L’homoparentalité en question. Et l’enfant dans tout cela ?
Béatrice Bourges - Editions du Rocher - 134 pages - 16€
L’homoparentalité en question. Et l’enfant dans tout
cela ?1 A quoi se mesure le degré d’évolution d’une société, de ce que
l’on peut appeler une civilisation ? Quel est le meilleur critère ?
Sans négliger de nombreux éléments tellement importants et complexes,
n’est-ce pas la protection du plus faible ? Et le plus faible, n’est-il
pas cet être complètement démuni et qui reste si longtemps fragile,
l’enfant ? Pendant des millénaires, les enfants ont été couramment
abandonnés, voire matière à sacrifices humains. Il a fallu encore des
centaines d’années pour que, dans nos sociétés occidentales, ils soient
élevés dans une cellule protectrice, stable et fondée sur un amour
librement consenti. C’est ce qui a permis les extraordinaires progrès,
dans tous les domaines, d’une civilisation européenne dont le modèle
s’est exporté dans le monde entier.
A un moment où les progrès de la psychologie permettent
de connaître ou du moins d’entrevoir les conséquences incalculables de
tous les événements, petits et grands, que vit le jeune enfant, la
cellule familiale, serre protectrice et en même temps tremplin vers le
monde, est remise en question.Cette cellule familiale doit être stable,
pérenne, indestructible pour permettre au petit d’homme de prendre son
envol. Or quel est le seul élément, absolument le seul, qui ne peut
être discuté, c’est le fait que l’enfant est le fruit de l’union
charnelle de son père et de sa mère. C’est cette certitude absolue, que
personne ne peut contester, qui l’accompagnera jusqu à la mort, qui
fonde ce lien indestructible qui le fait exister, physiquement,
psychologiquement et affectivement.
On objectera qu’il existe des enfants orphelins et des
parents défaillants. Dans les sociétés traditionnelles ces enfants
privés de leur soutiens naturels sont pris en charge par la famille
élargie, dans les sociétés dites « modernes » des lois qui essaient
d’être les plus sages et les plus humaines possibles les confient à des
foyers qui les accueillent. Dans l’un et l’autre cas il s’agit d’une
substitution qui essaie de recréer, au plus près, le cadre originel.
Des anthropologues ont pu décrire le cas de tribus où
l’enfant était l’enfant de tout le monde et l’enfant de personne. De
minuscules tribus qui n’ont jamais dépassé le stade de la cueillette,
où la vie humaine ne comptait pas et qui ont disparu sans laisser de
trace...L’homoparentalité, n’est-ce pas cela ? L’enfant, enfant de
personne ? Si le lien biologique ne compte plus, l’enfant devient
l’enfant de personne ou de tout le monde... de Pierre, de Paul, de
Jeanne ou de Louise et jusqu’à l’infini... et pourquoi plus de l’un que
de l’autre ? Parce qu’il a été choisi par l’un ou par l’autre ? Mais
selon quel critère, selon quels caprices ? [...]
Béatrice Bourges explique également comment le statut
du beau-parent dénoue la parenté de la filiation, entraînant des effets
pervers aux conséquences impossibles à maîtriser...