L'association homosexuelle militante SOS Homophobie a reçu l'agrément
en 2004 de l'académie de Versailles pour présenter à des classes de lycée son
programme de "sensibilisation" à l'homosexualité et sa "révision" des
programmes scolaires accusés de favoriser l'homophobie.
Si
le voile islamique n'a pas provoqué les tensions communautaires et les
psychodrames que redoutaient les enseignants et les pouvoirs publics à
la rentrée, l'école n'est pas pour autant libérée des surenchères
communautaires.
Il
suffit pour s'en convaincre de savoir que l'association SOS Homophobie
vient de recevoir de l'académie de Versailles un agrément pour
intervenir dans les établissements scolaires. Comme le dit pudiquement
SOS Homophobie dans un communiqué (1) -que les médias se sont bien
gardés de diffuser-, cet agrément lui permet de "présenter son module
de prévention et de sensibilisation à l'homophobie". Une
"sensibilisation" qui a déjà été dispensée à 700 lycéens dans 5 régions
différentes en 2003 et dont la généralisation apparaît d'ores et déjà
comme la prochaine revendication du mouvement gay à qui le
gouvernement, après l'annonce du vote du projet de loi anti-homophobie,
ne refuse pas grand-chose : "Ces derniers mois, de nombreux homosexuels
ont été agressés en toute impunité ; ces agressions démontrent qu'une
loi pénalisant les propos et actes homophobes est plus que jamais
nécessaire. Néanmoins, cette loi ne sera efficace qu'accompagnée d'une
véritable politique d'éducation et de prévention, comme nous l'avons
rappelé au Premier Ministre lorsqu'il nous a reçus en juillet 2004."
(extrait du communiqué de SOS Homophobie).
La
décision du minitère de l'éducation, dont dépend l'académie de
Versailles, est d'autant plus surprenante qu'elle intervient au moment
où le ministre, François Fillon, revêt sa blouse grise pour se déclarer
favorable à un recentrage de l'école sur sa mission fondamentale de
transmission du savoir. S'est-il seulement posé la question de
l'opportunité de l'initiative de SOS Homophobie et de la légitimité de
cette association à intervenir dans les écoles ? S'il avait examiné
attentivement les travaux de SOS Homophobie, il aurait constaté les
approximations dont fait preuve cette association dans son travail de
recensement ainsi que ses prises de position radicales (2), assimilant
par exemple à de l'homophobie le refus de célébrer des mariages
homosexuels (3)...
SOS
Homophobie ne se contente pas de réclamer le droit de pouvoir
intervenir dans les salles de classe mais exige par ailleurs une
"révision" (sic) des programmes et des manuels scolaires. En effet,
dans son module d'intervention, SOS Homophobie traque l'homophobie dans
les programmes scolaires et propose pour chaque matière une réécriture
conforme à sa vision délirante des sciences et des arts.
Les
programmes scolaires relatifs aux sciences de la vie et de la terre
déclenchent particulièrement les foudres des censeurs de SOS
Homophobie. Ainsi, page 11, le module affirme que la sexualité n'est
pas abordée suffisamment tôt à l'école, trop tard sans doute pour
placer homosexualité et hétérosexualité en situation d'équivalence :
"(La sexualité) n'est traitée qu'à partir de la 5ème ou de la 4ème,
alors qu'il est évident qu'un élève de 6ème y est forcément confronté
que cela soit par les médias, ses lectures ou son appréhension du monde
des adultes. Des informations précises devraient parvenir aux élèves le
plus tôt possible, c'est-à-dire avant que les idées reçues ne prennent
place en eux". Pour plus de sûreté, SOS Homophobie devrait intervenir
dans les classes de maternelles...
Dans
la même veine réjouissante, SOS Homophobie trouve que l'enseignement de
l'Antiquité passe à côté de thématiques essentielles : "L'étude, au
collège, de la citoyenneté en Grèce classique évince une distinction
fondamentale entre pédérastie et homosexualité". Il est bon de le
rappeler en effet. C'est comme l'histoire contemporaine qui, en
insistant sur les nationalismes et le totalitarisme, passe à côtés
d'événements majeurs : "L'étude des grands mouvements contestataires de
cette norme (les suffragettes, mai 68...) n'aborde pas davantage le
rôle occupé par les féministes et les lesbiennes". C'est vrai, on perd
trop de temps à présenter aux élèves la Révolution française et la
Grande guerre...
Cette relecture des programmes d'enseignement n'est pas une initiative isolée de SOS Homophobie.
En
effet, l'école est désormais une cible privilégiée du militantisme
homosexuel comme le montre par ailleurs la parution récente du livre de
Guillaume Tanhia, "Enculé !", L'école est-elle homophobe ? (4). Cet
ouvrage dépeind l'école comme un "bastion de l'homophobie silencieuse"
et recommande lui aussi la "révision" des programmes scolaires.
Soucieux de venir en aide à "l'adolescent LGB" (comprendre : lesbien,
gay ou bisexuel...), le livre de Guillaume Tanhia en est presque drôle.
Morceaux choisis :
-
page 52, Mélusine, 17 ans, "jeune et jolie lesbienne dans un monde où
le regard des autres est un jugement", se lamente dans un entretien
avec l'auteur des lacunes du programme de littérature française : "En
tout cas, on n'a pas parlé de Dustan". Ca manque, en effet...
-
page 61, une apologie hilarante de Jack Lang auquel Guillaume Tanhia
rend un hommage plus qu'appuyé pour la "percée progressiste" qu'a
représenté son passage au ministère de l'éducation : "Dans un discours,
comme de coutume généreux et sans tabous, il prend une position ferme,
en tant que ministre de l'éducation nationale. (...) Le flamboyant
annonce, en outre, le lancement d'un dossier de formation de 70 pages,
intitulé Repères pour l'éducation à la sexualité à destination des
enseignants et des formateurs des IUFM".
-
page 74, l'auteur déplore la façon dont les manuels scolaires évoquent
la relation Verlaine-Rimbaud, qualifiée de "tumultueuse" ou
d'"errance". Des qualificatifs qui s'expliquent pourtant par le fait
que cette idylle, pour homosexuelle, n'en a pas moins fini par une
tentative d'assassinat !
-
pages 75-76, l'ouvrage regrette que les manuels ne mentionnent pas les
pratiques sexuelles d'André Gide, François Villon ou Michel Ange. Il
est vrai que l'éducation nationale a eu le tort de préférer l'évocation
de leur oeuvre artistique...
-
page 85, un appel émouvant à de nouvelles références pour l'institution
scolaire : "L'école n'est plus en phase avec la société. Alors qu'elle
fait la sourde oreille, l'homosexualité envahit les écrans des
adolescents. Il suffit de regarder, -brièvement-, les émissions de
téléréalité dont ils sont le coeur de cible. Loft Story, Star Academy,
Nouvelle star et les colocataires. (...) Comme une évidence, sans
protestations des ligues de vertu, sans étonnement des jeunes
téléspectateurs puisque cette télévision est censée refléter leurs
aspirations. (...) En quoi, l'école ne serait-elle pas capable de faire
mieux que le secteur marchand". Guillaume Tanhia devrait exiger que
cette grave question soit proposée à l'épreuve de philo.
"Enculé,
l'école est-elle homophobe?" s'achève sur une présentation avantageuse
de la Harvey Milk High School, le premier lycée homosexuel ouvert à New
York (5) que Guillaume Tanhia voit comme une alternative à l'homophobie
de l'école républicaine : "Une école homosexuelle n'est-elle pas une
tentative de survie face à un système défaillant qui ne protège pas des
enfants et qui les a déjà exclus ?".
Ainsi,
on voit bien que, derrière le projet, a priori sympathique de
promouvoir la tolérance et l'acceptation des différences, se profilent
des velléités ségrégationnistes et une propagande qui ne sont déguisées
qu'au yeux de ceux qui refusent de les voir. C'est pourquoi, tout
naturellement, le module présenté par SOS Homophobie dans les lycées
développe ses arguments en faveur de l'homoparentalité et s'achève sur
une revendication politique qui n'a rien à voir avec l'école : "Faire
voter un texte de loi qui condamne l'incitation à la haine homophobe".
L'incursion
dans les salles de classe des khmers roses qui portent une vision
politique et revendicative de l'homosexualité ne fait que commencer.
Après l'académie de Versailles, SOS Homophobie a déposé d'autres
demandes d'agrément auprès des rectorats de Paris et de Créteil, ainsi
qu'au niveau national (Ministère de l'Education). De son côté,
l'association militante Couleurs Gaies a été agréée par le
"lycée-pilote" Robert Schuman à Metz pour présenter aux élèves sa
"mallette anti-homophobie" qui contient des "fiches pédagogiques"
(l'homoparentalité, l'homophobie dans l'histoire, affirmer sa
différence...), deux livres engagés (6) et une cassette vidéo "Etre et
se vivre homo". Une mallette qui a aussi été adoptée par le rectorat de
Lille, le SNES et le plan académique de formation du rectorat de Paris.
L'école
n'a donc pas fini de subir les assauts des communautaristes gay... Et
si on laissait plutôt les enfants étudier tranquillement afin qu'ils
acquièrent les connaissances et l'esprit critique qui, bien mieux que
le bourrage de crâne des pères fouettards de SOS Homophobie, feront
d'eux des hommes libres et tolérants ?
______________
(1)
Communiqué de SOS Homophobie daté du 2 septembre 2004, "Académie de
Versailles : SOS homophobie obtient l'agrément pour intervenir dans les
établissements scolaires"
(2) Rapport 2004 de SOS Homophobie
http://www.communautarisme.net/index.php?action=article&id_article=150706
(3)
"Etre contre le mariage, c'est être homophobe" (déclaration de Ronan
Rosec, président de SOS Homophobie, dans Zurban n° 200, 23-29 juin
2004)
(4) "Enculé !", L'école est-elle homophobe ?, Guillaume Tanhia, Editions Little Big Man, collection Nomad's Land, 2004
(5) Un premier lycée homosexuel ouvre ses portes à New York
http://www.communautarisme.net/index.php?action=article&id_article=150481
(6) L'homophobie de Daniel Borrillo (PUF, 2001) et Comprendre l'homosexualité de Marina Castaneda (Pocket, 2003)
Voir "les khmers roses" sur le site de l'Observatoire du Communautarisme
http://www.communautarisme.net/index.php?action=article&id_article=150612source