Veille - Education

L'actualité de l'école dans une perspective chrétienne

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jeudi, 9 octobre 2008

De l'élève à l'apprenant

Michel Leroux
De l'élève à l'apprenant et autres pamphlets
Éditions de Fallois, septembre 2007, 196 pages.
[ Quatrième de couverture : ]

Aux yeux des entreprises, selon le directeur de l'École centrale d'électronique, "le respect de l'orthographe et de la syntaxe n'est pas une exigence bêtement scolaire, c'est la base de l'efficacité professionnelle".

Pourquoi notre école rechigne-t-elle depuis plus de vingt ans à donner à tous le passeport indispensable de la maîtrise du français ? Pourquoi les parents ne comprennent-ils plus rien à la grammaire et aux commentaires de textes auxquels sont aujourd'hui soumis leurs enfants ? Pour quelle raison, enfin, l'enseignement de la littérature (où la connaissance de la langue s'enrichit et s'entretient) se meurt-il, au point que la fréquentation des sections littéraires est tombée de 50 % des lycéens en 1968, à 18 aujourd'hui ?

Agrégé des lettres, Michel Leroux a enseigné dans les lycées et les collèges pendant près de quarante ans. Étranger à toute chapelle, c'est en expert du terrain qu'il s'est insurgé (dans des textes parus, pour la plupart, de 1999 à 2006 dans les revues Commentaire et Le Débat), contre le caractère irrationnel d'une politique pédagogique qui, gauche et droite confondues, a aggravé, d'année en année, l'injustice que ses militants prétendaient réparer. La connaissance de la langue n'a cessé en effet de se dégrader, ainsi que le goût de la lecture, au sein des nouvelles générations.

On trouvera donc ici une tentative de démêler l'écheveau de bonnes intentions et de luttes de pouvoir qui a contribué à faire de notre enseignement du français un véritable défi au bon sens.

. Prof... et fière de l'être !

Que faire quand Charlène, en seconde, demande, cherchant désespérément le passé simple du verbe être : " Ça existe, Madame, il état " ?
 Que dire à votre collègue qui veut envoyer tous les parents en prison et leurs enfants à l'usine... ou à cet autre qui refuse de corriger les fautes d'orthographe parce que ça lui prend trop de temps ?
Que répondre à l'inspecteur qui vous dit que vous avez tué la vie dans la classe, parce que vous avez fait prendre quelques notes à vos élèves ? Comment défendre une pensée raffinée, quand le président de la République dit : " Casse-toi pauv' con " à la télé ?
Bref, comment être prof aujourd'hui ?
 J'ai voulu raconter le bonheur d'enseigner, durement conquis et toujours menacé. J'ai voulu partager ce que je vois, ce qui me met en rage, ce qui me transporte. Réaffirmer ce que je crois être juste - quitte à ramer à contre-courant. Privilégier la qualité plutôt que la quantité, rechercher la lenteur et non la vitesse, la transmission et non la communication. Faire connaître aux jeunes gens des types morts il y a trois cents ans, mais qui leur disent encore quelque chose d'essentiel.
À l'heure des success stories télévisées, des traders fous, de l'argent roi, faire l'éloge de losers magnifiques nommés Rimbaud ou Verlaine... Voir des Chimène en jean taille basse et piercing réciter une tirade du Cid avec ferveur.
. Prof... et fière de l'être !
Éditions du Rocher
Fanny Capel
160 pages, 14,90 euros

samedi, 30 août 2008

L'Enseignement de l'ignorance

L'Enseignement de l'ignorance plaira à ceux qui aiment se faire peur. D'une rare virulence sur la politique éducative, Jean-Claude Michéa soutient avec conviction que les réformes successives du système scolaire, sous couvert de démocratisation, ne poursuivent qu'un seul but : enseigner l'ignorance, désapprendre à apprendre, dégoûter les masses du savoir.

Il s'agit ici de dénoncer les ravages de la pensée pédagogique unique qui en appelle, au nom d'une nécessaire adaptation de l'école au monde moderne, à renoncer à toute forme d'exigence intellectuelle pour le plus grand nombre. Cherchant à promouvoir la créativité sans donner de règles, à éveiller sans instruire, opposant la culture vivante à celle des Anciens, conçue comme un strict moyen de distinction sociale, l'école de demain ne cultiverait plus que la paresse et l'amnésie d'un vaste troupeau désarmé.

Résolument mal-pensant, ce petit brûlot nous rappelle que le savoir a un prix, sinon un coût, et que l'exigence élève tandis que la tolérance humilie. Les écoles de la République deviendraient-elles, à notre insu, des maisons de tolérance ? --Paul Klein

Quatrième de couverture
En dépit des efforts de la propagande officielle, il est devenu difficile, aujourd'hui, de continuer à dissimuler le déclin continu de l'intelligence critique et du sens de la langue auquel ont conduit les réformes scolaires imposées, depuis trente ans, par la classe dominante et ses experts en " sciences de l'éducation ". Le grand public est cependant tenté de voir dans ce déclin un simple échec des réformes mises en oeuvre. L'idée lui vient encore assez peu que la production de ces effets est devenue progressivement la fonction première des réformes et que celles-ci sont donc en passe d'atteindre leur objectif véritable : la formation des individus qui, à un titre ou à un autre, devront être engagés dans la grande guerre économique mondiale du XXIe siècle. Cette hypothèse, que certains trouveront invraisemblable, conduit à poser deux questions : Quelle étrange logique pousse les sociétés modernes, à partir d'un certain seuil de leur développement, à détruire les acquis les plus émancipateurs de la modernité elle-même ? Quel mystérieux hasard à répétition fait que ce sont toujours les révolutions culturelles accomplies par la Gauche qui permettent au capitalisme moderne d'opérer ses plus grands bonds en avant ? 

mercredi, 27 août 2008

Don Quichotte en Banlieu

Sophie Audoubert, enseignante au collège Elsa Triolet de Saint-Denis (93), raconte, dans un livre intitulé Don Quichotte en banlieue, son expérience, ses appréhensions et ses joies à exercer son métier en banlieue. Dans cet ouvrage à paraître le 28 août prochain, cette agrégée de lettres classiques tient à ce qu'on regarde ses élèves comme des enfants de la République, et non forcément comme des "racailles" ou des "jeunes issus de l'immigration".

Ce livre a également pour but de préparer les futurs enseignants qui débuteront dans des collèges de banlieue. L'auteur fait état d'un choc culturel qui s'accompagne d'un double constat : "l'ampleur des difficultés des élèves et le profond sentiment de ségrégation qui aggrave leur défiance vis à vis d'eux-mêmes et de l'école."

Don Quichotte en banlieue de Sophie Audoubert, aux Editions Philippe Rey.

Source : AEF, philippe-rey.fr

lundi, 25 août 2008

Détente et culture : littérature audio en ligne

Ces temps estivaux peuvent être l’occasion de découvrir les ressources qu’offrent la toile et l’informatique en matière de littérature audio en ligne. Non seulement c’est un moyen de mettre personnes âgées, aveugles ou malvoyantes, avec la littérature, mais on peut s’en servir pour soi, goûter l’oralité de discours, de fables ou de pièces de théâtre, constituer une bibliothèque de contes pour ses enfants, etc.

Ainsi LittératureAudio.com propose de nombreux livres, complets ou non, de toute catégorie, de la biographie à la philosophie en passant par le roman ou la correspondance Marx/Proudhon. On peut soit écouter les livres ou extraits en ligne, soit les télécharger ! Ainsi l’on trouve Un bon petit Diable, de la Comtesse de Ségur, L’Enfant, de Jules Vallès, Les Confessions de Rousseau, ou ses Rêveries d’un promeneur solitaire, Un Modèle d’éducation, de John Stuart Mill, Le Discours de la servitude volontaire, de La Boétie, le Voyage autour du monde de Bougainville, des pensées sur la peinture de Cézanne.

On se remettra avec plaisir dans l’oreille les immortels poèmes de Villon, ou de Joachim du Bellay, ou encore ceux de Jehan Rictus, les anthologiques extraits de Bérénice de Racine (…Que le jour commence, et que le jour finisse, sans que jamais Titus puisse voir Bérénice, sans que de tout le jour je puisse voir Titus…), de Tartuffe de Molière, prologue des Nuées d’Aristophane, du Barbier de Séville de Beaumarchais, du Cid de Corneille, du Hernani de Hugo ou du Lorenzaccio de Musset. Ou encore La Correspondance cassée, de Courteline, savoureuse farce à découvrir ! Dieu n’est pas oublié avec des extraits de l’Ecclésiaste ou de la première épître aux Corinthiens, ou des prières de saint François d’Assise.

Du pur bonheur ! et qui plus est le site propose aussi ici, en plus de sites spécialisés pour aveugles et malvoyants, une liste d’autres sites de littérature audio, parmi lesquels : Telerama Radio (beaucoup de romans en entier), Archivox (beaucoup d’extraits classiques), Bonnes nouvelles, Guy De Maupassant.fr (intégrale de l’œuvre de Maupassant, en écoute seule), Librivox : (14 livres audio complets à ce jour en français, et plus de 1000 en anglais).

L’homoparentalité en question. Et l’enfant dans tout cela ?

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L’homoparentalité en question. Et l’enfant dans tout cela ?
Béatrice Bourges - Editions du Rocher - 134 pages - 16€

L’homoparentalité en question. Et l’enfant dans tout cela ?1 A quoi se mesure le degré d’évolution d’une société, de ce que l’on peut appeler une civilisation ? Quel est le meilleur critère ? Sans négliger de nombreux éléments tellement importants et complexes, n’est-ce pas la protection du plus faible ? Et le plus faible, n’est-il pas cet être complètement démuni et qui reste si longtemps fragile, l’enfant ? Pendant des millénaires, les enfants ont été couramment abandonnés, voire matière à sacrifices humains. Il a fallu encore des centaines d’années pour que, dans nos sociétés occidentales, ils soient élevés dans une cellule protectrice, stable et fondée sur un amour librement consenti. C’est ce qui a permis les extraordinaires progrès, dans tous les domaines, d’une civilisation européenne dont le modèle s’est exporté dans le monde entier.

A un moment où les progrès de la psychologie permettent de connaître ou du moins d’entrevoir les conséquences incalculables de tous les événements, petits et grands, que vit le jeune enfant, la cellule familiale, serre protectrice et en même temps tremplin vers le monde, est remise en question.Cette cellule familiale doit être stable, pérenne, indestructible pour permettre au petit d’homme de prendre son envol. Or quel est le seul élément, absolument le seul, qui ne peut être discuté, c’est le fait que l’enfant est le fruit de l’union charnelle de son père et de sa mère. C’est cette certitude absolue, que personne ne peut contester, qui l’accompagnera jusqu à la mort, qui fonde ce lien indestructible qui le fait exister, physiquement, psychologiquement et affectivement.

On objectera qu’il existe des enfants orphelins et des parents défaillants. Dans les sociétés traditionnelles ces enfants privés de leur soutiens naturels sont pris en charge par la famille élargie, dans les sociétés dites « modernes » des lois qui essaient d’être les plus sages et les plus humaines possibles les confient à des foyers qui les accueillent. Dans l’un et l’autre cas il s’agit d’une substitution qui essaie de recréer, au plus près, le cadre originel.

Des anthropologues ont pu décrire le cas de tribus où l’enfant était l’enfant de tout le monde et l’enfant de personne. De minuscules tribus qui n’ont jamais dépassé le stade de la cueillette, où la vie humaine ne comptait pas et qui ont disparu sans laisser de trace...L’homoparentalité, n’est-ce pas cela ? L’enfant, enfant de personne ? Si le lien biologique ne compte plus, l’enfant devient l’enfant de personne ou de tout le monde... de Pierre, de Paul, de Jeanne ou de Louise et jusqu’à l’infini... et pourquoi plus de l’un que de l’autre ? Parce qu’il a été choisi par l’un ou par l’autre ? Mais selon quel critère, selon quels caprices ? [...]

Béatrice Bourges explique également comment le statut du beau-parent dénoue la parenté de la filiation, entraînant des effets pervers aux conséquences impossibles à maîtriser...

samedi, 21 juin 2008

"Peut mieux dire, peut mieux faire"

"Peut mieux faire !" Pas un élève de France et de Navarre n'a un jour échappé à cette brève formule, épinglée sur le bulletin scolaire.
Quelle déception pour les parents ! Mais quelle déception également dans la banalité du verdict !
Un recueil a la vocation d'aider moults enseignants en mal d'expression juste et originale. L'ouvrage ne se borne pas à la simple utilisation professionnelle.

Les 700 appréciations de Jean-Jospeh Julaud témoignent du talent de l'écrivain, de l'expérience du professeur, et de la profonde sensibilité de l'homme pour nous rappeler, non sans nostalgie l'époque à la fois cruelle et bénie (enfance chérie !) ou nos propres bulletins arrivaient à la maison.
Classées par thématiques et par niveaux, les appréciations sont tantôt poétiques, tantôt hilarantes, parfois louangeuses, souvent caustiques, jamais méchantes.

vendredi, 30 mai 2008

Le Mammouth m'a tuer

                                                 Bernard Viallet a été directeur d’école primaire et a enseigné pendant trente ans dans des écoles particulièrement difficiles de banlieues parisiennes. Retraité depuis juillet 2007 et dégagé ainsi de son "devoir de réserve", l’auteur entend sensibiliser les consciences par le témoignage de son expérience en ZEP.

    C’est le récit, dans un style très vivant, du quotidien d’un enseignant qui se dévoue pour ses élèves autant que les limites de l’appareil administratif du "Mammouth" le lui permettent. Les difficultés rencontrées sont multiples : effectifs trop nombreux pour des professeurs souvent inexpérimentés, barrière de la langue, appareil administratif lourd voire incohérent, élèvescobayes des modes d’apprentissage, violences physiques et verbales, etc.

    L’"équité des chances" pour tous, souhaitée par l’Éducation nationale, est bien souvent absente dans les zones d’éducation prioritaires. Loin de toute idéologie, ce sont des faits concrets, des difficultés vécues qui sont rapportés ici pour favoriser un changement en profondeur de l’école primaire si nécessaire.

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jeudi, 17 avril 2008

Enseigner avec bonheur !

    Véritable ressource de l'enseignant chrétien, ce livre permettra aux professeurs de poser leur relation pédagogique dans une transcendance qui seule permet à la parole d'ouvrir à son dépassement en Dieu.

    Le bonheur d'enseigner : cette formule surprendra, alors que l'on insiste tant aujourd'hui sur les difficultés, les désillusions, les résistances auxquelles se heurtent tant d'hommes et de femmes qui exercent ce métier.
     Mais l'intention de Christiane Conturie est claire : elle cherche à relever le défi de l'éducation, en faisant appel à sa propre expérience et surtout aux ressources intérieures des enseignants eux-mêmes. Elle ne prétend absolument pas réformer ce que l'on appelle le système éducatif ou l'institution scolaire. Ses réflexions se situent à un autre niveau, beaucoup plus radical : celui des convictions nourries par la pratique, c'est-à-dire par l'exercice tenace de ce métier éprouvant et passionnant et par la rencontre des jeunes .
Mgr Claude Dagens

* Christiane Conturie appartient à une communauté de femmes consacrées dans la vie apostolique, au service de l'éducation des jeunes, la communauté Saint François-Xavier, fondée par Madeleine Daniélou.

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samedi, 5 avril 2008

L’ÉCOLE DES ILLUSIONNISTES

L’ÉCOLE DES ILLUSIONNISTES, d’Élisabeth Nuyts (2e édition)
Élisabeth Nuyts (32, rue des Rêves, 34000 Montpellier), 2002, 352 p., 20 €

Chercheur en pédagogie, l’auteur nous livre ici une vulgarisation scientifique des processus en jeu dans l’apprentissage de la langue et un vif pamphlet contre la nouvelle pédagogie du « cerveau droit ». L'auteur, spécialisée dans l'aide aux personnes en difficultés d'apprentissage, fait un va-et-vient constant entre études de cas, pédagogie en cours et biologie du cerveau. Elle met en évidence une pédagogie qui, restant sur l'intuition, prive les jeunes des repères temporels et de la réflexion analytique. Outre de nombreuses difficultés d'apprentissage, cette pédagogie cause un profond mal-être chez les jeunes et prépare l'avénement d'un homme dénué d'autonomie. (E. Nuyts, Prix Enseignement et Liberté 2002)
    L’auteur détaille en effet le sort réservé au verbe, noyau de la phrase, dans les explications tantôt formalistes, tantôt fonctionnelles et tantôt génératives des manuels scolaires.
    Faut-il oublier le verbe comme expression d’un état ou d’une action pour l’identifier comme mot de forme très variable, sans relation au temps ni au sujet ?
    Faut-il taire le bon vieux C.O.D. de la phrase sujet-verbe-complément pour en faire le « groupe nominal » du « groupe verbal » de la phrase Groupe nominal sujet-Groupe verbal sans ajouter du sens à cette évolution ?
    La recherche grammaticale a, de fait, adopté ce vocabulaire, mais à un certain niveau de raisonnement, pas forcément utile ni accessible au primaire, et à condition d’assortir ces considérations de la distinction, ô combien sémantique, sujet / prédicat (i. e. ce que l’on sait déjà au début de la phrase, ce que l’on apprend au cours de la phrase).