisse
excéder le dixième des dépenses annuelles de l’établissement. Les
montants correspondant à la défiscalisation par l’État dérogent donc à
l’interdiction totale de financement pour le premier degré et vont bien
au-delà du seuil de 10 % pour le second degré.
D’autre part, les montants ainsi accordés ne le sont plus à des
établissements, qui seuls sont des entités juridiques au regard de la
loi, mais à un réseau privé catholique. Cette fondation, comme la Fondation
pour l’École, bénéficie par ce biais de financements a priori,
et non plus a posteriori. Or, la puissance publique n’a
d’obligations que pour les établissements publics financés s’ils
s’inscrivent dans le partage de compétences et l’intérêt général des
besoins scolaires reconnus. Les collectivités publiques ne peuvent, en
fournissant les crédits d’investissements, organiser la concurrence avec
le service public dont elles ont la charge. Sept à huit années
s’écoulent entre le besoin scolaire et l’ouverture d’un collège ou lycée
public et seulement une année pour le privé comme ce fut le cas dans le
cadre du Plan Espoir banlieues à Sartrouville.
Par ailleurs, cette reconnaissance vient en totale contradiction de
la laïcité telle que définie par la loi de 1905, qui respecte tous les
cultes, mais n’en favorise aucun. La Fondation
Saint Matthieu se donne, en effet, la mission de collecter des dons
pour l’immobilier de l’enseignement catholique, est donc explicitement
cultuelle et la seule composition de son Conseil d’Administration montre
le rôle prééminent des représentants de l’Église : Président de
l’Assemblée Générale des Directeurs Diocésains, Archevêque de Paris,
Président de la Conférence des Évêques de France, Évêque de Versailles,
référent pour l’Enseignement Catholique en France…
Il est également à noter la présence au sein de ce Conseil de Claude
Bébéar, Président d’Honneur d’Axa, cité comme proche
de l’Opus Dei et des Légionnaires du Christ (voir notamment
l’article du Monde diplomatique en septembre 1995).
Madame Michèle Delaunay demande à Monsieur le Ministre de mettre
rapidement fin à cette reconnaissance d’utilité publique.
Dialoguer plutôt que s'affronter :
c'est par une politique de la main tendue que le Secrétariat Général de
l'Enseignement Catholique (SeGEC) répond à la proposition du monde
laïque de regrouper tout l'enseignement dans un réseau unique.
C'est
en effet la position que le Centre d'Études et de Défense de l'École
Publique (CEDEP) vient de remettre sur la table. Face à ce qu'il
considère comme un « réarmement » du monde laïque avec des relents de
guerre scolaire, Étienne Michel, directeur du SeGEC ne veut donc pas
partir au combat. Au contraire, il prône le dialogue entre les
interlocuteurs, pour le bien de tous. Il constate que l'option du réseau
unique d'enseignement ne fait pas l'unanimité. Ce qui est par contre
souhaitable, c'est qu'on améliore le système éducatif en travaillant de
concert avec les réseaux.
Constatant que les réseaux ont des
positions convergentes, l'enseignement catholique invite les
organisations laïques à dialoguer à partir de ces convergences et non à
partir de l'a priori du conflit... Et le coût du réseau unique serait
énorme, fait remarquer Étienne Michel. Pour aligner tout l'enseignement
sur les normes de la Communauté française, il faudrait débourser plus de
500 millions d'euros.
"Le SNPDEN-Unsa, premier syndicat de chefs d'établissement de
l'enseignement public, "s'étonne très vivement" de cette position. Il a
demandé dans un communiqué que "les principes de laïcité et de
neutralité" s'appliquent pendant les examens "quel que soit le statut de
l'établissement".
Le président de l'Unsa-Education, Patrick
Gonthier, dans une lettre au ministre de l'Education, réclame "que dans
les salles d'examen de ces établissements, les signes religieux soient
retirés afin que soient garanties la neutralité et l'égalité attendues
d'un centre d'examen".
Le débat sur le niqab a fini par déraper sur les crucifix. A l’approche
du bac, une polémique est en train de naître autour des établissements
catholiques qui accueillent des épreuves avec des croix au mur. Pour le
camp laïc, c’est la preuve du deux poids deux mesures de l’Etat.
"La Fédération des Etudiants de l’Enseignement Libre (F.E.E.L), déplore les
relents laïcards d’une vision étriquée de l'éducation qui anime la
volonté de retrait des crucifix dans les centres d'examens au
Baccalauréat des établissements privés. La F.E.E.L, premier
mouvement représentant les étudiants et lycéens des établissements
privés, rappelle que les établissements privés acceptent la mission de
service public qui leur est confiée, dans la logique du contrat
d'association, en acceptant de participer à l'organisation des épreuves
du Bac. Ces établissements privés portent une histoire et un projet
éducatif spécifique où la spiritualité et la religion tiennent une place
importante, sans qu'elles ne soient pour autant imposées tant aux
élèves qu'à la communauté pédagogique. La F.E.E.L défend le
respect de ces caractéristiques, dans le cadre d'une vision ouverte et
apaisée de la laïcité, et demande que la présence discrète des crucifix
soit maintenue dans les centres d'examen des établissements privés."
Suite à la volonté de certains laïcistes de vouloir faire retirer les crucifix dans les écoles privées catholique qui serviront de centres d'examens pour le bac, volonté soutenue par le ministre de l'éducation, Luc Chatel, Jean-François Canteneur, Adjoint au directeur diocésain de l'Enseignement catholique de Paris, communique :
"Accueillir un examen national dans les locaux d’établissements privés sous contrat constitue-t-il une atteinte à la liberté de conscience des candidats ? Les établissements catholiques n’ont pas d’aspiration particulière à organiser les épreuves du bac. Ils assurent loyalement la part de service public qui leur est confiée, dans la logique du contrat d’association, même si cela en dépasse les termes et s’il leur en coûte.
Comme chaque année, les lycées catholiques de Paris qui ont été requis pour le bac 2010 réserveront le meilleur accueil aux candidats, surveillants et examinateurs, dans le respect de leurs opinions et de leur liberté de conscience. Ce faisant, ils resteront des établissements scolaires catholiques, avec une histoire, une communauté éducative, un projet. Le nom de ces établissements ou un signe discret dans les salles le rappelle parfois, sans ostentation ; leur dénier ce caractère n’y changerait rien. Qui serait-il trompé au petit jeu du déguisement ?
La crispation de quelques-uns autour des signes religieux devrait interpeller les éducateurs (...) Vise-t-on ce que nous sommes en voulant en faire disparaître les signes qui n’ont rien d’attentatoire ?
La laïcité garantit au contraire neutralité de l’État, liberté de conscience et pluralisme. Au fondement de l’éducation, il y a l’apprentissage qui permet de se reconnaître différents et de se respecter, dans la réciprocité."
La réponse de Luc Chatel, ministre de l'éducation national à la plainte du Député laiciste Bataille est sans appel :
"En vertu des contrats qui sont passés avec
l'état, ces mêmes établissements doivent participer à l'organisation des
épreuves nationales du baccalauréat. Je rappelle qu'il y a 600 000 élèves qui
vont passer le baccalauréat cette année, et c'est une prouesse que d'organiser
dans des délais extrêmement restreints l'organisation de cet examen. Donc
l'organisation de l'examen du Baccalauréat est un des aspects du service public
de l'Education, et il est évidement à ce titre soumis, M. Bataille, au principe
de laïcité et c'est la raison pour laquelle il est demandé aux recteurs de
veiller à la mise en oeuvre de cette neutralité dans le cas des épreuves
écrites comme orales. Et bien elles doivent se dérouler dans des salles où
aucun signe extérieur ostentatoire religieux ne doit être mis en avant. mais
encore une fois, M. Bataille, le service public de l'éducation, regroupe les
établissements publics et les établissements privés sous contrat et leurs
enseignants"
NDLR : Les chefs d'établissements du privé sont chefs de centre d'examen depuis toujours. Les docments d'organisation du bac (Bac info émanant du SIEC) précisent que la loi sur les symboles religieux à l'école ne s'applique pas aux centre d'examen...il faut se renseigner monsieur le Député. Enfin, il est impossible à l'etat d'organiser le Bac sans les établissements privés qui scolarisent 17% des élèves et qui ont un taux d'absenteisme des correcteurs inférieurs à ceux du public...
Voici le résultat en cours d'augmentation d'un appel au non financement de l'école privé par des organisations nationales : A ET I, ADFE, ADLPF (ASSOCIATION DES LIBRES PENSEURS DE FRANCE),
ANATEEP, APAJH, CDPEPP (DEFENSE DE L’ECOLE PUBLIQUE DE PROXIMITE), CGT
EDUC ACTION, CNAFAL, CONVERGENCE REPUBLICAINE, DDEN, FAEN, FCPE, FERC
CGT, FGR-FP, FLE ( FRONT DE LUTTE POUR L'EDUCATION), FNER , GDID,
L'APPEL DES APPELS, LMDE, RNCE (RESEAU NATIONAL DES COMMUNAUTES
EDUCATIVES) , SE-UNSA, SGL (SYNDICAT GENERAL DES LYCEENS), SIEN, SNASEN,
SNCL, SNEA , SNETAA EIL, SNIES, SNMSU, SNPDEN, SNPSYEN, SNPTES, SUDEL,
SUP'RECHERCHE, UDAS (UNION DES ALTERNATIVES SYNDICALES), UFAL, UNEF,
UNL, UNSA, UNSA LABOS EDUCATION, UNSA MAIF, UNSA TECHNICOLOR,
UNSA-EDUCATION
Le mouvement se clôturera par une manifestation le 19 juin 2010 à Vincennes.
NDLR : Est il utile de rappeler que l'école privée n'est financée qu'en partie, que ce sont les enseignants qui seuls le sont, et qu'ils le sont par les impôts de parents y plaçant leur enfant ? Relire : Deux sondages viennent à point nommé pour commémorer le
cinquantième anniversaire de la loi Debré (31 décembre 1959) légiférant
sur les rapports entre l’Etat et l’enseignement privé. Et, dans l’un
comme dans l’autre, on retrouve tout l’attachement des Français pour
l’existence, dans l’hexagone, de deux systèmes parallèles
d’enseignement. Ce choix apparaît alors comme une richesse.
Le premier sondage, réalisé pour l’institut CSA pour le compte de
l’Association des Parents d’élèves de l’Enseignement libre (Apel) et le
quotidien La Croix, fait ressortir la préférence que les
Français accordent à l’enseignement privé.
En effet, 55 % des sondés, voudraient scolariser leurs enfants dans le
privé. Quant on s’intéresse aux opinions politiques, on retrouve, en
toute logique, 74 % des sympathisants de droite qui sont attirés par le
privé mais quand même 44 % de sympathisants de gauche partagent ce point
de vue.
Ce que l’on vient chercher dans le privé, c’est à 84 % un bon
enseignement. Mais, comme le révèle le second sondage, commandité par Le
Pèlerinauprès de l’institut de sondage
TNS-Sofres, c’est surtout un meilleur suivi des élèves. Vient ensuite
l’impression d’un moindre absentéisme du personnel enseignant.
Les sondés apprécient également l’ouverture des structures sous contrat
avec l’Etat aux élèves non croyants, à 79 % ainsi qu’aux différentes
religions à 72 %. On vient y chercher des valeurs traditionnelles.
Cependant la principale barrière pour les parents reste le coût du
privé, même si 37 % estiment que le privé fait le nécessaire pour se
rendre accessible au plus grand nombre.
Imitant les associations laicistes françaises ne reconnaissant pas la liberté scolaire et le service d'éducation que réalise l'enseignement privé, le Quebec se met aussi à lancer une pétition nationale en faveur d'un système laïc unifié.
Une future ministre régionale allemande, qui sera la première femme
d'origine turque à un tel poste, a provoqué un tollé dans son propre
parti CDU (conservateur) en prônant aujourd'hui le retrait des crucifix
des écoles publiques.
"Les symboles chrétiens n'ont pas leur place dans les écoles publiques",
a déclaré Aygül Özkan, future ministre des Affaires sociales de l'Etat
régional de Basse-Saxe (centre), dans un entretien paru dans
l'hebdomadaire Focus.
"L'école doit être un lieu neutre", a-t-elle ajouté, précisant que le
voile n'avait "rien à faire" non plus dans une salle de classe.
Mme Özkan, 38 ans, doit devenir demain la première ministre d'origine
turque en Allemagne.
"Les symboles religieux, en particulier la croix, sont considérés par
l'exécutif régional comme le signe d'une éducation empreinte de
tolérance, sur fond de valeurs chrétiennes", a réagi le
ministre-président de Basse-Saxe, Christian Wulff. Source : Le Figaro
15 janvier
2010. Pétition pour l'école laïque. Le SE-UNSA,
UNSA-Education, les DDEN, la FCPE et l'UNL lancent un "Appel pour
l'école publique" à signer sur un site dédié. Elle demande que l'effort
éducatif de la nation soit réservé au développement de l'école de la
nation. La collecte des signatures est ouverte jusqu'au 19 juin, date
anniversaire du rassemblement de Vincennes contre la loi Debré. Notre
dossier sur l'enseignement privé Dossier
Plus de 13.500 enfants de 6 à 11 ans ne vont pas à l'école,
dont près de 1.900 ne suivent aucun programme d'éducation à
distance, a annoncé mercredi Georges Fenech, président
de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les
dérives sectaires (Miviludes) en présentant son rapport annuel.
Un total de 13.547 enfants sont instruits à domicile,
dont 10.272 sont inscrits au CNED (Centre national d'enseignement à
distance) et 1.392 à des organismes privés d'enseignement à domicile.
1.883 enfants n'ont pas de programme scolaire. Le cas de ces enfants non
scolarisés a donné lieu en 2009 à 1.626 contrôles de
l'Education nationale, dont 171 ont donné des résultats "non
satisfaisants", a-t-il dit. Parmi ces derniers, 83 ont fait
l'objet d'un second contrôle : 38 étaient "satisfaisants" 45
ont abouti à des demandes de rescolarisation. Cette enquête a
été menée par l'Education nationale en relation avec la Miviludes pour
détecter les cas d'enfants risquant d'être victimes de dérives sectaires.
L'enseignement à domicile n'est pas interdit mais il doit répondre à
plusieurs critères concernant notamment le niveau de connaissances et le
contenu de l'enseignement. Quand plusieurs familles se réunissent pour
faire l'école à domicile, elles sont tenues de le déclarer
officiellement.
Nous l'avions étudié de près l'an dernier, le logiciel affelnet comme la politique non informatisée de certaines inspections académiques dans leur discrimination des élèves issus du Privé dans l'obtention d'une affectation dans un lycée public. Loin de provoquer une rétention des élèves du privé, cette injustice envers la liberté scolaire conduit à enfermer l'enseignement privé. Seule une liberté scolaire reconnue peut assurer la survie à long terme de propositions scolaires alternatives à l'enseignement public.
Des affectations dans les lycées publics sauf pour les élèves issus
du privé
Jeudi 8 juillet 2009, le rectorat de Paris a annoncé que "tous les
élèves de Paris entrant en seconde générale sont affectés dans un lycée
parisien". Une première étape, le 1er juillet, avait permis
l’affectation de 13.000 élèves parisiens (soit 96 % des élèves).
Restaient 572 élèves issus de collèges parisiens publics sans aucune
affectation après avoir été refusés sur leurs six vœux et qui
témoignaient alors de quelques
ratés de la procédure Affelnet.
Des parents mobilisés… A
l’évidence, la fronde des parents mécontents s’est révélée efficace.
"Dès le 2 juillet, j’ai passé six heures au rectorat, de 8 heures du
matin à 14 heures", témoigne Karen, mère d’une collégienne sans
affectation malgré un 13/20 de moyenne générale. "On nous a répété qu’il
fallait s’inscrire là où il restait de la place, notamment dans des
lycées des 12e, 15e et 20e arrondissements. Tout le monde était désolé.
Mais la gestion humaine était nulle. On nous répétait que c’était la
machine informatique qui avait fait le travail. J’ai refusé et j’ai
maintenu la liste des six premiers vœux." Même refus de la part de
Sylvie, une autre mère d’élève : "Avec d’autres parents, nous avons
interpellé l’inspecteur d’académie jusqu’à être raccompagné à la sortie
par des vigiles. Ca a été dur mais cela a permis de se faire entendre."
De fait, le 2 juillet, Philippe Fatras, inspecteur d’académie au
rectorat de Paris pour le second degré, annonçait la mise en place d’un
"1er tour bis" destiné à réexaminer les situations de ces 572 élèves.
"La parole a été tenue, souligne Sylvie. Il a été demandé aux proviseurs
des lycées de libérer des places, puisque le 8 juillet ma fille a
finalement été affectée comme elle le souhaitait au lycée Carnot." Comme
la fille de Karen, affectée au lycée Racine, son premier choix.
.. mais pas tous satisfaits "Si
nous ne nous étions pas mobilisés, si nous avions suivi les indications
initiales du rectorat, nous aurions dû nous contenter des places
restantes, sans broncher", note Hélène Perroud qui a monté un blog pour fédérer les
parents mécontents. Sa fille a finalement pu bénéficier de ce "premier
tour bis", mais ce n'est pas le cas de tous les parents. "Je suis un
peu désemparée, note Françoise, la mère d'un élève moins chanceux.
Quand j'ai appris que les six voeux étaient refusés, nous avons accepté
une inscription dans l’un des rares lycées où il restait des places : le
niveau n’est pas bon et mon fils va avoir trois quarts d’heures de
trajet en métro."Par ailleurs, selon la FCPE (Fédération des
conseils de parents d'élèves des écoles publiques), 800 élèves issus de
collèges privés restent sans affectation. "Nous sommes vraiment
désespérés, souligne Isabelle, la mère d'une élève d’un collège parisien
privé sous contrat. Ma fille a travaillé dur pour se hisser en tête de
sa classe au collège car nous savions que seuls les meilleurs pouvaient
espérer une place dans un bon lycée public. Et finalement, nous n’avons
aucune place. Les élèves issus du privé ont le sentiment d’être
définitivement punis d’avoir un jour choisi d’aller dans le privé." Même
dépit pour Laurent, père d’un élève qui affiche un 14/20 de moyenne
générale : " C’est de la discrimination. Je paie des impôts comme tout
le monde et mon fils n’a pas droit au service public de l’enseignement."
Discrimination, le mot est lancé par plusieurs parents dans la même
situation. Certains ont déjà saisi la Halde (Haute autorité de lutte contre les
discriminations et pour l'égalité). Du côté du rectorat, une commission
est prévue à la rentrée pour "étudier les modifications à apporter au
système en vue de son amélioration". Source : L'Etudiant
L'évolution du statut des maitres du privé au cours des cinquante dernières années et l'interdiction de la prise de compte de critères jugés "discriminants" par le droit du travail prive de plus en plus l'enseignement privé de sa liberté de donner son refus à la titularisation d'enseignants en profond désaccord avec son caractère propre qui ne saurait d'ailleurs être compris comme un caractère catholique, ce que les accords Debré lui refuse.
Ainsi soutenus par des syndicats, une jurisprudence de contentieux se développe de plus en plus et force l'enseignement privé à accepter des candidats refusés dans les instances du préaccord, la CAAC.
on peut lire : "Depuis plusieurs années des équipes du SUNDEP sont appelées au début des vacances par des lauréats du concours de professeur des écoles au titre du privé qui, suite à un entretien d'agrément négatif, se voient écartés du bénéfice de leur concours ! Ainsi ces dernières années à Toulouse, Paris, Créteil, Lyon, Nantes, Versailles. Et cette année pour huit lauréats : à Lyon (3 cas), Grenoble, Nantes, Rennes, et Clermont-Ferrand (2 cas). Le SUNDEP a obtenu (pour presque tous) leur réintégration."
Sommaire • Le mécanisme de l' « accord collégial catholique • Pour évaluer quoi ? • Comment nous défendons ces lauréats injustement éliminés • Le concours est de la seule responsabilité du rectorat... • Il ne peut pas y avoir de discrimination religieuse à l'embauche • Lauréats réintégrés... • Et pour l'avenir ?
Il faut rappeler le contexte juridique très particulier : depuis la loi Censi (janvier 2005), les profs du privé sous contrat ont perdu la possibilité d'aller en justice (prud'hommes) contre l'établissement dans lequel ils travaillent. Nous contestons cette disposition qui nous laisse sans droit pour une partie de notre activité (différents propres à la vie dans l'établissement ou à la phase de recrutement...). Le SUNDEP a d'ailleurs engagé des actions en prud'hommes pour des adhérents concernant l'IDR (affaires en cours en appel). pour ces concours, les responsables de la discrimination (direction diocésaine ou responsable du CFP ?) n'ont aucun lien juridique avec le lauréat, et donc les recours qu'ils organisent (appel, certains seront même passés par trois entretiens) ne s'inscrivent dans aucune procédure juridique garantie. Les responsables catholiques y sont juges et parties. ne reste donc que le recours contre l'Etat ...
"La reprise sur Internet (sites et
blogs) de la lettre pour la maîtrise du forfait communal provoque un
grand nombre de courriers qui me demandent de préciser que l’école
privée catholique accomplit une mission de service public, qu’on lui
doit donc la parité avec l’école publique, et que les communes doivent
donc payer pour les classes maternelles et les ATSEM.
Un processus de fusion des universités de Nancy (Nancy I, Nancy II,
INPL) et de Metz (Université Paul Verlaine) est en cours et devrait
aboutir à la constitution de l’université de Lorraine.
Les fédérations de la Libre Pensée de Meurthe-et-Moselle et Moselle
sont inquiètes des conséquences de cette fusion eu égard au caractère
laïque de cette nouvelle université. En effet, l’Université
Paul Verlaine de Metz, établie en zone concordataire, possède un
département de théologie, appelé Centre Autonome de Pédagogie
Religieuse, faisant partie de l’UFR « Sciences humaines et arts » et
relève à la fois du diocèse et de l’Université de Metz. Or ce
département propose le cycle complet de théologie dans le cadre du LMD.
Il s’adresse aux personnes qui se destinent à l’enseignement religieux
et aux futurs prêtres de Lorraine, ainsi qu’à toute personne qui désire
une formation en théologie chrétienne. Sur le site Web de l’Église
Catholique, on peut lire que « la plupart des cours ont lieu à
l’Université de Metz, dans le cadre du Centre Autonome d’Enseignement
de la Pédagogie Religieuse qui est en quelque sorte la section
“théologie” de l’UFR Lettres et Sciences Humaines ».
Les Italiens se prononcent majoritairement en faveur de la présence
de croix dans les écoles et autres établissements publics. D’après une
enquête de l’institut Eurispes, ils sont 60,1% à l’approuver.
Le sondage, publié le 30 janvier dans la péninsule, précise que 12%
des Italiens ne n’approuvent les crucifix que si les sentiments des
autres croyants ne sont pas atteints. En revanche, ils sont 10,1% à
estimer que la présence des croix ne respecte pas les autres religions
et 7,1% à affirmer que les croix dans les lieux publics portent
atteinte à la liberté de culte.
Selon Eurispes, 24,4% des
Italiens se déclarent catholiques pratiquants. 52,1% se considèrent
comme catholiques sans pour autant mettre leur foi en pratique. Les non
croyants constituent le 10,7% et les athées le 7,8%.
Dix jours après son lancement, un « Appel national pour l’école
publique » a recueilli, en ligne et sur papier, plus de 20 000
signatures. Relayée par une trentaine d’organisations du public, cette
pétition vise à dénoncer l’attitude de l’État, accusé de désorganiser
l’enseignement public et laïque au profit des établissements privés. Lire la suite de l’article
C'est le retour aux bons vieux démons. Devant la montée des pluralismes scolaires et moraux les bons vieux lobbys de la république une, athée et rationaliste reprennent du service et demandent un renforcement d'un moule unique de formatage contre le libre choix des familles. Plus de neutralité, plus de pluralisme, l'enfant est la propriété de l'Etat et des "Lumières"
Le 10 février : conférence de Nicole
Mosconi, L’école est-elle réellement neutre ? organisée à Paris par La
Ligue de l’enseignement et la MGEN.
L'Italie a fait appel de sa
condamnation en novembre pour la présence de crucifix dans les salles
de classe, a-t-on appris vendredi auprès de la Cour européenne des
droits de l'Homme (CEDH) à Strasbourg.
Plus précisément, il
s'agit d'une « demande de renvoi devant la Grande Chambre », qui va
être examinée par un collège de cinq juges. Ce collège accepte la
demande si l'affaire soulève "une question grave de caractère général"
ou "une question grave" relative à l'interprétation de la Convention
européenne des droits de l'Homme.
« Manipuler le concept de laïcité pour le transformer en laïcisme
est une nouvelle forme d'hégémonie totalitaire », estime le cardinal
José Policarpo, patriarche de Lisbonne.
Le cardinal a
affronté la question lors d'une conférence, dimanche, à l'université
catholique portugaise, à l'occasion d'un forum intitulé : « Penser
l'école, préparer l'avenir », organisé par la Commission épiscopale
pour l'éducation chrétienne.
Parlant d'une école laïque dans
un Etat laïc, il a rappelé que la constitution de la République
portugaise définit l'Etat comme un Etat laïc.
Ce statut est le
fruit d'une longue évolution de la pensée et de la réalité sociale, et
a pour signification, à l'origine, l'autonomie du pouvoir d'Etat par
rapport aux autres pouvoirs, dont celui de l'Eglise, qui a été
souverain et qu'aujourd'hui l'Eglise ne revendique plus et ne veut plus
revendiquer ».
Pour le cardinal Policarpo, cette laïcité a du
positif : « L'Etat n'est pas confessionnel, ce qui veut dire qu'il ne
s'identifie à aucune religion, mais respecte le phénomène religieux ».
Mais
ceci « suppose aussi la possibilité pour l'Etat et les confessions
religieuses de collaborer en vue de la promotion du bien commun de la
société ».
Selon lui, ce principe de coopération, « inspire
tout le concordat conclu entre l'Etat portugais et l'Eglise catholique,
reconnaissant, concrètement, la prédominance de l'Eglise catholique
dans la nation portugaise ».
« Mais si l'Etat est laïc, a
souligné le patriarche, la société ne l'est pas et, ces derniers temps,
nous assistons à des courants de pensées qui vont dans une double
direction ».
Le premier, a-t-il expliqué, vise à « étendre la
laïcité de l'Etat à toute la société et à toutes les institutions
civiles au service de la communauté, dont l'école en priorité » ;
l'autre vise à « faire dévier la juste laïcité vers un laïcisme, comme
une nouvelle religion, en lutte contre toute présence ou influence de
la religion dans la société ».
Ceci est une nouvelle forme d'hégémonie totalitaire que l'on tente de faire passer pour de la démocratie », a-t-il affirmé.
Le
cardinal Policarpo a expliqué que l'école « en tant qu'institution au
service de l'éducation, ne peut être laïque dans ce sens, tout comme
elle ne saurait être un espace sacré dans l'acception religieuse du
terme ».
« L'école, toute école digne de ce nom, au regard de
ses projets éducatifs, ne peut faire disparaître la dimension
religieuse ».
Pour le cardinal, la « guerre aux symboles religieux est aujourd'hui en Europe un signal inquiétant ».
« Si
l'école, parce qu'elle est de l'Etat, doit être laïque dans le sens
d'une laïcité négative, cela veut dire que celle-ci, bien
qu'appartenant à l'Etat, doit avoir une réelle autonomie de ‘projet
éducatif' », a-t-il déclaré.
Le patriarche de Lisbonne a
ensuite lancé un appel aux professionnels de l'école catholique ou
formés dans la tradition chrétienne.
« N'ayez pas peur de
transmettre, dans le processus éducatif, l'optique chrétienne de la
liberté, de la recherche de la vérité, de la générosité en servant le
bien commun, car les valeurs chrétiennes sont fondamentales dans une
culture humaniste, et les suivre en les appliquant, ne veut pas
nécessairement dire sacraliser l'école, mais servir la personne
humaine, dans un horizon de beauté et de transcendance ».
"A l’initiative de l’excellente association Créer
son école, présidée par Anne Coffinier,
un recours vient d’être déposé
contre la France. Depuis un arrêté du
ministère de l’Education nationale
en date du 3 novembre 1986, le
concours général des lycées est
réservé aux classes de première et de
terminale «des lycées d’enseignement
public et privé sous contrat».
Ce qui en exclut de fait tous les
élèves des établissements n’ayant pas
signé de contrat d’association avec
l’Etat. Pourquoi ?
Même si chercher à comprendre,
c’est commencer à désobéir au
«mammouth », les parents de Marie,
élève de l’Institution Saint-Pie X de
Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), ainsi
que le directeur et un enseignant du
lycée Saint-Dominique du Pecq
(Yvelines), avaient écrit au ministre
de l’Education nationale, Xavier Darcos. Ils lui
demandaient, sous la forme légale du « recours
gracieux », d’abroger ce texte discriminatoire.
Xavier Darcos n’ayant même pas pris soin de
répondre, son absence de refus valut… refus.
D’où, avec le concours de Créer son école, un
recours devant le Conseil d’Etat, qui le rejeta,
sans possibilité d’appel.
Dans le mémoire produit devant la Cour européenne
des droits de l’homme, l’avocat des plaignants,
Me Laurent Frölich, demande qu’il soit
enjoint à la France d’abroger ou de modifier
l’arrêté de 1986, afin que nul ne soit plus exclu
du droit de se présenter aux épreuves du
concours général. [...] Pour son recours, Me Frölich se base évidemment
sur la Convention de sauvegarde des droits
de l’homme et des libertés fondamentales, qui
proscrit toute « discrimination », y compris en
fonction de la religion. Or, même si la France
républicaine, laïque, etc. ne l’avoue pas, c’est
bien pour cette raison que les élèves du « hors
contrat » sont exclus.
La liberté de choix de l’établissement dans lequel
inscrire ses enfants, expose-t-il, «devient théorique
si les élèves du hors contrat ne peuvent
pas accéder aux mêmes concours et aux mêmes
épreuves que les autres élèves». Et de demander
judicieusement si les parents vont devoir
choisir entre leurs convictions personnelles, qui
les inciteraient à inscrire leurs enfants dans le
hors contrat, et la contrainte qui leur est ipso
facto imposée de ne pas les y inscrire s’ils veulent
que leurs enfants participent aux épreuves
de ce concours prestigieux? Si c’est ainsi que le
problème se pose, «la liberté de choix devient
illusoire et les libertés s’en trouvent violées»,
puisqu’elles ne sont pas «réelles et effectives»."
Juste
avant Noël, le Département de l’Instruction publique du canton de
Zürich a diffusé des lignes directrices dans lesquelles il déconseille
« les participations actives à des activités et chants à contenu
religieux » dans les écoles publiques.
De tels chants
pourraient porter atteinte aux sentiments religieux des enfants avec
d’autres croyances. L’information est relatée le 18 décembre sur le
site internet du journal Landbote.
Selon la directrice de l’Instruction publique Regine Äppli (socialiste)
les lignes directrices ne signifient pas que les écoles doivent fêter
Noël sans Jésus : « Il s’agit simplement d’un avis visant à faire
respecter la liberté religieuse ancrée dans la Constitution » a-t-elle
déclaré au journal.
« Voilà longtemps que nous ne chantons
plus de chants de Noël dans lesquels Jésus est appelé fils de Dieu »,
souligne pour sa part Veronika Wyder, directrice de l’école primaire
Gutenberg/Zelgi à Winterthour. « Nous transmettons ce message : c’est
la fête de la paix sur Terre. Il faut se rencontrer et se soutenir les
uns les autres ». Pour elle, les lignes directrices entrent
parfaitement dans le cadre de sa pratique.
BRUXELLES - Le vote d'une résolution du Parlement européen sur la
présence de signes religieux dans les écoles publiques a été remis
jeudi à une date ultérieure face aux risques de divisions dans
l'hémicycle et alors que le débat menaçait de rejaillir dans plusieurs
pays de l'UE.
Le Conseil municipal
d’Argenteuil a adopté dans sa séance du 14 décembre 2009 par 29 voix
POUR et 22 voix CONTRE le principe d’implantation sur son territoire de
l’illustre et très élitiste École Alsacienne fondée en 1874 dans le
6ème arrondissement de Paris ainsi que le principe de mise à sa
disposition, pour un euro symbolique, d’un terrain va-cant de plus de
deux hectares, dont la valeur est estimée à plus de 3 Millions d’euros
par les opposants à ce projet.
Sans ignorer les valeurs humanistes ni le caractère laïque de cet
établissement privé, la FCPE-95 s’inquiète de cette nouvelle entorse au
principe républicain "école publique, fonds publics – école privée,
fonds privés".
ÉCOLE PUBLIQUE : PAS DE COMPROMIS POSSIBLE AVEC LE PRIVÉ !
Les frais d’inscription à l’École Alsacienne s’élèvent cette année à
790 euros par trimestre et un peu plus de 400 euros pour la cantine.
Qui peut prétendre lutter contre l’augmentation de la « ségrégation
scolaire » au sein de la société fran-çaise en favorisant
l’implantation d’un tel établissement privé à Argenteuil ?
Les parents d’élèves FCPE ne peuvent pas cautionner une telle
opération de sape des valeurs de la République par le siphonnage du
bien public au profit de l’enseignement privé et au détriment de
l’école publique. Non, Monsieur le Maire, une école fut-elle privée
n’est pas une entreprise comme une autre, parce que l’éducation n’est
pas une marchandise. Il s’agit bien du vivre ensemble et des choix
fondateurs d’une nation qui sont ici en jeu. La logique fondatrice de
notre école publique laïque doit l’emporter sur la revendication des
intérêts particuliers et des particularismes de tous ordres.
Pour la FCPE la lutte contre la ségrégation scolaire passe par le
renforcement du service public de l’éducation et non par son
démantèlement ni sa mise en concurrence avec des établissements privés
plus ou moins élitistes.
Dans cette période où l’on célèbre le 150ème anniversaire de la
naissance de Jean Jaurès, souvenons-nous dans quels termes il
justifiait en 1906 son engagement en faveur de l’adoption de la loi du
9 décembre 1905 promulguant la séparation des Églises et de l’État :
"Il ne faut plus que les enfants de la nation soient élevés en deux
camps ennemis. Ils doivent être élevés dans la même lumière, dans les
écoles de la nation républicaine où ils apprendront à s’aimer les uns
les autres."
Les parents d’élèves FCPE sont attachés à cette éthique du vivre
ensemble pour construire une indispensable solidarité et fraternité
entre les enfants de milieux sociaux les plus divers.
Les fonds publics, municipaux, départementaux, régionaux et d’État
doivent être mobilisés pour développer le réseau des établissements
publics de l’Éducation nationale et améliorer leur fonctionnement au
profit de tous les enfants –sans discrimination selon les opinions, les
origines ou les capacités financières de leurs familles. Les enfants
d’Argenteuil, du Val d’Oise et de France ont tous le même droit à une
éducation de qualité dans des établissements publics de proximité,
ouverts à tous et respectueux des principes de la gratuité et de la
laïcité. Et il revient à l’État et aux collectivités locales
-Municipalités, Conseils généraux, Conseils régionaux- de garantir
cette égalité de traitement et d’assumer leur mission éducative sans se
délester d’une partie de leurs obligations sur des établissements
privés aussi prestigieux soient-ils.
C’est pourquoi la FCPE demande aux autorités municipales,
départementales, régionales et académiques de renoncer à ce projet qui
accroîtrait davantage la ségrégation urbaine, pousserait les feux de
l’abandon de la carte scolaire, accélérerait encore la sortie des
enfants des familles des couches moyennes de l’école publique tout en
faisant payer à tous les Argenteuillais le terrain offert à cette école
privée.
Si le texte de "l'annonce explicite" n' a pas convaincu les médias propres aux familles pratiquantes, il semble inquiéter les tenants d'un laïcisme dur :
Lu sur Formation Elu - Association Laïcité et République agrée par le Ministère de l'Intérieur :
"Les messages envoyés par les plus
hautes autorités de la République à l'égard de la religion ont été
entendus : tous les établissements privés catholiques ont reçu à la
veille la rentrée 2009 un document intitulé « Annonce explicite de l'Évangile dans les établissements catholiques d'enseignement ». Une initiative qui se veut être « l'occasion pour l'enseignement catholique de se redire comment l'annonce explicite de l'Evangile s'inscrit dans son projet ». Ce
texte est le prolongement d'une lettre circulaire adressée aux évêques
par le Saint-Siège daté de mai 2009 qui appelle au respect de la
liberté religieuse dans les écoles privées et publiques. L'objectif
des responsables de l'enseignement catholique en France est simple :
remettre du religieux dans un espace où finalement la
déchristianisation des parents a eu des effets dans la gouvernance même
des établissements catholiques. Selon une enquête du Credoc
commanditée par l'Union nationale des associations de parents d'élèves
dans l'enseignement libre (Unapel), seules 14% des familles inscrivent
leurs enfants pour des motifs religieux, la grande majorité valorisant
l'encadrement (81%), l'épanouissement de l'enfant (76%) ou la
transmission de valeurs morales (67%) comme éléments de décision. Pour
atteindre l'objectif de « formation intégrale de la personne implique
de s'attacher à la dimension spirituelle de la personne », cela passe
par une implication plus nette des enseignants. Ainsi, il est
précisé que «la formation de tous les enseignants et des personnels
d'éducation propose une formation à la prise en compte du fait
religieux et aux principaux éléments de la culture chrétienne». La
formation des enseignants et des personnel d'éducation « doit permettre
une bonne connaissance du projet institutionnel de l'enseignement
catholique. »Quant à la laïcité, ou à son éventuel enseignement, le texte n'aborde pas la question. Une
omission finalement révélatrice de la nouvelle orientation plus
offensive de l'enseignement catholique, quand bien même la grande
majorité de ses établissements soient sous contrat avec l'Etat. Face à une telle situation, le temps est sans doute venu pour l'Etat laïc de revisiter lui aussi les termes de son contrat. "
Pas sûr que le petit village de Miremont
et ses 2 000 habitants célèbrent le cinquantième anniversaire de la loi
Debré. Sur ces terres de Haute-Garonne, l'école privée Saint-Joseph est
bien plus qu'une institution : c'est une partie de l'histoire locale.
En l'absence d'école publique, c'est le maire qui a demandé sa création
en 1900. Et c'est l'artisan maçon du village qui s'y est attelé. Juchée
au sommet d'une petite colline, elle domine l'église... et l'école
publique.
A la Haye, l’université Haagsche Hogeschool College n’érigera pas de sapin de Noël cette année. Selon la direction, le sapin est trop étroitement lié au Christianisme.
Traditionnellement,
un sapin de Noël de plusieurs mètres de haut était installé dans le
hall principal de l’université. Cette année, il n’y aura que des
guirlandes et des illuminations. La direction veut mettre l’accent sur « le caractère international et la diversité au sein de l’école » et a opté pour une solution « chaleur et lumière » qui peut être appréciée par chacun à sa façon.
L’université compte 20 000 étudiants, dont 30% sont d’origine
immigrée, ainsi que 12% du corps enseignant. De nombreux étudiants ont
exprimé leur colère sur internet après cette décision. « Parce que certains se sentiraient offensés, tous les autres étudiants doivent en pâtir » se plaint un étudiant.
"Elle est au service de la société :
elle joue une fonction publique et est un service d'utilité publique,
non pas réservé seulement aux catholiques mais ouvert à tous ceux qui
désirent jouir d'une proposition éducative de qualité (...)
Le problème de la parité juridique et économique avec l'école publique ne pourra être posé correctement qu'en partant de la reconnaissance du rôle premier des familles et de celui subsidiaire des autres instructions éducatives (...)
Les
écoles publiques peuvent être aidées dans leur devoir éducatif par la
présence de professeurs croyants et d'élèves formés chrétiennement,
comme par la collaboration des familles et de la communauté chrétienne.
En effet, une saine laïcité de l'école n'implique pas la
négation de la transcendance, ni une simple neutralité vis-à-vis des
valeurs morales qui se trouvent à la base d'une formation authentique
de la personne, incluant l'éducation religieuse".
La loi reconnait la participation du privé sous contrat à l'œuvre collective d'éducation. Rarement reconnue et appliquée dans notre société laiciste où les écoles communautaristes musulmanes sont financées par l'Etat et où les écoles privées sont jugées comme sectaires en dépit de leur sécularisation, le financement de l'école privée par l'Etat quand elle a lieu - ce qui est rare - vaut ce titre étonnant de Presse Océan : "Trop d'Argent pour le Privé" on y lit pourtant rien que la loi :
"Lors du dernier conseil municipal, la Ville a présenté sa nouvelle
convention 2009/2013 avec les écoles privées de la commune. Celle-ci
prévoit de financer les élèves de ces établissements selon le même
barème que les écoles publiques. Cette somme ne concerne que les
écoliers domiciliés à Vertou. « Compte tenu de la charge financière que cette contribution représente, il est prévu un échelonnement du montant des subventions », précise François le Mabec, adjoint à la vie scolaire. Écoliers du privé et du public seront « financés » à la même hauteur en 2013. Cette subvention sera recalculée chaque année.
La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) réclame du
gouvernement qu’il lance un débat public sur la place et le rôle de
l’école privée.
«Un débat qui pourrait prendre la forme d’une commission
parlementaire ou par consultation auprès des principaux acteurs du
milieu scolaire», affirme la présidente de la FCSQ, Josée Bouchard, qui
revient d’une rencontre de deux jours, à Québec, avec tous les
présidents des commissions scolaires francophones.
La FCSQ s’oppose à ce que Québec finance les écoles du réseau
privé, dont les subventions versées peuvent représenter jusqu’à 60% du
budget de l’établissement. Surtout qu’elle constate une remontée des
inscriptions au privé depuis quelques années.
La télévision nationale norvégienne NRK ne diffusera pas
« Jesus et Josefine », une émission danoise prévue pour Noël. La
chaine estime en effet que les histoires bibliques ne conviennent pas
aux jeunes enfants. Et elle ne consacrera pas d’émission à Jésus à
l’occasion de Noël.« Nous vivons dans une société multicuturelle. Une émission
entière consacrée à Jesus ne se justifie pas. Nous voulons inclure les
personnes d’autres religions » déclare Ingrid Hafstad, qui dirige le service « Enfance » de la chaîne.
L'adjointe à l'Éducation souhaite retirer l'aide allouée à la maternelle privée Sainte-Thérèse, soit près de 30 000 euros par an.
Un pavé dans la mare. C'est au
détour d'une délibération présentée lors du dernier conseil municipal
que l'adjointe à l'Éducation, Christine Sampéré, a planté la graine
d'un futur débat sur le financement des écoles privées par des fonds
publics. L'élue communiste a en effet lu un projet de délibération,
qu'elle souhaite soumettre au vote lors d'un conseil municipal
extraordinaire (1), réclamant la suppression de l'aide
communale versée aux écoles maternelles privées de la ville. En
l'occurrence, il n'en existe qu'une : l'école Sainte-Thérèse.
La loi oblige
les villes à participer au fonctionnement des écoles élémentaires
privées sous contrat d'association, par le biais d'un forfait fixé par
élève. En clair, pour chaque enfant scolarisé à l'école élémentaire
Sainte-Thérèse, la Ville doit payer environ 600 euros, soit
l'équivalent de ce que l'élève lui coûterait s'il était inscrit dans
une école publique de la commune.
Alors que l’UE vient de demander à l’Italie de retirer le
crucifix des salles de classe, c’est au tour de la Belgique de devoir
renier ses propres traditions. Au nom de la «neutralité» de
l’enseignement officiel, la ville d’Anvers a invité ses écoles à bannir
tout signe extérieur de religion. Saint Nicolas, qui rend
traditionnellement visite aux écoliers, a donc été privé de croix sur
sa mitre ou sa robe.
«La mise sous silence de traditions catholiques n’est plus quelque chose de nouveau», réagit le porte-parole du cardinal Danneels, primat de Belgique, qui refuse de se mêler de ce débat.
Même les dessins distribués aux enfants de maternelle ont été débarrassés de ce symbole de la religion catholique.
«Nous suivons les directives de l’administration communale », confie Brigitte Goeyvarts, directrice de l’école communale maternelle ’t Beertje. «Mais même sans avis, nous aurions procédé de la même manière. Notre
école respecte toutes les convictions et nous ne voulons pas que
quelqu’un s’offusque de certains symboles. Nous fêtons encore la
Saint-Nicolas et Noël, mais nous nous taisons sur l’origine religieuse
de ces fêtes.» À Noël, il y aura donc bien un sapin dans l’école, mais pas de crèche…
Finalement, lors d’un débat télévisé, le directeur général de
l’enseignement communal d’Anvers a déclaré que, si le principe de la
directive reste de mise, les écoles auront la permission d’accorder une
dérogation au patron des écoliers.
Christian Charrière-Bournazel, Batônnier de l'Ordre des avocats de Paris, vient de refuser la création d'une aumônerie catholique au sein de l'Ecole de formation des barreaux du ressort de la cour d'appel de Paris (EFB). Extrait du courrier laïciste daté du 21 octobre :
"Il n'est pas question de faire entrer le religieux dans un espace laïc [...] La laïcité est la condition du respect par chacun de l'intimité spirituelle de l'autre".
Les
directeurs des collèges catholiques de Loire-Atlantique sont priés, par
le président du conseil général, de quitter la cour de l’Hôtel du
Département, à Nantes.
Les collèges catholiques privés de subventions pour les travaux
Vendredi
matin à Nantes, la traditionnelle rencontre entre le conseil général et
les directeurs de collèges de l’enseignement catholique ne s’est pas
bien déroulée. Les chefs d’établissements ont quitté l’hémicycle après
la lecture d’un texte par leurs représentants syndicaux. Et, alors que
les directeurs s’adressaient à la presse dans la cour de l’Hôtel du
Département, le président Patrick Mareschal est descendu en personne
leur demander de quitter les lieux, de passer de l’autre côté des
grilles. Les chefs d’établissements protestent contre la suspension des
aides à l’investissement. Le conseil général, qui s’est vu transférer
les personnels non enseignants des collèges, a dû augmenter sa
participation au fonctionnement des collèges catholiques. Du coup, il
veut réduire d’autant sa participation -facultative- aux
investissements. En colère, les chefs d’établissements rappellent
qu’ils ont besoin de ces enveloppes pour des travaux de mises aux
normes. Ils affirment ne pas pouvoir transférer au budget
investissements ce qu’ils vont percevoir pour le fonctionnement.
Le
conseil général, confronté à une diminution de ses ressources propres
et de la participation de l’Etat, estime ne pas pouvoir faire
davantage. D’où sa suspension de la ligne de crédit en attendant une
hypothétique augmentation de la participation de l’Etat. Les 57
collèges catholiques, où sont scolarisés 26 500 élèves, soit 40 % des
collégiens du département de Loire-Atlantique, ont le sentiment de
faire les frais d’un bras de fer entre la collectivité et l’Etat.
L’école « privée » va-t-elle devenir une école de pauvres ?
Derrière son succès (deux millions d’élèves accueillis, soit près de un
sur cinq en France, avec 4400 élèves de plus à la rentrée 2009),
l’Enseignement catholique privé sous contrat creuse son déficit, année
après année. Une augmentation des scolarités commence même à être
évoquée. Pourquoi ?
Une semaine après qu'elle a été votée à l'Assemblée nationale le 28
septembre, la loi Carle devrait bientôt débarquer sur le bureau du
Conseil constitutionnel, saisi par les députés socialistes, apprenait-on ce mardi 6 octobre.
Localement, ce texte commence tout juste à délier, au choix, les
langues des élus ou leurs doigts sur leur calculette. Exemple à Sevran.
Cette loi, c'est celle qui obligera explicitement une municipalité à
payer pour la scolarité d'un élève de maternelle résidant sur le
territoire communal, et qui serait scolarisé dans une école privée
d'une autre ville.
Quelques semaines avant la discussion parlementaire, vous êtes
plusieurs à vous être émus de voir ce texte arriver à l'agenda, cinq
ans après le déjà très décrié amendement Charasse (lequel installait à l'article 89 de la loi du 13 août 2004 cette obligation pour les communes de participer financièrement aux études des enfants scolarisés à l'extérieur).
Le Monde (version papier) consacre un article à l'école à la maison et apporte ces précisions :
"Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas l'école, mais l'instruction que Jules Ferry a rendue obligatoire. Pour
enseigner en famille, il suffit, à chaque rentrée scolaire, de faire
une déclaration au maire de sa commune et à l'inspecteur d'académie. Le phénomène reste marginal mais tend à se développer. Selon le ministère de l'éducation nationale, 3 240 enfants de 6 à 16 ans étaient instruits à la maison par choix des familles en 2007-2008, soit une hausse de plusieurs centaines d'élèves par rapport à la précédente étude, conduite en 2000-2001. [...] Un élève de 9 ans témoigne :
"à l'école, on a une maîtresse pour trente enfants. On prend une journée pour faire ce qu'on fait en deux ou trois heures à la maison. Moi, je peux aller au musée, faire des sorties l'après-midi."
Quant à la fameuse socialisation de l'enfant, un psychiatre indique :
"Si les parents sont attentifs à ce que leurs enfants
aient une vie sociale avec d'autres référents adultes, il n'y a aucune
raison qu'ils développent une quelconque pathologie [...]. On peut se socialiser en dehors de l'école, avec la famille, les cousins, ou au travers des activités sportives et culturelles."
"Craignant dérives sectaires et maltraitances, soucieux d'unifier les enseignements, l'Etat, depuis dix ans, a renforcé les contrôles des enfants instruits en famille, au grand agacement des parents. La loi du 18 décembre 1998 donne priorité à l'école et les enfants font l'objet d'une enquête sociale tous les deux ans et d'un contrôle annuel des connaissances
par un inspecteur de l'éducation nationale. Très peu d'enfants font
l'objet d'une obligation de rescolarisation. [...] Le 5 mars, un décret
est venu imposer aux enfants instruits à la maison de maîtriser, à
l'issue de la scolarité, le socle commun de connaissances et de compétences prévu par la loi sur l'école d'avril 2005.
Selon une lettre envoyée par le Saint-Siège aux épiscopats
ROME, Mercredi 9 Septembre 2009 (ZENIT.org)
- Le respect de la liberté religieuse exige la possibilité d'offrir aux
élèves des écoles publiques et privées, une éducation religieuse
cohérente avec leur foi, explique le Saint-Siège.
A l'occasion du début de l'année scolaire, la lettre circulaire
envoyée le 5 mai dernier par la Congrégation vaticane pour l'éducation
catholique « sur l'enseignement de la religion dans les écoles » est
distribuée dans les épiscopats.
Le fameux système d’option entre l’enseignement
religieux catholique ou protestant et l’enseignement moral a pris fin ,
pour être remplacé par un cours d’éthique et culture religieuse. Le
ministère de l’Éducation a rendu public hier, sans tambours ni
trompettes, le tout nouveau programme approuvé cet été.
Dès la première année, les enfants jongleront avec les fêtes et
rites de différentes religions, de Noël et Pâques à l’Épiphanie en
passant par la Hanukka juive ou la Fête du mouton musulmane. Ils seront
donc plongés dans le bain de la diversité religieuse, qui fait tant
parler ces jours-ci au Québec.
Le tout nouveau programme, approuvé cet été par Michelle Courchesne,
la ministre de l’Éducation, prévoit l’enseignement non plus d’une
religion, mais bien de six religions, soit le christianisme
(catholicisme et protestantisme), le judaïsme, les spiritualités des
peuples autochtones, l’islam, le bouddhisme et l’hindouisme.
«En réunissant [les enfants] dans une même classe plutôt qu’en les
séparant selon leurs croyances, et en favorisant chez eux le
développement d’attitudes de tolérance, de respect et d’ouverture, on
les prépare à vivre dans une société pluraliste et démocratique»,
peut-on lire dans le programme.
source
Écoutez l’entrevue de Richard Décarie, porte-parole de la CLÉ, sur la surprenante décision du juge de première instance sur le cours d’éthique et de culture québécoise.
Les médias ne cachent désormais plus que les victimes de la procédure d'affection post 3ème dans les lycées publics sont nombreux (23 000) mais surtout qu'ils viennent essentiellement du privé pour le lycée général.
A noter, la formulation mensongère du journaliste qui explique cette discrimination des élèves du privé est du au fait qu'ils ne sont pas prioritaires. Il aurait été juste de dire qu'ils ne sont pas traités à égalité des élèves issus du public. Autant dire simplement qu'ils passent en dernier.
Ainsi bien que dans le logiciel, l'équité exprimée en terme de point de priorité ait été rétablie, ce sont les inspecteurs d'académie qui affectent prioritairement les élèves issus du public.
Pourtant, les parents du privés payent durant toutes les années du collège une école publique dont ils ne profitent pas, en plus de frais liés à l'école privée. Mais cet investissement semble bien peu récompensé...
Etienne Michel, directeur général du SeGEC (Secrétariat Général de
l'Enseignement Catholique) et de Guy Vlaeminck, président de la Ligue
de l'Enseignement et de l'Éducation Permanente étaient les invités de
Matin Première ce lundi.
Si les deux invités de Matin Première sont d'accord sur la nécessité de
faire évoluer le système scolaire, ils ne sont pas d'accord sur la
manière de le faire. Pour l'un, l'enseignement catholique doit renoncer
à son caractère catholique. Une condition préalable rejetée par
l'autre.
Pour Guy Vlaeminck, président de la Ligue
de l'Enseignement , "parler
d'un enseignement catholique à notre époque est une des dernières
traces de l'immixtion de l'église dans la vie quotidienne". "Certains documents" qui circulent dans le réseau catholique, "parlent encore d'évangélisation",
La laïcité est
souvent l’objet de débat dans notre société, notamment à travers de
bijoux et/ou de tenues qui manifestent ostensiblement une appartenance
religieuse. Cette émission vous propose d’écouter le regard du
philosophe Jean-Luc Marion, de l’Académie française. Spécialiste de
Descartes et de phénoménologie, philosophe chrétien, il est l’invité de
Damien le Guay.
Comme au Vénézuela ou au Quebec, on assiste en Italie au retrait de l'approche de la culture chrétienne à l'école.
"Les professeurs en instruction religieuse des écoles publiques
italiennes ont annoncé mercredi qu'ils allaient faire appel de la
décision d'un tribunal administratif de les exclure des conseils de
classe et de priver la religion du statut des matières comptant pour
les résultats scolaires.
Des points en plus? Orazio
Ruscica, secrétaire du syndicat autonome des enseignants de religion
(Snadir), a déclaré à Radio-Vatican qu'ils n'acceptaient pas que les
élèves qui suivent l'heure d'enseignement en religion catholique
hebdomadaire, proposée par l'école publique, ne voient pas leur travail
récompensé en fin d'année en points de résultats comme pour les autres
matières.
Le tribunal administratif du Latium avait accédé mardi
à la requête de 24 associations laïques et confessions non catholiques
en décidant que l'enseignement de la religion catholique ne pourrait
plus "contribuer à l'attribution de la note scolaire" et que les
enseignants ne devaient donc pas siéger dans les conseils de classe.
L'heure
hebdomadaire d'enseignement de la religion catholique n'est pas
obligatoire en Italie mais est explicitement prévue par le Concordat de
1929 entre l'Eglise et l'Etat.
Cette décision "fait du tort à la laïcité" Une
grande majorité des élèves suivent les cours d'instruction religieuse,
notamment dans le primaire et le début du secondaire, et cet
enseignement donne la possibilité d'obtenir des points supplémentaires
aux examens au même titre que d'autres matières facultatives.
L'attribution
de points "ne constitue ni une atteinte à la liberté, ni au principe de
la laïcité", a affirmé M. Ruscica: "il s'agit simplement de reconnaître
que l'élève s'est investi pendant l'année" et que "cela a un poids".
Mgr
Diego Coletti, président de la Commission épiscopale italienne pour
l'éducation catholique, a de son côté estimé mercredi sur Radio-Vatican
que la décision du tribunal était "dénuée de fondement" et qu'elle
"faisait du tort à la laïcité de l'Etat". "
ROME, Vendredi 31 juillet 2009 (ZENIT.org).
- L’éducation religieuse « est un droit déjà acquis », et une éducation
pluraliste et nationaliste ne peut aller « au détriment de ce droit ».
Cette prise de position de l’archevêque de Caracas, le
cardinal Jorge Urosa Sabino, est une réponse aux déclarations du
ministre de l’éducation vénézuélien, Héctor Navarro, sur la Loi
organique sur l’éducation, qui exclue l’enseignement de la religion
dans les écoles publiques du pays.
Selon le ministre, l’enseignement d’une religion spécifique conduirait à « ne pas respecter le credo d’autres religions ».
La Loi organique sur l’éducation a été présentée
mercredi au Théâtre municipal de Valence et stipule que l’éducation
doit répondre à « une vision démocratique fondée sur les principes de
liberté de conscience, de solidarité, de tolérance, de respect et de
justice ».
La loi compte insister particulièrement sur l’éducation
environnementale, linguistique, historique et géographique, dans la
mesure où, selon ses partisans, ces éléments « sont liés à la
souveraineté du pays ».
Le cardinal Urosa demande à ce que « l’éducation
religieuse soit maintenue sur la base de l’orientation des parents et
des élèves qui étudient dans certaines écoles particulières ».
« La loi actuelle ne doit pas abandonner ce qui a été
acquis et qui n’est rien d’autre que la reconnaissance de la nécessité
que le peuple vénézuélien ait une formation religieuse », estime
l’archevêque de Caracas.
Dans la nouvelle loi sur l’éducation, relève-t-il, il
est important que « l’on tienne compte non seulement du pluralisme
politique, de l’ouverture de la loi à tous les courants de pensée, du
droit et de la responsabilité de la famille », mais aussi d’un « Etat
qui ne soit pas seul détenteur de l’éducation, qu’il n’ait pas, à lui
tout seul, le monopole de l’instruction ».
Le cardinal Urosa appelle enfin l’Association
vénézuélienne pour l’éducation catholique et toutes les institutions et
les familles du Venezuela « à se mobiliser et à manifester leur désir
que, dans la nouvelle loi, l’éducation religieuse soit maintenue dans
les écoles et durant les horaires scolaires ».
Deux examinatrices à l'oral du baccalauréat de français se sont plaintes jeudi et vendredi de la présence de croix dans des salles d'examen du lycée privé Saint-André de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne). Gérard Meunier, le proviseur de ce lycée catholique, a déclaré :
"Deux professeurs ont demandé à retirer les croix mais c'est chose impossible car il n'y a pas de raison de le faire, comme me l'a indiqué le directeur de la maison des examens d'Arcueil (SIEC). Je comprend, je suis d'une grande tolérance mais il est difficile de retirer tous les signes religieux d'une école catholique".
Il a précisé qu'il s'agissait du "premier" incident de ce type dans son établissement,
qui est un centre d'examen depuis une dizaine d'années. Les deux
examinatrices, qui enseignent dans d'autres lycées, ont été remplacées
pour cette épreuve.
Lors du CNESER du 20 avril dernier, interpellé par le SNESUP, le directeur général des enseignements supérieurs, Patrick Hetzel, avait été contraint d’avouer l’intention du ministère d’évaluer les maquettes de master "enseignement" de l’enseignement privé en dépit de l’opposition de la communauté universitaire au projet de réforme de la formation des maîtres, et contre l’avis formel de l’AERES. Devant la mobilisation quasi unanime de l’enseignement supérieur, le gouvernement déclarait alors qu’il renonçait à sa tentative de passer en force.
Pourtant, le 11 juin, le Ministère de l’Education nationale a présenté au Conseil Supérieur de l’Education un projet de décret qui transpose les récentes modifications des décrets statutaires des professeurs des écoles à l’enseignement privé. Comme pour les mesures concernant les enseignants du public, l’inscription de ces projets à l’ordre du jour du CSE anticipait donc sur l’aboutissement des travaux en cours, sans que ces dispositions aient jamais été abordées dans les "groupes de travail". Les organisations présentes à cette réunion du CSE (FSU, Unsa-Education, FCPE, Ligue de l’enseignement, UNL) s’y sont aussitôt opposées et ont quitté la séance devant le refus de l’administration de retirer ce point de l’ordre du jour.
Le 19 juin dernier, par la voix du secrétaire général de l’enseignement catholique, les instituts catholiques – qui demandent des moyens financiers importants à l’État – annoncent être en mesure, dès septembre 2009, de proposer et de délivrer sept masters "métiers de l’éducation et de la formation" adaptés à leurs propres modalités de formation et de recrutement par le biais de jurys rectoraux. En conférant au recteur, chancelier des universités, cette responsabilité, le gouvernement s’assoit sur les garanties de qualité des diplômes qu’apporte l’obligation faite aux établissements privés de passer convention avec une université publique pour délivrer leurs diplômes. La procédure du jury rectoral et la connivence des autorités religieuses sont utilisées par le pouvoir comme un artifice pour contourner la résistance forte et raisonnée que la communauté universitaire oppose à une réforme de la formation des maîtres bâclée et dangereuse pour l’avenir du pays, et imposer ainsi ses projets de "mastérisation" en donnant un avantage l’enseignement catholique.
L’accord entre la France et le Vatican sur la reconnaissance réciproque des diplômes universitaires continue de faire des vagues (lire TC 3 350). Pierre Cahné, recteur de l’Institut catholique de Paris, a accepté de répondre aux questions de TC.
Diplômes. « Un débat très idéologique »recueilli par Jérôme Anciberro
Les journalistes ont eu le plus grand mal à obtenir des réactions de la part des instituts catholiques sur l’accord du 18 décembre. Pourquoi ce refus de communiquer ? Il y a eu des consignes de grande discrétion dont je ne sais pas trop au juste comment elles ont été décidées. Il convenait surtout d’attendre tant que certains aspects des négociations en cours n’étaient pas réglés. Mais rassurez-vous : il ne s’agit pas d’une affaire d’État, même si deux États sont concernés. L’accord vise simplement à normaliser la situation des instituts catholiques en France dans le cadre du Processus de Bologne qui concerne une quarantaine de pays.
Certains ont évoqué une vaticanisation de l’enseignement supérieur français, et même envisagé une diffusion de théories a scientifiques comme le créationnisme. J’avoue que je reste interdit lorsque j’entends ce genre d’arguments. Ceux qui les prononcent ont-ils déjà mis les pieds dans une université catholique ? Il faudrait que nos enseignements deviennent subitement absurdes et que les responsables du Vatican décident de valider cette absurdité, bref : il faudrait qu’un vent de folie concomitant se mette à souffler en France et à Rome… Cela réduit les probabilités. Mais allons tout de même jusqu’au bout de cette distrayante hypothèse. Si une université publique considère que le diplôme obtenu à l’institut catholique de Paris et reconnu par l’État ne correspond pas aux exigences nécessaires pour intégrer le niveau supérieur chez elle, elle pourra refuser d’intégrer cet étudiant. Il suffira de justifier ce refus à partir du « supplément » au diplôme, c’est-à-dire le document qui décrit les enseignements suivis par l’étudiant pour l’obtention de son diplôme. C’est la même chose actuellement pour les élèves des Grandes écoles ou d’autres universités. L’université française est toujours parfaitement libre de faire ce qu’elle veut.
Comment expliquez-vous que l’enseignement supérieur catholique ait dans certains milieux une image aussi mauvaise ? Le label « catholique » suscite des réactions irrationnelles. Le concept même d’université est une création chrétienne. L’Église catholique est aussi, qu’on le veuille ou non, une puissance intellectuelle. Le Vatican aurait tout à perdre à vouloir la reconnaissance de diplômes au contenu douteux. Sur plus de neuf siècles, il me semble que, grosso modo, les universités catholiques ont fait leurs preuves. Il est bien sûr toujours possible de vivre dans le fantasme à ce propos, de brandir des figures comme Galilée à tout bout de champ, mais cela n’avance pas à grand-chose. Le physicien Édouard Branly enseignait aussi à l’Institut catholique de Paris lorsqu’il y avait encore une faculté des sciences. Prenons l’exemple emblématique de la théologie. Cette discipline repose d’abord sur les sciences philologiques, sur l’établissement des textes, sur la connaissance de langues anciennes comme l’hébreu biblique, l’araméen, le grec patristique… Gilles Deleuze lui-même, qu’on ne soupçonnera pas de complaisance sur ce sujet, parlait de cette discipline comme d’une science des paradoxes.
Ce sont plus les diplômes profanes délivrés par les instituts catholiques que les diplômes canoniques ou ecclésiastiques qui cristallisent les inquiétudes. Sur ce point, il est intéressant de mentionner la lettre ouverte de la Conférence des présidents d’université sur la crise actuelle dans l’enseignement supérieur. Les signataires évoquent dans un paragraphe l’accord entre la France et le Vatican et la question des diplômes profanes. Un mot de ce texte donne peut-être la clef de cette affaire : « concurrence ».
C’est une vraie question dans le contexte actuel… Peut-être. Mais l’enseignement catholique supérieur « profane » en France représente environ 3 % des étudiants, et encore : dans des zones extrêmement précises, comme l’enseignement agricole ou certaines écoles d’ingénieurs. Il pèse d’un poids infime à côté de pays comme les États-Unis, l’Amérique du Sud, la Belgique, la Corée… où l’on trouve des universités catholiques de taille considérable, dans lesquelles toutes les matières sont enseignées et qui sont des pôles de recherches très importants. Si l’on garde en tête ces faits, on comprend vite que le débat actuel, très franco-français, est alimenté par des motifs idéologiques dont l’essence n’a rien à voir avec le sujet, par exemple autour de la personnalité d’un président contesté ou du pape actuel. C’est de l’instrumentalisation plus ou moins consciente et je me refuse pour ma part à m’y laisser entraîner.
Du nouveau sur le refus des communes de reconnaitre l'oeuvre publique d'éducation de l'enseignement privé :
L'examen à l'Assemblée
nationale de la proposition de loi sénatoriale UMP sur le financement
des écoles privées accueillant des élèves habitant dans une autre
commune que celle de leur école, programmé lundi 15, a été ajourné par
le gouvernement, a-t-on appris jeudi.
Le
secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, a
demandé par lettre la modification en ce sens de l'ordre du jour du
palais Bourbon.
Selon une source
parlementaire, ce report est lié au débat en deuxième lecture sur le
Grenelle de l'environnement, que le gouvernement aimerait pouvoir
boucler lundi.
Les députés PRG, hostiles à un
texte qui constitue "une attaque en règle contre le principe de
laïcité", se sont aussitôt félicités, dans un communiqué, de cet
ajournement et ont prévenu qu'ils resteraient "vigilants".
Selon
le texte du Sénat, une commune où résident des enfants scolarisés dans
des écoles privées hors de son territoire devra contribuer au
financement de ces écoles dans quatre cas précis.
Pour
les radicaux de gauche, "il est contraire à la laïcité d'assurer un
égal financement public entre les écoles publiques, soumises à une
obligation de gratuité, de continuité et d'accueil de tous les publics,
et les écoles privées, qui pratiquent une sélection des élèves et,
surtout, des frais de scolarisation souvent élevés".
Une
source parlementaire UMP a indiqué à l'AFP que le report du texte
pouvait être lié au remaniement que prépare Nicolas Sarkozy, le nom du
député PRG Paul Giacobbi étant régulièrement cité parmi les possibles
promus au titre de l'ouverture. Une explication "tirée par les
cheveux", a-t-on rétorqué chez les députés PRG.
La Fédération syndicale
d'enseignants Unsa Education a décidé à son tour mercredi de déposer un
recours en annulation auprès du Conseil d'Etat pour s'opposer à la
validation par le Vatican de diplômes obtenus dans des universités
catholiques françaises.
La Ligue des droits de
l'Homme et la Ligue de l'enseignement ont déposé un recours auprès du
Conseil d'Etat pour s'opposer à la validation par le Vatican de
diplômes obtenus dans des universités catholiques françaises, selon un
communiqué diffusé mercredi.
Leur recours
commun concerne l'accord du 18 décembre 2008 sur "la reconnaissance des
grades et diplômes dans l'enseignement supérieur" dont le décret
d'application a été publié le 20 avril au JO.
Cet accord, disent la LDH et la Ligue de l'Enseignement, est "inadmissible".
"Il
remet en cause la laïcité de la République en privilégiant une option
spirituelle et en mettant fin au monopole d'Etat pour la collation des
grades dans l'enseignement. Il méprise, en outre, les prérogatives du
Parlement auquel, selon l'article 53 de la Constitution, doit être
soumis tout accord international modifiant la législation", ajoutent
les deux organisations signataires.
Le groupe socialiste du Sénat et les sénateurs Verts ont déposé, mardi
19 mai, un recours en annulation devant le Conseil d'Etat contre le
décret du 16 avril portant application du traité Vatican-Etat français
du 18 décembre 2008 sur la délivrance des titres universitaires par les
cinq instituts supérieurs français d'enseignement catholique. Lire la suite de l’article
PARIS, 19 mai 2009 (AFP) Le
groupe socialiste du Sénat a déposé mardi devant le Conseil d'Etat un
recours en annulation du décret concernant la reconnaissance par le
Vatican de diplômes universitaires délivrés dans des universités
catholiques françaises, a indiqué le président du groupe Jean-Pierre
Bel au cours d'une conférence de presse.
Le décret
publié au JO le 20 avril découle de "l'accord entre la République
française et le Saint-Siège sur la reconnaissance des grades et
diplômes", signé le 18 décembre 2008. Il concerne le baccalauréat, la
licence, le master et le doctorat, ainsi que des diplômes à caractère
religieux.
Le groupe socialiste auquel sont
apparentés les Verts (soit 115 sénateurs au total) ont entrepris cette
démarche collective pour protester contre ce texte "qui touche à la
laïcité, un des fondements de la République, et qui n'est pas soumis au
Parlement", a dit la sénatrice Françoise Cartron (Gironde).
Jean-Pierre
Sueur (Loiret) a ajouté que cet accord avec le Vatican était "contraire
au monopole de l'Etat sur la collation des grades universitaires" et
contraire à la tradition selon laquelle les diplômes dispensés dans les
établissements catholiques sont agréés par le rectorat.
Il
relève également que, selon les ministères des Affaires étrangères et
de l'Enseignement supérieur, cet accord avec le Vatican ne concernait
que les diplômes canoniques et ecclésiastiques. Or son champ
d'application est nettement plus vaste.
Déjà la
semaine dernière, les sénateurs radicaux avaient protesté contre cet
accord et annoncé leurs intentions de saisir le Conseil d'Etat.
Avant
même la publication du décret, la Conférence des présidents
d'université (CPU) avait regretté que cet accord "ravive inutilement le
débat sur la laïcité" et demandé que "les diplômes profanes" ne soient
pas concernés. L'Unsa-Education et le Comité national d'action laïque
(Cnal) avaient également protesté.
Benoît XVI avait rappelé le 12 mai dernier lors d'un séminaire intitulé: "Au delà de la crise de l'enseignement, une école catholique au service de la jeunesse"
(Italie) combien est importante la mission de
l'école catholique, le Pape a cité le récent document des évêques
italiens rappelant que son existence relève du droit de tout
citoyen à choisir l'éducation de ses enfants, droit auquel correspond
un devoir de solidarité dans la construction du tissu social.
"Pour qu'elle soit choisie et appréciée, l'école catholique doit être bien consciente de son identité ecclésiale et de son projet culturel, mais aussi de son rôle civil. En effet, elle ne doit pas être comprise comme la défense d'intérêts partisans mais comme une contribution au bien commun de la société italienne toute entière".
"il convient de favoriser l'égalité entre écoles publiques et privées, égalité qui garantit la liberté de choix".
Encore une fois, la participation du Privé à l'oeuvre publique d'éducation ne semble pas évidente pour certains. pourtant, il faut rappeler que les parents du privé paient deux fois l'école et que les communes sont défrayées des frais de scolarisation des élèves qu'elles ne prennent pas en charge. Enfin, la liberté scolaire reste un droit fondamental des parents qui implique une diversité d'acteurs et de propositions.
Pourtant dans un article paru le 15 mai 2009 dan l'Humanité, on peut lire :
Envoyer à un ami
La laïcité à l’école reste un combat
Par
François Cocq, secrétaire national du PG (Parti de gauche) à
l’éducation, et Francis Daspe, secrétaire général de
l’Agaureps-Prométhée (Association pour la gauche républicaine et
sociale-Prométhée).
L’article 89 de la
loi relative aux libertés et responsabilités locales, votée le 13 août
2004, obligeait les communes à financer les frais de fonctionnement des
élèves inscrits dans une école primaire privée sous contrat
d’association, même si celle-ci était située hors du territoire de la
commune de résidence. Précisons que le financement hors commune d’un
élève fréquentant une école primaire publique ne s’applique pas
automatiquement : il est facultatif et conditionné à l’accord préalable
du maire ! Face à l’émoi suscité par une telle mesure, tant chez les
partisans de la laïcité que dans les rangs d’élus locaux attachés à
leur école de proximité, le Sénat lui a substitué, le 10 décembre 2008,
une nouvelle disposition. La proposition de loi du sénateur Jean-Claude
Carle pose, certes, des conditions aux avantages concédés à
l’enseignement privé, mais celles-ci sont tellement vagues qu’au final,
l’article 89 continuera à produire ses effets.
Actuellement étudiée par l’Assemblée nationale, l’adoption de cette
proposition de loi aurait des conséquences désastreuses. Ce serait
ainsi ouvrir la porte à l’instauration d’un « lien de guichet » fondé
sur un financement individuel de nature consumériste entre les communes
et les familles, dans la logique du « chèque éducation » préconisé par
les libéraux. Les menaces sur le maintien de nombreuses écoles
publiques de proximité, notamment pour les classes uniques des zones
rurales, seraient puissamment aggravées par les effets de la politique
gouvernementale s’ingéniant à mettre en concurrence les établissements
en généralisant les principes conduisant à leur autonomie (ÉPEP) ou en
contournant, avant de la supprimer, la carte scolaire. Il est également
à prévoir un accroissement significatif des inégalités sociales et
territoriales : d’une part, un alourdissement des dépenses pour les
communes qui ne pourront y pourvoir qu’en augmentant les impôts locaux
- les plus injustes, vu qu’ils ne prennent pas en compte les revenus -,
d’autre part, l’obligation de fait, pour les communes les moins
fortunées (c’est-à-dire les communes rurales isolées ou celles de
banlieues défavorisées), de financer une partie des frais de
fonctionnement des communes les plus nanties, qui accueilleront ces
élèves au motif d’une image de marque meilleure. Autrement dit, pour
reprendre la formule pertinente heureusement popularisée par les
opposants, dont le collectif pour la promotion et la défense de l’école
publique de proximité : « Nanterre paiera pour Neuilly ! »
Le débat ne se résume pas à une simple question technique de financement. L’angle d’attaque retenu est en réalité double.
À la reconfessionnalisation de la société, annoncée par Sarkozy dans
son discours de Latran théorisant la prétendue « supériorité du prêtre
sur l’instituteur dans la transmission des valeurs » et l’affirmation
de son concept de « laïcité positive », s’ajoute l’aspiration des
libéraux à ouvrir les portes du vaste marché de l’éducation, estimé à 1
400 milliards d’euros annuels. Ainsi, si 95 % de l’enseignement privé
est à caractère confessionnel, les marchands visent eux aussi à ouvrir
de nouvelles écoles en bénéficiant d’un double financement, public et
privé. La même alliance du marché et du goupillon s’est traduite, dans
l’enseignement supérieur, par la reconnaissance des diplômes de
l’enseignement supérieur catholique, à égalité avec ceux décernés par
l’enseignement supérieur public. Par transitivité, et conformément aux
recommandations contenues dans le processus de Bologne ou la stratégie
de Lisbonne, c’est permettre demain la reconnaissance de l’ensemble des
diplômes du privé au nom de « la concurrence libre et non faussée », ce
qui entraînera la mise en concurrence des universités entre elles. Le
traité de Lisbonne est aussi un tableau à double entrée, lui qui refuse
toute harmonisation en matière d’éducation (article 176 B du TFUE) mais
ouvre en même temps l’espace public aux Églises (article 10 de la
charte des droits fondamentaux).
Il est donc nécessaire d’inverser les données du débat relatif aux
relations du public et du privé dans le domaine de l’école. Les
« contraintes » imposées à l’école publique sont son honneur et font de
ses missions une spécificité, dont le privé ne pourra jamais se
réclamer. Parce que l’école publique est elle seule porteuse de
l’intérêt général, il est malhonnête de parler d’une parité entre
public et privé. La seule réponse adaptée serait la mise en place d’un
grand service public laïque et unifié de l’éducation nationale, seul à
même de garantir justice sociale et cohésion territoriale au sein de
notre République. L’abrogation pure et simple de l’article 89 serait
déjà un premier pas de rééquilibrage républicain.
Communiqué de Ligue de l’Enseignement, Fédération des œuvres laïques de l’Ariège
Le Collectif laïque a attiré par courrier, en début d’année, l’attention des parlementaires ariégeois, JP Bel, F Massat, et H Nayrou sur des faits législatifs antilaïques:
- la poursuite et l’augmentation du financement de l’enseignement confessionnel dans l’enseignement professionnel et dans le primaire privé grâce notamment à l’article 89 de la loi relative aux libertés et responsabilités locales d’août 2004 qui rendait obligatoire la participation des communes aux frais de scolarisation des élèves fréquentant, hors de leur territoire, des écoles privées.
- l’accord de reconnaissance des diplômes de «l’enseignement supérieur catholique» entre la France et le Vatican.
Nos trois parlementaires nous ont remerciés de notre action militante laïque, et nous ont assurés de leur réaction en s’engageant personnellement à interpeller le Ministre de l’Education nationale, le Premier Ministre et la Ministre de l’Enseignement Supérieur.
Depuis, le nouveau texte sur l’article 89 a été examiné au Sénat. La nouvelle disposition réduit les privilèges concédés à l’enseignement privé sans les dissoudre. De façon générale, le financement ne serait plus systématique mais sous condition.
Cette proposition de loi devra aussi faire l’objet d’un vote dans les mêmes termes à l’Assemblée Nationale pour éventuellement être définitivement adoptée. Nos députés nous ont assurés qu’ils veilleraient au respect et à la défense de l’école publique, au cours des débats et par leur vote.
La réponse du Ministère de l’enseignement supérieur à la question écrite du sénateur ariégeois sur la reconnaissance des diplômes de cet enseignement supérieur est, quant à elle, parue au JO du Sénat du 26/03/09 et il nous l’a communiquée.
On y lit que «cet accord n’ouvre pas de droit nouveau» et que «la reconnaissance n’est ni automatique, ni de droit», la seule autorité compétente «pour prononcer ou non une reconnaissance pour poursuite d’études est l’établissement […] au sein duquel l’étudiant sollicite son inscription»
Cette réponse étonne et au risque de passer pour populiste, on pourrait alors s’interroger sur la pertinence de l’utilisation des impôts pour la rémunération de politiciens professionnels qui semble-t-il peuvent passer leur temps à signer des accords, qui ne serviraient, à leur propre dire, tout simplement à rien.
Les membres du Collectif laïque ne sont pas dupes. Ils ont conscience que cet accord, officialisé par le décret 2009-427 du 16 avril 2009, engage la France à reconnaître la valeur des titres et diplômes, canoniques (théologie, philosophie, droit canonique) ou profanes, délivrés par «les établissements d’enseignement supérieur catholiques habilités par le Saint-Siège» et qu’il s’agit bien d’une remise en cause du principe de laïcité de la République.
Ce point de vue est partagé au niveau national par des organisations laïques qui étudient la possibilité de déposer un recours en annulation de ce décret auprès du Conseil d'Etat.
Conférence
de Jean-Michel LEMOYNE DE FORGES, professeur agrégé des Facultés
de droit à Paris II–Assas,
**********
La notion de laïcité
Le
terme laïque vient du grec laos qui signifie le peuple. Le terme grec
laikos désigne une partie du peuple par opposition au clergé. A
l’origine, une différence est faite entre les membres de la communauté
religieuse et les ministres du culte. Le mot est appliqué au départ à
l’organisation de l’Eglise.
Au
milieu du XIXe siècle, on passe à la notion de laïcité
qui désigne, à propos de l’école, une neutralité sur les différentes
conceptions religieuses et philosophiques. Le terme laïcité appartient
au vocabulaire des idées politiques.
La laïcisation de l’école commence par la loi du 28 mars
1882 sur l’école libre, gratuite et laïque et sur l’instruction
obligatoire. Le mot laïque est ici l’adjectif qui correspond à la
notion philosophique de laïcité.
La
laïcité de l’Etat est affirmée par la loi du 9 décembre 1905
relative à laséparation
des Eglises et de l’Etat. C’est l’origine d’une déviation du
vocabulaire puisque le mot Eglise s’applique aux confessions chrétiennes
comme aux autres, comme le judaïsme. En 1905, la loi traite des
relations entre l’Etat, le catholicisme, le protestantisme et le judaïsme.
Dans un article intitulé "Quand le prêtre formera l'instituteur" Carolin,e Fourest semble oublier que l'Enseignement Privé est légal en France et qu'il se fonde sur le respect de la liberté éducative des parents et le droit inhérent aux corps intermédiaires d'assurer des fonctions sociales dont l'Etat ne saurait être le seul détenteur. Enfin, il faut concevoir que pour cette participation à une œuvre commune de formation des futurs citoyens, il est normal qu'une part du budget de cette charge soit assumée par l'état.
"En 1793, un décret de la Convention supprime toutes les universités de
France, intimement liées aux instances catholiques, pour les remplacer
par des écoles. Quelques années plus tard, en 1808, Napoléon remet les
universités au goût du jour. Mais, s’il prévoit des facultés de
théologie, il ne demande pas l’approbation de l’Eglise. Il faudra
attendre la loi du 12 juillet 1875, qui accorde la liberté de fonder
des établissements privés d’enseignement supérieur, pour que les
universités catholiques reviennent dans le paysage français.
Les évêques de France fondent alors en
quelques années cinq universités, à Paris, Angers, Lyon, Lille et
Toulouse. Elles ne resteront pas « universités » bien longtemps puisque
en 1880 une loi interdit aux établissements d’enseignement supérieur
privés de porter ce titre, du moins en France. (..)
Quant aux universités catholiques, elles restent, pour l’instant, très
prudentes à cet égard (NDLR : du nouveau décret) et évitent de communiquer sur le sujet : elles
savent que la question de la laïcité peut déclencher de vives passions
en France. Mais une reconnaissance de leurs diplômes profanes ne serait
pas pour leur déplaire : elles les mettrait sur un pied d’égalité avec
les universités publiques. Une douce revanche sur l’histoire… "
Source : Observatoire Boivigny
"Pendant plus de quinze siècles, l’enseignement du peuple français fut abandonné comme un monopole aux membres du clergé catholique.
Comment se sont-ils acquittés de la noble tâche qui leur était confié ? Demandez à l’histoire :
Si on étudie la question sans préjugés on voit qu'elle n'a pas démérité :
Ceux qui, comme Charles Félix de Savoie en 1826, refusaient que les enfants du peuple soient éduqués n'étaient pas les disciples de Jésus mais ceux de Voltaire :
Il est à propos que le peuple soit guidé, et non pas qu'il soit instruit; il n'est pas digne de l'être.
« Lettre à d'Amilaville » (19 mars 1766), dans Œuvres de Voltaire, Voltaire, éd. Hachette, 1862, t. 31, p. 164
Proposé par le très radical "Média part" un article de : Le Radical Poitevin, Mardi 31 Juillet 1900. N°5.
"Pendant plus de quinze siècles, l’enseignement du
peuple français fut abandonné comme un monopole aux membres du clergé
catholique.
Comment se sont-ils acquittés de la noble tâche qui leur était confié ? Demandez à l’histoire.
Ils ont étouffé toute tentative d’émancipation
intellectuelle depuis Abélard jusqu’à Galilée, et toute l’œuvre
d’enseignement indépendante depuis l’austère et savante école de
Port-Royal jusqu’aux humbles prêches des martyrs du désert. Ils ont
entretenu les enfants du peuple dans la pieuse ignorance des bêtes ;
ils ont étouffé sous l’autorité du dogme, la terreur de l’enfer, et la
foi aux mystères les lueurs de l’intelligence qui cherchaient à se
faire jour – enfin, ils ont légué à la Révolution un peuple d’enfants
ignorants et terribles, un peuple qui ne savait pas lire.
Était-ce de l’incurie ? comme on l’a souvent répété.
Il faut croire plutôt que ce fut un système.
L’ignorance est sœur de la servitude ; or il s’agissait de faire des âmes d’esclaves à une nation de sujets.
C’est si vrai qu’en 1826, un prince italien,
Charles Félix de Savoie, osait encore rendre un décret qui interdisait
l’enseignement de la lecture et de l’écriture aux enfants dont les
parents ne pouvaient justifier d’un revenu d’au moins 1500 livres.
C’est si vrai que jusqu’à nos jours l’enseignement
primaire et laïque est attaqué avec un acharnement sans trêve ni
merci ; et c’est sur ce terrain que la République à dû livrer ses
principales batailles.
En d’autres termes, les gouvernements d’autrefois
étaient fondés sur l’ignorance, seule garantie de leur stabilité, et la
République fille du peuple est aussi fille de la lumière et de la
science. Le développement de l’instruction publique sera donc la mesure
de sa force et de sa prospérité.
C’est la Révolution, mes enfants, la Révolution,
objet de tant de haine et d’enthousiasme, c’est la Révolution maudite
et sacrée, qui nous a tirés de ces abîmes d’ignorance et de servitude.
Aussitôt que les philosophes du XVIIIe siècle
élevèrent la voix dans la silence universel, ils furent entendus. Et
comme la vérité est cent fois plus forte que l’erreur, comme le bien
est cent fois plus de bien que le mal ne produit de mal, les principes
éternels de justice et de vérité qui sommeillaient dans la conscience
des hommes se réveillèrent.
C’en était fait du passé, l’on allait apprendre à lire.
Les conventionnels en effet n’eurent pas de souci
plus ardent que de créer l’enseignement national à tous les degrés pour
faire des français « un peuple neuf ».
L’élan était donné.
Je ne vous retracerai pas toutes les étapes,
toutes les phases de la lutte, victoires ou défaites, reculs ou marches
en avant. Permettez-moi seulement de rappeler à votre mémoire les
hommes qui dans notre siècle ont le plus fait pour vous, les Guizot,
les Duruy, les Paul Bert, les Jules Ferry et les Jean Macé dont les
noms resteront illustres moins par leur travaux de politique, de
science ou d’histoire, que par la vigoureuse et définitive impulsion
qu’ils ont su imprimer en France au mouvement de l’instruction laïque.
Enfants, croyez moi bien, vous n’aurez jamais
assez de reconnaissance envers ces grands bienfaiteurs, car après vos
parents, personne, jamais, n’a fait autant pour vous.
C’est à eux que vous devrez un jour le meilleur de
vous même, tout ce que vous pourrez être comme hommes et comme citoyens
– c’est à eux que dès aujourd’hui vous devez l’épanouissement naissant
de votre intelligence et cet incomparable personnel de notre
enseignement primaire, ces seconds pères de vos âmes qui sont vos
institutrices et vos maîtres.
Ceux-là ne vont pas comme les maître du passé
berçant leurs esprits dans des rêves mystiques ; ils croient à la
science, au progrès indéfini et n’enseignent rein qu’ils ne puissent
démontrer.
Ce sont des hommes dans le vrai sens du mot, mêlés à la vie réelle et au monde qu’ils ont la charge de vous faire connaître."
Hier, le 29 mars, marquait le 10e anniversaire de la publication du
rapport du Groupe de travail sur la place de la religion à l'école,
rapport intitulé Laïcité et religions. Perspectives nouvelles pour
l'école québécoise. Ses 17 recommandations ont presque toutes été mises
en oeuvre grâce au concours généralement unanime de l'Assemblée
nationale et des gouvernements qui se sont succédé depuis 1999. Elles
ont permis de modifier de façon significative le portrait du système
éducatif québécois qui est devenu depuis la rentrée de septembre 2008,
entièrement laïque.
Tony Blair déclare : " J'espère
et je crois que des faits témoignant de l'interdiction faite à des
personnes d'exprimer leur foi restent exceptionnels ou proviennent de
décisions individuelles grotesques"*. Il se réfère à Caroline Petrie**,
une infirmière suspendue de son travail pour avoir proposé à une
patiente de prier avec elle. Tony Blair affirme que " les personnes doivent pouvoir être fières de leur foi et l'exprimer quand elles le souhaitent ". *
* Interview donnée à the Church of England Newspaper
** voir mon article du 6 février "Quand proposer de prier pour quelqu'un peut conduire à risquer de perdre son travail "
Déclarations
de Tony Blair : " I hope and believe that stories of people not being
allowed to express their Christianity are exceptional or the result of
individual ludicrous decisions", " My wiew is that people should be
proud of their Christianity and able to express it as they wish".
Le ministre allemand de
l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, plaide pour un enseignement de l’islam
au sein des écoles publiques. Lors d’une visite dans un établissement
du Bade-Wurtemberg (sud de l’Allemagne) qui a introduit ces cours, en
allemand, le ministre a recueilli le témoignage d’enseignants qui
évoquent «des effets manifestement positifs sur le comportement social
des élèves». Pour que ces cours soient créés dans les écoles, les
communautés musulmanes doivent se regrouper localement au sein d’une
association confessionnelle qui sera validée par l’Etat, et accepter
que l’enseignement soit dispensé en allemand. Des cours sur l’islam ont
déjà été créés dans plusieurs Länder, notamment en Bavière et en
Rhénanie du Nord-Westphalie. Focus, www.focus.de, 9 mars 2009
Le Saint-Siège et l'Etat allemand du Schleswig-Holstein ont en effet
signé, le 12 janvier à Kiel, siège de la Chancellerie d'Etat du Land,
un accord régissant les rapports entre l'Eglise et l'Etat notamment
dans les domaines de l'éducation et de l'action sociale et sanitaire.
C'est un accord qui « reconnaît le rôle de l'Eglise catholique dans
la société du Land Schleswig-Holstein », souligne le Saint-Siège.
Il
établit entre autres, indique un communiqué du Vatican « les normes
concernant l'enseignement de la religion catholique dans les écoles
publiques », mais aussi « la reconnaissance » par l'Etat des écoles
gérées par l'Eglise.
D'autres articles concernent « la
formation universitaire, l'activité de l'Eglise dans les domaines
pastoral, social, sanitaire et caritatif », mais aussi l'impôt
ecclésiastique, et la maintenance des édifices ecclésiastiques sujets à
une protection en tant que monument.
Rappelons que chaque
« Land » allemand a son Parlement et son propre gouvernement, qui
négocie directement les accords avec le Saint-Siège.
PARIS, 6 jan 2009 (AFP) - Accord France-Vatican sur les diplômes: précisions du gouvernement français
Les
ministères des Affaires étrangères et de l'Enseignement supérieur ont
précisé mardi qu'un accord passé avec le Vatican en décembre sur la
reconnaissance de diplômes de l'enseignement supérieur laissait la
liberté aux universités de reconnaître ou non ce niveau de diplôme.
Via
cet accord, passé en décembre, "il s'agit de faciliter la lisibilité
des diplômes délivrés par des établissements catholiques en permettant
la reconnaissance d'un niveau universitaire qui facilitera aux
étudiants leur poursuite d'études", précise un communiqué des deux
ministères.
Mais "les universités [conservent] leur liberté de reconnaître ou non ce niveau de diplôme", ajoute-t-il.
Lundi,
dans une lettre ouverte au chef de l'Etat, la Conférence des présidents
d'université (CPU) avait regretté que cet accord "ravive inutilement le
débat sur la laïcité". Elle avait réclamé "que les diplômes profanes ne
soient pas concernés" par ce texte.
L'Unsa-Education
et le Comité national d'action laïque (Cnal) avaient aussi dénoncé cet
accord, en décembre, y voyant une "atteinte fondamentale à la laïcité
de la République et de l'Université".
Selon les
deux ministères, "sont visés par cet accord les diplômes canoniques
délivrés par les universités catholiques et les établissements
d'enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège, ainsi que
les diplômes ecclésiastiques directement délivrés par les facultés
ecclésiastiques sous l'autorité du Saint-Siège".
Cet
accord "s'inscrit comme pour tous les accords avec les autres Etats
européens dans le cadre du +processus de Bologne+" (processus de
reconnaissance et d'harmonisation des diplômes au niveau européen,
ndlr), ajoute-t-il.
Lundi 5 janvier, l'instance représentative de la communauté universitaire a adressé au président de la République une lettre ouverte intitulée "Chronique d'une crise annoncée dans les universités", dans laquelle elle demande à Nicolas Sarkozy d'"apporter des réponses précises et durables" et de "prendre le temps de la réflexion" sur un certain nombre de réformes en cours.
NDLR : Il est remarquable qu'en conclusion de sa lettre, la Présidence des Universités de France demande à M. Sarkozy la remise en cause de l'application de la reconnaissance des diplômes entre état selon la convention de Bologne à l'endroit unique du Vatican.
Le Vatican n'est pas un Etat ?
L'université française issue des studiums théologiques médiévaux a t elle oublié que la pensée n'est pas née avec la modernité ?
L'UNEF a exigé mardi l'annulation d'un
accord de reconnaissance des diplômes canoniques et ecclésiastiques
signé entre la France et la Vatican. Le premier syndicat étudiant
estime que ce texte "foule aux pieds les principes laïcs de la
République et de l'enseignement supérieur et ouvre une brèche dans le
monopole public de délivrance des diplômes nationaux".
Mardi, les
ministères des Affaires étrangères et de l'Enseignement supérieur ont
déclaré dans un communiqué que la signature de cet accord en décembre
dernier "s'inscrit comme pour tous les accords avec les autres Etats
européens dans le cadre du 'processus de Bologne'".
Selon le
communiqué commun, la Conférence des présidents d'université (CPU)
était au courant de cet accord "avant sa signature", un accord qui vise
à "faciliter la lisibilité des diplômes délivrés par des établissements
catholiques en permettant la reconnaissance d'un niveau universitaire
qui facilitera aux étudiants leur poursuite d'études, les universités
conservant leur liberté de reconnaître ou non ce niveau de diplôme".
Les
deux ministères ont rappelé que "sont visés par cet accord les diplômes
canoniques délivrés par les universités catholiques et les
établissements d'enseignement supérieur dûment habilités par le
Saint-Siège, ainsi que les diplômes ecclésiastiques directement
délivrés par les facultés ecclésiastiques sous l'autorité du
Saint-Siège".
De son côté, l'Union nationale des étudiants de
France parle dans un communiqué diffusé d'une "décision prise en
catimini", qui "constitue la mise en application du discours de Latran
de Nicolas Sarkozy, qui regrettait que l'Etat 'répugne à reconnaître la
valeur des diplômes des établissements d'enseignement supérieur
catholique'".
"Cet accord foule aux pieds les principes laïcs de
la République et de l'enseignement supérieur et ouvre une brèche dans
le monopole public de délivrance des diplômes nationaux", estime l'UNEF.
Pour
le syndicat étudiant, "si les établissements privés catholiques ont le
droit de disposer de leurs formations propres, l'Etat a le devoir de
garantir des règles nationales claires aux diplômes nationaux en termes
d'absence de sélection, de modalités d'évaluation, d'adossement des
formations à la recherche, et de garanties d'indépendance des savoirs".
"En
permettant une reconnaissance automatique de ces diplômes canoniques ou
de théologie, l'Etat renonce à toute évaluation scientifique de leur
contenu, jusqu'à présent du ressort de jurys rectoraux ou effectué par
le biais de conventions avec une université publique", ajoute l'UNEF.
L'UNEF
affirme en outre que "le processus européen de Bologne, non
contraignant pour les Etats, n'impose nullement une telle
reconnaissance automatique et se trouve pris en otage par la volonté
présidentielle de réchauffer les relations entre la France et le
Vatican".
Dans les charges échouant aux familles usant de leur droit à la liberté scolaire en inscrivant leur enfant dans le privé, ce qui coince, ce n’est pas tant le coût de la scolarité - 300 euros
dans le primaire - que celui de la restauration et du transport
scolaire. Explication avancée : contrairement au public, les cantines
du privé ne sont pas subventionnées par les collectivités locales...
Ainsi, un repas revient à 6 euros dans le privé, contre 2 à 3 dans le
public.
Le
dispositif instaurant un droit d'accueil dans les écoles primaires a
été étendu aux écoles privées sous contrat par l'Assemblée nationale
lors de sa séance du 16 juillet. Un amendement allant dans ce sens et
précédemment rejeté par la commission des Finances a été repris à son
compte par le ministre de l'Education nationale. Toutefois, le service
sera mis en place par les organismes de gestion (OGEC) et non par les
communes.
Source Droit d'accueil : l'Assemblée
nationale vote l'extension du dispositif aux établissements privés sous
contrat, Adrien Borga, dépêche de l'AEF, 16 juillet 2008, n° 99469.
Le cours d'éthique et de culture religieuse continue de faire des
vagues. La Coalition pour la liberté en éducation veut informer les
parents des enjeux de ce nouveau cours qui sera obligatoire dès la
rentrée scolaire.
La Coalition préconise le maintien des cours de morale et
d'enseignement religieux et veut inciter les parents à demander une
exemption de cours.
C'est ce qu'a fait France Marcotte, dont les enfants fréquentent des
écoles des commissions scolaires des Découvreurs et de la Capitale.
« Je suis contre le fait que le gouvernement impose ce cours-là, qu'il
ne donne pas le libre choix aux parents les principaux éducateurs des
enfants. Ça touche des valeurs profondes de la personne et le
gouvernement n'a pas à imposer sa philosophie », fait valoir Mme
Marcotte.
La présidente de l'Association des parents catholiques du Québec,
Jean Morse Chevrier, estime pour sa part que le cours est dispensé trop
tôt au primaire et que le contenu peut porter à confusion.
Au canada, l'enseignement de la religion catholique vient d'être
bannie de l'enseignement public où il régnait par tradition au profit d'un
cours d'éthique citoyenne. Cette décision formalise le mouvement de
sécularisation que connait le pays depuis plusieurs décennies.
Du coup certains ténors du laïcisme plaident pour l'interdiction
de la cathéchèse dans l'enseignement privé.
Réaction dans Le Devoir, de
Jean-Pierre Proulx, Professeur à la faculté des sciences de l'éducation de
l'Université de Montréal à la tribune d'un journaliste de cette plaidoirie :
"Dans sa chronique de samedi dernier intitulée Laïcité à deux vitesses,
Michel David conteste le fait que les élèves fréquentant les écoles privées
pourront, en sus du cours d'éthique et culture religieuse obligatoire, recevoir
un enseignement religieux confessionnel, alors que ceux du public ne pourront
suivre que le premier. [...]
Soit dit avec respect, le commentaire de M. David
repose sur une mauvaise compréhension de la raison d'être de l'école privée et
une méconnaissance des règles de droit qui la régissent.
Dans les pays où l'école publique est laïque -- c'est le cas aux États-Unis et
quasi partout au Canada et en France --, l'école privée a précisément pour but
de permettre aux parents l'exercice de leur liberté de religion à l'égard de
l'éducation de leurs enfants. En laïcisant complètement l'école publique, le
Québec vient précisément d'entrer dans le même camp.
Or les instruments juridiques internationaux auxquels le Québec a souscrit
garantissent précisément aux parents le droit de faire éduquer leurs enfants
conformément à leurs convictions religieuses.
Question de droits
D'abord, la Déclaration universelle des droits de l'homme affirme que «les
parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à
leurs enfants». Si le libellé de cette disposition est volontairement vague, le
Pacte international relatif aux droits économiques et sociaux des Nations unies
en précise la portée: «Les États parties au présent Pacte [c'est le cas du
Québec] s'engagent à respecter la liberté des parents [...] de choisir pour
leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics, mais
conformes aux normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par
l'État en matière d'éducation, et de faire assurer l'éducation religieuse et
morale de leurs enfants, conformément à leurs propres convictions». [...]
Les écoles privées du Québec respectent effectivement les «normes minimales»
prescrites par l'État puisqu'elles sont assujetties au régime pédagogique et
appliquent les programmes dans les «matières obligatoires» du ministère de
l'Éducation communs à toutes les écoles.
Obligations
Parmi ces matières obligatoires se trouve le programme d'éthique et de culture
religieuse, un programme non confessionnel qui vise, non pas à endoctriner ou
catéchiser les élèves, mais à former des citoyens cultivés, réciproquement
tolérants et accueillants, et capables d'entrer en dialogue. Les écoles privées
doivent respecter aussi le «temps minimum prescrit», soit 25 heures par
semaine.
Mais pour le reste, elles sont libres de proposer à leurs élèves ce qu'elles
veulent bien, d'ajuster en conséquence leurs horaires et de décider du temps
que leurs élèves passent en classe. Évidemment, les écoles privées destinées à
une confession particulière peuvent enseigner la religion propre à cette
confession. On comprend qu'une école juive enseigne à ses adeptes les croyances
et les préceptes de la Torah, une école musulmane, ceux du Coran, une école
catholique, ceux des Évangiles, etc. Les écoles privées existent précisément
pour cela!
Bref, il n'y a pas «laïcité à deux vitesses», mais laïcité à l'école publique,
et confessionnalité dans les écoles privées qui choisissent de se définir par
une appartenance religieuse particulière.
Iniquité
Michel David voit pourtant une «iniquité» à ce que les écoles privées
confessionnelles subventionnées enseignent leur religion en sus du programme
d'éthique et de culture religieuse, alors que les écoles publiques ne le
peuvent pas.
L'iniquité se trouve en fait du côté de ces parents qui, bien que désireux que
leurs enfants reçoivent un enseignement religieux confessionnel dont ils sont
privés à l'école publique, ne pourraient accéder à l'école privée faute de
moyens financiers. Ils se verraient donc ainsi empêchés d'exercer un droit
fondamental qui leur est garanti, et qui découle de la liberté de conscience et
de religion. L'objection est pertinente.
Dans une grande ville du nord de la France,
Christine croise sur un parking une religieuse en tenue, donc visible
et reconnaissable. Elle raconte. « C’est si rare de
rencontrer des prêtres ou des religieuses en habit que je n’ai pas
hésiter à lui lancer un “bonjour ma sœur”, ce qui a provoqué une
discussion sympathique. Dans la conversation, la religieuse m’apprend
qu’elle est enseignante dans un lycée technique privé, mais qu’elle
elle sera priée de retirer sa tenue religieuse et son voile la semaine
ou des élèves vont venir bientôt "passer" les épreuves du Bac dans son
établissement. »
NDLR : L'établissement privé fait ici preuve d'un rare zèle car selon les textes oficiels, la loi sur les symboles religieux ne s'applique pas pour les centres d'examen : "Les signes religieux : La loi sur les signes religieux ne s'applique pas dans le cadre des examens. Il est néammoins nécessaire de procéder à la vérification d'identité obligatoire. Cette vérification se fera dans un endroit discret. En cas de refus de la candidate, notez ce refus au procès verbal et laissez la candidate composer. Le jury prendra une décision." Bac Info : documents émis par le SIEC
L’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (l’AEFO)
déplore le manque de collaboration entre les conseils scolaires publics
et catholiques de langue française.
«Au lieu d’avoir deux petites écoles à moitié vides, pourquoi ne pas
réunir les ressources des deux conseils sous le même toit? Il pourrait
y avoir un partage des laboratoires informatiques, des gymnases et de
la cafétéria. Les deux institutions auraient ainsi la latitude pour
donner un plus vaste éventail de cours et ainsi améliorer la qualité de
l’enseignement», a expliqué le président de l’Association des
enseignantes et enseignants franco-ontariens.
Ce dernier note
cependant qu’il y aurait un défi à relever, celui pour les deux
conseils scolaires, public et catholique, d’afficher chacun clairement
leur identité et valeurs, le tout dans un même bâtiment.
Le président de l’AEFO tend vers un modèle de «fusion, avec le maintien des identités distinctes des deux institutions».
Paul Taillefer relate l’exemple d’une école à London où dans une
section de l'édifice se donne l’éducation catholique et de l’autre,
publique. Les élèves s’entrecroisent quotidiennement dans des aires
communes.
Source : VISION - 8 mai 2008 - par Samuel Blais-gauthier
NDLR : Si cette collaboration répond à des contraintes spécifiques au canada (langue française), les petites structure rurales en France ont un enjeu similaire. Une collaboration supposerait une pleine reconnaissance de la subsidiarité de l'école privé dans l'œuvre d'instruction de l'Etat.
Soutien scolaire: Darcos critique une décision de la mairie de Roanne (Loire)
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a jugé mardi "pas acceptable" qu'un professeur venant de l'enseignement privé sous contrat se soit vu refuser par la municipalité socialiste l'accès d'une école publique à Roanne (Loire) pour participer à un stage de remise à niveau.
A l'Assemblée nationale, le député UMP Yves Nicollin (Loire) a dénoncé un incident survenu pendant les vacances de printemps à Roanne. Selon lui, deux groupes de 6 élèves inscrits à ces stages de rattrapage la première semaine des vacances de Paques, devaient être encadrés par un enseignant du public et un enseignant du privé.
Mais ce dernier s'est vu interdire l'accès à l'établissement public "en vertu du principe de laïcité", annulant du coup les cours pour six élèves.
"Comment peut-on refuser un enseignement a des élèves volontaires ?", s'est demandé le ministre ajoutant: "est-ce acceptable qu'un professeur qui est sous contrat d'association avec l'Etat, donc qui a la même responsabilité, le même diplôme, la même compétence et les mêmes engagements vis-à-vis du service national de l'éducation soit écarté au motif qu'il vient de l'enseignement privé sous contrat ?".
"Il y a là quelque chose qui n'est pas acceptable et le maire adjoint de Roanne, sous prétexte qu'il est socialiste, qui a décidé de prendre cette décision, doit être condamné par ses amis politiques" a déclaré le ministre. Source : AFP
Michel Reynaud, directeur de l'unique classe privée de la commune
de Boyer, devait encadrer des stages de remise à niveau dans une école
publique de Roanne dès le lundi 21 avril 2008. Or, la municipalité
roannaise lui a refusé l'entrée dans cette école par respect du
principe de laïcité. L'Inspection académique de la Loire a proposé une
autre école dans le roannais à cet instituteur pour encadrer ces
nouveaux stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires.
L'UDAPEL parle de "prétextes arriérés et fallacieux".
Le 2 avril, se tenait à Strasbourg, au Conseil de l'Europe, la RENCONTRE 2008 SUR LA DIMENSION RELIGIEUSE DU DIALOGUE INTERCULTUREL sur le thème :
« L’enseignement des faits religieux et
relatifs aux convictions — Outil de connaissance des faits religieux et relatifs aux convictions au
sein de l’éducation ; contribution à l’éducation à la citoyenneté démocratique,
aux droits de l’homme et au dialogue interculturel »
RÉSUMÉ
Il ressort de la jurisprudence de la Cour que les États sont libres
d’organiser l’enseignement scolaire comme ils l’entendent mais seulement à
condition que les convictions religieuses et philosophiques des parents soient
respectées : soit en garantissant le pluralisme et l’objectivité de
l’enseignement, soit en prévoyant pour les enfants la possibilité d’une
dispense totale de l’enseignement en question.
La Fédération française du Droit Humain représentée par son Président, Monsieur Michel Payen, a été reçue le 8 avril 2008 par le Président de la Commission Européenne, Monsieur José-Manuel Barroso,dans une délégation composée de la Grande Loge Féminine de France, du Grand Orient du Portugal et du Grand Orient de France.
Dans son communiqué, on peut lire : "le principe a été retenu d’une communication des Ordres et Obédiences Maçonniques libérales et adogmatiques avec les services de la Commission en tant que de besoin. Aussi, la Fédération française du Droit Humain fera-t-elle dans un avenir proche une proposition de recommandation concernant le principe d’émancipation qui devrait sous-tendre l’ensemble des systèmes éducatifs en Europe, en relation directe avec la reconnaissance de l’apport des Lumières dans la culture commune des peuples qui la composent et en accord avec les principes de la Charte des Droits fondamentaux"
Comment absorber progressivement l'enseignement privé dans le public ?
A coups de débat sur la laïcité ?
Non, à coups de contraintes gestionnaires !
Après l'imposition d'un logiciel de déclaration des charges des enseignants en vue de leur paye STS, en septembre, véritable espion sur le choix des enseignants, la répartition horaire des matières et le profil des élèves, les Rectorats tentent actuellement de forcer la main du privé en lui imposant une application d'affectation des élèves de fin de troisième et de post BEP - AFFELNET - qui ne laisse aucune place ni à la liberté des familles de démarcher librement plusieurs établissements,ni peut être d'ici quelques années aux établissements privés de choisir leurs élèves. Que les directions diocésaines tiennent bon !
Du reste dans cette procédure déjà existante sous l'appellation PAM, il est bon de noter que les candidats issus du privé à un lycée public se voyaient attribuer un point de bonus de moins que les candidats issus d'un collège public. De quoi ne jamais être à égalité.
Il semble donc qu'il y ait deux catégories de citoyens et de contribuables : une famille et un élève ayant fait le choix du privé valent moins que leurs alter ego du public ! A quand l'étoile jaune ?
Sur le site "Pro Choix News" : "En attendant la liste des ouvertures de classe, la direction de
l'enseignement catholique aurait reçu 180 propositions des diocèses ou
congrégations, après appel à candidatures. Fernand Girard, chargé du
dossier auprès du secrétaire national à l’enseignement catholique Eric
de Labarre, aurait choisi des structures pédagogiques privées en
direction d'élèves décrocheurs, comme les "Orphelins apprentis
d'Auteuil" du diocèse d'Auteuil ou les "Ecoles de production "
d'obédience jésuite, espérant demander au ministère de revoir le
plafond des 50 classes pour la rentrée 2008 !! Pour Xavier Darcos, il
s'agit d'un effort demandé au privé "dans le cadre de sa participation
au service public d'éducation", de lutter contre les inégalités et de
favoriser la mixité sociale … On rappellera qu’en 2006 à l’occasion
d’une convention UMP dédiée à l’enseignement supérieur, à la recherche
et à l'éducation, la directrice des études du parti Emmanuelle Mignon
entendait "trouver un moyen pour que les familles de banlieue puissent
bénéficier des savoir-faire des établissements catholiques et d'un vrai
choix entre école privée ou publique".