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Lundi, 28 juin 2010

Le droit à l’enfant

Profitons de cette Gay Pride 2010 pour revenir sur un sujet qui occupe les esprits depuis quelque temps : l’homoparentalité.

La question de savoir si des couples homosexuels peuvent adopter ou se faire faire un enfant avec l’aide d’un tiers est au centre d’interrogations à la fois politiques, éthiques, biologiques, juridiques, psychanalytiques et sociales.

La plupart des gens n’ont pas vraiment d’avis sur la question. Ils ne sont pas contre, mais un léger quelque chose les gêne sans savoir vraiment quoi. Ils voudraient bien se laisser convaincre, pourtant…

Quant aux partisans de la cause homoparentale, ils revendiquent une égalité de droits entre homos et hétéros, l’idée qu’un enfant a besoin avant tout d’amour (qu’ils sont capables de donner autant qu’un couple hétéro) et que l’éducation d’un enfant n’a pas de sexe. La chose est claire et entendue.

Remarquons au passage qu’homosexualité ne rime pas nécessairement avec homoparentalité puisque Karl Lagersfeld him-self s’en défendait récemment en arguant que les gays ne s’étaient pas battus durant toutes ces années pour un droit à la différence à seule fin de tomber dans le cliché bourgeois de la famille avec enfants.

Le psychanalyste Jean-Pierre Winter s’est penché sur cette question qui flotte dans l’air avec son regard de thérapeute (« Homoparenté » chez Albin Michel) ; et le résultat est prodigieux d’à-propos et d’intelligence.

Tout d’abord, parce qu’il ne tombe pas dans le politiquement correct. Winter décortique chacun des arguments avancés par les partisans de la cause homoparentale et pointe ensuite l’ensemble des problèmes juridiques, éthiques et psychologiques posés par l’homoparentalité. Chacun pourra ou non se laisser convaincre, mais ne sera pas à court d’idées…

Ensuite, parce que Winter va au-delà de la simple question de l’homoparentalité. Il nous offre au fil de son livre une véritable lecture des rapports parents-enfants et du rôle que doit tenir chacun. On passe alors au peigne fin sa propre expérience de la famille et le résultat donne envie de poursuivre la réflexion.

De façon plus concrète, que raconte Winter ?

Que l’argument de l’amour ne suffit pas à justifier l’homoparenté, car que de crimes ne commet-on pas au nom de l’amour ? Le pédophile, lui-même, adore les enfants… Quant à l’éducatif, il est certain que les couples homos peuvent faire aussi mal que les hétéros. Le débat doit donc se placer ailleurs…

Sur le terrain du droit pour commencer, nous dit Winter. Et au premier chef parce que les homos, en tant qu’individus, ont les mêmes droits que les hétéros. Rien ne les empêche ainsi de faire des enfants avec un individu de l’autre sexe. Et de conclure finement que l’homosexualité n’est en rien une identité (comme le nom, le prénom, la nationalité font partie de notre identité). Vouloir le contraire serait mettre le doigt dans l’engrenage du totalitarisme et d’une période bien sombre…

Winter nous met en garde, car accéder à la demande des homoparentaux octroierait ainsi des droits spécifiques à une communauté en fonction de ses préférences sexuelles, ce qui serait la porte ouverte à toutes les revendications communautaires de nature justement à rompre l’égalité des droits entre les citoyens et faire de la loi non pas une limite à la jouissance mais un fourre-tout à pulsions.

La question juridique centrale est donc de savoir si la loi doit construire en droit de la famille de véritables fictions (un enfant fruit de l’union de deux hommes ou de deux femmes) sans rapport avec la réalité. Comment d’ailleurs la loi naturelle (faire des enfants demande un homme et une femme) peut-elle être contraire au droit positif ?

Sur le terrain de la psychanalyse, les arguments de Winter s’appuient sur la nécessaire concordance entre le réel et le symbolique dans la construction psychique de l’enfant. Comment, en effet, comprendre que deux hommes sont couchés dans le lit parental, qu’ils ne peuvent faire d’enfants, (voilà donc le réel), et qu’ils sont papa et maman (voilà le symbolique) ? L’enfant va ainsi se construire sur un impossible (réel) possible (symboliquement). Aïe…

La revendication du droit à l’enfant (et non « de l’enfant », dont il n’est jamais question) est ainsi en phase avec l’individualisme social ambiant, où le « ça » réclame tout, et tout de suite, au nom d’un état, social ou religieux, quitte à tordre la Loi pour parvenir à la jouissance.

Les arguments sont nombreux et les pistes d’une richesse peu commune. Il faut lire ce livre, parce qu’il offre, au-delà de sa question centrale, une véritable réflexion sur les êtres sans limites que nous sommes devenus.

Source

Vendredi, 18 juin 2010

Les pièges de la mixité scolaire

Michel Fize. Presses de la Renaissance, septembre 2003. 276 p., 18 €.

Réussite des filles et échec des garçons
Désarroi des élèves et déprime des enseignants
Comportements sexistes et violences sexuelles

Introduite officiellement au milieu des années 1960, la mixité s'est imposée à l'ensemble des établissements publics et à une majorité des écoles privées. À partir de résultats d'enquêtes de sociologie de l'éducation, l'auteur montre que la mixité vue par les médias pose des problèmes qui ne sont pas les vrais. « Beaucoup d'hypocrisie règne dans ce domaine, accrue par la confusion entre mixité et égalité. » L'enjeu est d'imaginer des correctifs selon trois propositions : à l'école primaire, renforcer la mixité où elle n'est pas (dans les jeux récréatifs) ; au lycée, laisser les choses en l'état  (où la mixité est de toute façon partielle du fait des sections et des types d'enseignement) ; enfin, accorder toute attention à l'espace du collège, lieu à problème, car là, chez de jeunes individus qui mûrissent différemment, se concentre le maximum de violence.

Vendredi, 11 juin 2010

Ciel, ma dictée !

Ciel, ma dictée !

Ciel, ma
dictée !

 

Editions First
Collection
"Au pied de la lettre"
mars 2010
IBSN 2754016031


La dictée est aux méninges ce que le jogging est aux muscles, le canter au trotteur, les tours de piste au cycliste, la méditation au penseur, le plan de vol au pilote, l’anguille à la matelote…

Soixante extraits de romans, signés des grandes plumes d’hier ou d’aujourd’hui, vous sont proposés dans ce livre.

Ce sont des extraits courts, la dictée n’étant pas un marathon d’orthographe dont on sort épuisé avec un sentiment d’échec.

Voilà pourquoi le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et la conjugaison sont examinés à la loupe dans chaque texte, et font l’objet de rubriques spécifiques à lire avant la dictée...

 

"J’ai été professeur de français. J’enseignais à des élèves de sixième. J’aimais, j’aime cet âge. Leur enthousiasme, leur gaieté, leurs petites combines, toute cette fantaisie de l’enfance qui ne s’est pas encore dissoute (dissoute ou dissolue ?) (voyez comme les difficultés de cette langue sont bénéfiques… ce que l’on perd en rigueur, on le gagne en nuance…) délayée, disons, dans les affres de l’adolescence..."
Début de la préface d'Anna Gavalda

 

La dictée de Jean-Joseph Julaud au Salon du livre, le 27 mars 2010
Photo ©Olivier Dion

"La Dictée pour les Nuls" : dictée lue par Jean-Joseph Julaud au Salon du Livre de Paris 2010.

Texte de la dictée (Pdf, 316 ko).

Mardi, 8 juin 2010

Contre expertive d'une trahison



Il y a quelques annés, à la fin 2002, Agnès Joste interrogée  avait publié un essai qui dénonçait la réforme du français au lycée.

On trouvera ci-dessous la description du livre faite par l'éditeur.

Promulguée en septembre 1999, la réforme de l'enseignement du français au lycée a déjà connu plusieurs remaniements.

Hésitations, errements, incohérences théoriques, méthodologie douteuse, et avant tout un superbe mépris du travail de concertation avec les enseignants, auront présidé à cette manière, pour le moins surprenante de la part d'un groupe d'« experts », de procéder à l'accouchement de la réforme...

Qu'en est-il donc de ces programmes ? Une fois dépassé l'obstacle du jargon linguistico-pédagogique, on ne reconnaît plus grand-chose de la discipline — que l'on soit professeur ou parent d'élève, ayant encore en mémoire les cours du lycée. Disparue la notion d'auteur, disparue l'histoire littéraire, disparue l'analyse des œuvres pour en dégager le sens...

Agnès Joste, professeur de lettres, s'est livrée à une lecture méticuleuse et édifiante des textes du ministère ; où l'on découvre que la conception de la littérature qui y est véhiculée est une conception techniciste, qui vise avant tout à inculquer aux élèves, non pas une liberté d'esprit, mais des techniques communicationnelles et consensuelles ; que le dénigrement de l'étude de la littérature va de pair avec un mépris des professeurs et de leur désir de transmission des savoirs.

Agnès Joste est membre du collectif « Sauver les lettres », qui entend mettre fin à la surdité du ministère et des inspecteurs et ouvrir le débat. Un débat qui ne concerne pas que leur profession, on l'aura compris. Parce qu'il y va de la formation de nombreuses jeunes générations, de la maîtrise de leur langue, de la lecture des grandes oeuvres littéraires et de la culture.

Contre-expertise d'une trahison
La réforme du français au lycée

Par Agnès Joste, membre du collectif « Sauver les lettres »
Préface d'Henri Mitterand
éditions Mille et une nuit, Paris, 2002
266 pages, 12 euros

Samedi, 5 juin 2010

Les CM1 partiront en vacances avec les Fables de la Fontaine sous la main

Une partie d'entre eux doit recevoir d'ici à la fin du mois les Fables illustrées par Marc Chagall. Une opération qui s'inscrit dans le plan de lutte contre l'illettrisme de Luc Chatel. Une partie des 800 000 élèves des classes de CM1 devraient partir, cet été, avec un exemplaire des Fables de La Fontaine sous le bras, joliment illustrées par des gouaches colorées du peintre Marc Chagall. Les écoles volontaires pour mettre en place un «projet pédagogique» autour de l'ouvrage en recevront un pour chacun de leurs élèves d'ici à la fin juin. Lire la suite

Mercredi, 26 mai 2010

L’école selon Claire Mazeron : tout fout le camp !

Claire Mazeron, 33 ans, professeur, agrégée de géographie, est vice-présidente du SNALC, le Syndicat National des Lycées et Collèges :

Avant, “à sa sortie du système scolaire, avec ou sans certif’, le petit paysan auvergnat ou corse avait appris le français et l’écrivait souvent sans fautes. Mieux, il gardait souvent un souvenir ému et respectueux de son instituteur, “sévère mais juste”. Aujourd’hui, l’adolescent défavorisé -quoique diplômé – des quartiers nord de Marseille parle encore à sa majorité la langue du ghetto - trois cents mots de vocabulaire éructés et inaudibles – et traite à l’occasion son professeur de “connard” sous l’oeil bienveillant de parents déboussolés”.
C’est classe ( Libé)

Mardi, 25 mai 2010

La désinformation par l'Éducation nationale

La désinformation par l'Éducation nationale
 
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Présentation de l'éditeur

L'Education nationale, cette institution essentielle pour l'avenir du pays, est devenue une immense machine qui tourne à vide. Enseignants démotivés et démoralisés, élèves livrés à eux-mêmes, cette forteresse d'un syndicalisme aveugle et corporatiste est atteinte d'une faillite patente. Au fur et à mesure que les moyens budgétaires qui lui sont consacrés augmentent, les résultats obtenus chutent de manière dramatique. Car l'Education nationale n'œuvre pas pour former et aiguiser l'esprit critique des élèves, mais, au contraire, pour les " formater " en fonction d'une idéologie du politiquement correct qui réduit à néant la véritable liberté de pensée. Voilà pourquoi, s'agissant de l'enseignement public en France, on peut parler d'une véritable désinformation. A ce manque d'ambition s'ajoute une transmission des savoirs de plus en plus élitiste, seuls les élèves de milieux aisés pouvant réellement tirer leur épingle d'un jeu que la démocratisation officiellement affichée de l'enseignement rend pourtant inaccessible à ceux issus de milieux plus défavorisés sur le plan culturel. Un cri d'alarme salutaire, lancé par une femme qui évoque le sujet en toute connaissance de cause.

Biographie de l'auteur

Christine Champion, née en 1947, est licenciée ès lettres (philosophie). Elle a assuré des cours particuliers de soutien en français et en philosophie, avant de devenir documentaliste pendant quinze ans dans des collèges, puis de diriger une médiathèque pendant trois ans.

Vendredi, 21 mai 2010

Autopsie du Mammouth - L'Éducation nationale respire-t-elle encore ?

Autopsie du Mammouth - L'Éducation nationale respire-t-elle encore ?
Claire MAZERON
Jean-Claude Gawsewitch, 01.2010, 282 p.


Claire MAZERON : 33 ans, professeur agrégée de géographie. Elle est membre du jury du CAPES, et vice-présidente du SNALC (Syndicat national des lycées et collèges), chargée des questions pédagogiques et du suivi des grandes réformes. Elle siège à ce titre au Conseil Supérieur de l'Éducation.
Résumé :

De l'Éducation nationale — le “Mammouth”, disait Claude Allègre —, nous pensions avoir tout entendu : les statistiques mirifiques, les profs ballottés, sous-payés, méprisés, les élèves d'autant plus dupés qu'on les a mis “au centre”, les parents désemparés ou envahissants, les grèves inefficaces, la suffisance de certains ministres, et les insuffisances des autres...
Restait à comprendre la vie intime de la Bête, la logique de son (dys)fonctionnement. De collèges chaque jour plus invivables jusqu'aux couloirs de la rue de Grenelle, où des apparatchiks inamovibles mènent des politiques délétères, en passant par la grande gabegie d'un ministère qui dilapide en vain le premier budget de l'État, nous voici invités aux premières loges par une syndicaliste qui a été de tous les combats. Claire Mazeron a vu de près l'incompétence des uns et le mépris des autres, des incohérences de la loi Fillon à l'usine à gaz du lycée façon Chatel.
Chefs de bureau idéologues, conseillers cultes ou occultes, syndicalistes complices, parents professionnels, et enseignants découragés, tout est disséqué dans le détail. Une analyse au scalpel écrite avec l'ironie des grands désespoirs, la révolte lucide de celles et ceux qui y croient encore, et des propositions cohérentes — pour donner des idées aux politiques, et de l'espoir aux soutiers du Système.

Jeudi, 20 mai 2010

"Quelle place pour la lecture dans les loisirs des jeunes ?"

L’association « Lire et Faire Lire » (programme national de partage du plaisir de la lecture et de solidarité intergénérationnelle) propose avec le soutien du Ministère de la Jeunesse et des Solidarités actives, lundi 14 juin 2010 un colloque sur le thème de la place de la lecture dans les loisirs des jeunes.

« Lire et faire lire » a décidé d’organiser chaque année un colloque, journée de réflexion pour la mobilisation.

En 2010, pour les 10 ans de « Lire et faire lire », le colloque sera l’occasion de faire le point sur la présence du livre, sur ses médiations, sa réception dans les structures de loisirs et d’accueil des jeunes (7-17 ans) au cours des 10 dernières années.

Cette manifestation proposera tout d’abord un état des lieux des recherches et des politiques puis un recensement et une analyse des différentes pratiques pour introduire le livre dans le temps de loisirs des jeunes.
Ces observations aboutiront à un regard sur l’offre éditoriale et aux perspectives qui nous sont données sur cette problématique de la lecture-loisir.

Les éditions Milan, l’école des loisirs, Le Père Castor, les chercheurs Sylvie Octobre, Max Butlen, Anne-Marie Chartier, les représentants des acteurs publics et associatifs (Ministère de la Jeunesse et des Solidarités actives, CPLJ, Ville de Troyes, Ligue de l’enseignement, Ceméa, CCAS, ATD-Quart Monde … ) interviendront au cours de ce colloque.

Un large public est concerné par cette problématique : les responsables de secteur éducatif, culturel, de loisirs hors temps scolaire ; les associations oeuvrant pour la lecture des jeunes ; les responsables institutionnels nationaux et des collectivités territoriales ; les professionnels du livre.

Lundi 14 juin 2010 de 9h30 à 17h30 au Centre Ravel, 6 avenue Maurice Ravel 75012 Paris

Inscriptions gratuites et programme de la journée

Vendredi, 14 mai 2010

Lettres aux parents

Commander
André Charlier, directeur d'une école libre à Maslacq (Hautes-Pyrénées), à laquelle il entendait maintenir son caractère de liberté, proposait aux élèves comme aux professeurs les formules de la plus haute exigence.
Renonçant à un système de discipline obtenu de l'extérieur par l'artifice des "pions ", il demandait aux grands élèves de faire régner autour d'eux un certain ordre, où puissent s'épanouir la culture de l'esprit, la pratique des vertus morales la loyauté, l'énergie, la pureté. Et par-dessus tout la vie de la grâce dans les âmes. André Charlier n'hésitait pas à demander beaucoup aux jeunes gens dont il avait la charge : " Vous êtes sollicités de bien des manières; ayez soin de toujours répondre à l'appel le plus haut".
Vous aussi, semble-t-il dire dans ces lettres aux parents, et cela vaut pour les parents d'élèves de toutes les écoles; c'est à ce prix seul que vous participerez en France à cette renaissance des élites que vous appelez de vos vœux.

Dimanche, 25 avril 2010

100 bonnes questions avant de quitter ses parents

 100bonnesquestionsUn guide qui répond à toutes les questions que se posent les 18/25 ans au moment de quitter le foyer familial pour faire leurs études.


L'entrée dans la vie étudiante est une étape importante pour les jeunes : début des études qui vont déterminer la vie professionnelle, départ du cocon familial, premiers engagements civiques...

Ils sont aussi confrontés à de nouvelles responsabilités et se posent beaucoup de questions : comment trouver une colocation ? A quoi sert une mutuelle étudiante ?

Ce guide fait le tour des préoccupations des 18/25 ans et leur propose des conseils et des informations indispensables.



100 bonnes questions avant de quitter ses parents, éditions Bayard
d'Anne Lanchon, Samir Senoussi et Sophie Furlaud

Mardi, 20 avril 2010

Le livre qui retrace l'histoire de l'ADEC

Le livre qui retrace l'histoire de l'ADEC

 

Mardi, 13 avril 2010

L'illetrisme en boomerang

Alors que Luc Chatel vient de clore, le 8 avril, les états généraux sur la sécurité à l’école, il ne faut pas oublier que l’illettrisme est toujours à la une. Les ministères de l’Éducation et de la culture lancent à nouveau des dispositifs tous azimuts. Écoutez à partir de vendredi 16 avril (en direct à 10 h, puis en différé sur Internet, « Le Bistrot de la vie » sur Radio Notre-Dame, réalisé en collaboration avec Famille Chrétienne. Les illettrés sont le caillou dans la chaussure du système éducatif. En déplacement le 29 mars au Salon du livre à Paris, le ministre de l’Éducation a remis cette cause dramatique au menu des priorités. « En France, 3 100 000 personnes sont en situation d’illettrisme, a déclaré Luc Chatel, soit 9 % de la population âgée de 18 à 65 ans. De même, les tests de la journée d’appel de préparation à la Défense (JAPD) révèlent que 21 % des jeunes âgés de 17 ans sont des lecteurs inefficaces, dont 5 % sont en situation d’illettrisme ! » Face à ce constat, il a réaffirmé les principes de la réforme du primaire, « l’apprentissage par cœur, la répétition et la récitation », conforté « le rôle de la maternelle comme véritable école », en insistant sur « l’acquisition méthodique du vocabulaire ». Il a aussi annoncé une foule de partenariats avec diverses associations nationales. Lire la suite

Mardi, 6 avril 2010

Banlieues : l'appel au secours de collégiens d'Aubervilliers

Dans son livre, le journaliste Luc Bronner publie des lettres d'élèves qui témoignent de leur sentiment d'insécurité. Extraits.

Le couloir d'un collège aux Etats-Unis (House of Sims/Flickr)

En 2008, un professeur de collège d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) a proposé à ses élèves d'écrire chacun une lettre à l'inspecteur d'académie, juste après un incident (une bande avait fait une « descente » dans l'établissement). Le journaliste Luc Bronner, qui suit l'actualité des banlieues depuis 2005 au Monde, évoque cette histoire dans son livre « La Loi du ghetto », paru le 3 mars, dont Rue89 publie des extraits.

Luc Bronner, 36 ans, est le seul reporter de la presse nationale à consacrer tout son temps de travail aux « quartiers » des banlieues françaises, de l'Ile-de-France à la Drôme ou à la Haute-Marne. Il a reçu en 2007 le prix Albert Londres pour ses articles sur ce sujet, notamment les émeutes de Villiers-le-Bel.

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Mardi, 30 mars 2010

L'idéal scolaire français : de l'utopie à l'entropie

L'École domine le débat politique français depuis deux cents ans. Longtemps perçue comme un instrument d'émancipation sociale et politique, elle connaît, depuis la massification des études secondaires et supérieures commencée durant la seconde moitié du XXe siècle, une crise qui souligne les contradictions existant entre sa fonction de reproduction des élites méritocratiques et le projet humaniste égalitaire dont elle se réclame, et, au-delà, les contradictions internes à l'idéal démocratique du peuple français.

L'École doit-elle rester le socle d'une république méritocratique instituant plus de justice dans les inégalités, ou devenir la matrice d'une société égalitaire ? Doit-elle avant tout transmettre le savoir de manière peu ou prou magistrale et impositive ou ouvrir des voies d'accès, diversifiées suivant les publics et les individus, à la connaissance ? Les hommes, égaux en dignité, sont-ils tous capables d'accéder au registre supérieur du savoir élaboré ? L'égalité de dignité et de raison implique-t-elle l'égalité devant le savoir ? Jusqu'à quel point la correction des inégalités sociales et culturelles par l'École s'accorde-t-elle avec la fonction de promotion individuelle (impliquant de tirer parti des inégalités) que l'on attend d'elle ? Ces questions, posées de façon cruciale par l'unification du système éducatif et l'accès de tous les jeunes aux études secondaires, voire supérieures, les Français ont voulu les éluder.

D'intérêts opposés, les parents et les syndicats d'enseignants ont imposé au pouvoir politique la passivité devant la submersion démographique des enseignants secondaire et supérieur, le statu quo, le refus de choisir entre une orientation méritocratique repensée et une option privilégiant la recherche de l'accès de tous à la connaissance au moyen d'une pédagogie différenciée et d'accompagnement. Les uns et les autres ont concouru à rendre impossible la nécessaire réforme de l'institution scolaire et à un immobilisme qui a contraint à un enseignement de masse une institution conçue pour un public restreint et homogène. Notre système éducatif, dès lors privé de tout projet cohérent, de toute politique clairement définie, s'efforçant de tenir la balance entre des exigences contradictoires, incapable de canaliser les flux de sa population d'élèves et d'étudiants, est devenue une organisation gigantesque, contradictoire dans ses initiatives et ses directives, ingérable, productrice d'effets pervers et autres dysfonctionnements, et plus que jamais incapable de corriger les inégalités sociales. Les professeurs du secondaire ont eu une lourde responsabilité dans ce marasme. Représentants d'une conception aristocratique du savoir remontant à l'antiquité classique, et héritiers d'une tradition corporative apparue dès le Moyen Age et consolidé par l'État jacobin, ils n'ont pas voulu renoncer à leur statut de maîtres dépositaires du savoir qui leur conférait une puissance certaine aux yeux de leurs contemporains. Maîtres, ils n'ont pas voulu devenir des éducateurs, et ont subi, souvent dans la plus grande souffrance, l'enseignement de masse. Se réclamant d'idéaux démocratiques avancés, ils n'ont pas voulu faire les frais de la démocratisation de l'enseignement.

L'idéal scolaire français : de l'utopie à l'entropie
par Yves Morel
263 pages
Éditions Bellier, Paris, octobre 2007
ISBN-13 : 978-2846311908

Biographie de l'auteur

Yves Morel, docteur en Histoire (EHESS, Paris), titulaire d'un DEA de Sciences de l'Education, certifié d'Histoire-Géographie, travaille à la Délégation académique à la Formation des personnels (DAFOP) du Rectorat de Lyon.

Samedi, 27 mars 2010

Un livre sur l'histoire de l'enseignement privé

 

"La Liberté sous contrat. Une histoire de l’enseignement privé", Bruno Poucet, Fabert, 254 p., 25 €.

Du primaire à la terminale, un enfant sur deux fréquente un établissement privé. En permettant le financement par l'Etat des établissements privés sous contrat et en les soumettant à un strict cahier des charges, la loi Debré a légitimé leur place dans le paysage éducatif. Pourtant, le 50e anniversaire d'une loi promulguée... le 31 décembre 1959 a été célébré dans un épais silence. Le domaine intéresse peu la recherche et les publications non militantes sont rares. L'enseignant-chercheur Bruno Poucet, spécialiste d'histoire de l'éducation, fait figure d'exception avec son ouvrage La Liberté sous contrat. Une histoire de l'enseignement privé. Il montre le lent cheminement qui a conduit à réunir dans un consensus tacite l'école des Chouans et l'école de la République. Lire la suite

Vendredi, 26 mars 2010

L'approche pédagogique de Maria Montessori

 

Tout juste un siècle après la parution en Italie de La Pédagogie scientifique qui l'a rendu célèbre dans le monde entier, l'enseignement de Maria Montessori demeure d'actualité. Dans un livre qu'elle lui consacrent, Patricia Spinelli, directrice de l'Institut Supérieur Maria Montessori et Karen Benchetrit, journaliste, examinent à la loupe cette approche pédagogique révolutionnaire. Et proposent aux parents "un autre regard sur l'enfant", de la naissance à six ans. En quoi la pédagogie de Maria Montessori reste t-elle résolument moderne? Nous vivons dans des "sociétés agitées" comme le dit le pédo-psychiatre Bernard Golse, où le culte de la performance et de la réussite passent avant tout. L'enseignement de Maria Montessori nous permet de revenir aux choses essentielles. Il nous donne en effet les clés pour comprendre comment se construit la confiance intérieure de l'enfant et l'estime de soi, dès la naissance. Aujourd'hui, l'éducation se réduit souvent à l'apprentissage et à l'accumulation de savoirs. Soumis à la pression des parents, les élèves, même petits, développent un stress croissant et des difficultés de concentration. Lire la suite

Mardi, 9 mars 2010

Jean-Baptiste De La Salle. Rêver L'éducation ?

Dans les rues des villes, nombreux sont les enfants errants qui courent après trois fois rien et qui, en grandissant, se perdent peu à peu : les chapardages se font vols, les bagarres tournent au meurtre. A quel âge une fille se prostitue-t-elle ? Dès qu'elle le peut... Peut-on proposer une éducation aux enfants de pauvres ? Et laquelle ? Celle qui leur apprendra le sens de la vie civique et le B-a Ba qui pourraient les sortir de leur condition, comme de savoir lire, écrire, compter, rédiger des contrats commerciaux. Comment la leur inculquer et quel enseignant s'en chargerait, qui ne serait pas rémunéré ? Dans la seconde moitié du Xviie siècle, Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719) ouvre des écoles pour les "enfants des pauvres et des artisans". Il forme une communauté d'hommes qui, au fur et à mesure des années, deviennent rompus aux méthodes pédagogiques. Elle prend le nom de Frères des Ecoles Chrétiennes. Son secret ? "Regardez les enfants dont Dieu vous a chargés comme les enfants de Dieu même. Ayez beaucoup plus de soin de leur éducation et de leur instruction que vous n'en aurez des enfants d'un roi. " A travers son expérience, fondée sur les idées d'insertion et de respect, s'esquisse ce qui va inspirer presque deux siècles plus tard l'instruction publique. Aujourd'hui, les Frères des Ecoles Chrétiennes sont plus de six mille dans le monde à éduquer des enfants et des adolescents qui seraient délaissés sans eux. Revenant sur leurs origines, Christophe Mory suit les pas de leur fondateur, lui qui rêvait l'éducation.

Jeudi, 4 mars 2010

Un des grands classiques de l’éducation

La Fondation pour l’École publie pour vous une version inédite et enrichie des Lettres aux capitaines d’André Charlier - un des grands classiques de l’éducation.


Téléchargez le bon de commande (123 KB), ou le prospectus de présentation (799 KB).

Dimanche, 21 février 2010

Une étude sur le fondateur des frères des écoles chrétiennes

Àtravers cette biographie de Jean-Baptiste de La Salle, c'est une philosophie de l'éducation, au service des plus pauvres, qui apparaît dans toute sa force initiale. Ce qui frappe d'emblée chez le fondateur des Frères des écoles chrétiennes, né en 1651 à Reims et mort en 1719 à Rouen, c'est la puissance de sa foi. Celle d'un enfant « élevé dans la religion, formaté pour la servir », écrit l'auteur, par des parents fortunés qui l'avaient conçu avant leur mariage et voulaient racheter son âme. Lire la suite

Samedi, 16 janvier 2010

Autopsie du Mammouth ou comment on en est arrivé là

Parmi les innombrables livres qui paraissent sur l’école, il en est un, qu’on trouve dans les librairies depuis hier, et qui mérite qu’on s’y arrête. Autopsie du Mammouth est l’œuvre d’une jeune agrégée de géographie, professeur en collège et vice-présidente du seul syndicat d’enseignants qui, avec constance, depuis des années, dénonce la destruction systématique de l’école à travers des méthodes aberrantes, un refus de la transmission des savoirs, une détestation de la mémoire et de l’histoire. Le Snalc remet en cause le collège unique, refuse de réduire la question scolaire à celle des moyens… bref, c’est un syndicat responsable.

Claire Mazeron, riche de cette double appartenance, mêle les points de vue pour faire comprendre à son lecteur comment se négocie une réforme dans une salle d’un ministère, quelles petites compromissions président parfois aux choix politiques. Mais elle nous parle aussi des candidats au CAPES, (et la scène prêterait à rire si l’on n’avait envie d’en pleurer), des ZEP et de leur logique de ghettoïsation progressive, des parents d’élèves et de leurs exigences, des professeurs et de leurs petites lâchetés. On se laisse entraîner dans les entrailles du Mammouth, on comprend enfin les choix, les processus. On sait enfin pourquoi et comment on en est arrivé là.

Lire la suite...

Jeudi, 7 janvier 2010

Les sept piliers de l'éducation

7piliersFondé sur des centaines de rencontres avec des parents, ce livre vous offre une réflexion concrète sur l’éducation de votre enfant.


Quels repères donner à nos enfants ? Les parents d’aujourd’hui sont soucieux de donner un maximum d’atouts à leurs enfants mais, dans le foisonnement des conseils contradictoires, ils craignent souvent de mal faire. Jean-Luc Aubert, psychologue et spécialiste de l’enfant a approfondi la réflexion ouverte par son livre Quels repères donner à nos enfants dans un monde déboussolé ? en dégageant les sept piliers fondamentaux d’une éducation réussie. Il offre ainsi aux parents un cadre sur lequel s’appuyer et répond à leurs questions les plus constantes.

Les sept piliers de l'éducation de Jean-Luc Aubert, éditions Albin Michel - 13,90 €.


Mardi, 5 janvier 2010

Un surveillant dans un collège des quartiers chics de Paris raconte son quotidien

" Je n'aimais pas les enfants par les enfants, jusqu'à ce qu'ils m'aiment.
" C'est un peu par hasard que David accepte ce job de surveillant dans un collège privé des beaux quartiers. Milieu bourgeois. Enfants favorisés, éduqués, en apparence voués au bonheur. Rien ne laissait présager ce qu'il va découvrir, ces drames auxquels il va devoir faire face. Bien malgré lui, le simple surveillant doit endosser le rôle de confident, de grand-frère. Au coeur de ce petit royaume, de cet univers clos dont les adultes sont tenus à l'écart, David se retrouve confronté à la solitude, l'anorexie, les drogues, l'abandon.
Le sexe et le silence. La mort. Et alors qu'il tente de soulager les peines, de sauver certains jeunes de leur dérive, ce sont ses propres blessures qui remontent à la surface. David von Grafenberg nous fait partager l'intimité d'une génération à laquelle rien n'est épargné.

Lundi, 4 janvier 2010

Guide de Lecture Jeunesse 6e édition

La sixième édition du  Guide de lecture élaboré par l'AFC de Versailles est disponible à partir de septembre 2009 !

 * Deux nouvelles années de lectures, de critiques et de discussions passionnées viennent d’enrichir la sélection de livres pour la jeunesse que propose, depuis plusieurs années déjà, l’AFC de Versailles. Tous relus et cotés, ils sont classés par thèmes et en fonction de l’âge des enfants.

 * Cette sixième édition qui présente plus de 1000 titres, classiques, récents ou très actuels est un précieux vade-mecum pour faciliter le choix des petits et gros lecteurs de 6 à 16 ans (et même au-delà) en librairie comme en bibliothèque où il est souvent difficile de se repérer. Il permet aussi d’intéressantes recherches auprès des librairies «en ligne» qui vendent autant les livres neufs que d’occasion.

* Utilisé par des professeurs, des bibliothécaires et des libraires, il a été conçu pour les parents qui ne peuvent «tout» lire…mais sont soucieux de ce que lisent leurs enfants, et surtout pour les enfants eux-mêmes, afin qu’ils puissent éprouver la joie que suscitent des lectures de qualité, qu’elles soient enrichissantes ou seulement distrayantes. Une cote les aide à apprécier les livres et à les choisir en fonction de leurs goûts, de leur âge et de leurs capacités de lecture.

Pour vous procurer le Guide envoyez un chèque de 7€, à
AFC de Versailles, 33 rue des Chantiers, 78000 Versailles.
Pour les commandes en nombre, consulter le secrétariat au 01 30 21 03 03.

Mercredi, 23 décembre 2009

Cerveau atemporel des dyslexiques : Les comprendre et les aider


Le cerveau atemporel des dyslexiques  Où se le procurer ?

 Amazon.fr                                ISBN : 978-2-220-06158-0
 decitre.fr                                  EAN : 9782220061580

 Description

 "Les enfants dyslexiques auraient-ils une notion particulière du  temps ? Chantal  Wyseur en dévoile la complexité et nous introduit  au coeur de leur cerveau  atemporel.
 Nous découvrons leur perception du monde en trois dimensions et  leurs trésors  d'aptitudes.
 L’auteur ayant appliqué les méthodes de Gestion mentale de la  Garanderie et celle de Ronald Davis®- ouvre une troisième voie de  compréhension et d’application."

 (réf. www.decitre.fr - 05/11/2009)

Vendredi, 18 décembre 2009

Ton corps pour aimer – La morale sexuelle expliquée aux jeunes

Ton corps pour aimer est un ouvrage de réflexion philosophique et théologique, sans exemples ni témoignages, fait pour approfondir la connaissance de l’enseignement du Christ et de l’Église. Sa lecture, qui peut se faire un crayon à la main, demande un certain effort de concentration. Mais l’effort en vaut la peine.

Mgr André Léonard, qui enseigna longtemps à l’Université catholique de Louvain et qui est aujourd’hui évêque de Namur, destine cet ouvrage en priorité aux jeunes. C’est donc en tutoyant le lecteur qu’il a couché ses idées sur le papier.
Ce ne sont pas ses idées, d’ailleurs, que Mgr Léonard expose, mais l’enseignement du Christ et de l’Église. Enseignement qu’il ratifie de tout son cœur de pasteur et de prêtre.

Il nous invite ici à une réflexion en quatre étapes.

Il nous montre d’abord comment, malgré sa fragilité, notre corps a une éminente dignité et une vocation de splendeur.

Puis comment le Christ, par son alliance conjugale avec l’humanité et par son propre mariage d’amour avec l’Eglise, éclaire tout le sens de l’amour humain et de la sexualité.

La troisième étape traite des douloureux écueils de la vie sexuelle : masturbation, homosexualité, fécondation artificielle, avortement, relations préconjugales, divorce, contraception... 

Le dernier chapitre est consacré à la « sanctification du corps ».

Mercredi, 16 décembre 2009

Aider l'enfant en difficulté scolaire

Cet essai psychologique et pratique propose des conseils concrets sur l'attitude à adopter, la façon d'en parler à l'enfant, la prise en charge adaptée à mettre en place pour le relancer sur son parcours de réussite scolaire et personnelle.

Samedi, 5 décembre 2009

Dimanche : salon du livre d'histoire

Pour plus d'infos... Cliquez !

Jeudi, 3 décembre 2009

Sauvons les garçons

Date de parution : 13 novembre 2009

L’école républicaine, pour que vive l’égalité démocratique, doit garantir à tous, quelque soit son sexe, son origine sociale ou ethnique, le droit à l’éducation. L’exigence d’équité, cette avancée fondamentale des sociétés démocratiques, a construit la représentation d’un élève libre de tout déterminisme, une belle abstraction que les statistiques de l’échec scolaire, têtues et peu idéologues, continuent de mettre à mal. Les enfants ne sont pas égaux face au système scolaire et ce qu’on a voulu généreusement oublier pèse lourd dans la balance des chances de chacun.

Si les inégalités sociales dans l’accès à l’instruction sont désormais interrogées et donnent lieu à la mise en place de politiques publiques, il existe une autre fracture largement passée sous silence. Pourtant, là encore, les chiffres sont écrasants : garçons et filles ne sont pas égaux en classe. Sur les 150 000 jeunes sortant sans aucune qualification du système éducatif dont les médias nous parlent fréquemment, on ne dit pas que plus de 100 000 sont des garçons. Dès l’école primaire, les garçons manifestent un retard dans l’acquisition de la lecture et de l’écriture et engorgent les structures pour élèves en difficulté ou coupables de comportements violents. La fracture sexuée est souvent plus signifiante que la fracture sociale dans l’analyse des parcours scolaires. Les études traditionnelles, développées en termes d’inégalités économiques et culturelles, doivent évoluer pour faire une place à cette réalité dérangeante. L’échec scolaire a un sexe. Prétendre résoudre ce problème sociétal sans prendre en compte l’une de ses principales caractéristiques est illusoire.

C’est au portrait de cette douloureuse adaptation masculine à l’école que cet essai se consacre. Il s’agit de comprendre les raisons sociales et culturelles qui prédisposent les garçons à l’échec et les filles à la réussite afin de proposer des solutions concrètes à ce problème collectif.

Jeudi, 26 novembre 2009

« Doper sa carrière d’enseignant »

Les Editions Eyrolles ont lancé une nouvelle collection destinée aux enseignants. Intitulée "Master Class-La boîte à outils des enseignants",  elle se démarque des éditeurs concurrents. Style clair, approche pratique, sans langue de bois avec même un poil d’humour, le dosage s'avère réussi. Si celui consacré à l’aide aux élèves en difficulté est sans surprise, « Doper sa carrière d’enseignant » regorge d’idées utiles : enseigner en prépa, partir à l’étranger, devenir chef de travaux ou inspecteur. Ainsi on lit qu’en BTS l’un des gros avantages est qu’il n’y a pas cours pendant les périodes de stage en entreprise...

Collection Master Class-La boîte à outils des enseignants, Eyrolles (17 € chaque).

- "Aider les élèves en difficulté", par Sandrine Maury,

- "Doper sa carrière d’enseignant", par Catherine Coudray-Betoulle

- "Etre l’acteur de son cours", par Cécile Berthier-Mclaughlin et Michèle Harfaut

Editions Eyrolles, 17 euros

source : Educpros


Jeudi, 19 novembre 2009

Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?

Daniel Lefeuvre, Michel Renard
Enseignant

Dans la plus ancienne nation d'Europe, l'identité nationale n'a plus la cote.

Il n'est question que "d'identité fantasmée", de "mythe national", "d'intolérance culturelle", de "xénophobie d'État". On écrit que la "nation porte la guerre en son sein comme la nuée porte l'orage", selon une fausse citation de Jaurès sur laquelle nous reviendrons. On affirme que c'est la "droite qui, depuis un siècle, a toujours privilégié le national contre une gauche rassemblée autour du social", etc.

Ceux des Français qui tiennent la notion d'identité nationale pour autre chose qu'une pathologie développeraient une ringardise du national, une obsession des origines, voire un racisme honteux. Il faudrait sacrifier toute fierté d'être Français et se défaire d'une "construction" de l'histoire de France, fruit des idéologues d'une Troisième République qui, par "bourrage de crâne patriotique", aurait envoyé au massacre des millions d'hommes, un beau soir d'août 1914.

Nous refusons cette dévaluation arbitraire de la notion d'identité nationale comme si, tout au long de l'histoire, elle n'avait eu qu'une seule signification. Nous refusons la mise en accusation, quelque peu paranoïaque, d'une prétendue machine républicaine qui ferait violence à la "France plurielle et métissée", en lui inculquant une "identité" qui ne serait pas la sienne.

Nous contestons la dévalorisation, sans examen historique, d'un héritage qui a enfanté  l'humanisme de Montaigne, le rationalisme de Descartes, la résistance au fanatisme chez Voltaire, le souffle de Hugo. Mais aussi la Révolution française et la République, le courage de Gambetta, le choix absolu de la justice chez les dreyfusards, l'héroïsme des tranchées et les sacrifices de la Résistance. Avec Simone Weil, nous disons que l'amour du passé n'a rien de réactionnaire.

Daniel Lefeuvre et Michel Renard, éditions Larousse
en librairie depuis le 3 novembre 2008

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table des matières du livrele_conventionnel_Milhaud

Introduction
1 - Est-il suspect de parler d'identité nationale ?
2 - La France d'avant la France
3 - Jeanne d'Arc était-elle française ?
4 – Identité française et Grande Nation
5 - Faut-il dénationaliser l'histoire de France ?
6 - L'identité nationale et les historiens
7 - L'identité nationale est-elle toujours de droite ?
8 - Peut-on être français sans parler le français ?
9 – L'immigration est-elle un danger pour l'identité nationale ?
10 – L'islam menace-t-il l'identité nationale ?
Conclusion

Mardi, 17 novembre 2009

La responsabilité de l’enseignant

éditions du Puits Fleuri

Les élèves peuvent-ils emmener un pique-nique pour une sortie de classe ?  Peut-on obliger les parents d’élèves d’un établissement public à payer pour une sortie pédagogique ? Autant d'interrogations auxquelles répond ce livre écrit par un juriste, spécialiste du droit des mineurs et une journaliste.

Ne soyez pas rebuté par l’épaisseur de l’ouvrage (plus de 500 pages tout de même), vous y trouverez des réponses à toutes les questions que vous vous posez sur vos responsabilités d’enseignant. De plus, l’ouvrage est clair et bien écrit, ce qui ne gâche rien. Vous trouverez notamment des recommandations pour les sorties de classes.

Vous y apprendrez peut-être que les distributeurs de boissons et de nourriture payants accessibles aux élèves sont interdits dans les établissements scolaires depuis 2005. On apprend aussi que les photos individuelles ont été interdites entre 1923 et 2003. Depuis, elles sont autorisées, mais ces photos doivent être réalisées « en situation scolaire » pour éviter de concurrencer les laboratoires de photo en ville. Et si les parents peuvent faire des gâteaux chez eux et les amener à l’occasion des fêtes d’école, ils doivent éviter la « chantilly », et la « mayonnaise »... Instructif !

La responsabilité de l’enseignant, 580 pages, par Yannick Dubois et Anne-Gaëlle Dubois-Dhulu, éditions du Puits Fleuri, 29 €.

Vous avez dit "Lecture"?

Catherine Thomas-Toste

Auteur indépendant, collection Voir et Entendre, septembre 2006. A commander au 06.15.79.84.51. ou sur www.fnac.com

Témoin au quotidien des difficultés d' apprentissage liées aux méthodes de lecture globales et dérivées, l'auteur, orthophoniste, explique aux parents et aux enseignants d'où viennent les problèmes et propose une méthode de lecture "préventive et curative".

Mardi, 10 novembre 2009

Les 90 questions que tous les parents se posent : téléphone mobile, Internet, jeux vidéo…

Les 90 questions que tous les parents se posent Edition Télémaque

Ecrit par Jacques Henno, Journaliste, auteur et conférencier

Paru en 2008

Prix : 16 € TTC

Un guide pour les parents qui se posent des questions sur le monde numérique qui entoure leur progéniture.

Prix : 16 € TTC

Paru en 2008

Mot de l’éditeur:

° À quel âge faut-il mettre un enfant devant Internet ?
° Ma fille de 9 ans a vu des images X sur Internet : que lui dire, comment l’en protéger ?
° Quels sont les meilleurs sites légaux pour écouter de la musique ?
° Comment savoir si mon enfant est accro aux jeux vidéo ?

° À quel âge peut-on lui donner son premier mobile ?
° Mon enfant de 13 ans veut aller sur Second Life : qu’est-ce que c’est au juste et est-ce vraiment pour lui ?

Jacques Henno, dans une enquête minutieuse, a relevé les 90 questions que tous les parents se posent au sujet d’Internet, du téléphone mobile, des jeux vidéo et des mondes virtuels.
Aidé de psychiatres, psychologues éducateurs, sociologues et professionnels d’Internet qu’il a longuement rencontrés, il répond à ces interrogations et propose des solutions concrètes, des conseils pratiques, des astuces, des adresses utiles et tout simplement des repères pour les parents qui veulent aider leurs enfants à grandir avec les outils numériques.

Un guide pratique essentiel pour accompagner, de l’âge tendre à l’adolescence, la première génération d’enfants qui aura toujours vécu avec les nouvelles

Révolution scolaire

Joël Bodin

Aux éditions de La Martinière, avril 2007.

Ancien enseignant, chef d'établis-sement et formateur, Joël Bodin décrit une Education nationale à bout de souffle. Une école dans laquelle les réformes inutiles se succèdent et où le niveau des élèves régresse. Cet ouvrage est un plaidoyer pour que l'école de la République remplisse à nouveau ses missions.

Proviseure à Vaulx en Velin

Chris Laroche, avec Luc Rosenzweig

Plon, Paris, 2005.

Les histoires quotidiennes d'une "Proviseure" en ZEP. Grâce à son dévouement, sa poigne et son charisme, elle arrive à préserver son établissement de très fortes pressions extérieures : violence, incivisme et islamisme notamment.

Lundi, 9 novembre 2009

Le Goncourt des lycéens est attribué à Guenassia pour "le club des incorrigibles optimistes"


Le 22e prix Goncourt des lycéens a été décerné lundi à Jean-Michel Guenassia pour "Le club des incorrigibles optimistes" (Albin Michel), a annoncé à Rennes le jury, réuni au centre culturel Les Champs Libres.

Le premier roman de Jean-Michel Guenassia, portrait d'une génération et chronique douce-amère d'une adolescence, a été choisi dès le premier tour de scrutin avec huit voix, a indiqué le président du jury Thibaud Chotard, 17 ans, lycéen en bac pro au lycée L'Initiative, à Paris (XIXe).

L'ouvrage a été retenu pour "sa richesse thématique et littéraire, le réalisme de ses personnages et leur proximité", a déclaré le lycéen au nom du jury. "Jean-Michel Guenassia offre au lecteurs 757 pages passionnantes", a-t-il ajouté.

Avec "Les heures souterraines" (Lattès), Delphine de Vigan a obtenu trois voix. David Foenkinos en a obtenu 2 pour "La délicatesse" (Gallimard).

Outre ces trois romans, la dernière sélection du Goncourt des lycéens, annoncée vendredi, comprenait "Jan Karski" (Gallimard) de Yannick Haenel et "Ce que je sais de Vera Candida" (L'Olivier) de Véronique Ovaldé.

Créé en 1988 et organisé par le ministère de l'Education nationale et la Fnac, le Goncourt des lycéens est décerné par 13 délégués élus par les 52 lycées participants.

Ils travaillent sur la sélection de rentrée de l'académie Goncourt qui a décerné son prix il y a une semaine à Marie Ndiaye pour "Trois femmes puissantes" (Gallimard).

Présente à Rennes, Françoise Chandernagor, membre du jury du Goncourt, a reconnu que la sélection avait été rendue publique "tardivement", début septembre, ce qui ne facilite pas le travail des lycéens. "L'an prochain, nous essaierons de la faire connaître un peu plus tôt", a-t-elle promis.

Le Goncourt des lycéens, qui fait partie des prix ayant un effet positif sur les ventes, avait consacré en 2008 "Un brillant avenir" de Catherine Cusset (Gallimard).


Source : VousNousIls

Mercredi, 4 novembre 2009

L'Eglise Et L'Éducation


L'Eglise Et L'Éducation

mille ans de tradition éducative

CORNAZ LAURENT 

Vendredi, 23 octobre 2009

Homère et Shakespeare en banlieue

Homère et Shakespeare en banlieue

Présentation de l'éditeur

« Dans ce lycée de la banlieue parisienne, la réussite n'est pas au programme. Le chemin le plus normal : l'échec, la violence parfois, l'ennui souvent. Un jeune professeur de lettres a décidé de croire que la banlieue n'est pas une fatalité. "M'sieur d'Humières" a 37 ans. Il se bat pour le grec, le latin et le théâtre. On le prend pour un fou. Il continue. Avec un principe : viser haut. Ses élèves apprennent la langue d'Homère et jouent au théâtre dans celle de Shakespeare. Et quand leur vient l'envie de transmettre leur expérience aux plus jeunes, c'est un signe, un petit signe, que rien n'est encore perdu. »


Biographie de l'auteur

Augustin d'Humières est professeur de lettres classiques. Marion Van Renterghem est journaliste au Monde.

 

Jeudi, 22 octobre 2009

L'Ecole des EGOS

L'école des ego : Contre les gourous du pédagogiquement correct 

Présentation de l'éditeur Le culte de l'ego : voilà la nouvelle discipline qui règne dans les écoles à l'insu des parents. Ego de qui ? Des élèves, évidemment. Plus question de connaissance, de discipline ou d'effort. Il s'agit désormais de s'é-pa-nouir, de s'ex-pri-mer dans les salles de classe. Pour apprendre à lire et à écrire, on verra plus tard. Mais s'il n'y avait que les élèves ! Comment ignorer les réactions souvent compulsives des enseignants ? Et des parents ? Jusqu'aux ministres qui contribuent à leur façon à l'entreprise de nivellement en cours. Derrière ce déclin organisé à défaut d'être annoncé, une volonté est à l'œuvre depuis des années. Discrète. Celle des inventeurs d'une nouvelle pédagogie : " les sciences de l'éducation ". Ces faux savants ont inspiré la plupart des réformes qui se sont abattues depuis vingt ans sur les salles de classe. Est-il encore temps de sauver l'école ? Professeur dans un lycée parisien, Elizabeth Altschull, Américaine naturalisée française et convertie aux vertus du modèle laïque et républicain, pense que c'est encore possible et explique comment. Quatrième de couverture Le culte de l'ego : voilà la nouvelle discipline qui règne dans les écoles à l'insu des parents. Ego de qui ? Des élèves, évidemment. Plus question de connaissance, de discipline ou d'effort. Il s'agit désormais de s'é-pan-ouir, de s'ex-pri-mer dans les salles de classe. Pour apprendre à lire et à écrire, on verra plus tard. Mais s'il n'y avait que les élèves ! Comment ignorer les réactions souvent compulsives des enseignants ? Et des parents ? Jusqu'aux ministres qui contribuent à leur façon à l'entreprise de nivellement en cours. Derrière ce déclin organisé à défaut d'être annoncé, une volonté est à l'oeuvre depuis des années. Discrète. Celle des inventeurs d'une nouvelle pédagogie : " les sciences de l'éducation ". Ces faux savants ont inspiré la plupart des réformes qui se sont abattues depuis vingt ans sur les salles de classe. Est-il encore temps de sauver l'école ? Professeur dans un lycée parisien, Elizabeth Altschull, Américaine naturalisée française et convertie aux vertus du modèle laïque et républicain, pense que c'est encore possible et explique comment.

Mercredi, 21 octobre 2009

Mon cas d'école, carnet d'une prof indisciplinée

Au retour d'un très, très long séjour en province, privilège de retraité (quelle horreur ce mot ! ), je trouve sur ma table le livre d'une professeure, Peggy Derder, intitulé « Mon cas d'école » et agrémenté des dessins de Philippe Tastet. Dessins qui, on le soupçonne immédiatement, donnent le ton du texte.

Jaquette de "Mon cas d'école" de Peggy Derder (DR).Et on ne se trompe pas puisque dès l'introduction nous sommes avertis que « entre les discours stéréotypés, [il est] difficile de tenir un propos alternatif sur l'école ».

Oser l'ironie

De sorte que, perplexe, on se demande si par exemple ceci : « que faut-il penser d'une éducation barbare qui sacrifie le présent à un avenir incertain ? » (J. J. Rousseau) ou bien cela : « l'école est le lieu où l'on apprend à dire bonjour à l'autre » (Ricardo Petrella) ou encore Joseph Jacotot nous montrant comment « la première vertu du maître est une vertu d'ignorance » (J. Rancière, Multitudes, nov. 2004) tient ou non du discours alternatif ?

Mais, poursuit Peggy, « imaginez si, en plus, on ose l'ironie ». Ce qui pose immédiatement la question de la sorte d'ironie dont il va ici être fait usage. La dernière phrase de l'introduction nous donne cependant un fort indice :

« Parents, profs et élèves : pourquoi ne pas rire d'un système archaïque qui nous punit tous ? »

Nous savons donc maintenant à quoi nous en tenir. Il s'agira, dans les pages qui viennent, d'en rire, il s'agira donc d'une ironie hilarante ou peut-être rigolote ou, qui sait ? rigolarde ou ricanante, mais non, sans doute pas, car si le ricanement peut être ironique, il n'est certainement pas rigolo.

A moins qu'il ne s'agisse de cette ironie kierkegaardienne (pardon) telle que la définit Christian Godin dans son dictionnaire, ouvrage précieux s'il en fut :

« L'ironie est une sorte de désespoir intellectuel caractéristique de l'homme de la sphère esthétique qui compense ainsi l'inanité de son moi en dissolvant le monde. »

Non, certainement pas, Peggy n'a pas du tout l'air d'être une désespérée. Simplement face à « l'absurde érigé en méthode de gestion », elle semble choisir « d'emprunter les chemins de traverse, de faire preuve d'imagination et de subversion » en proclamant : « vive l'école buissonnière ! »

Car il ne peut s'agir non plus de cette ironie socratique qui naît de la prise de conscience que ce que l'on sait, c'est que l'on ne sait pas car, manifestement, Peggy sait des choses de cette école qu'elle regarde de haut sans pour autant que son regard s'en fasse hautain.

Une charge sabre au clair

Et que voit-elle ? Elle nous l'expose avec verve et talent dans une langue pétillante et un style alerte, comme on dit, qui n'évite pas cependant les lourdeurs rabâchées telles que « personnel en saignant », « référenciel bondissant », « pédagos gogos » et l'inusable « la pédagogie est une chose trop sérieuse… », merci monsieur Clemenceau.

Eh bien, elle voit d'abord des… adultes dont elle compose une typologie qui fouaille les âmes, depuis celle du chef d'établissement jusqu'au prof « merdeuf » (mère de famille) en passant par le prof démago, le syndicaliste, le bordélisé (il nous est précisé en quatrième de couverture que l'auteure, elle, n'a pas de problèmes de discipline, elle n'est donc pas bordélisée, était-il besoin de le préciser ? ), le dilettante, le prof médiatique (que Peggy deviendra peut-être un jour) et j'en passe.

Autant de caricatures enlevées et touchant juste, souvent accompagnées de charges plus ou moins féroces (il y a pire dans le genre), de moulinets sabre au clair aussi bien contre la pédagogie différenciée que contre l'apprentissage de « La Marseillaise » ou la lecture de la lettre de Guy Môquet, avant de régler leur compte aux élèves puis aux parents.

Pour ma part, je ne peux qu'approuver la proclamation qui clôt la diatribe : « Elève, lève-toi… » si ce n'est qu'il me semble, par les temps qui courent, que la meilleure façon pour un élève de se lever c'est de… rester assis.

Enfin une charge, sur un ton un tout petit moins « enlevé », contre la méritocratie et l'égalité des chances, déclinaisons, dit-elle, du triptyque républicain ce qui demanderait à être mis en évidence car, me semble-t-il, c'est moins la « disparition de ces valeurs » (mérite, égalité des chances) qu'il convient de déplorer que leur questionnement en tant que masques idéologiques permettant de justifier une structure sociale que Peggy dénonce à bon droit.

Mais alors que faire, comme disait l'autre, que faire quand on est professeur ? Subir ? Arrondir le dos en attendant les vacances ? Se préserver dans un cynisme vulgaire, c'est-à-dire méprisant ou, donc, comme le préconise Peggy, « faire preuve d'imagination et de subversion [en faisant] l'école buissonnière » ?

Quant à moi, je sais qu'il existe une autre démarche possible : l'Engagement. Oui, avec une majuscule, l'engagement dans le monde qui, pour un enseignant, est celui de la pédagogie, c'est-à-dire du mode de vie dans l'école et qui n'exclut nullement d'autres engagements possibles mais leur donne sens, car, me semble-t-il, l'engagement dans la vie de l'école pour contribuer à changer le monde de l'école est un engagement dans le monde qui contribue à changer le monde ce qui n'exclut ni l'ironie (enfin ça dépend laquelle) ni l'humour.

Et ce n'est pas triste.

Source : Rue 89

Vendredi, 16 octobre 2009

Combattre l'illettrisme

Combattre l'illettrisme  

Un tiers au moins des élèves qui entrent en 6e et une proportion équivalente des jeunes de 17 ans ont des difficultés en lecture. Nous ne pouvons pas laisser perdurer cette tragédie, qui, on l'oublie trop souvent, touche la plupart des pays occidentaux. Faute d'en analyser vraiment les causes, on se trompe de remèdes. Chacun croit tenir le coupable en dénonçant, sans nuances, les méthodes d'apprentissage, la globale en tête, la télévision ou encore la mauvaise formation des enseignants, le manque de moyens, etc. Pourtant, la vérité est tout autre. L'illettrisme est un phénomène social global, l'effet d'une mutation de notre rapport aux traditions. Car la langue est, par excellence, un patrimoine transmis de génération en génération. Aucun d'entre nous ne l'a inventée. Or tout notre enseignement valorise aujourd'hui la créativité au détriment du respect des héritages. D'évidence, s'il est un domaine où cette créativité a rarement de bons effets, c'est bien celui de l'orthographe et de la grammaire. Loin de se contenter de la seule analyse, ce livre propose aussi et surtout des solutions concrètes immédiatement applicables.

Mercredi, 14 octobre 2009

Le mot du jour

« La tentation est grande quand on détient la force, le savoir de se passer d’interroger l’enfant, l’élève, le subordonné sur le « sens » qu’il a le pouvoir de donner dans telle ou telle situation. Il en résulte que le droit au sens n’est pas respecté. Il est « oublié ». L’enfant, l’élève, le subordonné ne réfléchissent plus sur leur soi… ; ils se conforment à ce qu’on leur prescrit en régressant au stade d’une « simple capacité » à acquérir des réflexes conditionnels. La robotisation a précédé de beaucoup l’invention des machines et des ordinateurs. On a dressé l’homme à n’être plus qu’un lieu d’acquisitions de gestes
mécaniques. Par une très curieuse inversion, on a même été jusqu’à croire qu’il fallait d’abord faire acquérir à l’élève des mécanismes avant de lui permettre d’accéder à leur sens… Ceux qui, sous la pression de l’exigence, perdaient de vue la réflexion à soi, leur « se » sentir, et finissaient par n’être plus que des exécutions de consignes, en devenaient les définitives victimes. C’est pourquoi tout éducateur, formateur ou enseignant doit veiller sans cesse à protéger la flamme du droit à « se » sentir soi-même, car cette flamme est fragile, sans cesse menacée par la force des choses, des êtres… De là, l’exigence de promouvoir le développement de la réflexion. Puisqu’elle est le moyen d’accéder au sens, il est
nécessaire de chercher comment ce moyen peut s’affirmer, se diversifier, se spécifier, se généraliser.»
(Critique de la raison pédagogique, A. de la Garanderie, p. 240, 1997)

Samedi, 3 octobre 2009

Collège - Lycée : service public d'éducation ?

Agathe Berthier et Bernard Buffard

Editions Bénévent, 142 pages, 14 euros. Préface de Jacques Marseille.

Agathe Berthier, certifiée de lettres modernes et Bernard Buffard, professeur technique agrégé , analysent notre système éducatif. Ils proposent des actions réalistes et œuvrent pour un enseignement souple mais exigeant, soucieux de développer toutes les potentialités du système.

Vendredi, 2 octobre 2009

La Sagesse du Professeur de français

"Enfin l’inspectrice nous demanda comment nous occupions les heures de soutien scolaire. Quand mon tour arriva, je répondis :
– Je fais du Bled.
Le haut-le-coeur qu’elle ne put réprimer à la seule évocation de ce manuel de grammaire fut un grand moment.
Ce fut moins drôle de résister au nouveau jargon, une « novlangue » que nous devions désormais utiliser en classe. Les nouvelles notions furent en général accueillies avec un réel engouement par les professeurs de français.
Parler de « champ lexical » ou de « progression à thème éclaté » vous posait comme quelqu’un de calé. Continuer à faire de la grammaire vous cataloguait dans le camp des ringards. Je dus subir des plaisanteries condescendantes, j’étais vraiment démodée.
Je fus prise de doutes. Est-ce que ça valait la peine d’enseigner l’analyse logique à une classe qui n’en ferait plus jamais après ? Mais j’ai tenu bon, car peu d’exercices sont plus structurants pour l’esprit. Saisir les relations que les mots entretiennent entre eux guide les élèves vers
l’abstraction, vers les raisonnements détachés de l’immédiat et de l’affectivité. En ce sens, la grammaire est bien plus que la grammaire."

Cécile Revéret, professeur de Lettres Classiques, a enseigné pendant une trentaine d’années au Collège Jean-Jacques Rousseau du Pré Saint-
Gervais (Seine-Saint-Denis). Elle assure également la formation en grammaire de jeunes enseignants. Elle revisite ici son expérience au long cours, dans un de ces établissements qu’on dit « difficiles ».



La Sagesse du Professeur de français


Jeudi, 1 octobre 2009

Comment aider l'enfant à devenir lui-même ?

François de Singly propose un livre de moraliste progressiste, à rebours du discours ambiant catastrophiste : la régression fondamentale, anthropologique est en route… Il fait une comparaison avec le métier de voyagiste. Autrefois, l’enfant devait se soumettre à l’ancienneté et à l’autorité des adultes pour recevoir l’héritage en silence, gage de son respect. Maintenant, les évolutions technologiques obligent à pratiquer un mode coopératif d’éducation : l’enfant construit sa part d’héritage dans ce que les adultes lui proposent. Cette éducation « coopérative » est, en fait, aussi ancienne que les réflexions sur l’éducation. Montaigne écrivait à propos des précepteurs : « Quelquefois luy ouvrent le chemin, quelquefois le luy laissent ouvrir. Je ne veux pas qu’il invente, et parle seul : je veux qu’il escoute son disciple parler à son tour. » Le métier de parent a bien changé. Au lieu de réclamer le retour de l’état d’esprit ancien, enjolivé d’une réputation sans taches, François de Singly nous présente ce nouveau « métier » par une analogie avec le métier de voyagiste.



Il est impossible qu’une chose ou qu’un phénomène disparaisse et ne soit remplacé par rien. Le thème de la crise, de la perte des repères est un thème permanent, contre lequel l’effort de pensée doit lutter en faisant le tri dans la doxa et en voyant la singularité du moment, de chaque moment. La démission des parents, si facile à dénoncer, ne se voit guère si l’on prend en compte ce qu’ils font et non pas ce que faisaient les parents hier et qu’ils ne font plus. Les modes d’éducation pratiqués maintenant sont pourtant anciens. Hermann Hesse, par exemple, en 1922 écrivait dans Siddharta la valeur de l’expérience par rapport à la transmission (la mémoire) ; Korczak, en 1929 : « l’enfant préfère se débrouiller seul, mais si c’est trop compliqué, il demande conseil. Il a alors besoin d’un informateur poli. »

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Mardi, 29 septembre 2009

J'ai fait HEC et je m'en excuse, un livre choc d'une ancienne de cette célèbre grande école

La sortie du livre de Florence Noiville « J'ai fait HEC et je m'en excuse » (éd. Stock) et la mise en ligne d'une publicité pour le moins controversée ont mis HEC au centre de l'attention des riverains ces derniers jours. La vision monolithique que le grand public a de l'école et les commentaires des articles que j'ai pu lire me poussent à apporter un nouveau point de vue à travers mon témoignage.

Je suis un jeune diplômé de la promotion 2009. Comme la plupart de mes camarades, je ne fais pas partie d'une quelconque jeunesse dorée. HEC est une école ouverte à toutes les catégories sociales, même s'il est évident que les familles à hauts revenus y sont mieux représentées.

Au cours de mes trois années de cours à l'école et de mon année de stage, je suis passé par des émotions variées face aux enseignements et à leurs applications.

A en croire le titre du livre de Florence Noiville, j'ai l'impression que je devrais avoir honte de mon diplôme et de ce qu'il peut représenter.

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Repenser les relations parents- école

Pour aider les enseignants à gérer les relations avec les parents, voilà un petit livre tout simple, un guide de poche de moins de 100 pages, en quatre chapitres, en 20 pistes de travail (5 par chapitres) directement opérationnalisables sans trop se casser la tête, présentées avec un style alerte, avec un enthousiasme communicatif, avec le sourire, des clins d’oeil complices d’une enseignante qui sait de quoi elle parle pour l’avoir vécu et pour le vivre au quotidien, avec la garantie qu’elles ont été expérimentées en toute modestie et réussies.

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Dimanche, 27 septembre 2009

De la lecture pour ceux qui s'intéressent au temps de l'enfant : rapports de la Documentation française

La Documentation française liste tous les rapports consacrés au temps de l'enfant, après qu'un rapport de l'inspection générale sur les réformes mises en oeuvre dans le premier degré par Xavier Darcos a souligné les bouleversements induits par la suppression du samedi matin.

- Troisième note de synthèse sur la mise en oeuvre de la réforme de l'enseignement primaire, IGEN et IGAENR (2009)



- Temps des familles, temps des enfants : autour de la scolarité - Conférence de la famille, ministère de la santé et des solidarités (2007) - Temps des familles, temps des enfants : des espaces de loisirs - Conférence de la famille, ministère de la santé et des solidarités (2007)

- Le travail des élèves pour l'école en dehors de l'école, Haut conseil de l'évaluation de l'école (2005)

- Organisation du temps scolaire dans le premier degré : les effets de la semaine de quatre jours, IGEN, IGAENR (2002)

- L'Aménagement des rythmes scolaires à l'école primaire, ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie (2000)

- L'Accueil des jeunes dans les centres de vacances et de loisirs, avis du Conseil économique et social (2000)

- Pour une approche globale du temps de l'enfant : l'expérimentation des aménagements des rythmes scolaires, ministère de la jeunesse et des sports (1998

Source : ToutEduc

Mercredi, 23 septembre 2009

Lire et faire lire

Rejoignez Lire et faire lire et ses 11000 bénévoles de plus de 50 ans qui, partout en France, partagent leur plaisir de lire avec plus de 250 000 enfants

Découvrez l’action de Lire et faire lire avec une interview de son co-fondateur Alexandre Jardin en cliquant sur l’image de gauche et au travers d’un reportage dans une école en cliquant sur l’image de droite :

Lundi, 21 septembre 2009

Quels enfants allons- nous laisser au monde ?

Pierre Frackowiak nous a fait parvenir sa note de lecture du dernier ouvrage de Philippe Meirieu

Lettre aux grandes personnes sur les enfants d’aujourd’hui, Editions Rue du Monde. Août 2009

Tous ceux qui s’intéressent à l’évolution de l’éducation auront au moins deux bonnes raisons d’aimer ce « Meirieu nouveau ».

La première raison sera cette question cruciale et déstabilisante : « Quels enfants allons-nous laisser au monde ? », une question neuve qui engage également parents, enseignants et la société toute entière. La question « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? » est devenue banale, même si, au-delà de sa répétition sur tous les tons, les pouvoirs publics peinent à prendre les décisions que les réponses appellent. Philippe Meirieu ne la néglige pas. Il la rappelle même, commentant les dégâts constatés sur la planète. Mais il lui adjoint une autre question qui, elle, n’est pas banale et nous interpelle fortement : « Quels enfants allons-nous laisser à notre monde ? ». Personne ne s’en préoccupe vraiment alors que l’incompréhension entre les générations s’accroît. Les conflits de générations ont fait l’objet de nombreux ouvrages psychologiques et de romans, mais le problème prend depuis quelques années une tout autre dimension. Il arrive de plus en plus souvent que les parents ne comprennent plus du tout leurs enfants, même quand ils les observent avec la plus grande indulgence dans le prisme de ce fameux conflit. Il arrive de plus en plus souvent que les enseignants soient démunis face aux attitudes des élèves, même dans des collèges huppés de centre ville, devant leur désintérêt face à la chose scolaire et devant leur contestation des pratiques, leur exigence de justice et de droit à l’expression. Les parents sont de plus en plus nombreux à souffrir, les enseignants sont de plus en plus nombreux à rencontrer des problèmes qui les laissent complètement démunis. Comment réagir quand, dans une classe de 4ème de centre ville, au signal discret d’un élève, tous se mettent sous leur table ? Comment réagir quand des centaines de professeurs avouent confidentiellement qu’ils passent tout leur temps à tenter d’obtenir en vain le silence ? Comment les parents, informés, peuvent-ils réagir ? Quelle position adopter quand les récits de leur enfant tendent à les convaincre qu’ils auraient eu envie de faire la même chose dans les mêmes circonstances s’ils n’avaient été craintifs, disciplinés et obéissants comme la majorité des enfants de leur époque ?

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Dimanche, 20 septembre 2009

Faut-il interdire ces auteurs classiques ?

(François Bouchon/Le Figaro)
(François Bouchon/Le Figaro)

ENQUÊTE - Racisme, misogynie, mépris envers les « seniors » ou les handicapés, apologie du tabac, de l'alcool ou du tourisme sexuel : l'histoire de la littérature abonde de classiques qui tomberaient aujourd'hui sous le coup de la loi. Après l'affaire « Tintin au Congo », qui voit des plaignants réclamer purement et simplement le retrait de l'album d'Hergé pour son caractère « raciste », nous avons retrouvé dans le patrimoine littéraire mondial d'autres œuvres qui pourraient faire les frais d'un certain politiquement correct.

APOLOGIE DE L'ALCOOL

ALEXANDRE DUMAS

Ils sont légion, les écrivains et poètes ayant célébré la Dive de manière choquante à l'heure du permis à points et des gouvernements vertueux nous enjoignant de consommer de l'alcool avec modération. On pourrait en citer des centaines, mais nous avons choisi un « panthéonisé » qui de plus n'hésitait pas à ponctuer les aventures de ses mousquetaires de repas pantagruéliques assez peu respectueux des règles de la diététique et des cinq fruits ou légumes à manger quotidiennement. Qu'on en juge : «Mangez donc de ce jambon, d'Artagnan, il est exquis, dit Athos en coupant une tranche qu'il mit sur l'assiette du jeune homme. Quel malheur qu'il n'y en ait pas eu seulement quatre comme celui-là dans la cave ! j'aurais bu cinquante bouteilles de plus.»

APOLOGIE DU TABAC

SACHA GUITRY

Parmi les nombreux travers de Guitry, dont évidemment la misogynie, on connaît moins son amour pour le tabac qui nuit gravement à la santé. Ainsi, on peut lire dans L'Esprit cette ode à la cigarette : «Petite amie, je t'aime ! Tu es fine, mince, propre et blonde… Tu es silencieuse et docile et je t'allume quand je veux ! Tu parfumes l'endroit où je travaille et le chemin que je parcours, et tu me grises un peu, sans cesse… On m'a souvent fait des reproches à ton sujet. On m'a dit que tu faisais tourner la tête et que tu finirais par me faire perdre la mémoire ! Ah ! grands dieux, si c'était vrai !... Fais-moi tout oublier - je ne t'oublierai jamais.»

RACISME ANTIVIEUX

PIERRE DE RONSARD

«Donc, si vous m'en croyez, mignonne,/ Tandis que votre âge fleuronne/ En sa plus verte nouveauté,/ Cueillez, cueillez votre jeunesse :/ Comme à cette fleur, la vieillesse/ Fera ternir votre beauté. » Assimiler la fuite du temps et la vieillesse à la beauté qui se ternit, ce n'est pas très aimable et même discriminant. Cela n'a pas échappé à la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations), qui écrivait dans son dernier rapport, rendu public en mai dernier : «Nous n'avons pas eu la possibilité, faute de temps, d'étudier les textes des manuels. En effet, certains textes pourraient contenir des stéréotypes. Par exemple, en français, le poème de Ronsard «Mignonne, allons voir si la rose…» est étudié par tous les élèves. Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des seniors. Il serait intéressant de pouvoir mesurer combien de textes proposés aux élèves présentent ce type de stéréotypes, et chercher d'autres textes présentant une image plus positive des seniors pour contrebalancer ces stéréotypes.» Vaste programme… Car, le « senior » est - dans les livres comme dans la vie - souvent vieux, parfois malade. Il arrive même qu'il meure.

APOLOGIE DE L'ESCLAVAGE

MARGARET MITCHELL

Dans Autant en emporte le vent, fresque mélodramatique à la gloire du Sud esclavagiste, Margaret Mitchell enfile des clichés qui feraient passer Tintin au Congo pour une bluette. Un exemple parmi d'autres : «- Si vous m'emmenez pas chez missié Wyndé je esté'ai dans  les bois tout'la nuit et pi-êt'ji se'ai pincé pa'les pat'ouilles plutôt que pa'ma'ame Béat'ice quand elle est en colè'. Perplexes et indignés, les jumeaux regardèrent le jeune Noir. - Il est assez bête pour se laisser prendre par une patrouille et maman en fera des gorges chaudes pendant des semaines. Je te jure, les nègres sont par trop assommants. Il m'arrive de croire que les abolitionnistes ont trouvé la bonne méthode.»

ANTI-ÉCOLOGISME

ARAGON

Loin des préoccupations environnementales contemporaines et de la taxe carbone, Louis Aragon s'est fait le chantre lyrique de l'industrialisation lourde, notamment dans Magnitogorsk 1932, poème extrait de Hourrah l'Oural. À Magnitogorsk, ville nouvelle d'URSS où s'élèvent des « arbres de fer», un «petit cheval», vestige de la Russie rurale et paysanne, assiste à l'avènement d'un monde où l'on travaille au son « du rire des hauts fourneaux» et où le paysage s'embellit de « colliers de fumées». Extraits.

«Le paysage a mis des colliers de fumées/ Le paysage a plus d'échafaudages qu'un jour d'été/ n'a de mouches/ Le paysage est à genoux dans le socialisme/ et l'électricité étire ses doigts fins du ciel à la poussière/ Le petit cheval n'y comprend rien/ Personne ne dort dans ces maisons d'hommes/ Ça siffle partout comme après un chien/ et des léopards de feu se détachent au passage des wagonnets le long du combiné des sous-produits chimiques/ Tonnerre du minerai tombant aux concasseuses/ Tonnerre du rire des hauts-fourneaux/ Tonnerre d'applaudissements des eaux du barrage au numéro d'un clown inconnu qui crache du fer/ Le petit cheval n'y comprend rien/ De grands types circulent entre les épaules de la terre et sous leurs mains calleuses familièrement/ claque le flanc de l'avenir/ De grands types qui lisent au voyant des édifices publics/ les chiffres mystérieux de la fonte et du coke produits chaque jour.»

HANDIPHOBIE

VICTOR HUGO

On ne peut que déplorer les clichés liés aux personnes à mobilité réduite ou souffrant de troubles mentaux dans la littérature. Du Lennie des Souris et des Hommes, de Steinbeck, dépeint comme un colosse au visage informe et si inconscient de sa force qu'il en devient un assassin au capitaine Achab de Melville, que sa jambe de bois a transformé en un être cruel obsédé par l'idée de vengeance, les « anormaux » n'ont pas souvent le meilleur rôle. On peut voir en Victor Hugo un précurseur de l'archétype du handicapé monstrueux

avec Quasimodo, borgne, bossu et boiteux : «Toute sa personne était une grimace. Une grosse tête hérissée de cheveux roux ; entre les deux épaules une bosse énorme dont le contrecoup se faisait sentir par-devant ; un système de cuisses et de jambes si étrangement fourvoyées qu'elles ne pouvaient se toucher que par les genoux, et, vues de face, ressemblaient à deux croissants de faucille qui se rejoignent par la poignée, de larges pieds, des mains monstrueuses.»

MISOGYNIE

FREUD

Hélas, la liste des auteurs et penseurs illustres ayant cédé à la misogynie est immense. Une anthologie en plusieurs volumes suffirait à peine à les rassembler. Même le grand Freud n'a pas échappé aux préjugés sexistes en considérant «l'infériorité intellectuelle de tant de femmes » comme « une réalité indiscutable » ou en procédant à des généralités abusives : «C'est un fait connu, et qui a donné aux hommes ample matière à récrimination, que souvent le caractère des femmes s'altère singulièrement une fois qu'elles ont renoncé à leur fonction génitale. Elles deviennent querelleuses, tracassières et ergoteuses, mesquines et avares.» À la décharge du père de la psychanalyse, celui-ci appelle à juger la femme «avec indulgence et tolérance dans les domaines où elle est en retard sur l'homme» car, par exemple, «la femme ne gagne rien à étudier».

Source : Le Figaro Littéraire

Mercredi, 16 septembre 2009

Les pièces qui vous manquent

Malika SOREL - Editions Mille et une nuits - 2007

 Contrairement à nos habitudes, nous présentons ici un ouvrage politique, au meilleur sens du terme. L'auteur, d'origine marocaine, a demandé la nationalité française à 30 ans. Elle sait de quoi elle parle, et développe une argumentation serrée, sans oublier aucune pièce du puzzle.
C'est parce qu'il y est beaucoup question des jeunes que nous commentons ici cet ouvrage.

 

L'intégration

Malika Sorel décrit les difficultés d'intégration, non pas des nouveaux immigrants, mais de leurs enfants et petits-enfants ; difficultés étonnantes pour nous, puisque ce sont des Français, et spécialement de jeunes Français, qui affectent de rejeter la France. Ce phénomène se produit dans tous les pays occidentaux, et même au Canada, qui pratique une politique d'immigration "choisie".

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Lundi, 14 septembre 2009

Qu'est ce que l'occident ?

Qu'est-ce que l'Occident ?  
 

« Aujourd’hui, de même, les crises géopolitiques de l’aube du XIXe siècle ébranlent une réalité que nous sentons essentielle à nos existences, mais dont nous n’avons pas une conscience suffisamment nette. »

Qu’est- ce que l’Occident ? Cette civilisation ou culture a t-elle des valeurs et des institutions communes ?

Cinq événements majeurs expliquent l’émergence de cette civilisation Occidentale : L’invention de la Cité, l’invention du droit, la révolution éthique et eschatologique de la Bible, la « Révolution papale » des XIe-XIIIe siècles, la promotion de la démocratie libérale.

Samedi, 5 septembre 2009

Transmettre, de génération en génération

En Occident, la transmission est en crise et les générations nouvelles semblent parfois abandonnées à leur sort. Du passé, on voudrait faire table rase au nom de la liberté, du goût du risque et de la quête de la vérité. Pourtant, pour que l'humain s'arrache à l'abîme, ne reste-t-il pas une parole à entendre, notamment dans les grands textes anciens dont l'Europe est l'héritière ? Revenant aux sources grecques, juives et chrétiennes, Catherine Chalier examine quelques-uns des actes de la transmission : raconter, expliquer et démontrer, endoctriner, informer, écouter, désirer et, enfin, témoigner. Pour elle, d'une génération à l'autre peut se transmettre une parole vive, porteuse d'espérance, consciente du tragique de l'histoire. Une parole qui humanise.

Biographie de l'auteur
Catherine Chalier enseigne à l'université de Paris-X Nanterre. A la suite d'Emmanuel Levinas, elle explore le lien entre la philosophie et la tradition hébraïque de la pensée. Elle cherche à montrer comment l'interrogation de cette dernière renouvelle l'approche de questions importantes (la nature, l'histoire, l'éthique, les émotions). Elle a publié notamment La Fraternité, un espoir en clair-obscur (Buchet / Chastel 2003), Spinoza, lecteur de Maïmonide (Ed. du Cerf, 2006) et Des anges et des hommes (Albin Michel, 2007).

Transmettre, de génération en génération 

Vendredi, 4 septembre 2009

La rentrée est elle marquée par un retour aux pédagogies "traditionnelles"?

Alors que Natacha Polony, ancienne journaliste de "Marianne" et sympathisant du mouvement de Jean Pierre Chevènement et maintenant au Figaro se fait l'écho du succès auprès du public de méthodes centrées sur la transmission des connaissances,

Le journal "La Vie" publie un dossier en faveur de méthodes "innovantes" et tournées vers la construction des savoirs par les apprenants.
L'introduction de ce dossier souligne que "Des expériences intéressantes se mettent aussi en place dans le privé. Et notamment dans des établissements catholiques".

Jeanne Smith dans "Présent" souligne que l'apparente "victoire des traditionnels" cache un certain nombre de leurres.

Autre « victoire » des traditionnels : la réforme des IUFM, vecteurs privilégiés de toutes les pédagogies constructivistes. Le Figaro précise néanmoins que la réforme en cours du lycée donne plutôt l’avantage à celles-ci : un coup à droite, un coup à gauche…

Tout cela demande cependant à être analysé de plus près. La réforme en cours de la formation des maîtres, par exemple, ne garantit pas contre un simple transfert des « pédagogistes » vers les structures universitaires, tandis qu’une nouvelle matière aux contours incertains prend de plus en plus de place dans le cursus : « Connaissance du système éducatif ». Ou : comment se repérer et aider les jeunes à se repérer dans le labyrinthe des filières, des options, des formations. Ce n’est pas cela qui permettra à de jeunes enseignants de transmettre des « fondamentaux » qu’ils n’ont eux-mêmes souvent pas reçus…

Mais il y a une sorte de consensus médiatique sur le fait qu’à force d’alertes et de mobilisation, les choses changent dans le primaire et que le temps des aberrations pédagogiques est révolu. S’il est vrai que dans certaines matières des points ont pu être acquis, ...  les leurres se multiplient.

On voit ainsi fleurir des méthodes de lecture qui se prétendent « alphabétiques » ou « syllabiques » et qui, vues de près, ne le sont que partiellement ou pas du tout, ou alors qui compliquent l’accès à la lecture. On peut citer ici rapidement des manuels qui voudraient avoir la cote dans les milieux de l’enseignement hors contrat, comme le Manuel de lecture de la Librairie des écoles (dirigée par un proche de SOS Education) ou En route vers la lecture publiée par les éditions médicales Grego. Avec les meilleures intentions du monde, sans doute, les divers auteurs sacrifient à la mode des pédagogies visuelles et de reconnaissance qui sont à la base de la lecture globale, non analytique et non consciente. Il en va ainsi de la reconnaissance de lettres au sein de mots que les enfants ne sont pas en mesure de lire, ou de l’apprentissage global de « mots outils » (comme « et » et « est » appris en même temps sans analyse dans le Manuel de lecture).

 

Lundi, 31 août 2009

"Jeunes, On Vous ment", la nécessaire réforme des universités


Sélection, orientation, suivi des professeurs : des éléments pour l’université de demain

Quel avenir pour l’Université française ? L’académicien Jean Robert Pitte, de l’Académie des sciences morales et politique, ancien président de l’université Paris-Sorbonne, agrégé de géographie, docteur ès-lettres, auteur de Jeunes, on vous ment et Stop à l’arnaque du bac livre ici avec son franc-parler, ses opinions sur un débat controversé. Il est l’invité d’Annet Sauty de Chalon.

Écouter l'émission




Jeunes, on vous ment ! : Reconstruire l'Université 

Lundi, 6 juillet 2009

La destruction de l’enseignement élémentaire et ses penseurs

La destruction de l’enseignement élémentaire et ses penseurs
Liliane LURÇAT
Éd. François-Xavier de Guibert, 02/1998, 241 p.

Liliane LURÇAT : enseignante et chercheur au CNRS, Docteur en psychologie, Docteur ès Lettres ; a mené des recherches dans des écoles maternelles et élémentaires de Paris et de la banlieue, durant toute sa carrière.
Résumé :
Depuis une vingtaine d'années, des formes nouvelles et tout à fait spécifiques sont apparues dans l'échec scolaire. L'auteur, qui a fait de longues études sur l'écriture et le langage écrit de l'enfant, démontre qu'à ces échecs de plus en plus nombreux, correspondent des raisons précises qui tiennent au système nouveau des apprentissages fondamentaux : lecture, écriture, calcul.
Elle démonte les mécanismes idéologiques totalement irresponsables à travers lesquels un certain nombre de penseurs, à la fin des années 60, ont entrepris la destruction systématique des grandes bases de l'enseignement élémentaire.
Rien de théorique dans sa démonstration. Beaucoup d'exemples concrets grâce auxquels le lecteur, parent d'élève ou, tout simplement, homme de bon sens, découvrira avec stupéfaction une “machination” extravagante contre l'intelligence et le bon sens.
Au terme de cette analyse, le plus grand sujet d'étonnement et d'émerveillement que l'auteur nous fait partager, c'est que, malgré tout, tant d'enfants aient pu réussir à s'en sortir.

Lundi, 29 juin 2009

Lettre ouverte à ceux qui croient encore à l’école

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Lettre ouverte à ceux qui croient encore à l’école
Jean ROMAIN
Éd. L’Âge d’Homme, 03/2001, 76 p.

Jean ROMAIN : professeur de philosophie à Genève, essayiste et romancier.
Résumé :
Dire que l'école traverse une crise est un euphémisme : elle est malade de ses réformes. Les tenants de la mondialisation économique se sont alliés aux cerbères de la sous-culture pour condamner les enfants à la réforme perpétuelle. Tout change tout le temps, donc l'école doit bouger, nous dit-on. Elle a ainsi perdu ses repères et a déboussolé aussi bien les élèves que leurs parents ; de leur côté, les professeurs n'en peuvent plus.
Cette lettre ouverte partage :
- la certitude qu'à l'école seul le savoir est porteur de graines d'universalité qui permettent à un individu de devenir lui-même en s'élevant;
- la confiance en la raison qui a inventé la liberté civique, la démocratie, les droits de l'homme et du citoyen ;
- la conviction que le monde de la culture n'est pas un vernis qui s'écaille au moindre frimas, mais qu'il permet à l'humain de donner un sens à sa vie.
Ce qui soulage a remplacé ce qui sauve : la culture sauvait, le multimédia soulage. L'école sauvait, le divertissement soulage. La lecture sauvait, le jeu vidéo soulage. La religion révélée sauvait, le New Age soulage. La responsabilité sauvait, l'inconscience soulage.
Cette lettre ouverte en appelle à un nouvel humanisme qui pourrait sauver l'école.

Lundi, 22 juin 2009

Dyslexie : une vraie-fausse épidémie

Dyslexie : une vraie-fausse épidémie
Colette OUZILOU
Presses de la Renaissance, 08/2001, 212 p.

Colette OUZILOU : orthophoniste depuis 30 ans, a exercé dans plusieurs centres de soins, dont le CMPP d’Athis-Mons.
Résumé :
La dyslexie aujourd’hui fait couler beaucoup d’encre. Les cabinets d’orthophonie s’emplissent d’enfants en échec scolaire. Selon l’auteur, orthophoniste, sur les 10 % d’élèves dits “dyslexiques” en primaire, à peine 1 % le sont réellement.
Cet ouvrage a été conçu au cours de rééducations d’enfants mal-lisants. Il s’est enrichi d’entretiens quotidiens avec des parents anxieux, des adolescents mal à l’aise dans leur rapport à l’écrit et des enseignants incertains.
Après une analyse en profondeur des processus d’installation de la lecture, l’auteur porte un regard nouveau sur une stérile querelle de méthode et souligne la confusion faite actuellement entre mauvais lecteurs et dyslexiques. Elle dénonce certaines pratiques scolaires qui s’avèrent très sélectives et propose des voies pédagogiques préventives.
Un livre destiné à tous les parents et enseignants qui veulent lutter contre l’échec de l’enfant dès le cours préparatoire.

Commentaire (B.A., 01/2003) :
Quand les élèves ont des difficultés pour apprendre à lire, c'est qu'ils sont “malades”. En effet, les méthodes pédagogiques à la mode sont parfaites, de même que les méthodes d'apprentissage de la lecture. Donc il n'y a rien à corriger à l'école : c'est l'enfant qui est à aider. D'où l'épidémie de dyslexie qui fait la fortune des orthophonistes. C'est pourquoi cette corporation est réticente à dire la vérité : les enfants véritablement dyslexiques sont rares, les gros bataillons d'enfants ayant des difficultés en lecture sont des élèves à qui on a mal appris à lire.

Mardi, 16 juin 2009

L'enseignement du français aujourd'hui enquête sur une discipline malmenée

L'enseignement du français aujourd'hui
L'enseignement du français aujourd'hui
enquête sur une discipline malmenée

Conti, Paul-Marie
Ed. de Fallois , Paris
Parution :  octobre 2008
L'ouvrage est consacré à l'enseignement secondaire, sous l'empire des programmes 1996 pour le collège et 2000 pour le lycée. La réforme de ces programmes ne changera rien au fait que des millions d'enfants et d'adolescents ont été marqués durablement dans une composante essentielle de leur personnalité.

A contrario, Paul-Marie Conti propose les trois impératifs d'un enseignement rénové :
      - apprendre aux élèves à lire et à écrire (tant il est vrai que "Lire-écrire", au-delà de l'enseignement primaire, est une exigence pour toute la scolarité et même pour toute la vie)
      - transmettre une culture littéraire nourrie d'abord des grands classiques
      - donner ainsi aux élèves les moyens de penser, pour les préparer à leur vie de citoyens.

Source

Lundi, 15 juin 2009

“Éducation nationale : des idées à rebrousse-poil”

“Éducation nationale : des idées à rebrousse-poil”
Dirigé par Claude ROCHET, avec le concours d'Agnès GUY
Panoramiques, n° 56, 1er trimestre 2002

Résumé :
Depuis des décennies, la réforme du système de l'enseignement fait l'objet de débats en France (mais, consolons-nous, ailleurs aussi). Chaque ministre y va de son projet avec plus ou moins de doigté, d'opiniâtreté... et de longévité. Les uns optent pour le pas d'éléphant, les autres pour la patte d'oiseau. Dans presque tous les cas, presque tout le monde rouspète et descend dans la rue pour expliquer que, décidément, le gouvernement n'a rien compris à rien et que c'est tout autre chose qu'il fallait ou qu'il faudrait faire... Les gazettes surabondent de tribunes libres et d'appels à la levée en masse pour défendre l'éducation en danger sur la ligne bleue des Vosges.
Cet ensemble, parfois éclaté, ne propose pas de potion magique ni de recettes miracles. Il ne dit d'ailleurs pas tout sur tout mais, plus modestement, présente une brassée d'articles qui se veulent souvent à rebrousse-poil. Nous ne nous sommes pas préoccupés de déterminer si tel auteur exprimait des opinions valeureusement “progressistes” ou affreusement “réactionnaires”, si la ligne générale était cohérente et pouvait légitimement se réclamer de la gauche ou de la droite. Il y a belle lurette que cette classification a révélé qu'elle ne dédaignait pas la bonne vieille politique des fronts renversés et que la valse des étiquettes régnait aussi dans la boutique de l'éducation nationale.

Commentaire (B.A., 12/2005) :
Plusieurs articles, d’un intérêt inégal, constituent cet ouvrage. Une trentaine de contributeurs, dont certains sont bien connus dans les mouvements de défense de la qualité de l’enseignement, ont travaillé, sous la coordination de Claude Rochet. J'ai relevé un certain nombre de remarques très intéressantes :
Rudolf Bkouche (p 22) : « Lorsque l’École abandonne sa mission d’instruction, c’est à l’extérieur de la classe que s’acquiert la connaissance et que se construit un rapport au savoir permettant l’autonomie de l’élève ; ainsi sont favorisés ceux des élèves qui trouvent à l’extérieur de l’École les conditions de l’instruction. (…) Moins l’école apporte, plus les privilèges des héritiers sont renforcés. »
Jean-Baptiste Rauzy (p 49) : « Lorsqu’un institution éducative ne peut pas choisir son public et doit subitement s’adresser à la totalité d’une classe d’âge, ceux qui y travaillent tentent sincèrement de hisser la majorité des élèves vers les savoirs et les œuvres qui y sont traditionnellement enseignés. Comme, dans la plupart des cas, ils n’obtiennent que des résultats médiocres, ils ont tendance à tenter l’opération inverse, c’est-à-dire à tirer les savoirs et les œuvres du côté du public concerné. »
Michel Delord (p 77) : « Les plus grands bouleversements dans le cursus et les méthodes pédagogiques datent des années 60-70 avec la victoire de la pensée structurale et constructiviste, des mathématiques modernes, de la méthode globale, du “texte en soi” et du tiers temps pédagogique. Leurs effets sur l’ensemble de l’enseignement n’apparaissent qu’après-coup, soit trente ou quarante années plus tard. En effet, lors de la mise en place de ces nouveautés, la majorité du corps enseignant adopta en théorie les nouvelles progressions mais dans l’esprit et en pratique les contenus et les méthodes anciennes. Il faut donc attendre que les élèves de cette période, c’est-à-dire ceux qui avaient cinq ans en 1970 deviennent à leur tour enseignants pour que le corps enseignants perde ce souvenir, c’est-à-dire environ quinze ans plus tard, soit 1985-1990. Et il faut attendre encore une bonne dizaine d’années, pour que les élèves ayant eu cinq ans pendant cette dernière période abordent enfin le lycée avec les compétences qu’on leur connaît et dont ils ne sont pas responsables. Car des pans entiers de connaissances fondamentales - c’est-à-dire sans lesquelles les connaissances ultérieures ne sont que des simulations de connaissances - ont ainsi disparu. »
Michel Leroux (p 85) : « C’est une étrange entreprise que d’équiper de béquilles des êtres à qui l’on n’a pas appris à marcher. »
Elisabeth Altschull (p 91-92) : « Aux États-Unis, la résignation l’a emporté, on a déposé les armes et cessé de combattre l’ignorance. On a jeté à terre tous les outils qui révélaient les inégalités (examens, notation basée sur les contenus qu’on remplace par une notation sensée traduire les efforts et la bonne volonté de l’élève). On a dénoncé l’objectif même de l’égalité : amener tous les élèves à un minimum de savoir identique avec des propos alambiqués sur les différences culturelles légitimes, sur les différents types d’intelligence supposés des élèves. Bref, en niant la gravité de l’ignorance et la nécessité de la combattre on l’a laissée se généraliser, au nom d’une meilleure approche éducative. Que cette approche ait toujours été synonyme de moins d’effort pour l’enseignant est une réalité dénoncée aujourd’hui par des parents américains exaspérés. Ainsi, l’enseignant moderne n’a pas eu besoin de se former dans une matière ni d’atteindre un certain niveau dans sa discipline, puisqu’il est diplômé de sciences de l’éducation et non d’une matière. Il ne doit pas tenir une classe mais simplement constater le caractère des enfants qu’il a devant lui selon les modalités d’évaluation en vogue aux États-Unis (“enfant vif” ou “enfant réservé”, l’enseignant coche la case correspondante dans le bulletin envoyé aux parents). Il n’y a pas de programme à suivre, ni d’examen à faire préparer (et à corriger ensuite). L’école publique américaine a suivi la loi du moindre effort que celle annoncée par les réformateurs actuels de l’école en France : l’allégement salutaire fera de la démocratisation de l’école une vaste opération de têtes bien faites plutôt que bien pleines. Le calendrier scolaire américain est le plus léger du monde et somme toute puisqu’on n’y prépare rien, ce n’est pas la peine d’y passer un temps fou. »
Liliane Lurçat (p 102) : « Le principe de l’école républicaine est l’égalité des droits et non l’égalité des chances. »
Liliane Lurçat (p 103) : « La diffusion mondiale des idées de l’éducation nouvelle date du début du siècle, bien avant la massification, et elle est le fruit de l’activisme des “sciences” de l’éducation, même si elle est portée par l’idéologie. Le rejet de la transmission des connaissances au nom du fait que c’est l’élève qui doit “construire” le savoir, n’est pas un produit de l’air du temps, contre lequel on ne pourrait rien faire, c’est une doctrine précise. »
Liliane Lurçat (p 105) : « La pédagogie est un art empirique, rôdé au cours des siècles, ce n’est pas une science. »
Michel Vignal (p 193) : « Il est urgent de ré-instituer le maître, celui qui détient un magistère laïc, qui, par la maîtrise d’un ensemble de connaissances, a la faculté et l’autorité pour transmettre le savoir à un élève. Le maître se définit à la fois comme un adulte par rapport à l’élève et comme un professionnel par rapport à la société. Les maîtres ont pour mission d’enseigner. Et enseigner est d’abord un acte de volonté. »

Lundi, 8 juin 2009

Parents contre profs

Parents contre profs
Maurice T. MASCHINO
Fayard, 08/2002, 263 p.

Maurice T. MASCHINO : journaliste au Monde diplomatique.
Résumé :
Si l'on observe dans la société française une démission croissante des parents, on constate simultanément, depuis une dizaine d'années, une irruption des mêmes dans l'enceinte des établissements scolaires. Depuis qu'en 1989 une “loi d'orientation”, confiant l'école à la « communauté éducative », les a placés au rang de « partenaires permanents de l'école ou de l'établissement scolaire », de plus en plus nombreux sont les parents d'élèves, organisés ou non en association, qui se croient autorisés à faire la leçon aux enseignants quant à l'instruction qu'ils dispensent à leurs enfants. Quelle est la situation exacte, comment en est-on arrivé là, et que faire pour apaiser cette nouvelle guerre scolaire ?
Fruit de nombreux entretiens avec des chefs d'établissements, des conseillers principaux d'éducation, des professeurs des collèges et lycées, des instituteurs, ce document témoigne pour un corps enseignant malmené, discrédité, et relate des faits extravagants, certains parents se permettant par exemple de juger le contenu des cours, le bien-fondé de telle sanction disciplinaire et de faire valoir leur prétendu droit de décider.
Dédié à “ceux qui veulent sauver l'école”, ce livre est un plaidoyer en faveur de la survie du noble métier d'enseignant et de l'intelligence active des parents en milieu scolaire.

Commentaire (B.A., 10/2002) :
Voilà un livre qui révolte. Certains parents entrent dans les établissements scolaires en pays conquis pour faire la leçon (un comble !) aux enseignants, avec plus ou moins d'agressivité. Qui a permis que ces butors puissent se permettre cela ? Trente années de démagogie en direction des parents d'élèves... Heureusement, il reste encore des parents qui se montrent polis envers les enseignants, pour le plus grand bénéfice de leurs enfants. En effet, un maître ou un professeur voit son travail grandement facilité quand il se sent soutenu par les parents, et les élèves en profitent davantage.
Source

Lundi, 1 juin 2009

Ignare Academy

Ignare Academy - Les naufrages de l'enseignement
Claire LAUX, Isabel WEISS
Nil éditions, 08/2002, 201 p.

Claire LAUX, Isabel WEISS : 32 ans et 31 ans, agrégées et docteurs, enseignent respectivement l'histoire et la philosophie depuis une dizaine d'années..
Résumé :
Un pamphlet virulent écrit par deux jeunes enseignantes
Une démocratie authentique ne peut que reposer sur un enseignement de qualité. Or le système actuel met en danger les valeurs de la République, et plus largement celles de notre civilisation : apprendre à penser, fournir des efforts, comprendre, être responsable de ses actes.
Ce pamphlet démontre avec brio et efficacité comment une démocratisation mal pensée conduit à abaisser le niveau de la culture, notamment dans les matières littéraires. Lettres, histoire, géographie, philosophie sont réduites en qualité comme en quantité. On ne leur demande plus que de défendre l'opinion du moment, de suivre l'actualité, de rédiger des plaidoyers préfabriqués sur un canevas politique consensuel et au goût du jour. Au lieu de former des esprits libres, on finira peut-être par ne former que des citoyens moyens, voire médiocres. L'ambition de l'École est constamment revue à la baisse...
A l'heure où l'on confond l'utile et l'essentiel, la liberté et la facilité, seule une contestation radicale des réformes qui s'entassent depuis des années pourrait arrêter cette dégradation.

Lundi, 25 mai 2009

La manipulation des enfants

La manipulation des enfants - Nos enfants face à la violence des images
Liliane LURÇAT
Éditions du Rocher, 09/2002, 209 p.
Liliane LURÇAT : directrice de recherche honoraire au CNRS en psychologie de l'enfant, elle est l'auteur de nombreux livres et publications sur la représentation de l'espace chez l'enfant, l'échec scolaire, les effets de la télévision sur les jeunes enfants.
Résumé :
Notre vie se déroule sous l'influence de la télévision. L'imprégnation que nous subissons depuis l'enfance provoque comme une confusion entre la vie réelle et les images. Elle fait de nous des conformistes qui ignorent les influences qu'ils reçoivent. Être comme tout le monde, c'est le modèle qu'on nous impose ; penser qu'on est original, c'est la croyance qu'on nous suggère.
Or plus d'un enfant sur deux disposerait librement d'un poste de télévision dans sa chambre. Les enfants, plus réceptifs aux influences, sont ainsi soumis à un véritable bombardement émotionnel. Sous l'effet des productions violentes, la barbarie exhibée fait des émules. Car l'accoutumance au spectacle quotidien d'actes violents mis en scène peut dévoyer la compassion en cruauté, comme en témoigne l'inquiétante augmentation des actes nuisibles.
L'abandon éducatif et moral témoigne de l'impuissance de l'école à assumer sa fonction. La porosité de l'école aux influences des manipulateurs professionnels la rend inapte à instruire et à protéger les enfants.
La Manipulation des enfants tente de faire prendre conscience d'un problème extrêmement préoccupant pour le présent comme pour l'avenir de notre société.

Mercredi, 20 mai 2009

"365 jours d'école à la maison"

Couverture

Lundi, 18 mai 2009

L’école des ego

L’école des ego - Contre les gourous du “pédagogiquement correct”
Elizabeth ALTSCHULL
Albin Michel, 09.2002, 166 p.

Elisabeth ALTSCHULL : Américaine naturalisée française et convertie aux vertus du modèle laïque et républicain, professeur dans un lycée parisien.
Résumé :
Le culte de l’ego : voilà la nouvelle discipline qui règne dans les écoles à l’insu des parents.
Ego de qui ? Des élèves, évidemment. Plus question de connaissance, de discipline ou d’effort. Il s’agit désormais de s’é-pa-nouir, de s’ex-pri-mer dans les salles de classe. Pour apprendre à lire et à écrire, on verra plus tard.
Mais s’il n’y avait que les élèves ! Comment ignorer les réactions souvent compulsives des enseignants ? Et des parents ? Jusqu’aux ministres qui contribuent à leur façon à l’entreprise de nivellement en cours.
Derrière ce déclin organisé à défaut d’être annoncé, une volonté est à l’œuvre depuis des années. Discrète. Celle des inventeurs d’une nouvelle pédagogie : “les sciences de l’éducation”. Ces faux savants ont inspiré la plupart des réformes qui se sont abattues depuis vingt ans sur les salles de classe.
Est-il encore temps de sauver l’école ? Elizabeth Altschull pense que c’est encore possible et explique comment.

Commentaire (B.A., 08/2003) :
Ceux qui ont une bonne connaissance du système éducatif américain ont une longueur d’avance sur nous. Les idées pédagogistes à la mode chez nous aujourd’hui ne sont que des resucées d’idées venues d’Outre-Atlantique. Mises en œuvre là-bas depuis longtemps, elles démontrent leur dangerosité par le délabrement de l’institution scolaire qu’elles ont provoqué. Le plus curieux, c’est que leurs thuriféraires français sont des gens de gauche qui, d’habitude, sont systématiquement critiques vis-à-vis des Etats-Unis. Cet ouvrage, desservi par un titre abscons, est écrit par quelqu’un qui connaît bien, en plus, l’enseignement en France. Intelligent sans être violent, critique tout en proposant des solutions sensées, abordant tous les aspects des problèmes sans hésiter à bousculer les convenances, ce livre est un des meilleurs qui aient été rédigés sur l’état de l’école dans notre pays. A lire absolument…

Vendredi, 15 mai 2009

Restaurer l'éducation chrétienne

Restaurer l'éducation chrétienne
Taylor, James
préface de : Gérard Calvet
Ed. de l'Homme nouveau , Paris
Parution :  février 2008
Dans un entretien avec Philippe Maxence,  rédacteur en chef de L'Homme Nouveau, le professeur James Taylor revient aux sources de l'éducation chrétienne. Il rappelle notamment que «l'Église enseigne, avec Aristote et saint Thomas, qu'il n'y a aucune connaissance qui ne vienne des sens, en conséquence c'est de là qu'il nous faut partir, et ne pas commencer à apprendre avec l'esprit rationnel selon l'héritage cartésien». Impossible ? James Taylor démontre le contraire. À partir de deux expériences concrètes. L'une menée en France, pendant la Seconde Guerre mondiale, à l'école des Roches, repliée à Maslacq, et dirigée par André Charlier. L'autre à l'échelon universitaire par l'aventure de l'Integrated Humanities program (IHP) de l'Université de Kansas, notamment avec le professeur John Senior.

Ancien élève de Maslacq, proche d'André Charlier, ami de James Taylor, Dom Gérard Calvet, abbé fondateur de Sainte-Madeleine du Barroux confirme, dans sa préface, l'importance de cette éducation et la nécessité d'y revenir. Facile à lire, allant au fond des choses, cet entretien intemporel avec James Taylor méritait d'être mis à la portée du plus grand nombre. C'est désormais chose faite.
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Jeudi, 14 mai 2009

Lettre ouverte aux futurs illettrés

Lettre ouverte aux futurs illettrés
Paul GUTH
Albin Michel, 12/1980, 220 p.

Résumé :
Agrégé des lettres, professeur pendant dix ans aux lycées de Dijon, de Rouen et à Janson de Sailly, à Paris, Paul Guth a la vocation pédagogique chevillée au corps.
Or, voici quelques mois que des hommes politiques, comme Michel Debré à l'Assemblée nationale, des historiens, comme Alain Decaux dans le
Figaro Magazine, des journalistes de tous les horizons, alertent l'opinion sur le génocide intellectuel que, depuis des années, l'école inflige à vos enfants. En les privant de l'étude des classiques, du latin, de l'histoire de France, des ennemis de la liberté s'efforcent de défranciser les jeunes Français. Par un véritable lavage de cerveau, ils les amputent de la mémoire collective, sans laquelle une nation ne peut subsister.
De toutes ses forces, de toute son expérience de pédagogue, de tout son amour des jeunes, Paul Guth crie son indignation. Il dénonce les coupables, dont furent complices, par lâcheté et apathie, cinquante millions de taupes. En général, son caractère, plutôt rieur, ne pousse pas Paul Guth à jouer les Cassandre. Mais cette fois l'enjeu est trop capital, le danger trop terrifiant. Il y va de la survie de la France, de notre avenir à tous.
Paul Guth adresse cette
Lettre imaginaire à un garçon qu'il croise tous les jours quand il se rend au lycée. Ils ne se sont jamais parlé. Mais c'est souvent à ceux à qui on ne dit mot que l'on parle le plus. A travers ce jeune Jacques qui pourrait être votre fils, c'est à chacun de vous que Paul Guth s'adresse, avec une foi et une passion déchirantes.

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Lundi, 11 mai 2009

Les 10 plus GROS mensonges sur l'école à la maison

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Pour accéder au dossier de presse de l'éditeur, cliquer : ICI

Pour le télécharger, cliquer: LA

Collèges de France

Collèges de France
Mara GOYET
1ère édition 2003, rééd. : Folio Documents, n° 18, 221 p.

Mara GOYET : 30 ans, elle enseigne l'histoire-géographie depuis cinq ans dans un collège de la banlieue parisienne.
Résumé :
Le collège sera-t-il un jour un lieu de mémoire ? Au même titre que le Panthéon, le Tour de France ou Alésia ? Alésia, surtout. Il se contente pour l'instant d'être un lieu de déboires. Là réside sa beauté tragique, là commence sa force comique. Le collège doit dans un même élan résoudre la cruelle question du toner de la photocopieuse et celle de l'immortalité des dieux grecs. Il doit convaincre les élèves de la grâce d'une pensée libre tout en leur faisant bien comprendre qu'un môme de douze ans ne va quand même pas réfuter le théorème de Pythagore.
Cet univers, aussi prosaïque que complexe, est à la fois familier et méconnu.
Collèges de France vous invite à une promenade pittoresque en ses murs, à la découverte de ses indestructibles monuments (les estrades, la machine à café), de ses vaillants autochtones (les professeurs, les élèves, les CPE), de ses traditions séculaires (les heures de colle, la cantine), de son charmant folklore (les sigles, le jargon), de ses mythes ancestraux (l'autorité, l'élitisme), de ses guerres impitoyables avec leurs martyrs, leurs héros, leurs félons.

Samedi, 9 mai 2009

Refonder l'école catholique

Alors que l'Éducation nationale s'arc-boute sur sa laïcité et que l'École catholique affiche sa mondanité, le moment semble être venu de s'interroger sur les fondements et les conditions d'une authentique École catholique.
Loin d'être le prétexte à un repli communautaire ou identitaire, l'École catholique est avant tout un lieu de culture, où les lumières de la Révélation rejoignent l'expérience de la sagesse humaine pour constituer ensemble une anthropologie digne de l'homme et de sa finalité. Mais quelle finalité ? La réponse implique une vision du monde différente selon que la perspective est " radicalement naturelle ", comme dans l'École laïque, ou " naturellement surnaturelle ", ainsi qu'il devrait en être dans l'École catholique.
L'homme est un être de culture, appelé à faire de sa vie une ouvre nourrie au contact des livres, des sciences, de ce dépôt de sagesse acquis par l'homme au long de son cheminement dans l'histoire et transmis par l'école. Mais il est aussi, et avant tout, un être spirituel que sa soif de liberté et sa vocation portent au-delà des plates ambitions auxquelles le laïcisme militant veut de toutes ses forces le cantonner.
Dans ce livre, le " catholicisme " de l'École ne relève pas d'une culture de sacristie mais d'un humanisme authentique, qui sait " ce qui est dans l'homme " parce que l'Incarnation de la Parole constitue la lumière essentielle, éclairant les rapports entre Dieu et le monde, la foi et la culture. C'est la conviction et la foi qui habitent l'auteur de ce livre, Jean-Daniel Nordmann, directeur de l'école La Garanderie, à Lausanne en Suisse.
Ce livre est le fruit d'une longue expérience de l'enseignement, à la fois théorique et pratique. Il constitue un authentique traité de pédagogie chrétienne.
Christoph Schönborn (Préfacier)

Jeudi, 7 mai 2009

L'enfant aux deux langues

Claude HAGEGE – Ed Odile Jacob 2005

Professeur au Collège de France, linguiste, polyglotte connaissant une cinquantaine de langues, Claude Hagege consacre son ouvrage au bilinguisme des enfants et des adolescents, bilinguisme qu'il voudrait voir généraliser à tous les enfants des pays de l'Union Européenne.

Cette question, déjà ancienne, est toujours à l'ordre du jour en France : ainsi, les programmes de l'enseignement primaire prévoient l'enseignement d'une langue étrangère ou régionale à partir du CP, et principalement à l'oral. Mais la plupart de nos écoles sont encore loin d'un minimum d'efficacité dans ce domaine, au jugement d'enseignants du secondaire. Les opposants et les sceptiques pensent que l'école primaire n'a pas les moyens d'une telle ambition, d'autres invoquent la surcharge des programmes.

Source

Mardi, 5 mai 2009

Au secours, Sauvons notre école

Au secours ! Sauvons notre école !  

Pendant six ans, ce jeune professeur a pris des notes sur son travail dans un lycée difficile. Avec une liberté de parole totale et un ton très vivant, il raconte la situation ahurissante des relations entre profs et élèves, et propose des solutions de bon sens. Un témoignage édifiant et constructif.
A quoi sert l'école si le chahut est tel qu'un élève motivé ne peut même pas entendre le cours ? Où iront ces jeunes laissés en friche sinon vers le chômage ?
Dans le lycée où enseigne Sébastien Clerc, la bagarre est quotidienne pour obtenir le silence, faire ranger les MP3, enlever capuches et bonnets... Les élèves appliqués sont appelés « bouffons », et l'absentéisme est un vrai fléau. Passionné par son métier, Sébastien Clerc a peu à peu réussi à mettre en place de bonnes conditions de travail dans ses classes. Les solutions existent mais elles ne sont pas toutes politiquement correctes : discipline, écoute, conscience professionnelle...
Aujourd'hui, sans aucun parti-pris idéologique, il en appelle à une remise en question de chacun, élèves, parents, professeurs, surveillants, Éducation nationale. L'enjeu : sauver notre École. Il y a urgence, si nous voulons une réelle « éducation » pour les nouvelles générations de lycéens.

Biographie de l'auteur
A 32 ans, Sébastien Clerc est professeur de français et d histoire depuis huit ans. Il vit en Seine-Saint-Denis (93), où il enseigne dans un lycée professionnel

Lundi, 4 mai 2009

Comment la gauche a perdu l'école

Comment la gauche a perdu l'école
Emmanuel DAVIDENKOFF
Hachette Littératures, 02/2003, 335 p.

Emmanuel DAVIDENKOFF : Spécialiste des questions d'éducation, Emmanuel Davidenkoff est journaliste à Libération, chroniqueur sur France Info, et co-auteur Du bizutage, des grandes écoles et de l'élite (Plon, 1993).
Résumé :
Le 21 avril 2002, le lien historique entre la gauche de gouvernement et l'école s'est rompu : les enseignants ont fait défection.
Les indices du divorce s'accumulent depuis longtemps. L'ascenseur scolaire reste en dérangement pour les modestes et les défavorisés. Le système de sélection des élites n'a jamais autant privilégié les grandes écoles. Les personnels de l'Education nationale se disent déboussolés. Le débat public est en panne ou se résume à des échanges d'anathèmes qui font le lit des extrémismes... Aujourd'hui, le gouvernement amorce le premier débat public sur les missions de l'école depuis 1989. Que la droite ose s'emparer d'un domaine dont elle se croyait exclue jusque-là est peut-être l'ultime indice des bouleversements survenus depuis vingt ans. Que s'est-il passé depuis le triomphe de la “République des professeurs” en 1981 ? Nourri d'enquêtes et de témoignages, Comment la gauche a perdu l'école analyse ce qui aura été « le plus grand échec de la gauche au pouvoir » : sa politique éducative.

Commentaire (B.A., 08/2003) :
Livre bien documenté et bien écrit. Intéressant dans son analyse du dévoiement intellectuel de la gauche, imposant les idées à la mode du politiquement correct dans le domaine de l'éducation (comme elle l'a fait ailleurs, avec le succès que l'on sait). Ce livre a sa place dans cette bibliographie, malgré les réserves qui suivent. En effet, pour l'auteur, ceux qui critiquent le délabrement de l'école en France sont des républicains qui veulent revenir à l'époque de Jules Ferry. Suit une analyse anachronique des tares de ce personnage, dénoncées en chaussant les lunettes de la bien-pensance de la gauche actuelle. Démonstration bien inutile pourtant, puisque le retour en arrière n'a jamais été proposé par des enseignants qui veulent construire une école adaptée au monde moderne tout en restant efficace et de qualité. L'auteur ajoute même que la critique des "républicains" serait, si j'ai bien lu, une des causes de ce délabrement ! Celui qui crie "Au feu" contribuerait ainsi à propager l'incendie... Nous ne sommes pas loin des idées distordues dont la gauche s'est fait une spécialité dans les années 80/90. Dire des âneries ayant une apparence de logique finit par excéder même les plus patients des électeurs. Si elle veut regagner l'école, la gauche a donc encore du souci à se faire...
Source :Appy Ecole

Jeudi, 30 avril 2009

Tableau noir : La défaite de l'école


Présentation de l'éditeur
Jeune agrégé d'histoire et géographie catapulté dès sa première rentrée scolaire dans un collège " de banlieue ", Iannis Roder se heurte très vite à une réalité tragi-comique, en contradiction avec ses idéaux et le discours officiel de l'institution. Que peut-il enseigner à des enfants qui disposent de cinq cents mots pour communiquer et dont certains savent à peine lire ? Des enfants à la vision simplifiée, voire simpliste, du monde. Qui ne savent pas se situer, quelque part entre leur quartier repoussoir et leur pays d'origine dont ils ne sont pas. Des enfants lâchés et trompés par le système, bercés par l'imaginaire doré de la télévision, rêvant uniquement de gloire et d'argent. Dans son établissement comme dans tant d'autres, la violence ordinaire, presque banale, charrie son lot de sexisme, d'homophobie, de racisme, d'antisémitisme... Face à ce quotidien vécu par de nombreux enseignants, Iannis Roder nous livre un témoignage lucide, à contre-courant des non-dits et des discours condescendants. Restituant de bouleversants dialogues avec les élèves, il nous invite à retrousser nos manches, à changer le monde, l'école et à offrir des perspectives citoyennes aux enfants.

Biographie de l'auteur
Iannis Roder enseigne depuis dix ans dans un collège ZEP de Seine-Saint-Denis. Coauteur des Territoires perdus de la République, il est aussi consultant pédagogique et formateur pour le Mémorial de la Shoah.

Source

Lundi, 27 avril 2009

Journal d'une institutrice clandestine

Journal d'une institutrice clandestine
Rachel BOUTONNET
Ramsay, 08/2003, 286 p.

Rachel BOUTONNET : Née en 1972, titulaire d'une maîtrise de philosophie, Rachel Boutonnet est maîtresse d'école depuis septembre 2000, en classe de CP et CE1. Elle fait partie des associations Reconstruire l'école, Sauver les lettres.
Résumé :
Je suis une jeune institutrice : ma troisième année d'enseignement vient de se bouder. Je sais, le terme de « clandestine » peut faire sourire. Pourtant, j'insiste. J'efface soigneusement le tableau quand je quitte ma classe pour qu'on ne voie pas trace de mon travail, je fais recouvrir de papier kraft les manuels avec lesquels mes élèves apprennent à lire - et que j'ai achetés sur mes deniers. Je tais soigneusement mes convictions et beaucoup de mes méthodes. Elles n'ont pas l'heur de plaire à certains de mes collègues et, en tout cas, elles répugnent franchement aux membres de l'Inspection.
En fait, dès mon entrée à l'Institut universitaire déformation des maîtres (IUFM), j'ai presque aussitôt compris que je n'avais rien à en attendre. Nous avons passé en tout et pour tout six heures sur l'année à l'enseignement de la lecture et de l'écriture ! Le credo des formateurs se résumait à : « Le maître ne doit pas être un réfèrent pour l'apprenant [l'enfant]. »
J'ai donc résolu de me comporter en reporter clandestin. De septembre à janvier, j'ai tenu un journal tous les soirs, pour résumer mes journées et mes impressions.
Quand l'année s'est achevée, j'étais épuisée, je ne me sentais pas du tout formée au métier, mais j'étais au moins indemne moralement.
J'applique aujourd'hui des méthodes pédagogiques auxquelles j'ai longuement réfléchi, qui sont aussi précisément celles que l'IUFM voue aux gémonies, mais je vois mes élèves apprendre et en être fiers.
Un document authentique et passionnant : les réflexions stupéfaites, incisives et incroyablement lucides d'une jeune institutrice, pour la première fois confrontée à l'école, telle qu'elle est conçue aujourd'hui. On croit rêver parfois...

Commentaire (B.A., 10/2003) :
À la lecture de ce livre, je me suis rendu compte de la distance astronomique qu'il y avait entre ma façon d'enseigner et celle qui est préconisée dans les IUFM. Comment les "formateurs" peuvent-ils dire autant d'âneries aux jeunes maîtres ! Je comprends pourquoi tous les rescapés de ces Instituts arrivent dans les écoles sans savoir par quel bout ils doivent prendre ce métier... Comme il y a trente ans au sortir de l'École normale, mais peut-être plus encore maintenant avec les prétentions pédagolâtres qui se sont amplifiées, la première des choses à faire en débutant ses fonctions, c'est d'oublier tout ce qu'on a pu entendre pendant sa "formation". Dans quelle entreprise privée supporterait-on qu'une formation d'une année rende inapte à exercer sérieusement son métier ? Tout le monde sait que les IUFM sont inefficaces et même nocifs, mais ils continuent à fonctionner. Ce qui m'a le plus épaté, c'est la lucidité dont a fait preuve Rachel. Découvrir si vite ce que d'autres (comme moi !) ont mis des années à réaliser, cela reste étonnant. J'espère qu'elle n'est pas la seule à regimber parmi les jeunes maîtres. Le vent de la révolte commencerait-il à souffler
Source

Vendredi, 24 avril 2009

Repères pour une mission éducative

Note de l'Editeur :

Repères pour une mission éducativeNous mesurons souvent le risque pour les institutions de focaliser toute leur énergie sur leur fonctionnement et d'oublier ainsi peu à peu leurs racines et leurs finalités, ou de faire comme si elles allaient de soi. L'Enseignement catholique n'échappe pas à ce risque. Les Assises lancées en 2000 ont incité toutes les communautés éducatives à actualiser la participation originale de l'Enseignement catholique au service national d'éducation et à expliciter son identité, son « caractère propre ».Ce livre de Pierre Gire, fruit de nombreuses interventions dans la cadre de formations ou de débats, situe l'Enseignement catholique à l'articulation d'une mission de service public et d'une mission d'Église. Trois lignes de forces le structurent :. la dimension métaphysique de tout être humain, cette ouverture à l'infini où s'enracine la possibilité même de la créativité culturelle qui soutient le processus éducatif ;. le fait religieux qui se donne une expression objective dans la culture, d'où une pluralité d'approches par l'institution scolaire qui se partagent entre intelligence et expérience de la foi chrétienne et, d'autre part, la compréhension culturelle de l'expression religieuse dans la civilisation ;. la nécessité de penser l'inséparabilité de l'enseignement et de l'éducation en référence aux enjeux actuels majeurs de l'acte éducatif.Ce sont là des outils pour relier les choix pédagogiques, éducatifs et pastoraux quotidiens à l'anthropologie qui les fonde, des perspectives d'inspiration pour le développement d'un authentique dynamisme éducatif.

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Mercredi, 22 avril 2009

Ces profs qu'on assassine

Ces profs qu'on assassine  


Présentation de l'éditeur
"Ménage-toi ou tu vas finir à la Verrière!" Cet avertissement, c'est un professeur qui l'adresse à un collègue au bout du rouleau. La Verrière est un hôpital psychiatrique qui accueille des enseignants en dépression ou atteints de névroses en tout genre. Des murs de l'école à ceux de l'asile, il n'y a souvent qu'un pas... Régulièrement agressés verbalement, physiquement, abandonnés par leur hiérarchie, traînés devant les tribunaux, les enseignants sont aujourd'hui à bout de forces. Le taux élevé de suicides dans la profession témoigne de ce mal-être. Alors que les médias se font l'écho de ces événements tragiques, le désespoir des enseignants demeure un sujet tabou dans l'Education nationale. Professeur de français depuis douze ans en zone dite "sensible", Véronique Bouzou tire la sonnette d'alarme. A travers une enquête menée sur le terrain, elle cherche à expliquer les désarrois du corps enseignant plus que jamais démobilisé, en quête de repères.

Biographie de l'auteur
Véronique Bouzou est enseignante en région parisienne. Elle a déjà publié plusieurs ouvrages dont Confessions d'une jeune prof (Ed. Bartillat, 2005).

Lundi, 20 avril 2009

École, l'enjeu démocratique

École, l'enjeu démocratique
Jean-Pierre TERRAIL
La Dispute, 01/2004, 154 p.

Résumé :
Qu'opposer à la perspective chaque jour plus pressante d'un démantèlement et d'une marchandisation de l'école ?
Multiplier les moyens ? Mais, s'il en faut ( beaucoup), les moyens restent précisément des moyens. Restaurer l'autorité des maîtres ? Trouver, à l'inverse, de nouvelles recettes pédagogiques toujours plus “douces” pour des publics décrétés rétifs à l'abstraction ? Mais la querelle entre “républicains” et “pédagogues” n'a rien de nouveau à offrir : s'y laisser enfermer vaudrait interdit de penser.
En prenant au sérieux la perspective d'une école démocratique, Jean-Pierre Terrail nous propose un état des lieux sans complaisance et un retour réflexif au cœur de l'acte d'enseignement qui permettent d'imaginer les voies possibles de l'égalité scolaire.

Lundi, 13 avril 2009

L'école à la dérive - Ce qui se passe vraiment au collège

L'école à la dérive - Ce qui se passe vraiment au collège
Évelyne TSCHIRHART
Les éditions de Paris, 02/2004, 250 p.

Évelyne TSCHIRHART : Professeur d'arts plastiques, elle a été institutrice puis a enseigné le français dans un Institut de langues étrangères à Pékin, pendant deux ans et demi, avant d'exercer de nombreuses années dans un collège de la région parisienne. Elle est membre de Reconstruire l'école et Sauver les lettres, deux associations qui regroupent, parmi beaucoup d'autres, enseignants et parents révoltés par le système éducatif actuel et qui proposent des solutions pour restaurer un enseignement de qualité. Elle a déjà publié Deuxième retour de Chine, en collaboration avec Claudie et Jacques Broyelle, Le Seuil 1978, “L'asexualité en Chine”, in Les Temps Modernes, mars 1978, Le Tranchant de la lumière (roman) manuscrit.com 2001.
Résumé :
On se lamente sur l'illettrisme, les incivilités, l'ennui des élèves, la violence à l'école, comme s'il s'agissait d'un mal étrange, inhérent à l'évolution de notre société et de son système éducatif... Mais que reste-t-il de celui-ci, devenu un vaste champ d'expérimentations souvent délirantes, travaillé par une succession de réformes qui n'ont fait que brouiller le sens de sa véritable mission, déboussolant et culpabilisant les enseignants et les soumettant aux diktats du “politiquement correct” et de l'“égalité citoyenne”.
L'auteur de ce livre relate fidèlement son quotidien d'enseignante au collège et décrit les situations d'apprentissage, souvent ubuesques, imposées par les directives ministérielles dont le credo est d'“apprendre autrement” et qui justifient en grande partie l'échec scolaire. Ce qui prévaut désormais dans nos établissements, c'est que l'effort est inutile, que l'on n'a plus à se référer au patrimoine culturel et que l'on ne se soucie plus des notions fondamentales comme apprendre à lire, à écrire et à compter. Mais cela vaut pour l'ensemble des disciplines où l'enseignement, de plus en plus, se réduit à être à l'écoute des jeunes, sinon à leur service. En voulant “s'ouvrir sur la vie”, l'école s'est laissé polluer, envahir par l'air du temps : elle est aujourd'hui menacée de perdre ses valeurs républicaines.
Un constat affligeant, où l'espoir réside dans le sursaut que sauront peut-être donner ceux qui refusent cet état de fait et veulent faire entendre enfin la voix du bon sens.

Source : Appy Ecole

Jeudi, 9 avril 2009

Le secret des enfants heureux


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Marabout
15/11/2006
Broché
283 pagesSélection Culture et Vie

Steve Biddulph, Shaaron Biddulph

Manque de confiance en soi, problèmes relationnels, agressivité... certains adultes semblent voués au malheur quand d'autres semblent déborder de joie de vivre et d'optimisme. Et si la clé du bonheur était dans l'enfance ? Cet ouvrage aidera les parents à communiquer avec leurs enfants, depuis le plus jeune âge jusqu'à l'adolescence. Il leur apportera la confiance d'être, eux-mêmes, plus forts, plus aimants et aussi plus détendus. Nourri d'expériences et de dialogue, il livre de précieux conseils pour mener à bien la mission de parents, pour concilier amour et discipline et pour s'adapter aux spécificités que requiert l'éducation d'un garçon ou d'une fille. Succès mondial déjà traduit en quatorze langues, " Le Secret des enfants heureux " a dépassé le million d'exemplaires vendus. Steve Biddulph, thérapeute familial australien, est aussi l'auteur de " Elever un garçon " paru chez Marabout.

Lundi, 6 avril 2009

Bonheur d'école

Ce qui se passe derrière les grilles des écoles, est devenu un sujet de société, un débat, un objet de curiosité et d'inquiétude. Marc Le Bris, instituteur et directeur d’école, nous propose une visite clandestine dans sa salle de classe.

En montrant la réalité vécue, observée jour après jour, cet instituteur a le culot de croire encore à l’école qui instruit, à l’école de la République. 

Après avoir mis en mots dans son premier livre  Et vos enfants ne sauront pas lire... ni compter, la défiance de la population envers les méthodes de lecture et de calcul, Marc Le Bris traite cette fois encore d'une rupture.

Source : Lire-écrire.org

Qui a eu cette idée folle un jour de casser l'école ?

Qui a eu cette idée folle un jour de casser l'école ? - Document
Fanny CAPEL
Ramsay, 03/2004, 289 p.

Fanny CAPEL : c'est une jeune professeur de 29 ans, agrégée de Lettres modernes. Elle fait partie du collectif Sauver les Lettres, créé en 2000, qui regroupe des professeurs de lettres de collège et de lycée décidés à travailler pour la défense de la qualité des contenus de l'enseignement.
Résumé :
Des lycéens de Terminale persuadés que Victor Hugo est un auteur du XVIe siècle, j'en ai croisé des milliers depuis que j'enseigne. Et pourtant, tous finissent par décrocher leur baccalauréat. Leurs parents pensent : « Il est dyslexique, il a eu de mauvais profs, il n'est pas motivé... » Et moi, je dois objecter que c'est l'institution elle-même qui orchestre pour les jeunes générations une insupportable privation de savoir.
En prenant connaissance des nouveaux programmes du lycée, inaugurés à la rentrée 1999, je me suis rendue à l'évidence. On demandait désormais aux professeurs de français de susciter « le plaisir » des élèves, d'encourager l'« écriture en liberté ». Mais le programme d'œuvres littéraires disparaissait purement et simplement. Sur instructions de l'institution, l'école, devenue donc officiellement un « lieu de vie », a cessé d'être un lieu d'apprentissage.
Au fil des réformes de ces quinze dernières années, l'enseignement secondaire a ainsi été peu à peu vidé de son contenu. Au nom de la modernité, de la lutte contre l'ennui, de la massification du public scolaire. Cependant, loin d'aboutir à une démocratisation du savoir, le système est plus injuste que jamais : les plus démunis restent les plus touchés par l'échec scolaire.
En réponse à
La Lettre à tous ceux qui aiment l'école du ministre Luc Ferry, ce livre présente un contre-diagnostic sur l'état de l'enseignement, et formule des propositions pour son avenir. Refuser la libéralisation du système éducatif, mettre fin au report indéfini des apprentissages, défendre une école régie par des programmes solides et cohérents, qui se donne les moyens de développer les capacités de tous les élèves. Renouer avec un idéal humaniste, auquel les gestionnaires de l'Éducation nationale ont renoncé depuis longtemps.
L'auteur ose se faire la voix de milliers de professeurs anonymes qui voudraient résister aux absurdes directives venues d'en haut. Une voix qui mérite d'être entendue par tous les citoyens, pour qu'ils disposent enfin des vrais éléments d'information et qu'ils reprennent les rênes de leur école.
Commentaire (B.A., 02/2006) :

Fanny Capel réagit à la parution, en avril 2003, de la Lettre à tous ceux qui aiment l’école, de Luc Ferry. Le ministre de l’Éducation nationale alors en fonction y affichait quelques intentions louables mais l’auteur constate au terme d’une analyse serrée que “les changements de fond ne sont pas à l’ordre du jour” (p 150). Et c’est bien ce qui pose problème…
Un certain nombre de tares devenues ontologiques minent le système éducatif. A commencer par la confusion entre la pédagogie et sa forme dégénérée, le pédagogisme, ainsi que par l’omnipotence de la didactique. Surtout dans les IUFM qui essaient - de plus en plus mal, il est vrai - de formater les nouveaux enseignants au discours pédagogique dominant, à savoir le constructivisme des savoirs. Ce qui est présenté comme une vérité verticale est d’une inefficacité remarquable dans les classes, notamment dans les milieux socio-culturellement défavorisés. Les tenants des pédagogies innovantes ne veulent plus d’enseignants qui transmettent le savoir mais des sortes de gentils animateurs.
La massification de l’enseignement ne s’est pas accompagnée par sa démocratisation. La camarilla pédagogiste s’est alors mise à inventer des remèdes qui empirent le mal. Prenons un exemple : on décide, contre toute évidence, que le fait de redoubler est mauvais pour un élève en difficulté, en confondant la cause et la conséquence. Par conséquent tout le monde passe en classe supérieure, quel que soit le niveau atteint. La bonne volonté affichée de l’élève devient plus importante que ses résultats. Mais alors, l’hétérogénéité des classes devient insupportable. On décide alors, contre toute évidence, que cette hétérogénéité est une bonne chose. Et on invente la remédiation basée sur la pédagogie différenciée : celle-ci permet, contre toute évidence, de donner en classe des cours particuliers aux élèves décrochés. Et comme le niveau de connaissances exigé reste toujours inaccessible au plus grand nombre, on allège de plus en plus les programmes. Jusqu’à obtenir des aberrations puisque dans le même temps où on demande de moins en moins de choses aux élèves, on attend d’eux, contre toute évidence, qu’ils sachent mettre en relations des connaissances qu’ils n’ont jamais acquises.
Fanny Capel analyse parfaitement ces cascades de décisions catastrophiques, l’une entraînant l’autre dans une course éperdue vers l’écroulement complet du système éducatif français.
J’ai pourtant noté deux points concernant le Primaire sur lesquels je ne suis pas d’accord avec l’auteur :
- le premier lié à la contestation de la décentralisation en 2003 (pp 123-124) évoque les écoles primaires, alors que celles-ci sont depuis bien longtemps des écoles communales, avec comme partenaire la municipalité qui dispense le budget et qui emploie les personnes assurant l’entretien des classes ;
- le second suggère un maximum de 15 élèves par classe d’Élémentaire, ce qui me paraît trop peu : la dynamique de classe se dégrade si on s’éloigne en plus ou en moins d’un idéal que je situe entre 20 et 25 élèves.
Je rejoins en revanche totalement Fanny Capel lorsqu’elle parle d’inventer une école qui n’a jamais existé (p 228). Avis à ceux qui veulent nous faire passer pour des nostalgiques d’une école révolue : nous ne la voulons pas non plus !
Source : Appy-Ecole

Jeudi, 2 avril 2009

Les 90 questions que tous les parents se posent : internet, téléphone mobile, jeux vidéo... : Guide


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SW-Télémaque Editions
03/01/2008
Broché
207 pagesSélection Culture et Vie

Jacques Henno

Jacques Henno, dans une enquête minutieuse, a relevé les 90 questions que tous les parents se posent au sujet d'internet, du téléphone mobile, des jeux vidéo et des mondes virtuels. Aidé de psychiatres, psychologues éducateurs, sociologues et professionnels d'internet qu'il a longuement rencontrés, il répond à ces interrogations et propose des solutions concrètes, des conseils pratiques, des astuces, des adresses utiles et tout simplement des repères pour les parents qui veulent aider leurs enfants à grandir avec les outils numériques. Un guide pratique essentiel pour accompagner, de l'âge tendre à l'adolescence, la première génération d'enfants qui aura toujours vécu avec les nouvelles technologies.

Mercredi, 1 avril 2009

Souvenirs autour de la loi Debré : Le Privé dans l'impasse ?

"Fin 1959, est votée la loi Debré sur les rapports de l'État et des écoles privées. Elle a été voulue par de Gaulle pour mettre fin à la guerre scolaire qui, depuis 1905, oppose les écoles " libres ", avant tout catholiques, aux écoles publiques " sans Dieu ". A travers des contrats, cette loi permet à l'Etat de financer l'enseignement donné dans les écoles privées à condition que cet enseignement soit débarrassé de toute influence religieuse, qu'il soit en tout identique à celui qui est dispensé dans les écoles publiques. Entière liberté est toutefois laissée aux activités éducatives qui accompagnent l'enseignement scolaire. De là, se pose un grave cas de conscience aux responsables catholiques. Dans un tel marché, en acceptant les contrats, ils craignent de perdre le caractère propre de leurs écoles. La dramatique pénurie de ressources de ces écoles les contraint à accepter l'aide publique et ses conditions.
Responsable d'un établissement catholique important, puis adjoint du secrétaire général de l'enseignement catholique à Paris, l'auteur raconte les péripéties de la rencontre de deux mondes, le privé catholique et l'Education nationale, qui se sont ignorés pendant 60 ans. Il détaille les questionnements, les partis pris, les choix politiques et religieux des acteurs de ce tournant historique. Il esquisse les évolutions idéologiques des deux camps. Evolutions qui annoncent l'expression de la laïcité républicaine et l'attitude catholique dans la société française sécularisée de ce début du 21ème siècle."
(Présentation de l'éditeur)

Ecole : Eglise et laïcité : la rencontre de deux France, Souvenirs autour de la loi Debré (1960-1970), Edmond Vandermeersch, L’Harmattan, 2008.

Lundi, 30 mars 2009

Et vos enfants ne sauront pas lire... ni compter !

Et vos enfants ne sauront pas lire... ni compter ! - La faillite obstinée de l'école française
Marc LE BRIS
Stock, 03/2004, 402 p.

Marc LE BRIS : 50 ans, instituteur et directeur d'école à Médréac, en Ille-et-Vilaine. Il est membre de l'association Sauver les lettres.
Résumé :
« Pendant vingt ans, l'Éducation nationale m'a empêché de faire mon métier. À ma sortie de l'école normale, en 1977, j'étais un jeune instituteur progressiste et militant, convaincu de la supériorité de la méthode de lecture dite "naturelle".
J'ai tout cru. J'ai tout fait, des groupes, des activités d'éveil, de la grammaire fonctionnelle, de la lecture naturelle, des mathématiques modernes, de l'animation, de l'auto-apprentissage, de l'histoire des objets, du décloisonnement, de la créativité, des études dirigées...
Pourtant, les élèves des maîtres plus anciens, qui osaient continuer à faire des dictées ou à apprendre la lecture par syllabage systématique, obtenaient de meilleurs résultats. Les miens, dorlotés par les méthodes modernes, ont subi un handicap scolaire dont j'ai honte aujourd'hui. Honte ? Pas tant que ça... Car, comme bon nombre d'entre nous, j'ai corrigé le tir.
J'écris ce livre pour alarmer les parents, pour qu'ils sauvent leurs enfants, pour qu'ils fassent le travail de l'école à la maison. La pédagogie moderne ne sert plus qu'à justifier l'abandon des ambitions que nous avions pour nos enfants. Nous avons devant nous une véritable catastrophe culturelle.»

Commentaire (B.A., 07/2004) :
À un ou deux ans près, je suis de la même génération que l'auteur. J'ai donc vécu les mêmes choses que lui, à commencer par l'École normale qui était (déjà !) une fumisterie qui ne préparait pas à l'exercice réel du métier. Marc LE BRIS a pris conscience des erreurs dans lesquelles on fourvoyait l'enseignement primaire. Il a été un des premiers à engager le combat ; en tout cas, lorsque j'ai commencé à me tourner vers les mouvements de défense d'une école de qualité, il fut le premier instituteur dont j'ai vu le nom et dont j'ai appris l'existence en tant qu'opposant déclaré aux errements pédagogiques. Son livre est important : l'auteur dit clairement ce qui ne fonctionne pas et expose tout aussi clairement les solutions, toutes très simples à mettre en place, que ce soit pour l'apprentissage de la lecture ou pour celui des mathématiques (qu'on oublie souvent). Je suis d'accord avec lui sur bien des points, et notamment sur tout ce qui touche à la Loi Jospin de 1989 qu'il faut oublier au plus tôt car elle a mis l'école de la République à genoux. Ses prises de position ont valu à l'auteur des déboires qu'il raconte dans son livre. Dans le parallélisme de nos carrières, il existe malgré tout une différence de taille : j'ai eu cette chance d'avoir des IEN intelligents qui ont compris que l'essentiel était de faire un travail de qualité, et peu importe les exigences pédagogiques en vogue.
Qu'il me soit permis ici de saluer Marc LE BRIS que je considère comme un collègue de très grande valeur.

Samedi, 28 mars 2009

Manifeste pour une enfance heureuse



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Marabout
14/03/2008
Broché
344 pagesSélection Culture et Vie


Carl Honoré

Présentation de l'éditeur
Nous voulons pour nos enfants qu'ils aient le meilleur de tout et qu'ils soient les meilleurs en tout. trop souvent au détriment de leur équilibre, de leur bien - être, de leur bonheur... La compétition est partout, des premiers pas aux derniers diplômes. Nous voici à l'ère des enfants coachés avec des emplois du temps de ministre, soumis à une obligation de réussite, à l'école comme sur les terrains de sport, objets d'une surveillance de tous les instants. Cette pression commence pourtant à être sérieusement remise en cause, dans les médias ou par les gouvernants, mais aussi par les parents. Et les enfants eux-mêmes réclament qu'on les laisse souffler. Après Eloge de la lenteur, Carl Honoré nous conduit une nouvelle fois de pays en pays, livrant des témoignages qui sont autant de pistes à suivre pour que nos enfants retrouvent leur enfance, libérés des diktas de l'excellence et de la performance.

Biographie de l'auteur
Carl Honoré est journaliste. Il a travaillé pour l'Economist, l'Observer, le National Post et le Houston Chronicle. Son premier livre, Eloge de la lenteur, est un best-seller international traduit en plus de 20 langues.

Lundi, 23 mars 2009

Pourquoi des illettrés ?

Pourquoi des illettrés ? - L'écriture et le langage écrit de l'enfant
Liliane LURÇAT
Éditions du Rocher, 09/2004, 239 p.
Liliane LURÇAT : elle est directrice de recherche honoraire au CNRS en psychologie de l'enfant. Elle est l'auteur de nombreux livres et publications sur la représentation de l'espace chez l'enfant, l'échec scolaire, les effets de la télévision sur les jeunes enfants, l'activité graphique du très jeune enfant.
Résumé :
L'illettrisme qui règne actuellement est dû à l'enseignement que les enfants reçoivent à l'école. L'emploi de méthodes globales ou semi-globales conduit à isoler la lecture, tandis que l'écriture est négligée, réduite à une simple technique.
Or l'écriture joue un rôle dans la fixation et la conservation de la lecture. Le langage écrit s'acquiert dans des situations comme la copie, la dictée, la rédaction, qui s'appuient à la fois sur la lecture et sur l'écriture. En écrivant, on restitue la continuité du langage oral à l'aide d'éléments discontinus : les lettres et les mots. L'écriture ne peut donc pas être globale.
Ce livre analyse cinq aspects de l'élaboration du langage écrit, qui font suite à l'entraînement graphique de l'école maternelle : 1. Copier. 2. Aligner des mots. 3. Noter. 4. Identifier les mots. 5. Rédiger et ponctuer. Les situations utilisées mettent en évidence les obstacles auxquels se heurtent les enfants dans la mise en place des savoirs de base.

Lundi, 16 mars 2009

Échec scolaire et réforme éducative

Échec scolaire et réforme éducative - Quand les solutions proposées deviennent la source du problème
Steve BISSONNETTE, Mario RICHARD, Clermont GAUTHIER
Les Presses de l'Université Laval, 1er trimestre 2005,
104 p.

Steve BISSONNETTE et Mario RICHARD : Steve BISSONNETTE, psychoéducateur, et Mario RICHARD, psychopédagogue, sont consultants en éducation ; ils travaillent depuis plus de quinze ans à la formation continue des enseignants et font du thème de l'efficacité de l'enseignement l'objet central de leurs recherches. Depuis janvier 1996, ils ont rencontré plus de 5 000 intervenants en éducation par l'entremise d'ateliers de formation dispensés au Québec, au Nouveau-Brunswick, au Manitoba et en Ontario. Ils ont publié, à l'automne 2000, un ouvrage sur le développement des compétences dans le cadre de la réforme de l'éducation québécoise. Messieurs RICHARD et BISSONNETTE sont actuellement doctorants en éducation, chercheurs-étudiants au Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE) de l'Université Laval et, depuis janvier 2003, consultants pour le ministère de l'Éducation de l'Ontario.
Clermont GAUTHIER : il enseigne à l'université depuis vingt-cinq ans. Il a à son actif de nombreuses publications sur le thème de la pédagogie, de ses origines et de ses fondements. Il est actuellement titulaire de la Chaire de recherche au Canada en formation à l'enseignement de l'Université Laval (Québec) et chercheur régulier au Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE).
Résumé :
Cet ouvrage présente une synthèse des résultats de recherches empiriques effectuées au cours des trente-cinq dernières années en ce qui a trait à l'efficacité de diverses approches pédagogiques sur la réussite des élèves. Les différentes études que nous avons analysées montrent l'impact positif des procédés pédagogiques faisant appel à une démarche d'enseignement explicite pour favoriser l'acquisition des savoirs scolaires, et ce, pour toutes les catégories d'élèves.
Actuellement, la réforme de l'éducation québécoise propose un changement de perspective radical relativement à la conception de l'acte d'enseignement-apprentissage. En effet, pour prendre le virage du succès, il faudrait désormais
passer du paradigme de l'enseignement au paradigme de l'apprentissage. Selon ce nouveau paradigme, les activités de la classe doivent prendre particulièrement la forme de projets réalisés en équipe, à travers des situations complexes d'apprentissage. Entre autres, les critères d'évaluation utilisés par le ministère de l'Éducation pour approuver les manuels scolaires en témoignent.
Or, nulle part dans les écrits ministériels ne fait-on état de l'impact positif de la démarche d'enseignement explicite pour développer des compétences chez les élèves. Qui plus est, les recherches que nous avons répertoriées révèlent que les propositions pédagogiques mises de l'avant par les réformateurs ont, par le passé, conduit à une importante augmentation du taux d'échec des élèves dans les systèmes scolaires où elles ont été implantées. Ce constat nous amène à refréner très sérieusement l'enthousiasme face à l'exhortation à passer du paradigme de l'enseignement à celui de l'apprentissage. Nous anticipons que ce changement, s'il est réalisé dans toute son ampleur, aura un impact fort négatif sur l'ensemble du système éducatif québécois et, plus particulièrement, auprès des élèves en difficulté. Puisse cet ouvrage sensibiliser les principaux acteurs de l'éducation à ce danger.
Commentaire (B.A., 12/2007) :

Depuis les années 1970 triomphent les pédagogies constructivistes, centrées sur l’élève, qui entendent faire acquérir les apprentissages scolaires de manière naturelle, par expérimentation et par la découverte. Un peu comme les enfants apprennent naturellement à marcher, à parler…
Et comme ces méthodes pédagogiques constructivistes se sont définies d’emblée en rupture complète avec les méthodes pédagogiques traditionnelles, le débat est devenu très vite idéologique. Pendant des années, les pédagogistes progressivistes ont imposé leurs choix et ont eu le dernier mot.
Or on sait maintenant que la démarche constructiviste repose sur une erreur conceptuelle monumentale : les habiletés cognitives secondaires (lire, écrire, compter) ne s’acquièrent pas comme les habiletés cognitives primaires (marcher, parler). Des travaux récents de recherche cognitiviste l’ont (enfin !) démontré.
Tous les pays qui ont mis en place des réformes de leur système éducatif pour aller dans le sens de la mode constructiviste sont maintenant obligés de constater l’étendue du désastre. De fait, malgré tout ce que nous avons pu entendre, ces réformes ne se sont jamais appuyées sur la recherche. Celle qui fait des expérimentations sérieuse à grande échelle et qui valide scientifiquement les procédés efficaces d’enseignement.
Il est donc temps de prendre appui sur les études empiriques menées depuis les trente dernières années. Celles-ci nous permettent d’identifier les procédés pédagogiques qui permettent la réussite du plus grand nombre, et d’abord de ceux qui proviennent de milieux défavorisés. Ces pratiques pédagogiques définissent l’enseignement explicite qui renouvelle puissamment l’instructionnisme.
Un voie d’avenir nous est ainsi tracée…
Source : Appy Ecole

Jeudi, 12 mars 2009

Voulez-vous vraiment des enfants idiots ?

Voulez-vous vraiment des enfants idiots ?
précédé de
Vos enfants ne m'intéressent plus

Maurice T. MASCHINO
Hachette, coll. Pluriel n° 8437, 1983 et 1984, 327 p.

Résumé :
Voici réunis en un seul volume deux livres qui ont fait du bruit, et continuent d'en faire à mesure que se multiplient analyses et témoignages qui en confirment le diagnostic accablant : l'éducation est en faillite, l'école ne fabrique plus que des cancres. Une critique féroce et lucide qui n'épargne pas plus les élèves “joyeusement incultes”, les représentants de l'administration, complices, que les professeurs, passifs ou délirants.

Lundi, 9 mars 2009

Nos enfants gâchés - Petit traité sur la fracture générationnelle

Nos enfants gâchés - Petit traité sur la fracture générationnelle
Natacha POLONY
J.C. Lattès , 02/2005, 207 p.

Natacha POLONY : 29 ans, agrégée de Lettres modernes, elle est chargée des pages “éducation” au sein de l'hebdomadaire Marianne. Elle enseigne également la culture générale dans un établissement supérieur.
Résumé :
Nous subissons aujourd'hui une fracture grandissante, encore peu visible mais très profonde : alors que l'époque vénère la jeunesse et ses “valeurs”, toute une frange de la population pressent, sans oser le formuler, que les jeunes souffrent de lacunes graves. Nous avons dilapidé l'héritage et refusé de transmettre les œuvres, les récits, les valeurs et les codes qui faisaient la civilisation. Et nous avons inventé la génération culturellement spontanée.
Beaucoup de parents et de professeurs constatent déjà les dégâts sans oser en faire état. Mais l’école, dernier lieu de transmission dans nos sociétés modernes, n’est que la partie émergée de l’iceberg. C’est la France qui disparaît dans les limbes : la langue, la logique, les références culturelles sont atteintes, au nom d’une idéologie qui dépasse largement le clivage gauche-droite et sa déclinaison en traditionalistes et modernistes.
A l’heure qu’il est, les classes moyennes et les élites proclamées sont touchées par cette déculturation. Cette fracture fragilise d’abord le tissu économique : celui qui ne sait ni qui il est ni d’où il vient ne va nulle part, et ne produit rien. Dans une société qui cultive la haine du passé, qu’advient-il de la “culture commune” ? Par idéologie, par indifférence et par soumission au cours des choses, nous mettons l’avenir en danger.

Commentaire (B.A., 07/2005) :
Natacha Polony excelle dans les dossiers qu’elle livre dans Marianne ; plusieurs figurent dans la compilation d’articles que je propose sur ce site. Elle a une connaissance très exacte des problèmes qui minent l’école en France et ses analyses sont d’une rare clairvoyance. Le livre qu'elle nous propose dépasse les constats lucides de ses articles. L’auteur va chercher les causes profondes du délitement de l’enseignement et nous expose les dégâts considérables que les politiques éducatives menées depuis des décennies ont causé sur le niveau culturel des jeunes générations. Le tout, sans la moindre complaisance avec la bien-pensance qui règne toujours en maître, cette sorte de dictature qui nous interdit de dire certaines choses bien réelles ou même d’y penser.
Son propos pourrait se résumer par cette phrase terrible : on a donné la parole aux jeunes sans leur donner les mots. Nous avons refusé de transmettre notre culture et nos savoirs : « on croit pouvoir entrer en se passant des clefs ». L’auteur nous le dit sans détours : « L’échec scolaire ne tombe pas du ciel comme une plaie d’Égypte, il est pensé, programmé, puis mis en œuvre tel un rouleau compresseur ».
Et les enseignants, dans leur ensemble, ne sont pas innocents de l’effondrement du système éducatif, même s’ils en sont maintenant les victimes eux aussi. Ils en ont tous été les complices actifs, et beaucoup continuent de l’être, soit par fumisterie (les pédagogies “nouvelles” arrangent bien les fainéants) soit par stupidité (on se croit un intellectuel quand on rabache un catéchisme révolutionnaire désuet). Je livre ici ces lignes écrites par Natacha Polony qui disent avec clarté et concision ce que je pense vraiment de cette collaboration suicidaire dans laquelle les enseignants ont trempé (l’extrait est un peu long, mais il vaut vraiment la peine d’être lu) :
« Le malaise de l’institution scolaire ne naît pas que de l’obligation qui lui est faite d’assumer les maux d’une société traversée par la crise économique, le chômage et la ghettoïsation des banlieues. Il prend sa source dans la diffusion - et la simplification à outrance - depuis les années 30, des travaux de psychologues et pédagogues qui ont voulu appliquer à l’école les résultats de leurs recherches sur le développement cognitif de l’enfant. Il naît ensuite des réformes poursuivies depuis plus de vingt ans par ceux qui, au nom du progrès et de l’égalité, ont décidé de mettre à bas l’héritage de siècles d’histoire (…). Une génération, celle des années 60-70, a estimé avec Pierre Bourdieu que le patrimoine culturel transmis entre autres par l’école n’était qu’un moyen pour les classes dominantes d’imposer leurs codes et d’assurer leur emprise. Elle a également considéré, dans la lignée d’un Jean-Jacques Rousseau mal compris et de psychopédagogues mal lus, que la spontanéité de l’enfant ne devait pas être détruite et bridée par un savoir venu de l’extérieur, mais qu’il devait le reconstruire lui-même et, à sa petite échelle, refaire le parcours des scientifiques, des mathématiciens et des historiens. Vaste programme. Ces belles idées, qui se sont développées à une vitesse vertigineuse dans le milieu éducatif au cours des années 70, sont arrivées au pouvoir au début des années 80. Elles représentaient le progrès, l’émancipation. Il fallait donc y adhérer quand on était de gauche. Et les enseignants le sont majoritairement. Ils ont applaudi, leurs syndicats ont soutenu. Et la loi d’orientation de 1989 n’a fait qu’inscrire dans le marbre ce qui déjà occupait toutes les strates de l’Éducation nationale. En fondant les Instituts universitaires de formation des maîtres, elle créait la machine à pérenniser ces idées (…). Il s’agissait de former la nouvelle armée qui allait supplanter les vieux hussards noirs, les jeunes gardes rouges capables de donner naissance à une école nouvelle, débarrassée de ses vieux savoirs. Dans les IUFM, les futurs professeurs apprennent qu’ils ne sont pas là pour imposer leurs connaissances aux élèves, et qu’ils “ont autant à apprendre d’eux qu’eux de nous”. Ils apprennent surtout à perpétuer à leur tour le mythe de la réussite du système, à maquiller l’échec en adaptant leurs exigences aux “compétences” des jeunes, bref, à collaborer à la destruction de leur propre profession et à préparer leur reconversion en gentils animateurs.
(…) L’aboutissement de ces réformes, qui entendaient “démocratiser” l’école et faire de l’institution scolaire le lieu où se compenseraient les inégalités sociales, est l’exact inverse du but recherché. Parce que l’école ne transmet plus les savoirs et la culture, elle ne sert plus qu’à fournir des diplômes vides, (…) et laisse se développer des filières d’élite sclérosées, de plus en plus réservées aux héritiers tant décriés par Bourdieu. Parce qu’elle a abandonné ses missions, elle fabrique des générations d’illettrés qui n’ont aucune chance d’accéder à de meilleures conditions de vie. Parce qu’elle veut former de “bons citoyens” plutôt que des hommes libres, elle enferme les jeunes dans un catéchisme démocratique et bien-pensant, confit d’antiracisme et de repentance, mais leur interdit de comprendre les raisons philosophiques de rejeter le racisme ou de choisir la démocratie. Et l’acharnement à défendre le bilan prend parfois des allures de pèlerinage à Lourdes : quand l’OCDE publie son rapport PISA 2004, sur les performances comparées des élèves des différents pays développés, révélant ainsi la dégradation du niveau des jeunes Français, la traduction officielle est aussitôt que la France n’est pas encore allée assez loin dans le démantèlement de son système scolaire, et que quelques mesures de “modernisation” (interdisciplinarité, interdiction du redoublement…) seraient à prescrire. Toute une génération d’enseignants s’est faite la complice malgré elle de ce qu’elle croyait combattre, l’inégalité, l’exploitation et l’ignorance.
»
Que dire de plus ? Voilà en quelques lignes tout ce que le personnel politique que nous avons placé en charge des affaires de la République n’a pas su entendre et encore moins comprendre, depuis des années. La France se trouve dans une situation historique cruciale… et nous n’avons que des médiocres aux commandes. Un peu comme si le capitaine du Titanic avait veillé à ce que l’orchestre continue bien à jouer des airs guillerets pendant que le navire s’enfonçait peu à peu dans l’eau glacée…
Source : Appy Ecole

Dimanche, 8 mars 2009

L'école et son double


Nathalie Bulle, chercheur au CNRS, se consacre depuis des années aux problèmes sociologiques liés à l'enseignement. Elle a publié en 1999 l'ouvrage "La rationalité des décisions scolaires". Son nouvel ouvrage analyse les fondements politiques et idéologiques de l'évolution pédagogique au XXe siècle.

L'école et son double est un ouvrage universitaire, fouillé, largement documenté, dont la lecture exige une certaine attention. Les origines de la débâcle de l'école s'y trouvent placés sous un éclairage inhabituel. Nous en résumons ici les principaux thèmes.

Source

Mardi, 3 mars 2009

En direct de Saint Louis de Gonzague, Paris XVIème…


Nathalie Debans est professeur  d'allemand à Saint Louis de Gonzague (Franklin). Elle a déjà publié, aux éditions K&B, Apprendre l'allemand avec Tokio Hotel.

Pour vous, un professeur est obligatoirement anémique, voûté et gavé d’antidépresseurs ? Vous êtes persuadé que tous les élèves d’aujourd’hui portent des armes à feu pour vendre de la drogue dans les couloirs en toute sécurité ? Et que, de toute façon, les établissements scolaires n’ouvrent que rarement leurs portes, avec toutes ces grèves et ces manifestations ? Tout au long des petites chroniques qui composent Mes élèves s’habillent en Prada, Nathalie Debans tord joyeusement le cou aux idées reçues en racontant, avec beaucoup d’humour et une bonne dose de second degré, son quotidien de professeur d’allemand dans un établissement des beaux quartiers de Paris. Conseils de classe, voyages scolaires, réunions parents-professeurs, contrôles ou inspection, ce journal de bord d’une année scolaire montre que la vie dans un collège où les élèves n’ont (pas trop) de problèmes et où les enseignants sont (à peu près) épanouis… n’est pas forcément non plus un long fleuve tranquille !

Source : Edeo

Lundi, 2 mars 2009

La fabrique du crétin - La mort programmée de l'école

La fabrique du crétin - La mort programmée de l'école
Jean-Paul BRIGHELLI
Jean-Claude Gawsewitch , 07/2005, 221 p.

Jean-Paul BRIGHELLI : il analyse avec une lucidité féroce, sans nostalgie exagérée, cette école de la réussite devenue si souvent école de l'échec programmé et donne des solutions pour une école de demain. Normalien, agrégé de Lettres, il a, du collège à l'université, parcouru l'essentiel du paysage éducatif. Longtemps impliqué dans l'édition scolaire et para-scolaire, il en démonte au passage les mécanismes et les intérêts convergents.
Résumé :
Nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Le constat est terrible, et ses causes moins obscures qu'on ne veut bien le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d'années ce qui fut l'un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. Faut-il incriminer les politiques, les profs, les parents, les syndicats, les programmes ? En tout cas, la Nouvelle Pédagogie a fait ses “preuves” : l'école a cessé d'être le moteur d'un ascenseur social défaillant. Ceux qui sont nés dans la rue, désormais, y restent. Dès lors, que faire ?
Commentaire (B.A. 06/2006) :

Jean-Paul Brighelli est un homme de gauche. Pas de cette “gôche” apparue sous Mitterrand, faite de bourgeois qui méprisent finalement les gens du peuple facilement traités de “beaufs”. Il est de la vraie gauche, celle qui ne trahit pas les gens modestes mais qui les défend. Avec hargne quand il le faut…
C’est pourquoi Brighelli fait peur. Il ne respecte pas les règles de la bienséance et de la bienpensance. Il dit haut et fort ce que tout le monde constate et que tout le monde tait par pusillanimité. C’est qu’il est des choses à ne pas dire dans cette dictature molle qui s’est établie en France depuis presque trente ans.
Et que dit Brighelli ? « Pour mettre à genoux ce qui fut l’un des meilleurs systèmes éducatifs du monde, il a fallu une singulière conjuration de volontés perverses et de bonnes intentions imbéciles. On ne détruit pas sans effort, en une vingtaine d’années, ce que la République a mis un siècle à édifier. » Qui dénonce-t-il ? Les néo-libertaires et les néo-libéraux qui ont fait une curieuse alliance pour démolir l’École française. Et ils ne sont pas les seuls quand on observe « la pression conjointe des babas, des bobos, des psychos, des tenants de l’épanouissement personnel, des cathos compassionnels, du SGEN-CFDT, des syndicats (?) lycéens, et d’associations de parents d’élèves fantoches, plus soucieuses du confort de leur progéniture que de la qualité des enseignements délivrés… »
Les néo-pédagogues ne sont pas en reste. Eux qui ont mis en place les sciences de l’Éducation, conçues comme des machines de guerre contre tout bon sens pédagogique. L’auteur s’en prend particulièrement aux didacticiens dont il résume en une phrase la “science” : « Qu’est-ce que la didactique ? C’est l’art d’apprendre à apprendre ce que l’on ne sait pas. » Dans un tel contexte, les enseignants soucieux de continuer à faire un travail de qualité se sont vus contraints de passer dans la clandestinité. « Les professeurs des écoles compétents ne doivent leur compétence qu’à leur valeur propre, et à l’art de la ruse, qui leur a permis de survivre en milieu hostile, parmi les didacticiens de toutes farines qui imposent leurs vues sur la pédagogie, en s’efforçant de faire croire qu’il s’agit d’une science, quand il s’agit d’un art. » Tout cela pour parvenir à quel but ? « Dans l’idéal, l’école sera elle-même l’un de ces supermarchés du rien, où “l’apprenant” viendra faire le plein de vide. »
Voilà donc dénoncée avec talent et vigueur la politique suivie en France depuis les années 70 pour l’Éducation nationale, aussi bien par les ministres de gauche que ceux de droite, dans un bel unanimisme destructeur. Du moins pour les enfants des autres, pas pour les leurs : « Curieusement, les écoles et les lycées d’élite ne sont pas concernés par ce fatras pédagogique. Ni, à vrai dire, par les réformes successives des programmes. On y étudie à l’ancienne, avec des résultats… à l’ancienne. » Et l’on apprend, au détour d’une page, que les deux fils de Bourdieu sont devenus des “héritiers”, l’un sociologue et l’autre philosophe !
Il s’agit là d’un vrai scandale et l'auteur pose alors la seule question qui vaille : « Quelle école allons-nous laisser derrière nous ? »
Les instituteurs et les professeurs ont encore leur mot à dire, s’ils veulent bien se mobiliser pour défendre leur métier et revenir à un enseignement de qualité. Je leur laisse méditer cette phrase si vraie : « Chaque renoncement d’un enseignant est une victoire de la Bêtise. »

Lundi, 23 février 2009

Pourquoi et comment j'enseigne le b.a-ba

Pourquoi et comment j'enseigne le b.a-ba - Conseils et récits d'instits à l'usage des collègues débutants et des parents curieux
Rachel BOUTONNET
Ramsay , 08/2005, 319 p.

Rachel BOUTONNET : née en 1972, elle est maîtresse d'école depuis cinq ans, en classes de CP et CE1. Membre du collectif Sauvez les lettres et de l'association Reconstruire l'école, elle est l'auteur de Journal d'une institutrice clandestine (Ramsay, 2003).
Résumé :
Après le succès de Journal d'une institutrice clandestine, Rachel Boutonnet a reçu des centaines de lettres d'instituteurs et de parents déboussolés, en quête de repères. Elle a donc décidé de partager ici ce que lui ont appris ses cinq ans de métier et l'expérience de ses collègues.
Elle explique avec clarté et précision la manière dont elle conduit son enseignement, de l'organisation d'une journée de cours à l'élaboration de méthodes d'apprentissage, en passant par la construction d'une progression. Enfin, parce que le relais de la “mémoire pédagogique” est à ses yeux fondamental, elle a fait appel à des enseignants chevronnés pour compléter ses propos. Ainsi, ils dévoilent tour à tour leurs conseils avisés et leurs astuces.
Comment apprend-on à lire à des enfants du cours préparatoire ? Comment enseigne-t-on le calcul en CE1 ? Comment travaille-t-on l'expression écrite au CM2 ? En bref, voici comment on dispense ce b.a.-ba essentiel à la poursuite d'une scolarité fructueuse, mais qui est aujourd'hui trop souvent délaissé.
En livrant, dans leurs détails, quelques principes et ficelles du métier, Rachel Boutonnet espère répondre en partie aux interrogations des enseignants débutants et des parents désireux d'accompagner leurs enfants dans leur scolarité.
Source : Appy Ecole

Vendredi, 20 février 2009

Le poisson rouge dans le Perrier

Le poisson rouge dans le Perrier
Jean-Pierre DESPIN, Marie-Claude BARTHOLY
Criterion, 02/1984, 294 p.
Marie-Claude Bartholy et Jean-Pierre Despin : Nés en 1945, ils sont professeurs agrégés, l'une de Philosophie, l'autre de Lettres classiques. Ils ont commencé leur carrière au Lycée de Montivilliers et exercent maintenant, elle, au Lycée de Saint-Ouen, lui, au Lycée Jean-Baptiste Say à Paris.
Leurs spécialités respectives : la philosophie politique (on doit à M.-C. Bartholy une édition critique du Contrat social aux Editions Bordas) et la littérature du XVIIIe siècle, les ont conduits à travailler ensemble.
Ils sont directeurs et auteurs de la collection Philosophie critique aux Éditions Magnard.
Résumé :
Un jour, un enfant suggère à sa maîtresse de mettre le poisson rouge dans le Perrier : rien de grave, les enfants sont farceurs. La maîtresse accepte, cela devient plus inquiétant. Un manuel destiné aux instituteurs exhibe cette singerie comme modèle de pédagogie, cela devrait faire scandale ! Et pourtant cette imposture pédagogique est typique de l'enseignement (?) qui est souvent dispensé à l'école aujourd'hui.
Car l'école
éveille les enfants (à n'importe quoi) mais ne les instruit presque plus. Tout le monde le sait ou le sent, mais qui accuser ? La civilisation, la télévision, la fatalité ? Non, les vrais responsables sont les méthodes bureaucratiquement imposées à l'école primaire depuis près de 15 ans par des technocrates et de prétendus chercheurs en pédagogie.
Dans ce livre féroce (il faut bien dénoncer le scandale) et drôle (les exemples sont pour le moins divertissants) deux enseignants démasquent pour la première fois les pontifes et les prosélytes de la nouvelle pédagogie : le ministre et son cabinet, les chargés de mission, les P.E.N. et les I.D.E.N., ainsi que l'appareil syndical.
Tous les enseignants doivent lire ce livre. Les instituteurs pour comprendre l'origine des pratiques qu'on leur impose, et les autres pour savoir ce qui les attend au moment où l'on prétend imposer ces pratiques au secondaire.
Tous les parents doivent lire ce livre. On leur fait croire qu'ils ne comprennent plus grand chose aux activités scolaires de leurs enfants à cause des progrès de la science et de l'évolution des mentalités. Ce bavardage sociologico-scientiste cache une tartufferie : l'école primaire préfère infliger aux enfants des activités saugrenues plutôt que de dispenser les indispensables connaissances de base.
D'inspiration humaniste et progressiste, un livre qui rappelle ce truisme :
l'enseignement est fait pour enseigner !
Source : Appy Ecole

Lundi, 16 février 2009

Les nouveaux maîtres de l'école

Les nouveaux maîtres de l'école
Nico HIRTT
Aden (coll. Epo), 09/2005, 164 p.
Première édition : 01/2000

Nico HIRTT : Né en 1954. Il enseigne les mathématiques et la physique dans une école secondaire du Brabant wallon, où il est également délégué syndical. Il est un des initiateurs de l'Appel pour une école démocratique. Auteur de nombreux articles sur l'enseignement et des livres : L'école sacrifiée (EPO, 1996), Tableau noir (avec Gérard de Selys, EPO, 1998).
Résumé :
Ce livre, dans sa nouvelle édition mise à jour, démonte les mécanismes qui sont à l'œuvre derrière le démantèlement de l'École publique. Il est aussi un appel à résister. Non par nostalgie. Mais pour défendre le droit à l'instruction de ceux qui n'ont que l'École pour accéder aux armes du savoir. Les systèmes éducatifs européens sont soumis à un feu roulant de réformes. Lentement mais sûrement, on abandonne les structures d'enseignement centralisées et on y substitue des réseaux d'établissements autonomes, diversifiés, en situation d'intense concurrence mutuelle.
Derrière le double alibi de la lutte contre l'échec scolaire et de la promotion de l'emploi se cachent des motifs moins avouables : les milieux patronaux exigent un enseignement rationalisé et dérégulé. L'École doit fournir les travailleurs flexibles que réclame la concurrence économique. Elle doit répondre rapidement aux mutations technologiques. Elle doit s'adapter à un marché du travail dualisé et instable. Elle doit transmettre moins de savoirs mais davantage de compétences adaptables. Elle doit, plus qu'hier encore, sélectionner, diviser, hiérarchiser les jeunes. Enfin, l'École est appelée à s'ouvrir à un secteur privé en quête de nouveaux marchés.
Source : Appy Ecole

Lundi, 9 février 2009

Bien parler, bien lire, bien écrire - Donnez toutes leurs chances à vos enfants

Bien parler, bien lire, bien écrire - Donnez toutes leurs chances à vos enfants
Ghislaine WETTSTEIN-BADOUR
Eyrolles, 11/2005, 188 p.

Dr Ghislaine WETTSTEIN-BADOUR : Médecin généraliste, elle exerce en libéral depuis plus de 35 ans. Elle a consacré la plus grande partie de sa carrière à l'accompagnement d'enfants d'âge scolaire et notamment de ceux qui sont en difficulté.
Pour leur venir en aide, elle a mis au point des méthodes optimisées d'apprentissage de la lecture et de l'écriture, puis, en partenariat avec France Badour, de l'orthographe. Ces pédagogies respectent la manière dont le cerveau apprend la langue écrite, et leur efficacité est reconnue pour
tous les élèves très jeunes ou adultes, qu'ils soient ou non dyslexiques.
Résumé :
Pour que son intelligence se développe, l'enfant doit d'abord apprendre à bien parler, à bien lire et à bien écrire. Les parents jouent un rôle irremplaçable dans cet apprentissage fondamental, qui commence dès la petite enfance et se poursuit jusqu'à l'adolescence.
Afin de les aider dans leur rôle éducatif, ce petit guide pratique leur donne des conseils précieux pour :
- apprendre à leurs enfants à bien parler et comprendre ce qui leur est dit ;
- les accompagner dans l'acquisition de la lecture, de l'écriture et de l'orthographe ;
- prévenir les difficultés qu'ils risquent de rencontrer ; diagnostiquer rapidement les éventuels signes d'échec ;
- apporter des solutions concrètes si cela est nécessaire.
En s'appuyant sur les découvertes médicales les plus récentes concernant le fonctionnement du cerveau, l'auteur donne aux parents des informations précises pour comprendre les étapes et les enjeux de ces apprentissages et il leur propose des exercices qu'ils pourront facilement mettre en œuvre pour développer l'intelligence de leurs enfants.

Source : Appy Ecole

A bonne école...

A bonne école...
Jean-Paul BRIGHELLI
Jean-Claude Gawsewitch, 03/2006, 335 p.

Jean-Paul BRIGHELLI : Aucune vaine polémique dans ce livre. Ni élitisme forcené, ni nostalgie exagérée : après La Fabrique du crétin, Jean-Paul Brighelli a rassemblé les suggestions de ses lecteurs, pour que vive l'école. Normalien, agrégé de lettres, après trente ans d'expérience dans les établissements les plus divers, il a décidé de mettre sa colère au service de l'Éducation.
Résumé :
L'école se meurt, l'école est morte : enseignants ou parents, pédagogues et politiques, tous sont d'accord sur le constat. Le Savoir est lettre morte. La baisse de niveau généralisée a accentué l'inégalité des chances. L'ascenseur social est en panne. Les élèves eux-mêmes, peu flattés d'être désormais des "apprenants", et de décrocher un bac dévalué, souhaitent que l'on sonne la fin de la récréation.
À bonne école est un livre de propositions. Son objectif central est de réconcilier le diplôme avec la compétence, et avec la connaissance, afin que chacun aille au plus haut de ses capacités. Programmes et formations doivent désormais viser l'excellence, parce qu'il faut de nouveaux maîtres pour de nouvelles ambitions.
Commentaire (B.A., 12/2006) :

Un élève a bien plus de devoirs que de droits. (p 157)
Voilà le genre de chose qu’il est interdit de dire et même de penser depuis une trentaine d’années. Mais Jean-Paul Brighelli ne pratique pas la langue de bois. Avec des formules tapant comme des slogans, il rappelle un certain nombre de vérités que le “pédagogiquement correct” est parvenu à chasser des écoles. Cette dictature molle s’est tellement imposée au fil des années que les propos de Brighelli en seraient presque inconvenants, s’ils n’étaient frappés au coin du bon sens.
Avec une jubilation qui nous est familière depuis La fabrique du crétin, l’auteur s’en prend aux pédagogistes. Un passage évoque comment ils ont investi les différents niveaux hiérarchiques de l’Éducation nationale : Puis ils se sont recrutés les uns les autres. En investissant les organes de décision, pendant que les soutiers continuaient à travailler dans les écoles, les collèges et les lycées. Ce n’est un secret pour personne : les pédagogues sont presque tous des gens sans diplômes, qui ont enseigné aussi peu que possible dans le primaire ou le secondaire. Des imposteurs. Cette incompétence qui fait leur force, ils l’ont camouflée sous un discours de cuistres, tout en se faisant donner en sous-main, sur tapis vert, les diplômes qu’ils n’avaient pas. Demandez donc à ces gens qui s’affichent certifiés ou agrégés quand, et avec quels programmes, ils ont effectivement passé les concours ! (p 90) C’est tellement vrai que l’on s’étonne aujourd’hui que personne ne s’en soit rendu compte plus tôt. Le ton devient menaçant : Nous sommes en mars-avril 44. Les collabos d’hier sentent le vent tourner. Nous sommes allés si loin dans l’ignominie que le balancier est reparti en arrière. (p 91). Ajoutant : Peut-être faudra-t-il un jour demander des comptes à ceux qui ont affirmé, depuis vingt ans, que l’ignorance c’est la force, et que l’esclavage, c’est la liberté. (p 301)
Brighelli aborde dans ce livre les solutions pour sortir l’École française du processus de délitement dans lequel elle semble irrévocablement engagée. Il s’intéresse notamment au Primaire, et veut redonner toute sa place et son importance à la Maternelle : D’abord, avant tout, reprendre la formation à la base, à l’école maternelle et au CP, là où tout se joue avant six ans - et, aujourd’hui, pour le pire. Et, de proche en proche, remettons le Savoir, le Travail, l’Effort, l’Humilité et la Difficulté vaincue au centre du système. (p 33) La mission difficile est résumée en une phrase : D’un enfant-roi, l’école doit faire un élève parmi d’autres. (p 170)
Je partage la plupart des points de vue de l’auteur. Notamment quand il dit qu’instituteur et professeur sont deux métiers distincts, non seulement parce qu’ils ne s’adressent pas aux mêmes publics, et n’enseignent pas la même chose, mais parce que fondamentalement l’essence de ces deux professions est dissemblable. Un instituteur enseigne des certitudes, un professeur enseigne des doutes. (p 139-140)
Brighelli apporte aussi des solutions originales. En matière de redoublement, il faudrait dire aux parents qui s’y opposent : Autant revenir au système de l’examen : vous voulez absolument passer ? Très bien : prouvez que vous en êtes capable. (p 179). Pour l’inspection aussi, j’ai trouvé une excellente idée : Un système d’inspection en deux temps, pour évaluer l’état des élèves, puis pour évaluer leur niveau quelques mois plus tard. (p 280) Ce système, sans doute difficile à mettre en place dans les conditions actuelles, serait plus juste que ce que nous connaissons : Et je passe sur ces inspections, particulièrement dans le primaire, où pour d’obscures raisons idéologiques, on apprécie moins le travail effectif qui se fait, ou le niveau des élèves, que la procédure. Non pas : « Les objectifs sont-ils atteints ? » mais : « L’enseignant est-il, face à ses apprenants, un vrai pédagogue selon les normes de saint IUFM ? ». (p 150)
A la fin du livre, l’auteur a ajouté quelques témoignages d’un grand intérêt. Dans celui de Pierre Jourde, je relève cette phrase qui parle de la formation initiale des enseignants - mais qui est valable aussi pour la formation continue : Au cours de ces séances où la morosité et la grisaille prennent la profondeur insidieuse d’une torture, ils vous apprennent à ne pas ennuyer les élèves. (p 306)
Le livre est tout à fait complet, puisque même le site appy.ecole est cité (p 97, n 2), ce dont je remercie l’auteur.
Terminons sur ce qui devrait nous servir de boussole pour l’École : La question n’est pas de promettre la lune à tous les enfants. C’est de permettre à tous d’aller au plus haut de leurs capacités - pas de leurs ambitions. Ce serait déjà formidable. (p 278).

Source : Appy Ecole

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