Entre la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse et
l’offensive Darcos contre “l’homophobie” en milieu scolaire, il y a
trente-trois ans. C’est pourtant le même argument qui sert aux deux
campagnes – aligner la loi sur les mœurs –, la même famille
“libérale” qui les commandite, les mêmes journaux de gauche qui les
soutiennent et les mêmes alliées objectifs dans l’Eglise de France qui
dissuadent le bon sens populaire de s’y opposer…
Xavier Darcos vient en effet d’entrer en guerre ouverte contre ce qu’il
considère comme une abomination pure et simple, indigne de
la France
des “droits-de-l’homme” au XXIe siècle, mais sournoisement imposée par
les tendances hétérosexuelles de la majorité des humains:
les ravages de “l’homophobie” à l’école! Il s’en explique le 28 juin dernier dans les colonnes de
Libération, avec beaucoup d’énergie:
“L’omerta
est toujours présente. Des chiffres alarmants montrent que nos jeunes
homosexuels ne vont pas bien et qu’ils sont victimes de leur
orientation sexuelle… On sait que les jeunes se moquent ou insultent,
facilement. Tout ceci crée des tensions et beaucoup de souffrance chez
les jeunes homosexuels. Concrètement, j’ai donc décidé de rendre
systématique à la rentrée l’affichage de la ligne Azur [Réponses à ceux qui se posent des questions sur leur identité sexuelle]
dans les lycées: ceci permettra aux adolescents, victimes de violences
homophobes ou soucieux de s’informer, de trouver des interlocuteurs
formés. La brochure Homophobie: savoir et réagir
(jusqu’ici
distribuée dans les rectorats) sera en outre disponible dans tous les
établissements, les centres d’information et documentation, les
infirmeries, les salles des profs.”
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 Xavier Darcos
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Vous
avez bien lu: le ministre de l’Education Nationale veut protéger ce
qu’on appelait dans un passé récent les “déviances sexuelles” contre
les railleries susceptibles de compromettre leur épanouissement. Les
jeunes écoliers bêtement tentés par l’autre sexe (ils commencent tous
généralement par là, quel que soit leur milieu social et la religion
des parents) n’ont qu’à bien se tenir: le conseil de discipline y
veillera pour eux.
Xavier Darcos ne nous dit pas si l’Education Nationale envisage de
protéger aussi – au nom du même principe – l’expression des tendances
sexuelles déviationnistes et parfois pédophiles de certains
enseignants… Il est sans doute trop tôt encore. L’électorat n’est pas
mûr. Les parents pourraient manifester. Attendons de voir ce que
proposera là-dessus le premier gouvernement du prochain quinquennat.
La Justice au service des propagandes homosexuelles
Xavier
Darcos n’est pas seul dans son combat contre nature pour le droit à la
reconnaissance et l’intégration scolaire de l’homosexualité. Il a la
gauche intellectuelle, les juristes universitaires et les juges de son
côté.
C’est ainsi que la Cour
administrative d’Appel de Nancy a condamné en février le rectorat de
Nancy-Metz à 1 500 euros de dommages et intérêts pour avoir refusé à Couleurs gaies, une association soutenue par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), l’autorisation de “réaliser des actions de prévention contre l’homophobie en milieu scolaire”. La Cour lui intimait par ailleurs de reconsidérer sa décision. C’est chose faite aujourd’hui. Dominique Weyant, président de Couleurs gaies, s’en félicite chaudement : “On va lancer dès septembre-octobre une campagne d’information à destination des lycées lorrains pour présenter notre programme.“
Au programme (d’après le site de l’association) :
- définitions et vocabulaire : homo-bi-trans-hétéro-sexuel(le), gay, lesbienne, coming-out, homophobie ;
- les préjugés et les mythes ;
- la fausse question de l'origine de l'homosexualité ;
- l'homosexualité à travers l'histoire et dans les différentes sociétés et civilisations.
Pauvres classes de troisième et de seconde ! Espérons qu’elles
n’auront pas à subir de travaux pratiques, ni d’épreuves orales en
circuit fermé…
Autre exemple : l'association homosexuelle militante SOS Homophobie
a reçu l'agrément de l'Académie de Versailles pour présenter dans les
classes de lycée son “module de sensibilisation à l'homosexualité” et
sa "révision" des programmes scolaires, accusés de favoriser
l'homophobie. Il était temps : "Ces derniers mois, de nombreux
homosexuels ont été agressés en toute impunité ; ces agressions
démontrent qu'une loi pénalisant les propos et actes homophobes est
plus que jamais nécessaire. Néanmoins, cette loi ne sera efficace
qu'accompagnée d'une véritable politique d'éducation et de prévention,
comme nous l'avons rappelé au Premier Ministre lorsqu'il nous a reçus." (Communiqué de SOS Homophobie).
Aligner les manuels scolaires sur “l’évolution des mœurs”
Mais ce n’est pas tout. Les militants homosexuels ont compris le
formidable parti qu’ils pouvaient tirer du Principe Libéral Avancé
établi dès 1975 par le Président Giscard, avec le soutien actif de ses
adversaires de gauche et de l’intelligentsia : aligner la loi sur les mœurs. Si toutes les idées, toutes les morales, toutes les religions et tous les comportements se valent,
dès lors qu’ils ne provoquent pas directement la mort du prochain (sauf
dans le cas de l’IVG), alors il ne suffit pas d’inscrire dans la loi la
liberté de leurs exercices au grand jour ou de leurs revendications
identitaires : il faut y préparer, il faut y éduquer les enfants.
Daniel Borrillo, maître de conférences en droit privé à l'université
Paris X - Nanterre, a soutenu cette thèse aujourd’hui gouvernementale
dans les colonnes du Monde, le 17 juin 2005 : “Dans
les cours d'éducation sexuelle à l'école, on devrait présenter
l'homosexualité comme une forme de sexualité aussi légitime que
l'hétérosexualité. Par exemple dans les manuels scolaires, on
devrait aborder l'homosexualité des personnages historiques ou
littéraires naturellement, comme on le fait pour les personnages
hétérosexuels. [...] Je pense qu'on peut faire un parallèle entre l'homophobie et le racisme. On n'accepterait pas aujourd'hui un discours prétendant qu'il y a une hiérarchie des races. De même, la République n'accepte pas un discours de hiérarchisation des sexualités.”
C’est la position de SOS Homophobie,
qui présente l’hétérosexualité comme une “construction culturelle” de
l’histoire des hommes, issue des religions “du Livre” et contraire au
droit fondamental de “l’orientation” librement choisie par chacun. Hors
pression sociale, pour SOS Homophobie, “l’indifférenciation
sexuelle” reste un principe psycho-somatique absolu dans la
construction de notre personnalité. Un droit inaliénable de la personne
humaine. Un potentiel où chacun peut choisir, en fonction des pulsions
les plus secrètes et des rencontres de sa vie… Hétéro, homo, bi ou trans,
rien n’est donné d’avance, deviens ce que tu es! L’éducation d’avant
Mai-68, voyez-vous, engendrait de force la vocation maternelle de la
fille comme elle construisait la virilité du garçon. C’est bien connu…
Tellement connu que, depuis la nuit des temps, les sociétés humaines,
malgré tous les progrès de la Science, n’ont pas trouvé d’autre moyen de se perpétrer!
Pour SOS Homophobie, tous les manuels scolaires sont donc à réviser : “L'étude,
au collège, de la citoyenneté en Grèce classique évince une distinction
fondamentale entre pédérastie et homosexualité (…) Celle des grands
mouvements contestataires (les suffragettes, mai 68...) n'aborde pas
davantage le rôle occupé par les féministes et les lesbiennes.” Etc.
Xavier Darcos souscrirait-il à cette conclusion du livre de Guillaume Tanhia, intitulé Enculé! L’école est-elle homophobe? (éd. Little Big Man, 2004): "L'école
n'est plus en phase avec la société. Alors qu'elle fait la sourde
oreille, l'homosexualité envahit les écrans des adolescents. Il suffit
de regarder les émissions de télé-réalité dont ils sont le coeur de
cible: Loft Story, Star Academy, Nouvelle star et les Colocataires.
(...) En quoi l'école ne serait-elle pas capable de faire mieux que le
secteur marchand?”
Du Principe Libéral Avancé de Giscard (aligner la loi sur les mœurs) au triomphe homophile du gouvernement Fillon (chasser le droit naturel des manuels scolaires)
il n’y avait qu’un pas, à l’aune des processus de décadence des
civilisations. Le voici donc franchi… Que M. Nicolas Sarkozy ait la
décence au moins de ne plus évoquer jamais les “méfaits de Mai-68”
sur la conscience morale et civique des Français, quand le gouvernement
dont il guide jour et nuit tous les pas s’emploie à les inscrire de
force dans l’éducation des enfants !
La cible des écoles catholiques “sous contrat”
Pour les écoles catholiques, protestantes, juives ou musulmanes,
bien entendu, il faudra plus de patience et de temps. Leurs docteurs
ont trop longtemps condamné l’homosexualité comme une insulte faites
aux lois de la nature et aux desseins du Créateur sur l’humanité : “Croissez et multipliez-vous!” (Genèse 1, 28). On va donc se contenter de leur prêcher dès l’âge de 13 ou 14 ans les outils de base de la “libération sexuelle”,
comme au bon vieux temps de Mai-68 : physiologie des organes féminins
et masculins, techniques de masturbation, bon et mauvais usage du
préservatif, avantages et inconvénients du stérilet, méthodologie des
travaux d’approche, localisation des zones érogènes, déontologie de la
défloraison, pilule du jour ou “du lendemain”, légitimité du recours à
l’avortement, avec ou sans l’avis des parents…
C’est arrivé le jeudi 24 avril 2008 dans les classes de troisième et
de seconde du plus grand établissement catholique de Rouen, le Lycée
Jean-Baptiste de la Salle, qui “offre à chacun la possibilité de construire son idéntité en reation avec Dieu”
(projet pédagogique de l’établissement). La direction de l’enseignement
diocésain et l’évêque du lieu n’ont rien trouvé à y redire, puisque le
“contrat d’association” fait obligation aux établissements catholiques
subventionnés de s’aligner sur les programmes et les méthodes de
l’enseignement public.
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 Mgr Jean-Charles Descubes
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Mgr Jean-Charles Descubes, porte-parole de
la Conférence
des évêques de France sur les questions économiques et sociales, a
d’ailleurs d’autres chats à fouetter. Ou plutôt, il a trop à faire avec
les médias pour leur ménager la chèvre et le chou. Voici par exemple
comment il défendait en avril dernier la conception du mariage
chrétien:
“Il y a d’un côté la tradition de l’Eglise et de l’autre
la responsabilité des politiques. A propos du PACS, il était de notre
obligation de dire notre conception du mariage et de la famille. Mais
il était de la responsabilité du législateur, et je ne le conteste pas,
de prendre en compte les réalités et de faire que les hommes et les
femmes aient les moyens de vivre, s’épanouir, organiser leur couple.” Autrement
dit, l’évêque de Rouen soutient la position identitaire de l’Eglise
catholique comme légitime à titre d’option privée, mais il s’incline en
même temps devant le bien-fondé du Principe Libéral Avancé
(aligner la loi sur les mœurs) dans l’évolution du droit civil applicable à toutes les communautés et toutes les familles spirituelles du pays
. Les rabbins et les imams de France, au nom de la supériorité ancestrale du droit naturel sur le droit positif (
voir Mot du jour), ont réagi tout autrement…
La riposte du Provincial… contre les parents!
L’affaire du collège Jean-Baptiste de la Salle
a suscité un vif émoi, au printemps dernier, dans les familles
catholiques de Rouen. Le Frère Nicolas Capelle, Provincial de France
des Frères des Ecoles chrétiennes, a voulu calmer le jeu dans un
article du journal La Croix,
paru le 4 juin 2008 sous le titre “Emois de printemps”. Mais c’est aux
parents d’élèves et non à la pédagogie déviante des sexologues qu’il
réserve les foudres de sa sévérité:
“Tous les ans, les beaux jours revenant, des chefs
d’établissement de lycées catholiques proposent à leurs jeunes une
information large relative à leur vie affective et sexuelle… Parfois,
cette initiative devient le champ clos de débats enflammés portées par
quelques familles qui prétendent ainsi protéger leurs jeunes, et défendre une certaine conception de l’homme.
Pourtant, connaissent-elles vraiment leurs jeunes ? Savent-elles qu’ils
baignent largement dans les flots d’images qui inondent nos vies ?
Surfent-elles sur leurs blogs où circulent leurs photos les plus
intimes, leurs discours les plus débridés, leurs colères les plus
rentrées ? Non, bien sûr, les parents ne savent pas tout, et c’est une chance ; c’est ainsi que chacun se construit au cœur d’appartenances multiples.”
Le Frère Nicolas Capelle, intransigeant sur les vertus de la pluridisciplinarité sexuelle, en appelle néanmoins au dialogue: “instaurer un dialogue ouvert, respectueux d’approches différentes qui, toutes, tentent des réponses aux questions si intimes de la vie, de la mort”…
Quelles “approches” s’il vous plaît, M. le Provincial? Celles de
l’onanisme? de l’échangisme? du tourisme sexuel? de la bisexualité? de
l’homosexualité? de l’initiation en famille? du dépucelage en bande
organisée? Qui osera soutenir que la reconnaissance publique des droits
de l’homosexualité n’ouvre pas des perspectives nouvelles aux
tentations du viol, de la sodomie, de la pédérastie?
C’est ainsi que s’effondre la “certaine conception de l’homme”
véhiculée depuis deux mille ans par l’Evangile et la société des
chrétiens. Parler de sexe aux écoliers, dans une école chrétienne, sans
évoquer une fois le respect de soi-même, celui de l’autre, les vertus
de la parole donnée, le mystère de la transmission de la vie et
l’illumination de l’amour, c’est rendre les armes sans condition à la
société des “droits-de-l’homme sans Dieu”. On ne s’attendait pas à ce
que ce soit l’évêque de Rouen et le Provincial de France des Frères des
Ecoles chrétiennes qui prennent publiquement la tête de cette complète
reddition.
“Evêque, c’est par toi que je meurs”, lançait Jeanne d’Arc à
Cauchon. C’était le 30 mai 1431, sur la place du Vieux-Marché à Rouen…
La ville de Mgr Jean-Charles Descubes, porte-parole de la Conférence des évêques de France, qui connaît mal les leçons de l’Histoire, mais porte bien son affectation.
©Emmanuel Barbier/Sedcontra, juin 2008